‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 91 sur 354 · CR · texte numérisé non relu

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toutes les laces du prisme aient disparu, il obtint un rhomboèdre obtus dont les faces, prises vers un môme sommet, étaient inclinées d'environ 101°,5, c'est-à-dire que ce rhomboèdre était précisément celui que ion obtient en clivant des lames de spath calcaire. Haiiy conclut de cette observation ( qu'il étendit à d'autres variétés plus ou moins complexes de chaux carbonatée), que toutes ces variétés renfermaient un noyau absolument semblable à celui qu'il avait obtenu avec le prisme hexaèdre, noyau qui devait être considéré comme la forme primitive. Telles sont les bases de son système de cristallographie , dont il a suivi toutes les conséquences avec la plus grande sagacité.

Nous venons de voir comment Haiiy était parvenu, par le clivage, à extraire d'un cristal prismatique de chaux carbonatée le rhomboèdre primitif; appliquons cette méthode à d'autres formes de la même espèce pour en faire connaître la fécondité. Si l'on prend le rhomboèdre aigu de la môme substance , dont l'angle plan du sommet est de 75°31' (variété inverse), et qu'on dirigo les plans parallèlement aux arêtes supérieures, on arrive au rhomboèdre primitif. Dans le dodécaèdre à triangles scalènes (métastatique), le clivage doit être dirigé de telle manière que les bords inférieurs du rhomboèdre se confondent avec ceux du dodécaèdre, et que les plans de clivage passent par ces mêmes bords pris deux à deux. Si l'on considère d'autres substances, telles que l'amphibole, le pjroxène, le feldspath, l'arsenic sulfuré, etc., on arrive é,.;.ilement par le clivage à un noyau primitif, qui est un prisme oblique rhomboidal, dont la base est plus ou moins inclinée à l'axe, et dont les faces latérales font entre elles des angles plus ou moins ouverts, suivant l'espèce à laquelle appartient ce noyau. La baryte et la strontiane sulfatée, la stilbite ont pour formes primitives des prisniLS rhoniboidaux droits. Le quartz, le coiindon, le fer oligiste , le mercure sulfuré ont pour forme primitive un rhomboèdre plus ou moins aigu ; la galène ou plomb sulfuré, un cube, etc. ; entin, toutes les firmes primitives observées jusqu'ici peuvent être rapportées aux six formes suivantes :

1° Régulière, ou tétraédrique :

2° Prisme à base carrée ;

3° Rhomboèdre ;

k" Prisme droit rhomboïdal.

5° Prisme oblique symétrique ;

6° Prisme oblique non symétrique.

Quand un cristal se prête à la division mécanique dans tous les sens , rien n'est plus sim|ile que d'en extraire le noyau primitif; mais quand la division mécanique ne peut s'efifectuer en tout ou en partie, il faut avoir recours à d'autres expédients pour l'obtenir. Le premier est la direction des joints naturels : on brise un cristal de manière à laisser subsister en partie la face qui est parallèle à un joint, et en faisant mouvoir ensuite cette face à une vive lumière, on ajierçoit deux espèces de rayons rétléchis,

les uns renvoyés par les résidus de la face, les autres par les lames intérieures. En faisant tourner le cristal, on voit paraître et disparaître successivement les rayons qui produisent les deux reflets ; on en conclut aiors qu il existe dans l'intérieur du cristal un joint naturel situé parallèlement à la face dont on parle. D'autres fois, quand le clivage et les stries ne peuvent doimer aucune indication, on fait rougir le cristal, et on le jette dans l'eau ; il arrive quelquefois que l'on met ainsi à découvert les faces de la forme primitive. On est parvenu à retirer, par ce moyen, d'un prisme de cristal de roche , le rhomboèdre considéré comme sa forme primitive. On peut poser en principe que toutes les formes cristallines d'une même substance minérale, appartenant au . même système crist.dlin, peuvent être rap- . portées "à une même forme unique; nous disons appartenant au même système cristallin, car il peut arriver qu'une même substance possède deux systèmes cristallins différents, conduisant à deux formes primitives incompatibles. La chaux carbonatée, l'arragonile, en sont un exemple ; le soulre cristallisé par fusion et le soufre natif, un autre.

En effet, la chaux carbonatée a pour fo»me primitive un rhomboèdre dont les faces ont pour inclinaison 103°, 5', et 7i° 55' ; l'arragonite, un prisme droit rhomboïdal dont les inclinaisons sont da 116\ 5' et 63° 55', deux formes qui ne peuvent se déduire l'une de l'autre. Les cristaux de soufre naturels et ceux obtenus par voie humide ont pour forme primitive un prisme rectangulaire droit, tandis que ceux obtenus par fusion et décantation dérivent de prismes obliques à bases rhombes, qui ne peuvent être rapportés au prisme droit rectangulaire. La forme primitive se prête elle-même aussi au clivage, et l'on est conduit alors à des solides qui ne sont plus susceptibles d'aucune division mécanique et que Haûya nommés inolécules intégrantes. En groupant ces molécules, soit dans la direction des arêtes, soit dans celle des diagonales du noyau primitif, d'apiès certaines lois hypothétiques, il est parvenu, comme on le verra plus loin, à reconstruire les formes cristallines secondaires.

Citons quelques exemples de molécules intégrantes. Dans un cube spath-fluor, si l'on abat successivement les huit angles par des plans perpendiculaires aux diagonales , on obtient, d'une part, des tétraè 1res qui, ne pouvant être sous-divisés qu'en abattant les angles, représentent la forme de la molécule intégrante; de l'autre, un octaèdre régulier, qui est la forme primitive. La galène donne un cube pour la foime primitive, ainsi que pour la molécule intégrante. Le paralléhpipède conduit, par la division mécanique, à des parallélipipèdes semblables entre eux et au type princi))al. C'est ainsi que le rhomboèdre primitif de la chaux carbonatée se divise en d'autres rhomboèdres semblables ; ce clivage doit s'effectuer jusqu'au dernier

ternio de la division luéraiiiquo. Il y a copeiidant d'autres divisions (jui parlasont le rli()ud)ui\li(i on doux prismes ti'iaii^ul;iiros, mais nous n'en parlerons pas ici. La l'orme primilivo dn sel marin, (pii est an cube, sp divise (également en cubes.

Le dodécaèdre riiomi>nïdal est divisible l>ar des jilans passant (''gaiement par' le centré, et l'arallèlement aux tliflV'rentes faces; 011 obtient alors vingt-i[ualre ti^trafnlres, dont chacun a pour face (piatre triaugles isocf'les.

Il n'en est plus de mî^me dos a\itros formes ; le prisme hexaèdre régulier, celui de la cliaux phospliàlée, par exemple, peut être divisé par des plans qui passent-par les centres dos bases et les iliagonales, d'où l'ésultent six prismes triangulaires équilatéraux. Kn continuant les divisions suivant les directions parallèles aux premières, on obtient des prismes triangulaires qui, jiris ileux à deux, forment des parallélipipèdes ou prismes droits. On peut donc considérer le prisme hexaèdre régulier comme formé de la réunion de prisnaes droits.

Le prisnie droit rhomboïdal, forme primitive de la staui'olitle, peut être divisé par des plans non parallèles aux faces. Dans ce prisme, les plans les plus inclinés forment entre eux un angle de 129° 30'. Le clivage montre (]ue ce prisme jieut être subdivisé [lar un plan qui passe par les petites diagonales des bases, de manière à produire deux ]n'ismes isocèles semblables. De même, la îbrme primitive de la baryte sulfatée, qui est un prisme de même espèce, présente un clivage suivant les deux diagonales de chaque base , ce qui produit quatre prismes triangulaires, dbiit lès bases sont des triangles rectangles scalènes égaux et si'ml)lables. Ces exemples, 'et d'autres que Ton pourrait citer, montrent que les solides, les uns prismatiques, les autres tétraèdres, que Ion obtient par la subdivision d'un paralléli|jii)ède faisant fonction de forme primitive, sont autant d'indices qui mettent sur la voie de la forme de la molécule intégrante, ou, du moins,' de la forme la plus snuple que l'on puisse obtenir par la division mécanique. Si donc on avait des instruments assez délicats pour atteindre le dernier terme de cette division dans un rhomboèdre lie chaux carbonatée, on aurait encore un rhomboèd.e semblable, susceptible d'être divisé dans quelques circonstances , suivant certaines directions, et après quoi on ne pourrait |)lus agir sans séparer l'acide carboni jue de la chaux. Jusqu'ici on n'est parvenu à extraire des six soliiles, auxquels on rapporte les formes primitives, que trois formes de molécules intégrantes ou solides plus simples,' le tétraèdre, le prisme trian- Igulaire, et le parallélipipède.

Quoiqu'd ne soit pas possible de démontrer que les formes géométriques dont il est î question représentent celle des molécules sur lesquelles agit la force d'agrégation, on ne peut disconvenir , néanmoins , qu'elles iH'aient de très-grands rapports avec les formes des molécules élémentaires, puisque

l'on peut concevoir par la pensée la division mécanique jiousséo jus(pih la dernière limilo, c'est-.'i-dire jusqu'au point où il n'y ait plus à vaincre que les forces chimiques pour sé^ïarer les éléments.

Théorie sur la structure des cristaux.

Ayant remarqué que l 'S lames enlevées dans le clivage d'un crislal,|iour arriver h la foiiue |)rimitivo, augmentaient piogressiven\ent (l'étendue à mesure que l'on approchait du noyau, Haiiy en conclut que, pouf jiasser des furmes prindtives aux formes secondaires, les elfets étaient les mêmes que si les lames décroissaient h mesure qu'elles s'écartent du noyau , i)ar la soustraction d'une ou de plusieurs rangées de molécules, les bords de ces lames étant toujours com- ])risdaiis le même plan ; et connue ces bords sont très-rapprochés, leur ensemble devait constituer les faces du cristal secondaire. Les stries parallèles observées fréquemment sur ces faces indiquent, en effet, l'existonce de ces bords, et, par suite, celle des décroissements.

Ces observations, que l'on a souvent l'occasion de vérifier , tendent à justifier les vues théoriques de Haiiy, en vertu desquelles la cristallisation a dû commencer par produire un noyau absolument semblable à celui obtenu par la division mécanique, et que ce noyau s'est ensuite accru par une superposition en retrait de lames analogues à belles que donne la division mécanique. Suivant cette manière de voir, qui gagne à l'examen, les faces des cristaux seconciaires ne seraient que la somme des lignes qui résultent de l'alignement des molécules formani des lames de superposition qui ont subi des décndsseinents, soit sur les côtés, soil suivant les diagonales ou d'autres directions déterminées par le mode de superposition des lames et les angles des faces.

La théorie d'Haïiy repose en partie sur des faits, en partie sur des hypothèsis ipi'on ne saurait admettre com|)létement : par exemple, pour avoir des décroisseniints en nombre entier des molécules, soit sur les angles, soit sur les faces, on est obligé de prendre pour formes primitives et pour molécules intégrantes des solides dont les inclinaisons des fscis et les dimensions permettent d'atteindre le but. Il faut l'avouer, ces inclinaisons ne sont pas toujours d'accord avec l'expérience. Tant que l'on n'a employé que des goniomètres grossiers, qui ne donnaient que (tes résultats com()Orlant des cireurs (Je-|- degré et de même 1% Haiiy a toujours pensé qu'il y avait un accord pàifait entre les déductions du calcul et les résultats de l'exjiérience. Il n'en a plus été de môme dès l'instant que l'on a soumis la mesure des angles des cristaux à des moyens tiès-précis. En eÛ'el, au moyen du cercle lépétiteur, Jjalus trouva ([ue la plus grande incidence des faces du rhotuboèdre primitif de la chaux carbonatée était de 105" 5', valeur qu'avait également obtenue Woliastou avec son goniomètre il réflexion.

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i D'après des rnnsidôralinns g('ométriqiies, et en ayant égaid ?i toutes les lois simples de décroissement en vertu desquelles sont formés un certain nombre de cristaux secondaires de la chaux carbonatée, Haiiy assigna à cette incidence une valeur de iOi°, 28', différence de 23' avec la précédente; cette ditl'érence, qui n'a pas peu contribué à jeter du doute à l'éganl de quelques-unes des données de la théorie, a été attribuée par Haiiy à des inégalités qui se trouvaient sur les surfaces. Mais, éclairés par de nombreuses expériences, les ph\siciens actuels n'en ont pas moins adopté l'angle déterminé par Wollaston et Ma^us, comme représentant la ])lus grande incidence de deux faces du rhomboèdre primitif de la chaux carbonatée.

Quoi qu'il en soit, la théorie des décroissements rend compte d'un grand nombre de faits; tllf s'accorde parfaitement avec la loi de symétrie, loi en vertu de laquelle toutes les parties d'une forme primitive, angles et arêtes semblablement placés par rapport à l'axe, éprouvent les mêmes modifications, c'est-à-dire que les diverses faces de la forme primitive, qui sont identiques, égales et semblables, doivent s'assimiler les unes aux autres dans les décroissements que subissent les lames de superposition qui les recouvrent. Nous terminerons ce que nous avons à dire sur le décroissement, en faisant voir comment il se combine avec la structure. On a vu précédemment qu'un cristal, quelle que soit sa grosseur, donne par le clivage ou tout autre moyen, soit physique, soit analytique , une forme primitive qui n'est certainement pas celle sur laquelle la nature a opéré ; on peut se demander alors sur quel noyau primitif le décroissement a commencé. Pour réjiondre à cette question , il suint d'examiner avec attention les cristaux d'une même substance, et d'en suivre le développement progressif, jusqu'à ce qu'ds aient pris un grand accroissement; on ne tarde pas à voir que l'arrangement des molécules, par lequel la formation des cristaux a commencé, représentait déjà comme en raccourci celui qui existe dans le plus volumineux. Le cristal n'a donc fait que s'accroître en conservant la même forme.

L'observation vient à l'appui des vues qu'on vient d'exposer sur la manière dont s'opère l'accroissement des cristaux. Nous en avons la preuve dans certains cristaux de quartz prismes, qui ont été brisés un peu au-dessus de la base d'une de leurs inramides. On aperçoit des couches concentriques de di'îérentes teintes, qui ont contribué successivement à l'augmentation du volume. On trouve aussi des cristaux de chaux carbonatée prismes, dont la base est marquée d'hexagones concentriques qui olfrent des indices de l'accroissemeut en épaisseur. On voit donc que le cristal, en ernumençant par uu embryon imperceptible à nos yeux, s'accroit par une superposition d'enveloppes qui, en se succédant l'une à l'autre, laissent subsister les traits de la forme originale ; d'après cela, l'opération de la nature a son ori-

gine au centre du cristal. Si la théorie suppose qu'elle part de la surface du noyau, c'est que notre esprit s'accommode d'autant mieux de cette manière de voir, que c'est d'elle que procèdent les vrais principes de la théorie, dont le but est d'appliquer notre géométrie à celle de la nature.

CROCOISE (zfoxisi?, jaune aurore). Syn.

plomb chromaté ; pJomh roufje, etc. — Sub-. stance rouge-orangé. Cette substance se trouve en veines dans des roches granulaires, micacées, aurifères, avec galène, etc. en Sibérie et au Brésil. Cette matière a été d'abord employée en nature pour la l'einture, et c'est ce qui a donné l'idée de la fabriquer avec les chomites de fer qui sont plus abondants.

CROISETTE. Voij. Staurotide.

CROTON. Voii. Huiles et Corps Gras.

CRYOPHORÈ ou porte-r/lace, instrument pour produire du froid. Voy. Caloriqie.

CUIR DE RUSSIE. Voy. Maroquin.

CUIVRE. — C'est peut-être le métal le plus anciennement connu. On pense que le X«>xo; dont parle Homère, et avec lequel Vulcain fabriquait les armes des dieux et des héros, était probablement du cuivre, sinon pur, du moins allié à l'élain, dont les Phéniciens faisaient depuis longtemps un commerce considérable. Suivant Pline, l'usage de Yœs (cuivre pur ou allié) remonte à la fondation de Rome. Le alSnf^o; des Grecs, que les traducteurs rendent par /"(??•, n'était le plus souvent qu'un alliage de cuivre. Au moyen âge, le cuivre a joué un grand rôle dans la recherche de la pierre philosophale , c'est-àdire dans la transformation des métaux vils en métaux nobles. Les Romains et les Grecs le tiraient de l'île de Chypre, d'où son nom de Cyprium et par corruption cupriun.

C'est un métal d'un beau rouge éclatant, cristallisable en cubes par la voie humide et en rhomboïdes par la voie sèche. Sa densité est 8,836. Il est très-ductible et malléable. C'est le plus tenace de tous les métaux après le fer : un fil de deux millimètres ne se rompt que sous un poids de 137,i kil. Allié avec l'étain, il acquiert une grande sonorité. C'est dans cet état qu'on l'emploie dans la fabrication des instruments à cordes, pianos, harpes, etc. Il est plus dur que l'or et l'argent. 11 communique à la flamme une belle couleur verle.

A l'air humide, le cuivre se recouvre d'une couche verte (carbonate de cuivre hydraté) appelée t'erf f/r gris. La plupart des composés de cuivre sont vénéneux. Il s'allie avec tous les métaux, excepté avec le fer et le plomb. Le cuivre se rencontre quelquefois à l'état natif, mais le plus souvent à l'état de sulfure, d'aiséniure et de carbonate. Ces minerais existent dans les terrains anciens et dans les terrains secondaires, particulièrement le grès rouge. On trouve encore le cuivre dans les cendres de quelques végétaux, dans le thé (ce qui tient probablement à la prédation de cette plante), dans le quinquina, dans la garance, dans le café, et en général dans les plantes de la famille des rubiacées.

La gelée do veau, di' luoufon (gélatine) on contient des quanlités assez notublcs.

Lt'S composes oj-yijc'nrs sont : I " li' protoxyde d'un rouse de toie |inlv('rulenl. C'est cet oxyde qui se loruio (iiicl([uotois sur les statues ou médailles de hron/c (jui sont restées longtemps enfouies sous terre, i" Le hloxytie hydraté; il est d'ini beau iileu, eouleiu' (lu'il eonserve, uiiMé avec lie l'argile, de la eollc foric, delà siliee, etc. Fondu avec, le borax, il donne des verres bleus ou verts. Les verres bleus ((u'on remarque dans la peinture ancienne contiennent de l'oxyde da cuivre.

Le sulfure de cuivre et de fer se rencontre cristallisé dans la nature, et prend le nom de pyrite. C'est un n)inerai souvent exploité pour l'extraction de ('(is deux métaux.

Les sels de bioxyde de cuivre sont colorés en bleu ou en vert et sont tous vénéneux. L'ammoniaque jiroiluit dans ces sels un précipité blanc vi'nlàti'o que dissout un excès d'ammoniaque, et cette dissolution, d'un bleu céleste, est douée d'une grande puissance tinctoriale : il suffit d'une très-petite quantité jiour colorer une énorme quantité (l'eau.

Voici quelques-uns des sels de cuivre:

Sulfate de cuivre [vitriol bleu; couperose bleue; vitriol de Chypre). Tant qu'il contient de l'eau, il est colore en bleu. Déshydraté par la ealcinalion, il est blanc, et colore aussitôt en bleu parladdition de l'eau. Le sulfate de cuivre du commerce contient presque toujours du sulfate de fer; or ce sulfate ferrugineux ne peut être employé en teinture sur papier, car il donne une couleur moins belle et peu stable : elle s'altère et tire sur le jaune d'ocre.

On prépare ce sulfate en traitant le enivre métallique par l'acidf^ sulfurique bouillant. Dans les arts, on le prépare en ciiaulfant le nii'tal avec du soufre et en arrosant avec de l'eau, au contact de l'air, le sulfure qui en résulte. Dans ces circonstances, tout le sulfure finit par se changer en su fate qu'on enlève par le lavage. On évapore la distillation (eau de vitriol], et le sel se dépose sous forme de cristaux bleus. Le sulfate de cuivre est quelquefois employé en médecine dans le traite. nent de l'épilepsie, de la chorée, etc. h suffit d'une quantité minime de sulfate de zinc ou de cuivre pour rendre à la farine avariée des propriétés que les boulangers recherchent dans la panification.

Les principaux emplois de ce sel dans les arts sont pour le chantage du blé de semence, pour la teinture en noir ou en bleu, et pour la préparation des cendres bleues et du vert de Scheele. Ceiles-là sont un mélange d'hydrate dedeutoxyde de cuivre et d'hydrate de chaux ; celui-ci est de l'arsénite de cuivre (Foy. plus bas). En médecine le deutosulfate de cuivre est usité à l'extérieur comme léger escarrotique; il entre dans la composition de certains collyres et de plusieurs médicaments externes. Ce sel est éminemment vénéneux à l'intérieur , comme tous les sels solu- Jiles de cuivre. C'est avec lui qu'on prépare,

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en pharmacie, cette belle liqueur bleue, désignée sous le nom (Veau céleste, et qui consislc en une dissolulion du deutoxyd(^ de cuivre dans l'aiiimoniaipie, obtenue en décomposant le ileutoMdf.ile de cuivre par lui excès de cet îdcali. Cette liqueur, employée comme collyre, s'ol)ti(!nt en ilissolvant 32 grains de deutosulfate de cuivre dans un litre d'eau distillée et ajoutant ensuite I gros et demi environ d'annnoinaque au liquide. Le précipité qin se forme d'abord ne larde pas .'i se redissoudre dans l'excès d'ammoniaque , en produisant une belle couleur bleu céleste.

Carbonate [vert-de-f/ris). — Nous ne mentionnerons que la variétéde carbonate de cuivre qui se trouve dans la nature, qui colore les produits fossiles appelés turquoises, et les cendres bleues, employées dans la teinture de papier et fabriquées depuis long-r temps en Angleterre. Ces cendres contiennent une certaine quantité de sulfate de chaux.

Arsénile. — h est d'un ije;iu vert-pré, connu sous le nom de vert de Scheele. 11 est fréquemment employé en peinture et pour colorer les papiers de tenture.

Deutonitratc de cuivre. — Il est employé pour la préparation des cendres bleues, et fournit avec la chaux une belle couleur bleuciel.

Acétates de cuivre. — Distinguons le vertde-gris commun ou verdet. Ce sel était connu des anciens : Pline en décrit la préparation. On l'obtient en recouviant des lames de enivre avec du marc de raisin en fermentation. Le vert-de-gris qui se forme à la surface des ustensiles de cuivre est aussi un acétate de cuivre : il est dû aux huiles grasses contenues dans les matières alimentaires que l'on fait bouillir dans au cuivre mal décapé. Ces substances ne deviennent vénéneuses en se chargeant de cuivre que par le refroidissement; c'est seulement alors que l'air peut traverser la liqueur, pénétrer jusqu'au cuivre et favoriser sa dissolution (Ij.

Cuivre (alliages). — Parmi les alliages que le cuivre forme avec les autres métaux, on distingue le laiton, composé de 2[3 de cuivre et de 1[3 de zinc. Mais comme ce laiton n'est

(1) Les oxydes et les sels de cuivre sont astringents et fortifiants ; à forte dose ils excitent des voinissements, et puis, en plus grande quantité encore, ils exercent une action vénéneuse sur l'économie animale, occasionnent des coliques, des vomissemenis, la diarrhée, etc. « La meilleure manière de combattre ces accidents, dit Berzélius, consiste à faire avaler au malade une grande quantité d'eau très-sucrée. L'action du sucre est si énergique, que, d'après les essais d'Orfda, une dose de vert-de-grls qui tuerait un chien dans l'espace de deux heures ne lui cause aucune inconiniodité quand on la lui fait prendre mêlée avec beaucoup de sucre. Duval injecta dans l'es omac d'un chien deux onces de verl-de-gris dissous dans du vuiaigre, et après quelques minutes, quatre onces de sirop de sucre; dans l'intervalle dune demi-heure, il lui administra encore deux fois la même dose de sirop, en sorie que l'animal prit en tout douze onces de sirop. Les symptômes d'empoisonnement, ([iii s'étaient manifestés d'abord, cessé-

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