‹ Dictionnaire de chimie et de physiqueChapitre 167 sur 322 · IMAG · texte numérisé non relu

IMAG

de la force produite par l'électricité sera tangentielle au cercle, ouâ angle droit aux rayons du cercle. Consequeroment, la force tangentiolle de l'élixtricité a une tendance à faire mouvoir le pôle d'un aimant circulairement autour de la pile. M. Barlow a démontré que l'action que chaque particule de fluide électrique dans le lil exerce sur chaque particule de fluide magnétique dans l'aiguille, varie en raison inverse du carré de distance. L'électricité galvanique exerce encore une autre action fort remarquable : c'est qu'elle communique a des aiguilles d'acier la propriété magnétique permanente. L'effet est produit presque instantanément par la juxta position aussi bien que par le contact. I.a nature des pôles dépend t'e la direction du courant, et l'intensité est proportionnelle à la quantité d'électricité.

M. jlmpére, en découvrant l'action réciproque que des courants électriques exercent les uns sur les autres, a ajouté une nouvelle branche, Vélectro-dynamie , a la science de l'électro-magnctisuie , â laquelle M. Oersteilt a attaché son nom. Lorsque des courants électriques passent A travers deux lils conducteurs, disposés de manière à pouvoir se mouvoir librement, ils manifestent de l'attraction ou de la répulsion, suivant que les courants vont dans la même direction ou dans des directions contraires. L'action réciproque de ces courants, qu'ils soient parallèles , perpendiculaires , divergents, convergents ou en hélice, produisent tous différentes espèces de mouvements dans un fil conducteur, et la rotation d'un lil ci hélice, appelé cylindre électro-dynamique. Et comme l'hypothèse d'une force variant Inversement au carré de la distance s'accorde parfaitement avec tous les phénomènes observés, tous ces mouvements rentrent, comme d'autres branches de la physique, dans les lois de la dynamique et de l'analyse. Ia's cylindres électro-dynamiques, pendant toute la durée du courant électriiiue , agissent les uns sur les autres, absolument couiuie le feraient des aimants. Toutes les expériences faites avec un cylindre électro-magnétique peuvent être également faites avec un aimant.

.Ampère établit une théorie de l'élcctro-magnitisme qui lui fut suggérée par l'analogie qui existe entre les cylindres électro-magnétiques et les aimants. D'après cette théorie , les propriétés magnétiques des corps dérivent des courants électriques circulant uniformément autour de chaque parcelle de matière. r>ien que chaque parcelle d'un aimant possède les mêmes propriétés que la totalité de la masse , l'effet général est cependant le même que si les propriétés magnétiques étaient bornées à la surface de l'aimant. I.es électro-courants internes doivent donc se compenser, et le tpagnétisme d'tm corps e.st supposé provenir d'uu courant électrique superficiel circula.nt perpendiculairement à l'axe de l'aimant , de telle sorte que l'action réciproque des aimants et tous les phénomènes électro-magiié

MAG

tiques se réduisent à l'action et à la ri'action fie courants électriques superDcieis, agissant rcctanguiairenient à leur direction. Malgré les expéricnccsqu'Ainpcre a tentées pour élucider ce sujet, il reste encore plusieurs points obscurs, surtout relativeuient à l'induction magnétique par un courant élcctri(iuc.

S'il est vrai que l'action est égale à la réaction, il s'ensuit que si l'électricité exerce une si grande iniluence sur le uiagnétisuic, ce dernier doit à son tour puissaniuient influer sur la production des phénomènes électriques. j;n appuyant ce fait sur une série d'expériences intéressantes, M. Faraday a enrichi la science d'une nouvelle branche connue sous le nom de magnéto-électricité. Un long lil de cuivre fut roulé, sous forme d'hélice , autour de la moitié d'un anneau de fer doux et mis en communication avec une pile voltaïque, pcn^ dant qu'une hélice semblable, également mise encouununication avec le galvanomètre, était roulée autour de l'autre moitié de l'anneau , mais sans toucher à la première hélice. Dès que le contact était établi avec la batterie , l'aiguille du galvanomètre fut déviée. Mais cet effet était transitoire; car, en prolongeant le contact, l'aiguille revenait à sa position priniitiNC , et n'était pas affectée par un courant continu d'électricité. Dès que le contact était rompu, l'aiguille du galvanomètre était de nouveau déviée, mais en sens contraire. Ainsi donc , l'aimant produit sur le galvanomètre le même effet que l'électricité. Bien que le courant momentané, émanant d'un aimant, ne produise pas de décomposition chimique, il suflisait cependant pour agiter convulsivement les membres d'une grenouille. M. Faraday conclut de là que le fluide ainsi produit ne pouvait être que de l'électricité. 11 semble donc que les aimants excitent des courants électriques ayant la même action que ceux excités par la pile voltaïque; la seule différence est que l'induction magnético-électrique exige quelque temps pour se manifester, tandis que l'induction électrique de la pile s'exerce instantanément. A l'aide d'aimants puissants, disposés d'une manière particulière, M. Faraday parvint à produire des étincelles , à chauffer des fils métalliques , à faire des décompositions chimiques. 11 démontra , par ces remarquables expériences , l'identité du fluide magnétique et du fluide électri(|ue.

I.a terre peut être considérée comme un aimant sphéroïde : le compas marin autorise cette supposition. Le magnétisme terrestre a la même influence sur les courants électriques que l'aimant artifleiel. M. Biot a formulé une théorie du magnétisme terrestre, en s'appuyant sur les données fournies par M. Alex, de Humboldt. M. Arago avait démontré, par wne série d'expériences, que le mouvement rotaloire était ime source de magnétisme. C'est aussi ù cette source qu'il faut, à ce qu'il parait, attribuer en grande partie le inagnélisiue terrestre. U est probable que les.grands

Page 1