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Âutanl on affccUonnait , dans la tf intiirp , les couleurs Mves, autant on prcfOrait, dans l'étriturc , les couleurs sombres , et particulièrement la couleur noire. Cependant , on se servait aussi quelquefois de l'encre colorée, que Ion appliquait, ainsi que l'encre noire, avec des pinceaux. la découverte de notre encre ordinaire ne remonte pas au delà de trois cents ans avant l'éie chrétienne. Les meilleures proportions pour faire de l'encre .sont ; I kilog. de noit de jjalle , i kilog. de sulfate de fer, 2 kilog. de gomme arabique, îo kilog. d'c^u, I kilog. de bois de campèche, o kilog. 23 de sulfate de cuivre , o kilog. 2J de sucre.
Ei\t:RE .SYMPATniQiF.. Cette cucre Consiste dans l'emploi d'un liquide incolore, avec lequel on trace des caractères qui ne deviennent visibles que par l'action d'un ga?. , tel que l'hydrogène .snlfurè. I.e liquide incolore dont on se sert est , en général , une dissolulion aqueuse d'un sel métalli(|ue ( nitrate ou acétate de cobalt, de nickel, de fer, de plomb ), susceptible de donner naissance à des sulfure» noirs. Dans l'antiquité , l'effet de l'encre sympathique consistait dans une simple action mécanique, l'adhérence de la poussière de charbon au corps gras du lait. Ovide enseignait aux jeunes filles un moyen de tromper la vigilance des gardiens qui cherchaient à intercepter leur correspondance a:noiireuse : ce moyen consistait à tracer les lettres avec du lait frais, et A les rendre lisibles avec de la poussière de charbon. Nicolas Lcmerv, dans son Cours de chimie , qui parut pour la première fois à Paris en ir.7o, revient . à plusieurs reprises, sur les encres sympathiques , sujet qui intéressait vivement la curiosité du public. Il proposa de tracer les caractères avec une dissolution de plomb dans du vinaigre, ou de bisuuith dans de l'eau-forte, et de les frotter, après leur dessiccation , avec un morceau de coton imbibé dune décoction de scories d'antimoine I sulfure d'antimoine ) , ou de chaux et d'orinment' sulfure de calcium |. Ilsemblait ne pas ignorer que les caract-res, d'abord invisibles, deviennent noirs et lisibles parce que les molécules sulfureuses .s'unissent au plomb ou an hismuth. Ilellot. dans un mémoire qu'il communiqua , en iizc . à r.\cadémie des sciences de Pai'is, fait mention d'une nouvelle enere sj-mpathique ( solution de minerai de cobalt exposée à la chaleur ) qu'il venait de découvrir, et indiqua tous les moyens de préparation des encres sympathiques , qu'il divisa en quatre classes : « f Faire passer ime nouvelle liqueur ou la vapeur d'une nouvelle liqueur sur récriture invisible ; 2" expo.ser la première écriture à l'air, pour que les carac^ tères .se teignent; 3° pas.ser légèrement sur l'écriture une matière colorée, réduite en poudre subtile ; 4° exposer l'écriture ( invisible ) au feu. M
EXDOSJiosE. .Si on interpose entre deux liquides, tels que l'eau et l'alcool, une mcm-
EjND
brane peTr??abl!^ comme un mcrreau de vessie ou de parchemin, on remarquera que ces deux liquides se trouvent mélangés au bout de quelque temps , mais non pas dans luie égale proportion. L'eau traverse la membrane avec plus de force que l'alcool, de telle sorte que la quantité totale de liquide iiugmcnte d'un coté et diminue de l'autre. C'est ce qui constitue Vendositiose. Pour s'en rendre compte, on est obligé de supposer l'existence dune force dans l'épaisseur même de la membrane. On peut rendre ce phénomène très-sensible à l'aide d'une expérience fort simple. Placez l'alcool dans une vessie ou dans tout autre sac membraneux, .sans la remplir complètement ; liez l'ouverture assez fortement pour qu'aucune particule liquic!c ne puisse s'en échapper, et jetez ce sac fermé dans un vase plein d'eau; voas n'y remarquerez d'abord aucun changement . mais après quelques heures le sac se .sera gonflé, comme l'abdomen d'un Iiydropique ; et .si l'action .se prolonge, si les lii|uidcs employés .sort convenablement choisis et dosés, elle pourra s'étendre jusqu'à la rupture de l'enveloppe ellemême , quelle que soit la ré.sistanrc des parois . à moins que la dilatation de ces parais ne permette le retour du liquide du dedans au dehors, au fur et à mesure de son introduction. Ce n'est pas seulement un courant qui a été produit dans un seul siui, comme le gonflement du sac a dû le faire croire d'abord , ce sont deux courants en sens inverse; et si le sac s'est gonfic , c'est que le courant sortant avait moins d'énergie que le courant contraire. La force d'endosmo.se parait jouer un gi'and rôle dans les phénomènes vitaux du règne végétal, aussi bien que ilans ceux du règne animal. Toutt»; que l'on en sait pcul.se réduire aux propositions suiv.intes :
1= La force d'endosmose n'est pas pr jitc aux tissus organiques ; car, en employant ci i^ tains corps bruts poreux , on obtient les mêmes plunoaiènes qu'avec les lucmbranes anii!iales.
2° Elle dépend de la nature des lames dans ré|)alsscur desquelles elle se produit. .Vinsi, lorsque des membranes animales, des 1 riqucs ou des tuiles très-minces, produisent le p.issage d'un liquide vers un autre, des membranes végèLiles le produisent en sens contraire.
;= KUe dépend aus.si de la nature des liquides mis en présence ; ainsi l'eau traverse plus rapidement que l'alcool les diaphragmes employés, et l'endosmose a lieu du premier liquide au second ; c'est le contraire pour l'eau pure , placée en présence d'une eau tenant en dissolution certains acides : le courant d'eau pute est le plus faible. .Mais ce n'est pas seulement en observant lequel des deux courants l'emporte sur l'autre c|ue l'on peut estimer l'aptitude relative des liquides aux phénomènes d'endosinose ; on a été jusqu'à évaluer le rapport des effets produits par des liquides
EînG ■
JiiTércnts. Des dissolutions de gélatine. dégomme, de sucre ou d'albumine, étant placées dans l'cndosmométie, et celui-ci plonge dans l'eau , on verra toujours le liquide monter dans le tul)e , preuve que le courant d'eau pure l'emporte sur cliacune de ces dissolutions ; et la vitesse avec laquelle le liquide montera sera à peu prés double pour la gomme , et quadruple pour le sucie et l'albumine, de ce qu'elle est pour la gélaiise, bien que d'ailleurs les dissolutions aient la même densité. Cette expérience a d'autant plus d'intérêt que, sur ces quatre substances, trois ( gomme, sucre, albumine ) se trouvent naturellement A l'état de dissolution dans la plupart des liquides organiques des animaux ou des végétauv. — I.e sucre et l'albumine sont même peut-être 1rs deux corps dont la présence développe au plus liant degré les actions d'endosmose. Placés dans l'eau aux proportions les plus faibles, ils agissent presque immédiatement d'une manière sensible; et s'ils sont en proportion considérable , leur action jircnd une énergie que rien ne permettait de prévoir, et qui à elle seule nous fera peut-être mieux sentir que tonte autre considération l'importance de cette belle découverte , dont nous sommes redevables à M. Dutroehet.
E\CR4IS. ( Fumier ) I.cs principes inorganiques ( eau , acide carbonique , ammoniaque, sels minéraux ) servent d'aliments aux végélaux , de même que les principes organiques servent d'aliments aux animaux. Les excréments que ceux-ci rejettent se composent en grande partie de principes inorganiques : ils servent d'engrais. C'est ainsi que l'existence des végétaux est en quelque sorte indispensable a celle des animaux. La \ ie parcourt ici un cercle qui vient merveilleusement à l'appui de certaines tbéories spéculatives des philosophes anciens. — Tous les engrais sont des matières excrémenlitiellcs, ou le résultat de la décomposition lente ( putréfaction ) et de la combustion de substances organiques ( cendres ). L'opinion sur la partie vraiment active (les engrais était autrefois partagée : les uns soutenaient que les engrais ne doivent leur ïclion de hAter l'accroissement des végétaux qu'aux matières organiques qui s'y trouvent mélangées ; selon les autres, cette action n'est due qu'à la présence des principes inorganiques. C'est la dernière opinion qui prévaut aujourd'hui géneralem.ent. Le carbone, l'hydrogène , l'oxygène , l'azote , tels sont eu effet les éléments qui paraissent être essentiellement destinés à l'accroissement et au développement des plantes. Mais , po\u- cela , ces éléments ne doivent pas être employés à l'état isolé ; il faut qu'ils soient à l'état de combinaison : l'acide carbonique , l'eau , l'aumioniaque, représentent la forme sous laquelle le carbone , l'hydrogène , l'oxygène , l'a/.ote, rf-ivcnt être offerts aus végétaux comme aliinciùû. Les principes de Ift terre végétale , les
acides géique, ulmique, humiqne, créniqiu' et apocrénique , sont susceptibles d'absorber de l'ammoniaque , et de fflurnir, par leur décomposition , les éléments indispensables a la ^ égétation. .\vec des élémeuts si peu nombreux , la nature forme les produits les plus variés. .Sous l'influence de l'engrais, l'embryon rompt les langes qui l'emprisonnent , se détache des cotylédons comme le fétus de ses enveloppes ; et se développant librement, selon son espèce., il devient , lui , imperceptible point aibnmincux, un assemblage gigantesque d'écorce, de bois, de feuilles renfermant les substances si diverses, aux formes si variées, dont la chimie a fait son héritage. Ces substances représentent toutes les classes des prodoits de la chimie : les unes sont acides ( acides malique, citrique, oxalique, etc.), les autres alcalines ( morphine, quinine, phloridzinc, etc. ), d'autres enlin neutre.» ( albumine huiles essentielles, etc. ). Tout cela e.st rreu\re de la végétation activée par les engrais, sous l'influcnci' d'une puissance mystérieuse . cachée, a>ant pour auviliaires l'air atmosphérique et uue température appropriée. Parmi les divers principes des végétaux, ceux qui .sont acides .se combinent naturellement avee les alcaloïdes qu'ils rencontrent. C'est pourquoi ces derniers se trouvent toujours s l'état de sels au sein de la végétation. 'l'ré.Srsouvent au.s.si les acides végétaux sont combinés avec des ba.ses minérales , la potasse oui i soude. Ces ha.ses, les végétaux les cmprunten-. au terrain où ils croissent. Les roches fcldsp? tbiques les plus dures ne résistent pas à l'action toute vitale des racines : ces roches, réfractaires au feu le plus violent , se décomposent sous l'influence végétative des spongioles, qui absorbent la potasse dont la plante a besoin pour saturer les acides. Par l'incinération du végétal, l'acide se détruit, se change en acido carboni(|uc ; et la potasse , à l'état de carbonate , retourne au sol fécondé par les cendres.
L'usage de l'engrais pour fertili.îcr le sol remonte à la plus haute antiquité. Ainsi . noii.s voyous dans Homère le vieillard I.aërte fumer lui-même son champ. Tout fumier n'était 'pas indifférent. Vari-on donne la préléreneeà celui pro\en;uit de la liente de pigeon , qu'il vante beaucoup pour les pâturages des bêtes à cornes. Selon Théophrastc, l'urine de l'homme, mêlée de poils de peaux tannées , est un engrais propre à transformer certaines plantes sau\ages en plarit-:-s domestiques. Les excréments hiunains, les fumiers de chèvre, de mouton, de biruf, de cheval, la fougère et même le plâtre, étaient également employés comme engrais par les Grecs et les Romains. ( y oyez lluefer. Histoire de la chimie, tome I , pag. ino ).
Les engrais ont été, de notre temps, l'objet de nombreuses recherches I Voyez CJitano ; M. .Mulder {Journal fiir prakl. ('hemie,etc., année isii ) a été conduit, par une série d'expériences, à établir les principes suivant*;
EPO
I' I.'cau (le pluie et l'air aliiior.phoiii|iie donncntamvéiîétauxunenoiirrilurein.siifli.sante. I.a présence de lacidc ulmiqiie la\orise la végétation ; l'acide Iminiqiie la favorise encore <la>anta!;e. 2" I.e eliarbon et les, cendres de bois ne sont pas anssi favorables a la végétation que la terre végétale proprement dite. 3° Soils rinlliicnce de l'eau et de l'air atmosphérique , les corps non a/.otés peuvent absorber une certaine quantité d'a/.otc , et donner, par la distillation sèche, des produits ammoniacaux, t.'liydrogéne à l'état naissant , qui se dégage Jes matières organiques, se combine avec l'azote pour former de l'ammoniaque , absolnnaent comme l'hydrogène qui provient de la décomposition de l'eju par la limaille de fer.
MM. Boiissitvjault, Kulilniann , Sihaltenmaiin ont reconnu, par l'expérience, l'efficacité de l'emploi des sels ammoniacaux comme engrais. Dans un mémoire lu a l'Académie le II septembre ibîs, M. Boussingault a démontré :
t" Que le sulfate et le chlorhydrate d'ammoniaque ne pénétrent pas en nature dans les plantes , et n'agissent comme engrais qu'après leur conversion en carbonate d'ammoniaque ; 2° que les sels ammoniacaux fixes, mêlés avec de la craie lavée et du sable humecté , de manière à donner au mélange la consistance d'une ferre meuble et convenablement humide, éructtent à l'instant même, â la température ordinaire et à l'ombre . des vapeurs de carbonate d'ammoniaque qu'il est possible de doser ; vn. quelques jours la décomposition des sels ammoniacaux est complète ; s» que le chlore renferme dans les cendres des plantes qui croissent sur les bords de la mer n'est nullement en rapport avec la forte proportion d'alcalis qu'elles contiennent , et que par conséquent la totalité du sodium n'entre pas dans le végétal saus forme de chlorure , mais trèsjirobablement à l'état de carbonate de soude , et cela par suite d'une réaction analogue à telle que fait éprouver le carbonate calcaire aux sels ammoniacaux.
ÉOI.IPYLE. Boule métallique creuse, munie d'un bec qui n'a qu'une ouverture très- «'troite. Cette boule étant en partie remplie d'eau , et exposée au feu , produit par son bec nn souffle dont l'intensité augmente en raison de la tension de la vapeur d'eau. Cet instrument est très-anciennement connu. Vitruve ••n a déjà donné une description exacte ( Vitruve, de Architectura, 1 , 6 1.
ÉPO.\GES. D'après les recherches analytiques que M. CrookeiiU vient de publier dans les Annalen der CkemieunO Pharmacie ( année lan ) , les éponges appartiennent plutc'it an règne animal qu'au règne végétal. les éponges épuisées par l'étlier, l'alcool et l'acide chlorliydrique , renferment , suivant M. Croolewit ,
caibone 47, IG
bvilrogènc <;,:.!
a20te 10,1»
ÉQU
oxygène ïc/jo iode 1 ,07
soufre 0,0'j
phosphore i ,90
EPROtVETTK. Vase de verre cylindrique , ayant la forme d'un large tube ; il sert particulièrement à recueillir les gaz. A cet effet, on remplit l'éprouvclte d'eau onde mercure, et on la maintient renversée dans un bain d'eau ou de mercure. I,c tube recourbé par lequel arrive le ga/, est introduit au fond de l'éprouvette : à mesure que le gaz se dégage , il s'eléve dans l'intérieur de l'éprouvettc.ct en cha.sse l'eau ou le mercure , dont il prend la place, nioUrcl d'Élément a le premier enseij^né ce moyen de recueillir les gaz. | f^oi/f:::, IIolfer , Histoire de la chimie , tome II , pag. 5«. }
éql'iliiirï:. ( Statique. ) Effet résultant de deux puissances égales agissant simultanément, mais en sens contraire l'une de l'autre. ,Si l'une de ces puissances vient à diminuer ou à cesser, l'équilibre sera rompu , et il y aura un. mouvement dans le sens de la puissance prépondérante.
ÉQrixoxE. Temps on le soleil est dans l'éqiiateur, et ou le jour est égal à la nuit. Il y a deux équinoxes par an : l'éguinoxe de printeiii/js I le ïo ou 21 mars | et l'cquinoie d'automne I le 22 ou 2j septembre ).
iL(jt isÉTiQtE I Acide). Foyez Aconitique ( Acide I.
ÉOL'V\i.E\TS ( Loi des). T.es corps se combinent entre eux dans des quantités ronstmitcs et inrariabtcs ; c'est sur ce simple énoncé que repose la loi des équivalents. I.e mot d'équivalent suppose nécessairement l'existence d'un composé, ainsi, l'expérience directe apprend que 100 parties d'oxygène ( en poids ) exigent exactement 1234 parties de plomb ( en poids ) pour former un compose appelé protoxyde de plomb, t^ettc même quantité de plomb se conibincra avec 201 ,i6:i parties de soufre pour produire un sulfure de plomb Les quantités (en poids) loo d'oxygène, 2ai,i6il de soufre, 442,600 de chlore, etc.. sont appelée» quantités équivalentes. Lorsque . dans un composé quelconque , la quantité d'oxygène qui y entre est représentée par 100 , la quantité de soufre le sera parïOl.iSo, celle du chlore Iiar 442,630 ; en un mot, toutes ces quantités peuvent se substituer rigoureusement les unes aux autres ; elles s'équivalent. Ce que nous venons de dire de l'oxygène , du soufre et du chlore , est applicable à tous les corps susceptibles de donner naissance à des composés. On prend ordinairement pour unité de comparaison 100 ou I d'oxygène , parce que ce gaz. entre dans un très-grand nombre de composés. L'wjuivalent d'un corps est souvent égal à son poids atomique. Il est bien évident que le rapport des quantités qui se combinent reste absolument le même , soit qu'on prenne pour unilé le composé lui-même . en indiquant les Cléments en centièmes ou en, jnillièmcs ; soit qu'on prenne pour terme de
ÉQU
comparaison loo d'oxygène. Ainsi , dire que 100 p. d'oxygène se combinent avec i2,48 d'hydrogène pour former de l'eau, c'est-à-^ire au fond la même chose que as oi p. d'oxygène SI! combinent avec 1 1 ,09 d'hydrogène pour former loo p. d'eau; car loo : 12,48 : : 88,9i : ii, 09. l.e rapport n'est nulleuient cliangé ; seulement dans le premier cas, on prend pour unité un élément du composé , tandis que , dans le second cas , on prend pour imité le composé lui-même. L'équivalent (quantité en poids ) de l'Iiydrogène I H ) est donc I2,in, celui de l'ox> gène ( O | étant lOO ; et le composé ( eau |, produit de ces deux gaz , s'exprime en équivalents par la formule : 11(1. D'après cela il e-it facile, à l'aide d'un simple calcul , de déterminer l'équivalent d'un corps lorsqu'on a pi éalablement constaté, par l'analyse, la qvantitc ( en poids ) de ce corps, qui entre dans un composé quelconque. Ainsi, pour trouver l'équivalent du soufre , on saura d'abord que ce corps forme avec l'oxygène un composé ( acide liyposulfureux ) qui, exprimé en centièmes, contient sn.so de soufre , 35,20 d'oxygène.
Or, en établissant la proportion : 5r.,20 : 6G,80 : : 100 : r, on trouve pour la valeur x, 201, i6o, ciiiffre qui est l'équivalent du soufre ( S | , celui de l'oxygène étant 100.
Ainsi on a 0= 100
H = 12,48, S =201, IBS.
On pourra procéder d une manière analogue pour trouver les équivalents de tous les autres corjjs de la chimie, la loi des équivalents s'applique non-spulement aux corps simples qui se combinent entre eux , mais encore aux corps composés qui se .saturent réciproquement. C'est ainsi que 100 parties d'acide sulfurique demandent , pour être parfaitement neutralisées,
43 p. d'ammoniaque, ou 118 p. de potasse, ou 78 p. de soude.
Ces nombres indiquent les rapports de la capacité de saturation de ces trois bases dUl'érentes. ils conservent entre eux les mêmes rapports, quel (|ue soit l'acide ( exprimé en 100 p. ) qui neutralise ces bases ; donc, connaissant la quantité ou la cap.neité de saturation de l'une de ces bases, on connaiira celles des autres. Ainsi , 100 p. d'acide clilurhydrique saturant 63 p. d'amraonia(|ue , il fau Ira 173 p. de potasse ou m p. de soude pour saturer cette même quantité d'acide chlorhydrique ; car, 43 : 118 : 78 : :b3: 173 : 114 ( exprimés en nombres ronds ) ; en d'autres termes, 43 p. d'ammoniaque équivalent ii t la p. de potasse , ou t ce qui ne change eu rien le rapport 1 03 p. d'ammoniaque iqiiiriileiU à 173 p. de potasse ou à 11 4 p. de .soude.
D'après ce qui précède , on voit que la loi des équivalents est fondée sur l'expérience , rt qu'on a fort de l'appeler théorie des équivalents. I.cs équivalents n'ont rien de commun
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avec les hypothèses ; ce sont des données réelles de l'expérience positive , de; l'emploi direct de la balance , sans prétendre à aucune explication de la constitution moléculaire des corps. C'est ce qui distingue la loi des équivalents de la théorie des atomes.
ERGOT 1 \ K. Principe pulvérulent rougeâfre, découvert en 1331 par Wiggcrs dans l'ergot de seigle. .Sa saveur est acre, légèrement amère, et son odeur nauséabonde. 1,'ergotine est insoluble dans l'eau et dans l'éther, tandis qu'elle se dissout très-bien dans l'alcool. Elle se dissout également dans l'acide nitrique, qui la colore en jaune ; l'acide sulfurique concentré la dissout avec une couleur rouge foncé. On obtient l'ergotine en épuisant par l'éther l'ergot de seigle pulvérisé , de manière ù séparer les matières grasses , et en traitant le résidu par l'alcool bouillant. I.a liqueur alcoolique laisse, après l'évaporation, un résidu qui est traité par l'eau froide ; l'ergotine reste non dissoute. Composition inconnue.
ÉRYTHKIVE. Principe pulvérulent, brunifre, obtenu par Heercn en épuisant l'extrait aqueux de lichen par l'eau bouillante, et en ajoutant au mélange de la craie : la liqueur filtrée bouillante lai.ssc déposer l'érythrine par le refroidissement. L'érythrine ainsi préparée fond au-de.ssus de 100'. Elle se transforme en psetido-ênj/hrine par l'ébuUition dans l'alcool. Par l'action prolongée de l'ammoniaque, l'érythrine se change en une matière rougeàtre et amcre | amer il'erythrine]. Formule de l'érythrine : C^^ 11'^ O).
ÉRYTIIRIQUE { AcidC ). A'oj/ez ALLOXANï.
ÉRYTHiiopHYLLE. ( Rntigc des feuilles ). Les feuilles de beaucoup de végétaux rougissent à l'époque de leur chute. Pour extraire cette matière colorante, on traite les feuilles par l'alcool bouillant, et on .sépare par le lillre la résine et la matière gra.sse. Le liquide filtré est précipité par l'acétate de plomb en vert-pré. Ce précipité est traité par l'hydrogène sulfuré, et la liqueur filtrée renferme la matière colorante d'un brun rouge. La matière colorante extraite des fruits présente a peu près les mêmes caractères. Ses combinai-' .sonsalcahnes sont vertes, et s'oxydent â l'air. ( Ikrz'litis ).
ESCL'Lli\E. Synonymes : Polychrome; Enalloc/irome. Principe blanc , cristallin qui s'obtient en épuisant par l'eau l'écoreedes marrons d'Inde, et en précipitant la liqueur par l'acétate de plomb. Le précipité est réduit par l'hydrogène sulfuré ; la liqueur liltrée laisse, par le refroidissement , déposer l'e.sculine à l'état cristallisé. L'esculine est insoluble dans l'éther, et se dis.sout très-bien dans l'eau bouillante. Elle ne forme pas des .sels crislallisahles. Trommsdor/f lui assigne la formule : C» 119 05.
KSENUECKiiVE. Matière amorphe, amère, trouvée par iM. litichner dans Y Esenheckia Jeljri/iiqu. Elle est peu soluble dans l'eau et dans l'alcool. Oimposition inconnue.
KSP
ESPACE. I.cs pliilosoplics ont beaucoup discuté sur la véritable définition du mot espacr. Selon les uns . l'espace est synonyme d'étendue ; l'idée d'espace implique nécessairement celle d'un corps qui l'occupe. Selon les autres , l'espace est une conception abstraite sans existence matérielle ; selon d'autres enfin . l'espace est Infini , et quelque chose de réclleincnt existant. Aux termes de la doctrine de Kant , l'espace est , ainsi que le temps , une forme essentielle de la receptirité , c'està-dire de la faculté derecevoir des impressions. Tout ce qui est perçu par nos sphs occupe un espace ; de môme que toutes nos pensées imj)liqucnt la condition fondamentale de la succession , c'est-à-dire du temps. L'espace et le temps sont donc , pour ainsi dire , les deus moules principaux de notre faculté de connaître. Ces idées sont discutées à fond par Kant, dans la première partie de sa Critique de la raison pure.
ESPP.ÏT AI.CALIi\ VOLATIL. Foyez Am- MOMAQIE.
ESPiiiT AnoF.XT. foyez k\.com..
ESPisiT UE BOIS. Synonymes : Hijdrate de mclliiiléne ; Ili/ilrate d'oitjde de viethyle. Produit de la distillation du bois ( F oyez Alcool ). U est très-fluide , incolore , d'une odeur empyreumatique rappelant à la fois celles de l'alcool et de l'étber acétique. II est trés-inflammable. 11 bout à ce" s. Sa densité est 0,798 à 20°. Distillé avec le peroxyde de manganèse et l'acide sulfurique, il produit, au contact du noir de platine et de l'air, une série de composés oxygénés , parmi lesquels on remarque l'acide forniique et le formométhylal. L'esprit de bois est converti par l'acide nitrique . sous l'inflaence de la chaleur, en eau et en acide oxalique. U fonne des combinaisons cristallines avec la chaux, la baryte et le chlorure de calcium. Kn soumettant cette dernière combinaison à la distill.itlon avec l'eau , on obtieBt l'esprit de bois parfaitement pur. L'esprit de bois du commerce est souillé d'acétone et d'autres matières inllammables. MM. Uuinas et l'éliïot ont assi-iné à l'esprit de bois la foniiule : C^ IfO-f IIO.
ESPRIT DF.PIILOr.lSTIQl'É. /^Oî/. CHLORE.
ESPRIT DE MTKE. f^Oyei AZOTIQUE ( Acide ).
ESPRIT PE MTBE DCLCIFlÉ. Mélange d'alcool et d'aride nitrique.
ESPRIT PVROACÉTIQLE. ^OJ/eZ ACÉTOXE.
ESPRIT DE SEL. loyez CuLORHYDRlQUE
( Acide ).
ESPRIT DE SEL AJUIOXIAC- VoyCZ .VM- MONiAQLli.
ESPRIT- DE SOUFRE. /"OJ/eS SULFUREUX
( Acide '.
ESPRIT D'URixE. Carbonate d'ammoniaque , obtenu par la dLst'illation des urines avec la chaux.
ESPRIT DE vÉMS. Foycz Acét.'qlt:
( Acide ).
EsrniT-UE-vix. Voyez Alcool.
ESS
ESPRIT DE VITRIOL. A'oyi'; SULFURIQUB
( Acide ).
ESSAI DES SIONMAIES. ( K-OyeZ MON- NAIES |.
ESSE.VCES. Synonymes : Huiles essentielles; Huiles volatile ,• Esprits aromatiques. L'odeur aromatique d'un végétal ou de toute autre matière organique est en général due à une essence ou huile essentielle. Beaucoup d'essences se trouvent toutes formées dans les plantes ; le zeste du citron ou de l'orange fournit , par la pression , l'essence de citron. D'autres essences sont des produits de sécrétion de certains arbres; elles sont mélangées avec des résines dont on les sépare par la distillation, et portent le nom de baumes. Il existe une classe d'essences qui se forment au contact de l'eau, et sous l'inllucnce d'une sorte de fermentation et de putréfaction. A cette classe appartiennent l'essence de moutarde et celle des amandes anières. Enfin , d'autres essences peuvent être produites par l'oxygénation de certains principes imméùiats , tels que la salicine , qui peut donner lieu à la formation de l'essence des fleurs de la re.ne des prés ( Spirœa nlmuria ). Les essences qui existent toutes formées dans les plantes peuvent s'extraire au moyen de l'éfher ou d'une huile grasse, qui se charge des principes odorants. Quant à leur deasilé, les bulles essentielles peuvent être distinguées en huiles plus pesantes que l'eau, et en huiles plus leyères que l'eau. Quant à leur composilion , elles peuvent être classées en huiles non oocyqéneei elca huiles oxygéttees. Les huiles non oxygénées sont des carbures d'hydrogène représentés par la formule générale: C" II*», Les huiles oxygénées sont le plus souvent des mélanges de plusieurs huiles, sur Ies<iuels l'analyse ne répand aucune lumière. Elles sont en général plus solubles dans l'alcool que les huiles non oxygénées. Les essences sont trèspeu solubles dans l'eau , à laquelle elles commui:iquent cependant leur odeur ( eaux distillées lics pharmacopées). L'odeur des essences parait être en relation intime avec le degré d'oxydation que ces substances volatiles cprouv eut à l'air. Ainsi . les essences de citron et de térébenthine, distillées sur de la chaux calcinée, dans le vide ou dans un courant d'acide carbonique, sont parfaitement inodores ; mais elles reprennent leur odeui' au contact de l'air. Par une conservation projongée les huiles essentielles s'épaississent et deviennent résinoides , en prenant une couleur foncée. Plusieurs huiles s'acidifient à l'air, par suite de l'absorption de l'oxygène ; les huiles de cannelle, d'amandes amères et de cumin sont dans ce cas. Cette modification est d'ordinaire accompagnée d'un dégagement d'acide carbonique. Le chlore et l'iode décomposent les essences avec une sorte d'explo.sion : elles perdent une certaine quantité d'hydrogène, laquelle est remplacée par une quantité équivalente de chlore ou diode. L'acide nitrique
ESS
exerce également une action très-^lre sur les essences , en les transformant en des matières riïsinoïdes , qui ont été jusqu'ici peu examinées. Beaucoup d'huiles essentielles sont des mélanges très-complexes : elles contiennent un produit solide , cristallin , connu sous le nom de stcaropt.énc Ce produit est du camphre pur pour les huiles de lavande et de valériane. Quelques autres huiles renferment un acide oléagineux et volatil , une huile indifférente et même des composés azotés, tels que l'ammoniaque et l'acide prussique. Ces huiles ressemblent beaucoup à certaines huiles pijrpyénces ou einpijrewiiatiqiies, obtenues par la distillation séclie des matières oiganiques. D'après ce qui vient d'être dit , il est facile de distinguer les huiles essentielles des /miles grasses ( f'oyez ce mot ). Nous nous bornerons à décrire sommairement les principales essences.
Essence d'absinthe. Elle est verte , d'une saveur acre et amère ; elle s'extrait de l'absinthe ( Artemisia absinthiiim ). Sa 'densité est
Essence iVacnrns. Pictirée de \' Jcorus cnlainus. Klle est jaunâtre , d'une saveur aromatique. Sa densité est o,9G2. '
Essence d'ail. Hetiréc de V.lllinm sativum ; elle rappelle l'odeur de l'ail, elle est plus pesante que l'eau. Appliquée sur la peau, elle occasionne des douleurs cuisantes.
Essence d'amandes anicres. ( Ifi/driire de benzoile ). Les amandes auières , les feuilles de laurier-cerise, de t'ersica viilgâris , At Priinns padus , de Sorbiis unevvarla , enOn heauconp de plantes de la famille des Rosacées, fournissent cette essence par leur distillation avec l'eau. L'essence d'amandes amères est un liquide incolore, d'une odeur analogue à celle de l'acide eyanhydrique, et d'une saveur brûlante ; elle bout à lao». Sa densité est 1,0 J3. Sa vapeur e.st inflammable et brûle avec une flamme blanche. L'essence d'amandes amères s'oxyde à l'air, en donnant naissance à de l'acide benzoïque. Celte production est favorisée par la présence d'un alcali. Traitée par le clilore , l'iode, le brOine, elle forme des produits liquides particuliers, dans lesquels i équivalent d'hydrogène est remplacé par i éq. de chlore , d'iode , de brume ( chlorure de ben zoile, iodure de benzoile, bromure de bcnznile.).
Essence d'oiicth. Kssence d'un jaune paie, d'une .saveur acre et doueeùtre, retirée du fruit de VAnethxtm yraveotens. Sa densité est de
Essence d'anis. Elle se retire des fruits du Pimpinella anisinn,- elle est incolore ou légèrementjaunitrc, d'une saveur aromafique, suave l't douceâtre. .Sa densité est de o.'.iiio ; la densité de sa vapeur a été trouvée égale a ti,r>8.
Essence d'armoise. Cette essence.relirée des feuilles et des souimités de l'armoise ( Arte- 'uisiu vulijaris ) , est d'un jaune vcrdàtre, cl
KSS i-i
d'iinc saveur d'abord brûlante , puis fraîche ; elle se dissout dans l'alcool et l'élher. Les alcalis ne la dissolvent pas.
Essence d'aspic. Extraite du Spica latifoha , ressemblant en tout à l'essence de Lavande.
Essence d'assa fœtida. On l'extrait de la gomme résine du Eernla assa fœtida. Elle est limpide, plus légère que l'eau, d'une odeur rcpou,s.sante, dune .saveur d'abord suave, puis acre. Son poids spécilique est 0,912 a 1;;°.
Essence de badiane ou d'anis étoile. Elle se retire des fruits d'une magnoliacée , Vlllicivm anisatum. Elle e-^t d'un jaune clair, et a la même saveur et la même odeur que l'essence d'anis.
Essence de basilic. On obtient cette cs.sence en distillant avec de l'eau les feui.lcs de basilic I Oojmum basilicnm \ Elle dépose à la longue des cristaux prismatiques. Dumas et l'éligot ont trouvé dans ces cristaux «s.e carbone . 11,3 hydrogène et 24.7 oxygène, nombres qui correspondent à la formule C" IP' 4- 6 H- O, qui est la uième que celle des cristaux de l'essence de térébentliine.
Essence de bergamote. On l'ojjtient en soumettant à la presse le zeste des bcrgamole.s ( Citrus limctta bcrgamivm ). Elle est d'un jaune clair, quelquefois vcrdàtre ou brunâtre, très-fluide, et d'une odeur furt agréable. .Sa densité e.st 0 87; ou o,88j.
Essencede bigarade. Elle .s'extrait des fruits du Citrus bigarea.
Essence de bois de Ithodes. On obtient du bois de Rhodes | Convnlnilus scoparias ) une huile es.sentielle, avec laquelle on falsilie souvent l'essence de rose.s. Liquide, jaunâtre, elle rougit avec le temps ; elle possède une odeur de rose et une saveur amère et aroiiiatique.
Essence de bouleau. Elle se retire des feuilles et des fleurs non épanouies du bouleau ( Itetiila alba |. E'.le est incolore ou JauuAlrL> . très-tluide, d'une odeur bal.sauii<iuc (|ui, a l'état d'extrême divisîon, rappelle l'odeur des ro.ses. Sa saveur, d'abord suave .devient Acre et aromatique. Grasniann l'a propo.sée comme médicament.
Essence de cajepvt. Elle s'extrait du lilelaleuca Iciico lendrnn et du Melalenrn cajejoi/'j. Cajeput .siguilie , dans la langue moluque , arbre blanc. Cette e.s.senee est d'un vert pale, très-fluide, d'une odeur désagréable lorsqu'elle est rcspivée en nias.se. .Sa sa\eur est fraiclie comme celle de la menthe. Sa densité est 0,070.
Essence de camomille. De la camomiîie des prés ( Miitricaria cliamomilla ) s'extrait une essence bleu foncé; .sa saveur est aroniatiijue et aiuère. .Sa densité est o.aai. Elle est souvent falsifiée avec de l'essence de lérébrnthine; on reconiuit la fraude au moyeu de l'iode , qui en s'échauffaut explosionne et développe des \apeurs violettes, si l'addition d'essence de lèrébcnthinc est Ir0|i forte. L'es-
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Sfiice de camomille romaine est extraite de Y Jnthemis nobills. Elle ressemble ea tout a la précédente.
Essence de cannelle. Celle connue sous le nom d'essence de Ceylan est retirée du Lauriis cinnamomum. Une autre, appelée essence de Chine, essence de eassia , s'extrait du Lan rus cassia. Ces deux essences sont d'une couleur jaune clair, et ont une saveur agréable , douceAtre et fort aromatique ; elles réiractent considérablement la lumière ; leur densité est entre i,03 et i.o». Mulder leur assigne la formule : C,^° 11" O^. Exposées a l'air, elles absorbent l'oxygène, et se transforment en eau et en deux résines particulières : l'une, fusible à Go' et représentée par la formule (;i3 iiij ((2^ ;, été appelée par Mulder résine aliilia ; l'autre, fusible à ns<= et représentée par C" 11'° O, a été appelée résine betii. Traitée par l'aeide chlorhydrique , l'essence de cannelle produit deux matières résineuses , dont l'une est presque Insoluble dans l'alcool froid et l'autre s'y dissout facilement. L'acide sulfurique produit également deux résines avec l'essence de cannelle.
Essence de cardamome. Elle s'extrait des fruits du Cardamomum repens ; elle est incolore ou jaunâtre, d une odeur aromatique et camphrée, et d'une saveur brûlante. Sa densité est o,9i;i.
Essence decarvi. La graine de carvi ou de cumin des prés ( Carum carvi J donne une huile jaun,\tre, lluide, d'une saveur pénétrante et aromatique. Sa densité est o.'Jm. Cette essence, dislillée avec de l'acide pliosphoriquc ou avec de l'hydrate de potasse fondu , donne , d'après M. .Sehwei/.er, une huile incolore nommée cttrcéne. Le carvène ne renferme point d'oxygène ; sa formule est C" 11" : il fait donc partie de la série des canipliènes. En préparant le carvène, on obtient une essence oxygénée, désignée par M. Sehwei/.er sous le nom de carvucrol.
Essence de cèdre. Le bois de cèdre de Virginie fournit une essence solide , molle , blanche ou légèrement colorée. Elle est composée d'un mélange de deux principes , l'un solide et l'autre liquide. Le principe solide possède une odeur aromatique et une saveur peu prononcée. Sa composition est représentée parC^^ II"' O^ = i vol. de vapeur. L'essence de cèdre liquide a la même composition que le principe solide ; mais son odeur est plus suave. Essence de citron. On obtient cette essence en soumettant à la pression l'écorce des fruits du Citrus médira. Elle est ordinairement jaun.Ure, très-tluide , d'une forte odeur de citron , et d'une sa\ eur épicée. La première portion de l'essence distille à îea" , et possède une densité de o,ia. L'essence du citron fait explosion avec l'iode aussi rapidement que l'essence de térébenthine.
\,'essence de cédrat ne se distingue de l'essence de citron que par son odeur, qui est plus agréable. Vessoice de Portugal ou d'c-
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rorce d'orange ( Citrus aurantiam ) n'en diffère également que par l'odeur; sa densité est o,8r>:;.
Essence de copahu. Cette essence e*t extraite du baume de copahu distillé avec de l'eau. Elle est limpide, et possède l'odeur du baume , récemment distillée ; elle a une densité de o,ni , qui s'élève, au contact de l'air, à o,9i>. Elle fait ciplosion avec l'acide nitrique fumant, en produisant un corps cristallin, qui passe du jaune au bleu et au vert; avec l'acide chlorhydrique elle donne un camphre dont la composition C" H', 11 Cl, est analogue à celle du chlorhydrate d'essence de citron.
Essence de coriandre. Cette essence , incolore , fluide , d'une odeur et d'une saveur aromatiques, est extraite du coriandre ( Coriandrium sativum ). Elle fait explosion avec l'iode. Sa densité est 0,739.
Essence de cubcbes. Les cubèbes ( l'iper euheba ) donnent une luiilc essentielle. Incolore, d'une saveur camphrée, sans amertume, et d'une odeur aromatique. Elle est visqueuse, et d'une densité de 0,920. L'essence de cubèbes produit , avec le gaz chlorhydrique , du camphre cristallisé, inodore, insipide, soluble dans l'eau froide, et fondant à 131°.
Essence de cyprès, lille est tirée du Cypressiis sempervirens. Elle est employée comme antlielmintique , et préserve les fourrures des mites.
Essence de l'écorce de U'intcr. L'écorce de ff'intera aromatica contient environ 1/5 p. 100 d'huile essentielle jaune, d'une odeur pénétrante, et d'une saveur amèrc. L'essence de l'écorce de Canella alba est épaisse , d'un jaune foncé , et plus pesante que l'eau.
Essence d'estragon. Elle .s'extrait de l'estragon ( Artemisia dracunculus |. Sa densité est 0,943. .Suivant M. Laurent, sa formule est C^^ H-" O-" = 4 vol. de vapeur. Avec l'acide sulfurique, cette essence donne l'acide sulfodraconique , dont le sel de baryte est .soluble. Ce même chimiste a obtenu , avec cette essence et l'acide nitrique , l'acide draconiqne ( f'oyez Uraconique , Acide ); l'acide nitro-draconas'tquc C^' II" N O'-l -f i 110, et l'acide nitrodraconrsiqne C3' H' ' N- O'S 4- 2 H O. Ces acides a/.olés donnent , avec le chlore et le brome, l'acide nitro-chlnrodraconésiqueC" H" Cl NO'-* -(- 2 HO; l'acide nitrn-trromodraconésiqac C^^ H" lîr N 0'4 -f 2 110. L'ess-ence d'estragon donne, sous l'inlluence du chlore, le clitorure draconyliqxte C3i 11'^ O^ Cl7, que la potasse change en chlorure de potassium et en c/ilorodraconyleC^^ HM Cl'^O^.
Essence de fenouil. On l'extrait de la graine A' Ànethum /wnicutum. Elle est incolore ou jaunâtre , et d'une saveur agréable. Sa densité est 0,997.
Essence de Fernambovc. M. Chevreul a extrait cette essence du Eernaraboue { Casai-
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pilla crista. ) Elle a l'odeur et la saveur du poivre , el réduit promptement le peielilorure d'or.
Essence de genièvre. Elle s'obtient par la distillation de l'eau avec les baies du genévrier ( Junipertis fO//im«)us); i'iiuilc que l'on retire des baies vertes bout à i3o°, une autre moins volatile bout à 20:;° ; cette dernière huile constitue l'essence des baies mures-. L'huile plus volatile est incolore, et d'une odeur qui tient à la fois du genièvre et du bois de pin. Sa densité est 0,858. La densité de l'iiuile moins volatile est o,878. Cette essence donne avec le gaz chlorhydiique une combinaison liquide I hydrochloiate de juniperilène de MM. Soubeiran et Capitaine ). On fabrique en .\nglcHenc une cau-de-vic de genièvre ( çin ) qui renferme un peu de cette essence, qui est employée en médecine comme diuréliquc , et donne à l'urine une odeur de violettes.
Essence de ijiro/le ( acide eugénique ). La distillation des clous de girolle avec l'eau donne une huile essentielle composée d'un mélange d'acide eugénique et d'un hydrurc de carboneC" 11'', hoijez KuGÉxiQLh ( acide).
Essence de houblon. Par la distillation avec l'eau, les fleurs femelles du houblon ( Huinuliis liipuliis ) produisent une huile essentielle particulière, lille est fluide, peu colorée, d'une odeur de houblon très-prononcée , et d'une saveur acre. Cette huile essentielle est particulièrement fournie par les petites glandes jaunes dont les fleurs sont couvertes a la base des bractées du houblon. Sa densité est o,aio. Cette essence noircit l'argent métallique.
Essence de laurier. .Soumises à la distillation avec l'eau , les feuilles et les fruits du laurier ( Laurits nobilis ) donnent une huile essentielle visqueuse, d'un blanc sale, d'une odeur forte et d'une saveur amère. Sa densité est 0,914. Par la rectificalion elle donne une luiile très-volatile d'une densité de 0,837, et une autre d'une densité de o,sttj. lin épuisant les baies du laurier avec de l'alcool bouillant, on obtient par le refroidissement la taurine cristallisée en octaèdres à base rhombe. Ce principe a l'odeur de l'essence, et une saveur acre et amère.
Essence de lavande. On extrait delà lavande ( l.araudulaspica) une essence jaunâtre, trèsfluide , d'une odeur forte et d'une saveur acre , aromatique et amère. Cette essence rougit le tournesol ; suivant M. Uuraas, sa composition est la même que celle du camphre des laurinées. Sa densité est de o,r72 à 0,877. Klle explosionne légèrement avec l'iode , en produisant des vapeurs jaunes.
Essence de marjolaine. I.a marjolaine ( Origanum majorana ) donne une essence jaune clair, souvent brunâtre ou verdàtrc, d'une odeur et d'une saveur fortes. Elle fait explosion avec l'iode.
Essence de mélisse. Elle est tirée du .^felissa officinalis. Elle est d'im jaune pâle et d'une odeur citronnée. Sa densité est o,a7j.
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Essence de menthe crépue. Cette essence , extraite du Mentlia crispa ^cst presque incolore, très-tluide, dune odeur moins agréable (jue celle de la menthe poivrée ; .sa saveur es*, amère, et moins fraîche que celle de cette dernière. .Sa densité est o,9«9. L'essence de menthe poivrée, également connue sous le nom d'essence de menthe d'yimerique, est extraite des sommités fleuries du Mentha piperita. Elle est presque incolore , quelquefois jaunâtre ou verdàtre. Elle possède une odeur pénétrante , une saveur d'abord brûlante et aromatique, puis fraîche et agréable. ,Sa densité est entre o,'jo2 et i,9o. Le stéaroptène qu'elle dépose fond à 27° et bout à 20«=> ; il a pour formule : C"= 1!'* O. En traitant l'essence poivrée concrète par l'acide phosphoriquc anhydre , M. Walter a obtenu un liquide incolore, trèsmobile , d'une odeur agréable , auquet il a donné le nom de menthéne. Ce chimislc considère l'cs.sence de menthe comme un hydrate de menthéne, exprimé par la formule : C" H" -l-ïHO.
Essence de pouillnt. Elle se retire du .Mentha puleiiium. Elle bout entre IG2 et 178". .Sa densité est 0,927, et sa composition : C'» II'' o.
E.isence de mille/ruilles. On l'extrait des feuilles de ['.-/chi/ica viillcfoUum. Sa densité est 0.92. Suivant M. liley, l'essence de la racine est incolore , celle des feuilles el des fleurs est d'nn bleu foncé , et celle des graines d'un vert sale.
Essence de moutarde noire. Cette essence n'est pas contenue toute formée dans les graines : elle se forme sous l'influence de l'eau , comme l'essence d'amandes aiiières. Donc, pour la préparer, on met les graines pilées pendant quelques heures en contact avec l'eau. Par la distillation , on obtient un produit jaunâtre , bouillant à Mî" , et ayant pour densité i.oio. L'ammoniaque se combine directement avec l'essence de moutarde pour former un corps blanc . cristallin , représente par la foruuile : C» IP NS' -f- NH^. Fraitée par l'acide nitrique , l'essence de moutarde devient d'abord verte , puis jaune rougeûtce , et se convertit finalement en une matière résinoïde jaune . à laquelle M. lœwig a donné le nom de résine nitrosina pique. — M. Will vient de découvrir plusieurs composés nouveaux . par la réaction de la potasse et de l'oxyde plombique sur l'essence de moutarde. L'un de ces composés, représenté par la formvile C' 11' N=, a reçu le nom de sinummine, l'autre, exprimé par C'4 Ifu ^2 O', s'appelle sinapotine. Ces deux corps se combinent avec les perchlornres de mercure et de platine , et se comportent comme des bases organiques. L'oxyde plombique , chauffé avec l'essence de moutarde, se combine avec nu acide particulier que M. ^\ill a représenté par la formule ; C*" H'' NS4. ( F'oijez Annalen drr Clicinie , octobre laul.
Essence de muscade. lUle se prépare en distillant des noix de muscade avec de l'eau.
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Elle est jaune, aromatique, et d'une (1ensit(5 de 0,92. bile se compose d'une huile li^^i're et d'un principe cristallin ( myristicine de John ) , plus pesant que l'eau , et fusible vers 90°. Mulder assigne à ce stéaroptène la formule : C* \ï'<> 05.
Essence de myrrhe- Huile incolore , trèsfluide, balsamique , qui s'obtient par la distillation de la résine du ISalsamodendroii myrrlia. Elle jaunit et s'épaissit à l'air. Composition inconnue.
Eisencc de nèroli ou de fleur d'oranger. On l'obtient en distillant les fleurs d'oranger avec de l'eau. D'après Doeberciner, cette essence forme un acide particulier, lorsqu'on la met en contact avec le noir de platine. Elle parait se composer de deux huiles : l'une , d'une odeur agréable , existe abondamment dans l'eau distillée de nèroli ; l'autre , presque insoluble dans l'eau , ne se rencontre que dans l'essence.
Essence de persil. Elle s'extrait de V.Jpium petroselinuin. Elle est jaune, et exhale une forte odeur de persil. Agitée avec l'eau , elle se décompose en deux huiles : l'une surnage le liquide, l'autre, plus pesante, se dépose. Cette dernière se solidilie, et forme une espèce de stéaroptène.
Essence de poivre. On l'obtient en distillant le poivre ( Piper nigrum ) avec l'eau. lîJlc est incolore , très-mobile , bouillint à i(;70,s, et d'une densité deo,8B-î. Elle a la môme composition que l'essence de térébenthine.
Essence de raifort. Elle se retire du Cochlearia armoracéu. Elle est d'un jaune pâle, plus pesante que l'eau. A la longue , elle se transforme en aiguilles , douées d'un éclat argenté ayant la même odeur et la môme saveur que l'essence liquide.
Essence de reine des prés. Cette essence a été retirée par M. Pagenstecher des fleurs de la reine des prés ( Spirœa ulmaria ), et décrite par M. Eoewig sous le nom d'acide spiroilhydrlque. Elle possède au plus haut degré l'odeur des fleurs de cette plante. Traitée par un mélange d'acide sulfuriquc et de bichromate de potasse , elle donne naissance à un acide oléa- ' giueux qui a exactement la même composition que l'acide ben/.oique cristallisé. ( f'oyez Samc.ne ).
Essoice de romarin. On l'extrait du Itosjnarinus officinalis. Elle est incolore, trèsfluide , et d'une saveur camphrée. Sa densité est 0,911. Elle bout vers IS(>°. Les proportions <le stéaroptène qu'elle renferme varient suivant les époques de la végétation. Par l'évaporation spontanée , elle donne du camphre de 7-omart/i. Formule de l'essence : u C^ H4 -f 2 HO.
Essence de roses. Elle se relire de diverses espèces de roses. Elle est jaune, semi-liquide, et se solidilie par le froid en une masse butyreuse. Elle se compose d'une luiilc li(iuide et de stéaroptène. Ce stéaroptène forme des feuillets cristallins qui fondent à So», et ont leur point d'èbullition entre 2so' et M0°. L'es-
sencc de roses est souvent sophistiquée avec de l'huile grasse.
Essence de 7-ue. On l'extrait du Huta graveolens. Elle est d'un vert pAle , d'une odeur désagréable, et d'une saveur acre et amère. Elle bout vers 24s°, et peut être distillée sans altération. Sa densité est 0,857. Formule : C* H^soî.
Essence de térel/enthine. Différentes espèces de conifères ( l'inus sylvestris , l'imis ubies , etc. ) exsudent une résine jaunâtre , qui durcit à l'air. Cette résine reçoit divers noms, suivant son état de pureté. Soumise à la distillation , elle fournit l'essence de térébeutliinc et la colophane en résidu. L'essence (le lénbintiiine est incolore, d'une odeur balsaiiiii|iie pénétrante, et d'une saveur acre et brulaiitr. Mie bout à lise». Sa densité est o,Ofi. Soumise a l'action d'un grand froul , elle laisse déposer un hydrate cristallin contenant c éq. d'eau ; en faisant réagir l'acide chlorhydrique sur l'essence de térébenthine, on obtient un produit cristallin, connu sous le nom de camphre artificiel. Ce produit a l'odeur et la saveur du camphre ordinaire; sa composition est : C^o 11'"' Il Cl. Par l'action du chlore sur l'essence de térébenthine, M. IJeville a obten I un corps particulier, qu'il a désigné sou.s le nom de camphéne. Formule de l'essence de térébenthine : C^» H'<' = 4 volumes de vapeurs.
Les feuilles des Labiées fournissent un grand nombre d'essences , parmi lesquelles je me contenterai de nommer l'essence de saiige , l'essence de serpolet, l'essence de thym, l'essence d'hysope , l'essence d'origan.
iiTAi\.( UuUtmstanmnn. ) L'étaincstun métal d'un beau blanc d'argent. 11 acquiert, par le frottement, une odeur particulière. 11 est urî peu moins mou que le plomb , et dépourvu d'élasticité. Il est susceptible de cristalliser en prismes. Quand on le plie, il fait entendre un petit craquement, appelé par les anciens cri de l'ctain ( du au dérangement de la structure cristalline). Sa densité est 7,291. C'est un des métaux les plus malléables ; il peut se réduire , sous le laminoir, en fi:uilles extrêmement minces, vendues dans le commerce sous le nom de Stanniol au de Zinnfolio: 1,'élain est très-ductile et assez tenace. Il faut un i>oids de 2» kilog. pour rompre un lil di.' 2 millimètres de diamètre. C'est le métal te plus fusible : il fond à 228». On peut le couler, étant fondu , sur du papier et d'autres -éfoffi'S sans les brûler. Lorsqu'on le fait fondre et tomber dans l'eau, on l'obtient dans un état de division particulier, appelé grenaille d'ctain. L'étain parait être un peu volatil.
Chauffé au contact de l'air, il brille avec flamme et se convertit en peroxyde. L'étain , coulé dans les moules, présente à sa surface une couleur irisée , ce qui tient à des phénomènes d'oxydation. Il décompose l'eau à la chaleur rouge, et se change en protoxyde. L'acide a/.otique très-concentré n'attaque pus
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rétain ; étendu , il l'attaque , le transforme en pero\yde sans le dissoiulre. I.'acide sulfiirique ne raltaquequ'â cliaud. L'acide chlorhydi'iqiie le dissout promptement , avec (léjja^ement d'Iivdrogéne. 1,'ean réa:ale l'atlacine vivement à fr'oiil. Les alcalis lives le dissolvent : l'étain s'oxvde au\ dépens de l'eau, en même temps quii sj dé^'a^e de l'hydrogène. 11 brûle avec flamme dans le chlore ga/.cnx. L'élain s'auie a\ec presque tous les métaux, l'ormule : Sn =
Il existe un petit nombre de pays possédant des mines d'étain assez importantes pour être exploitées en grand. Ces pays, en qa;l.|ue sorte privilégiés, sont , en Europe, l'Angleterre , la Saxe et la liohCrac ; en Asie , Banka et Malakka. On ne rencontre jamais l'étain a l'état natif. Les minéraux d'urane , de tantale, de titane et de zinc, contieunent presque toujours des traces d'oxvdc d'étain. On trouve l'élain dans la nature: i" à l'état d'oxyde, ea liions et en veinules disséminées dans les terrains anciens. On a deeouverl deux gites d'étain en France, l'un à Piriac ( Scine-lntéricure), l'autre à Yaulry ( llaute-Vicnnc ) ; mais ils ne sont pas assez considérables pour ôtre exploités a\ec avantage. L'oxyde d'étain natif est d'un brun rougcatrc, quelquefois gris verdàtrc. Il est presque toujours mêlé avec du peroxyde de 1er , avec de l'oxyde de manganèse et de l'oxyde de tantale, i^ A l'élat de sulfura' , l'élain est fort rare. On ne l'a encore reaconUé qu'en CornouailUs et au .Mexique ; et encore est-ce le sulfate de cuivre qui prédomine dans ce rainerai.
Ou grille le minerai d'étain pour en expulser le soufre et l'iu-senic qu'il pourrait contenir, et l'on réduit l'oxyde d'étain avec du charbon. L'étain du commerce n'est jamais pur. L'étain anglais, qui passe pour le plus pur, contient prcs(iue toujours des traces de cuiyre , de ploiftb et quelquefois d'arsenic. Pour avou- l'étain chimiquement pur, il faut traiter l'élain du couuncree par l'acide nitrique , laver l'oxyde qui en résulte, et le réduire avec du charbon. L'étain , parfaitement pur, a un cri bien plus prononcé que l'étain du commerce.
L'étain est un des métaux les plus ancienncmefit connus ; les Iles Cassitérides dont parlent !es 5iciens géographes, et le commerce des Phéniciens sur les côtes de l'Espagne , témoignent de la haute antiqnilé de ce métal. Les aleh^iiistes lavaient eousacé à Jupiter, en le représentant par le symbole de la planète du même nom.
Composés oxygénés. 11 existe trois oxydes d'étain , dans lesquels les proportions de l'ovygène sont entre elles comme les nombres 1,11 |2, 2.
1" l'roloTijdc. Il est d'un gris noir, trèsavide d oxygène, et se suroxyde facilement. <:hauffé à l'air, il brûle comme de 1 amadou et se change en peroxyde. A l'état hydraté il est blanc , soluble dans les acides , dans les
alcalis fixes , et insoluble dans l'ammoniaque. Formule : Sn O.
Kii traitant le protochlorure d'étain par l'ammouiaiiue , on obtient un précipité blanc ; ou l'évaporé, pour chasser l'eau et l'ammoniaque. Le résidu pulvérulent est d'un gris noir; c'est le protoxyde d'étain.
•1° Sesquioxydr. h \'ti\-At d'hydrate, il «ne présente .sous la fi'rme d'une masse blanche , gélatineuse et difficile à laver. Calciné à l'abri du contact de l'air, il est noir. Formule : Sn^ O^
On l'obtient en faisant digérer dans du protoehlorure d'étain du sesquioxyde de fer hydraté.
o^ l'eroxyde ( ^cide stannique ). Préparé par l'action de l'acide azotique sur l'étain , le peroxyde d'étain se présente sous la forme d'une poudre blanche , contenant de l'eau qui s'en va vers ioo°. U est complètement insoluble dans l'acide azotique. Préparé en précipitant le bichlorure ( chloride ) d'étain par l'ammoniaque , ce même peroxyde est d'un jaune pâle , gélatineux ; desséché à l'air, il devient d'un blanc lustré comme de la soie, et il est un peu soluble dans l'acide azotique. Ainsi, le peroxyde d'étain , préparé de deux manières différentes , possède aussi quelques propriétés différentes , bien que dans l'un et dans l'autre cas sa composition soit la même. Le peroxyde d'étain étant insoluble dans l'acide nitrique , comme du reste dans presque tous les acides , il est facile de séparer l'étain des antres métaux qui , comme le plomb , le fer, le cuivre, sont toustrès-solubles dans l'acide azotique. U convient d'appeler le peroxyde d'étain avide stannique; car il n'a pas la moindre afiinilé pour les acides, tandis qu'il rougit le tournesol et .se combine avec les bases. Fondu avec le borax ou avec le pljpspliate de soude , il donne un émail blanc , emjiloyé dans la fabrication des cadrans de montres, etc. Formule : Sn 0-.
Composes sulfurés. Les degrés de sulfuratidu suivent la même progression que les degrés d'oxydation : I, 11/2,2.
1° l'rotnsulfure. 11 est d'un gris de plomb, mou , et à cassure lamelleuse. H est un peu moins fusib e (pie l'étain. Par le grillage, il se transforme en peroxyde d'èLiin. Il se mélange en toutes proportions avec l'étain mélalliqtie. C'est le plus stable des sulfures d'étain. lurnnilc : Sn S.
On l'obtient par la voie humide, en précipitant le protochlorurc par l'hydrogène sulfuré; ou, par la voie sèche, en chauffant directement le soufre avec l'étain en proportions convenables.
2° Scsquisiilfure. Il est jaune grisâtre, d'un éclat métallique. .V la température blanche il se convertit en profosulfure , avec dégagement de soufre. Formule : Sn^ S^.
On l'obtient en chaulfant le protosulfure avec du soufre , jusqu'à ce qu'il ne dégage plus de soufre.
r." Pcrsvifure. (Or mussif , or de Judée, or mosaïque 1. 11 existe sous forme de lames ou d'écaillés micacées d'un jaune d'or, douces au toucher. A la chaleur rouge, il dégage la moitié de son soufre. Formule : Sn S', analogue a celle du peroxyde.
On l'obtient a l'état de poussière jaunfitre, en précipitant le protochlorure d'étain par l'hydrogène sulfuré. I,e potassium donne, avec ce même réactif, un précipité brun marron.
Dans les arts, on le prépare par la voie sèche , en chauffant dans un matras un amalgame d'étain , composé de 12 p. d'étain et de 3 p. de mercure ( le mercure sert à la division de l'éf ain ) , avec 7 p. de soufre et 3 p. de sel ammoniac. Le sulfure ainsi obtenu est agrégé sous forme de pain , ayant une coloration un peu différente de celle que présente l'or mussif obtenu par la voie humide. L'or mussif est employé pour frotter les coussins des machines électriques. I.e pcrsulfure d'étain est un acide analogue au peroxyde. On pourrait l'appeler acide siil/o-staiiiiiqiie : il se combine avec les sulfures alcalins ( sulfo-bases ) , pour former des siil/o-sels { sulfures doubles ). Le phosphore et l'arsenic, en se combinant avec l'étain , donnent naissance à des composés fusibles , et résistant A une forte température sans se décomposer. Le carbone ne parait pas se combiner avec l'étain.
Composes chlorés. Les composés de chlore correspondant aux composés d'oxygène sont : i" Le protochlorure d'étain. Il est d'un blanc grisâtre , à cassure résineuse. 11 est fusible et volatil. Comme il a une grande tendance à se changer en chloride ( perchlorure 1; 11 enlève le chlore aux chlorures de fer, de cui\ rc , de mercure , etc. Il se dissout dans une petite quantité d'eau, bi l'eau est en trop grande quantité, il se jirodnit un précipité blanc ii'oxychlorine , formé de 1 cquiv. de protoxyde d'étain, de 1 éi]. de chlorure et de 2 éq. d'eau. L'eau qui surnage est acide : elle contient de l'acide chlorhydrique libre. Aussi, avant de dissoudre le protochlorure, faut il préalablement aiguiser l'eau avec un peu d'acide chlorhydri(iue qui s'oppose à la décomposition de l'eau, et conséquemracnt à la formation d'un oxychlorure insoluble. La dissolution du protochlorure d étain est aussi avide d'oxygène qu'clk' est a\ide de chlore. Cest ce qui fait que l'on s'ensiTt comme d'un moyen désoxygénant : dans cette action désoxygénante, le protochlorure d'étain se transforme en perchlorure très-soliible et en peroxyde peu solublc, à moins que la liqueur ne soit très-acide. Le protochlorure d'étain ramène au miiiimtim les sels de 1er et de manganèse au muTiwum ; il réduit les oxydes d'antimoine , les acides arsénieux , arsénique , etc. 11 absorbe le chlore gazeux avec production de chaleur et de lumière. Il précipite l'or de ses dissolutions ; le précipité est marron ou vert; il est d'imc belle couleur pourpre i pourpre de Cassius ) , si le protochlorure
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d'étain contient un peu de perchlorure. Il ramène le perchlorure de mercure ( .sublimé corrosif ) à l'état de protochlorure ( calomélas ) et même à l'état de mercure métallique, si le protochlorure d'étain se trouve en excès dans la liqueur. Il réduit le perchlorure de cuivre à l'état de protochlorure, etc. Le protochlorure d'étain se combine avec les chloro-bases ( chlo- f rurcs alcalins ), pour former des chloro-sels dans lesquels il joue le rôle d'acide. Formule : Sn Cl ou Sn Cl=.
On obtient le protochlorure d'étain sons la forme d'une matière vitreuse, en chauffant le protochlorure de mercure avec de l'étain. En traitant à une douce chaleur l'étain par l'acide chlorhydrique, on obtient le protochlorure d'étain cristallisé en petites aiguilles prismatiques blanchâtres, contenant un certain nombre d'équivalents d'eau que l'on n'a pas encore évalués. Dans cet état, il est connu dans le commerce sous le nom de sel d'étain. On l'emploie comme mordant dans la teinture.
i" Le perchlorure { deiitochlorvre, bichlortire, chloride, liqueur fumante de Libariiis ) est liquide, incolore , plus pesant que l'eau, d'une odeur suffocante, très-volatil et fumant à l'air. Il bout à 120°. Ses vapeurs sont très-lourdes : le.ir densité est 9,2. Le perchlorure d'étain a une grande affinité pour l'eau : lorsqu'on le met en contact a^ec une petite quantité d'eau , il se prend en une masse blanche présentant une sorte de cristallisation confuse. Il dissout l'étain métallique en le transformant en protochloruie. Il n'a ni la propriété désoxygénante ni la propriété drchlorurante du protochlorure. Il ne précipite point la dissolution d'or. Il est employé comme mordant dans la teinture enécarlatc. Formule; Sn Cl^ ou Sn eu.
On l'obtient anhydre par la distillation, en chauffant ensemble s parties de sublimé corrosif avec 1 p. de grenaille d'étain. On le préparc directement en brûlant l'étain dans du chlore gazeux. Le perchlorure d'étain est un acide comme le peroxyde. Il convient de lui donner le nom d'acide chloro-stanntque. Il se combine avec les chlorures alcalins pour former des chloro-sels cristallisables.
Le brome et l'iode forment des composés analogues à ceux que produit le chlore avec l'étain.
.Sels d'étain. On distingue denx espèces de sels d'étain : i« les sels au minimum , 2° le.* sels ;iH maiiutum.
Ils ont une réaction acide. Le zinc , le fer. le e^idmium , prée pitent l'étain de ses dissolutions sous forme de poudre grise qu'on peut aplatir sous le marteau , et réunir en un petit culot d'étain métallique. Fondus avec du borax , les sels d'étain donnent des émaux opaques , qu'on applique sur la faïence ou sur I.1 poterie. Comme la faïence et la couche d'émail qui la recouvre sont inégalement dilatabl(>s, il arrive que la surface se fendille sous l'in-
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fiuenne de la chaleur. Caractères des sel au minimum .-
1° La potasse et la soude les préeipitent en blanc ; le précipité est soluble dans un c.vcés de précipitant.
ï" L'ammoniaque les précipite de môme ; mais un excès ne redissout pas le précipité.
s" L'acide sulfhydrique y produit un précipité brun chocolat.
4° Le cyanoferrure de potassium les précipite en blanc gélatineux.
s" Les iodures alcjlins y forment un précipité qui passe promplement au rouge, et qui se dissout dans un excès de précipitant. Caractères des sels au maximum .- 1° La potasse et la soude les précipitent en blanc ; le précipité est insoluble dans un excès de précipitant.
S' L'ammoniaque les précipite de même ; mais le précipité est soluble dans un excès d'ammoniaque.
Ce précipité devient gris par la calcination , tandis que le précipité de protoxyde reste blanc à toutes les températures.
5° L'hydrogène sulfuré y donne un précipité Jaune ( or mnssif ).
*" Les iodures alcalins ne les troublent pas. s" Le cyanoferrure de potassium y produit un précipité gélatineux jaunâtre.
6'' Le zinc y forme un précipité blanc de protoxyde d'étain, avec dégageuicnt d'hydrogène. ■Sulfate de prnlojrijde. Il est soluble dans l'eau et cristallise en prismes très-minces. On l'obtient en versant de l'acide sulfurique dans une dissolution de protochlorure d'étain.
azotate de protoxyde. Il est très-acide et Incristallisable. Il lui manque les vrais caractères d'un sel.
Les prétendus deiitoan/fote et deutoazotate d'étain ne sont point de véritables composés salins. Ils sont liquides, incrisfallisables, et l'eau en précipite du peroxyde d'étain. — La division des sels d'étain , en protosels et en ;>(■/•sels ( sels au maximum et sels au minimum ), ne comprend pour ainsi dire que le protochlorure et le perchlorure.
KTAiiv ( Alliages d' |. \.f fer-blanc est un alliage d'étain et de fer. Une feuille de fer bien décapée ( tùle |, qu'on plonge dans un bain d'étain , se mouille comme dans de l'eau ; à mesure que la couche d'ét jin se refroidit, elle reste
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l'air, il faut le recouvrir d'iuic légère couche lie vernis. Le moiré n'est autre cliose que la crisrallisation natiu-elle de l'étain allié avec le fer. Les acides enlèvent la couche d'étain la plus superlicielle, ternie par l'action de l'air, et confusément cristallisée par suite U'uu refroidissement brusque et inégal.
F,r.».»iA«E. L'étamagc consiste à plonger des vases de cuivre ou des lames de fer dans un bain d'étain. y oyez Ktaik ( .\lliages ). C'est une opération fort ancienne. Pline l'a parfaitement décrite. « On se sert , dit-il , rie l'étain pour recouvrir des vases de cuivre, qui présentent le double avantage d'être exempts d'une saveur désagréable et d'être préservés de la rouille, n C'est aux Gaulois que revient l'honneur de cette belle découverte , si utile à la santé de l'homme. Les airains étamés des Gaulois étaient appelés vasa incoctilia. Dans la ville d'Alise ( Provins , on substitua l'argent à l'étain pour étamer des objets d'airain. Les habitants de Bourges argentaient jusqu'à leurs voitures, leurs litières et leurs chariot.s. ( ^ oyez HOEFER. , Histoire de la chimie , tome I , pag. 152 ).
ÉTHAL. Matière blanche , cristalline , inodore, insipide , fusible vers so' et sublimablc sans altération. L'éthal s'obtient en faisant digérer pendant plusieurs jours un mélange de parties égales de blanc de baleine et de potasse, dans un même poids d'eau soumise à une température de so° à 90=. Le produit savonneux est ensuite décomposé par l'acide sulfurifjue. qui sépare un mélange d'acide maigarique, d'acide oléique et d'èthal. On enlève les acides niargarique et oléique par l'eau de baryte, et on sépare l'éthal par l'éther, dans le. quel il est très-solublc. MM. Cheurcul, Dumas et Pr/igot assignent à l'éthal la formule • C^^ HJJ O -I- 110.
ÉTiiALlQUE ( Acide ). Voyez CÉtyi.ique (Acide ).
KTiiER. Synonymes : Oxyde d'ethyle; Éther hydrique; Èther sulfurique ; JVaphtha vilrioli ; Oleum vitnoU dulce. Basile Valentin parle déjà de la préparation de l'éther sulfurique. ( f-'oyez Uoefer, Histoire de la chimie , tome 1 , pag. 4;;9. ) L'élher est un liquide incolore , trôs-mobilc , bouillant à 33°,i,et se congelant entre 31 et 41°. Sa densité est o,7i;>4 à 20°. Il produit, par son
fortement adhérente au fer ( superposition de évaporation rapide , un grand abaissement de 1 étaiù ). Un barreau aimanté est propre à déceler la plus légère trace de cet alliage. L'étain rend le fer très-cassant , et susceptible de s'tllérer rapidement dans l'eau. En lavant le fer-blanc avec de l'eau régale ou avec de lacide a/otique affaibli, on met à découvert la face cristalline de l'étaiu, offrant des desseins bi/arres assez, agréables à la vue. C'est la ce qui constitue le moire ( mot tartare si-ni- Cant bigarrure 1 qui se vendait autrefois au poids de l'or, et que les Chinois et les Orientaux connaissaient bien longtemps avant les Européens. Coiniuc le moiré se ternit à
température. Il a une odeur agréable , pénétrante , et une saveur fraiche et aromatique. Il est très-inflammable ; sa vapeur, mélangée d'air ou d'oxygène, constitue un mélange explosif. L'éther ne se dissout que dans 10 parties d'eau, tandis qu'il est soluble en toutes proportions dans l'alcool, dans les huiles grasses et les huiles essentielles. Au contact de l'air, il absorbe de l'oxygène, et se transforme en partie en eau et en acide acétique. A une température élevée, les vapeurs d'étlier donnait de l'acide formique , de l'acide acétique et de l'acide aldéhydique. Cbaulfé dans un tube de