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CYANURE DE FER ET DE POTASSIUM

[prussiate dépotasse ferrur/inrux). — 11 se prépare en faisant boudiir iiu hieu de Prusse, privé d'alumine par les acides, avec une solution de potasse caustique, jusqu'il ce qu'il ait perdu sa couleur bleue, et qu'il en ait pris une jaune rougeâtre.

Le cyanure de fer et de potassium est non-seulement employé comme réactif dans les laboratoires, mais il sert à teindre, dans les arts, la soie en bleu, après l'avoir imprégnée de peroxyde de fer. Cette opération se pratique en plongeant, pendant un quart d'heure, de la soie écrue dans l'eau tenant en solution un vingtième de persulfate de fer, la lavant et la tenant ensuite dans une solution de savon presque bouillant. Si alors on retire la soie qui est comldnée à une certaine quantité de peroxyde de fer, et qu'on la mette dans une solution faible de cyanure de fer et de potassium acidulée par l'acide sulfurique, il se forme aussitôt du bleu de Prusse qui reste appliqué >ur la soie, et la teint en bleu plus ou moins foncé.

CYANURE DE POTASSIUM. — L'un des produits les plus remar(|ualiles delà décomposition, par le feu, des matières animales azotées, c'est la format on du cyanure de potassium en les calcinant avec la potasse. La fabrication du bleu de Prusse est fondée aujourd'hui sur ce principe.

On fait un mélange de parties égales de potasse du commerce, soit avec des rognures de corne, soit avec du sang desséché, ou, ce qui est préférable, avec du charbon d'os (noii' d'os), qui ollre un volume moindre et renferme toujours une certaine quantité d'azote. Ce mélange est ensuite calciné jusqu'à la température rouge dans un grand creuset de fonte placé dans un fourneau à réverbère, et muni d'un long tuyau d'aspiration , ou dans le four d'un fourneau à réverbère.

Par la calcination, la matière animale est décomposée; il s'en dégage tous les produits que nous avons signalés plus haut, et il se forme de plus, par l'action de la potasse sur une portion du carbone et de l'azote, du cyanure de potassium qui fait partie du résidu noir charbonneux restant au fond du creuset. On délaye alors ce résidu dans douze h quinze fois son poids d'eau froide; le cyanure se dissout ainsi que les sels étrangers cjui étaient contenus dans la potasse; et si on verse dans la liqueur filtrée une solution

d'alun contenant la moitié de son poids do protosulfate de fer, il en résulte tout à coup, par l'excès d'acide de l'abin, une effervescence due k la décompo'-ition d'une partie de carbonate de ])Ola«se et de sulfure de potassium, qui existaient avec le cyanure, et d'une autre part un précipité très-abondant, blanc, bleuAtre ou verdAtre sale, formé d'alumine, de bleu de Prusse et de sulfure de fer. Le bleu de Prusse provient de la l'éaclion du cyanure de potassium sur le sulfate de fer; l'alumine, de la décomposition de l'alun par le caibonate de i)0tasse; et le sulfure de fer, de l'action du sulfure de potassium sur une partie du sulfate de fer.

Toutefois, ce précipité est lavé par décantation un grand nombre de fois avec de l'eau limpide. 11 prend, par suite de ces lavages, une couleur bleue de plus en plus foncée, par suite de la décomposition à l'air du sulfure de fer qu'il contient. Lorsqu'il est parvenu à ce point, on le rassemble sur des tôles tendues, et on le laisse bien égoutter avant de le dessécher en morceaux plus ou moins gros : c'est sous cet état qu'on le livre dans le commerce. Suivant la proportion d'alumine qu'il renferme, il est plus ou moins coloré , ce qui constitue dans le commerce les différentes qualités de ce produit.

Le bleu de Prusse, qui, d'après son nom, rappelle celui du pays oh ce composé a été obtenu pour la première fois , a été observé , en 1710 , par Diesbach , fabricant de couleurs à Beilin. Ce dernier en fit la découverte accidentellement, en versant dans une décoction de cochenille , mêlée à de l'aliui et du sulfate de fer, de la potasse qui avait servi à la calcination du sang desséché. Au lieu d'une laque rouge qu'il désirait obtenir, il remarqua la formation d'un préci[)ité bleu foncé. T.ompédans son attente, il fit paît de ce résultat à Dippel, qui lui avait vendu la potasse; celui-ci, se ra|)pelant à quelle opération elle avait été employée, ne tarda pas à reconnaître quelle était la cause de ce produit, et à trouver le moyen de le former à volonté en mêlant une solution de sulfate de fer et d'alun à une lessive de potasse calcinée avec du sang, ou toute autre matière animale. Cette composition ne fut ]iubliée que quatorze ans après, ayant été tenue secrète pendant tout ce temps.

Dès que ce produit fut connu dans sa pr(''paration, les chimistes s'empressèrent tour h tour d'en rechercher la nature, et bientôt on admit que c'était un composé d'oxyde de fer et d'un acide particulier. Scheele Je jirouva dans un mémoire , où il parvint à l'isoler et à en examiner les propriétés. C'est alors qu'il le désigna sous le nom d'acide prussique.

Cet acide fut soumis ensuite "a de nouvelles expériences, et l'on doit la connaissance parfaite de sa comjjosition b Gay- Lussac.

Enfin, d'après les expériences les plus récentes, on est autorisé à conclure aujoiir-

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