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11 dissout les oiydes de cuivre et de for ii l'aide (le la chaleur, et donne.avcc les alcalis, (les combinaisons d'un aspect gorameux. 11 fond à ïoo" ; à 230", il brunit , répand l'odeur de l'alcarsine et dépose de l'arsenic et de l'acide arsénieux. Les corps déso\ydants, comme le protoclilorure d'étainet l'acide phospiiorcux, le changent en alcarslnc. La composition de l'alcargéne est représentée par la formule : C* 117 As^ 04.
ALCAP.siNE. ( IAij}ieiir de ladct. ) Ce corps s'obtient par la distillation sèche de l'acétate de potasse avec son poids d'acide arsénleux. Il possède une odeur Insupporlablc et la propriété de prendre feu spontanément. C'est un li(|uide très-fluide et Incolore; il bout à i;«o'' et se solidifie à — îr." en paillettes blanches, l'eu soluble dans l'eau , il .se dissout en toutes proportions dans l'eau et dans l'alcool. Abandonné à lul-niémc dans l'eau , dans un vase ouvert. Il se transforme complètement en ulcaryéne. Berzellus assigne à l'alcarsine la formule : C4 H' .\s' O.
ALCuiNiE. L"alchiinle est la chimie du moyen Age, de même que l'art sacré était la chimie des philosophes de l'école d'Alexandrie. — .S'il est vrai que toute science revêt successivement la forme de chacune des périodes qu'elle traverse, rien ne pourra mieux nous dépeindre l'esprit du moyen ;ige que lalchlmle. Parmi toutes les sciences dont le but est d'expliquer les phénomènes de la nature, Il n'y en a aucune qui soit plus riche en faits propres à exciter l'Imagination que la chimie. Les plus simples expériences sont des merveilles. Lorsque vous mêlez ensemble du mercure et du soufre en poudre, vous voyez les couleurs de ces deux corps disparaître, et donner naissance à un produit nouveau aussi noir que les plumes du corbeau , et ce même produit se change, par la sublimation, en une substance d'un rouge magnifique (cin.ibre). Combien n'y a-t-il pas de substances qui, dans certaines conditions, présentent les nuances chatoyantes des plumes du paon et de la peau écaiUeuse du caméléon? 11 serait inutile de multiplier les exemples.
Or, que devaient se dire, en présence de ces étranges phénomènes, les chimistes du moyen âge, ces hommes qui vivaient au milieu d'une société où tout le monde croyait à l'influence d'êtres invisibles et fantastiques, au pouvoir occulte des démons, des anges bons ou mauvais? Sommés de s'expliquer. Us. ne pouvaient faire autrement que d'emprunter au spiritualisme mystique toutes ces doctrines qui semblent aujourd'hui si bizarres. Les théories de l'alchimie sont aussi inhérentes à l'esprit de l'époque qui les a vues naitre, que la science d'aujourd'hui est inséparable de l'esprit dominant de l'époque actuelle.
Nous ne nous arrêterons pas Ici sur les doctrines de la pierre philosophale, de l'élixlr universel, de la transmutation des métaux, doctrines que les alchimistes ont empruntées aux disciples de l'art sacré [f'oy. Art s.\caÉ).
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En parcourant l'histoire, depuis le neuvième siècle jusqu'au seizième, on est d'abord frappé de la stérilité de la science telle que nous la comprenons aujourd'hui. On dirait une époque de léthargie ou de malédiction. Cependant , en examinant les choses de plus près, on en découvre la raison. Non , l'esprit humain n'a jamais de repos; il ne peut pas eji avoir; Il observe, il s'Instruit en tout lieu et en tout temps. Mais à l'époque dont nous parlons, les chimistes avaient de fort bonnes raisons pour ne pas produire en public le résultat de leurs expériences: Il leur en coûtait la liberté, souvent la vie. Aujourd'hui, tout au rebours de l'ancien temps, une découverte vaut des honneurs et des récompenses. S'il y a donc quelque chose qui doive nous étonner, ce n'est pas le peu de progrès de la science au moyen ùge, c'est que la science ne fasse pas plus de progrès au temps où nous vivons.
Ce qui caractérise au plus haut degré l'alchimiste c'est la patience. Il ne se laissait jamais rebuter par des insuccès. L'opérateur qu'une mort prématurée enlevait ù ses travaux, laissait souvent une expérience commencée en héritage à son fils; et 11 n'est pas rare de voir celui-ci léguer, dans son testament , les secrets de l'expérience inachevée dont 11 avait hérité de son père. Les expériences d'alchimie étaient transmises de père en fils comme des biens Inaliénables. Qu'on se garde bien de rire : il y a dans cette patience qui approche de l'obstination, quelque chose de profondément vrai.
Le temps, c'est là nn des grands secrets de Il nature, et c'est ce que les alchimistes n'ignoraient pas. Le temps c'est tout pour nous, ce n'est rien pour la nature. Bien des produits que le chinùste est Incapable de faire dans son laboratoire, sont engendrés avec profusion par la nature, à la faveur de ses agents ordinaires, dont l'action se prolonge pendant des siècles qui ne se comptent pas. SI les alchimiste» étaient, dans leurs expérimentations, partis de uicilleurs principes , ils seraient Incontestablement arrivés à des résultats prodigieux, auxquels n'arriveront probablement jamais les chimistes d'aujourd'hui, trop pressés de jouir du présent. Il ne répugne nullement de croire qu'à cette même époque, qui nous parait si stérile, on connaissait nombre de faits qui sont aujourd'hui considérés comme des découvertes modernes. Ainsi , il me parait impossible que les alchimistes n'aient pas eu connalssan-îe de l'hydrogène ou du gaz d'éclairage, eux qui manipulaient sans cesse des métaux en contact avec les acides, avec des matières organiques, etc. Mais celui qui aurait eu le courage de montrer devant témoins un corps Invisible , tout à fait semblable à l'air, et ayant la propriété de s'enflammer avec bruit à l'approche d'une allumette, le malheureux expérimentateur aurait été Infailliblement pendu ou brûlé. Si les physiciens et les chimistes de nos jours eussent vécu au treizième ou au quatorzième siècle, il' au-
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raient fout bonnement gard(! leur science pour eux, ou ils se seraient, connue les alchimistes, exprimés symboliquement et par allégorie. Chacune des expériences qu'aujourd'hui un professeur de chimie fait dans son cours aurait fourni amplement matière à un procès en sorcellerie. Vous auriez, eu beau vous débattre et démontrer que tout se passe naturellement , personne n'aurait ajouté foi à vos paroles; vous n'en auriez, été que plus magicien, et condamné comme tel : témoin Roger Bacon , qui , malgré son éloquente profession de foi sur la nullité de la magie, fut condamné a passer une partie de sa vie en prison.
Le moyen âge était , nous le répétons , le règne des idées traditionnelles pou.ssées jusqu'à l'excès. L'expérience devait se taire devant l'autorité spirituelle. La première conséquence de ce principe, si funeste pour la science, était l'interdiction de l'examen des causes matérielles; il était permis aux philosophes .scolastiqucs de discuter sur le- nominalisme et le réalisme, sur les universaui et les catégories d'Aristote; mais l'usage de la raison, et son application .saine et impartiale à l'observation de la nature, étaient réservés à d'autres temps. Le phénomène physique le plus simple était supposé produit par ime cause invisible et fantastique, par un agent mystérieux et surnaturel. Les sciences physiques Étaient appelées occultes, et la chimie, art hermétique, science iioire. alchimie.
Dans cet état de choses, toute conmiissancc devait nécessairement rester .stationnaire, sinon rétrograder. Le but de la science était manque, ce but qui consiste à expliquer dans Kur ordre naturel les elfets et les causer, ou plutôt les effets d'autres effets plus éloignés; car il n'y a qu'une cau.sc unique, absolue et nécessaire, qui restera toujours en dehors du domaine de l'observation. Mais toute science devient impos.siblc, dès que riioiumo veut, d'un seul coup , franchir toute cette série infinie d'anneaux interiuécliaircs de la chaîne mystérieuse qui rattache tout ce qui est a une cause suprême. C'est là ce qu'on faisait au moyen âge.
Jamais il n'y a eu et il n'y aura d'équilibre entre l'esprit et la matière, connue si c'était de leur essence d'être dans un état d'antagonisme permanent. Mais l'houuue se compose d'esprit et de matière ; il a donc besoin tout à la foLs des intérêts spirituels et des iutéièts matériels , et non pas seulement des uns à l'exclusion des autres.
Au moyen âge, l'esprit dominait trop exclusivement la matière. Il devait en résulter de graves conllits, et un grand préjudice -pour la science. Aujourd'hui, tout au contraire, il est h craindre que la balance ne penche trop du cùté opposé. Les erreurs qui en résulteraient n'en siMaicnt pas moins funestes, lit pourtant l'équilibre stable est impossible, car il suppose limmobililo de l'intelligence, le repos du monde.