‹ Dictionnaire de chimie et de physiqueChapitre 273 sur 322 · I.a taurine est , d'après M. Uunias , composée de · texte numérisé non relu

I.a taurine est , d'après M. Uunias , composée de

carbone i9,3 hydrogène s,j azote 11,3

oxygène 63,7

TAiTOcnRQMSME. ( Oe Ta-jTO , le même, et j((;ô\o;, temps. | Egalité des temps, pendant lesquels deux ou plusieurs effets se produisent. Ce mot est a peu près synonyme d'isocltronismc.

TF.iNTt'RE. Terme officinal, appliqué à la solution alcoolique d'une substance médicamenteuse. I.a teinture d'iode { solution d'iode dans l'alcool ! est d'un brun foncé, ayant l'odeur et la saveur de l'iode. Elle se change à la longue en élher iodhydri([ue.

I.a teinture de potasse des officines se prépare en faisant digérer un mélange de 1 parlie d iivdrate de potasse et c parties d'alcool absolu. Elle est d'un brun clair, et de\ lent de plus en plus foncée, par suiii' de la déconipo.sition que la potasse exerce sur l'alcool : il se produit de la résine d'aldéhyde, de l'acide fori3.jque, et de l'acide acétique.

I41 teinture { gouttes ) A' Hoffmann s'obtient eu mélangeant 3 parties d'alcool ab.solu avec I partie d'élher Ses propriétés sont analogues a celles de l'éther.

I a teinture tonique de Itestuseheff ( gouttes d ui' dcLaino'.te ; , reu:è le lon;;temps tenu .se-

ti':l

rref ,se préparc de la manière la plus siuipie. en agitant i partie de perchlorure de fer cristallisé avec t parties d'éther, et en séparant les deux couches de li(|uide qui se forment. On nielc ensuite l.i .soluliiui ethérée de perchlorure de frr avec 2 parlies d'alcool, et on expo.se le mélange à la lumière du soleil dans des vases de cristal étroits et longs, jusqu'à ce (lue la li(|!ieur se décolore. Cette liqueur conlicnt du |hi chlorure de fer, de l'éther, de l'.ilcool , un peu détlier chlorhydriquc, et probablement aussi de l'.ildéhyde.

tékorétim:. Matière cristalline, obtenue par .M. .steenstrup en épuisant par l'alcool bouillant les débris de conifères des tourbières du D.inemark. liUe avait été confondue avec Il scliéerite jusqu'au moment où M. Forchharamir la soumit a un nouvel examen, dont voici les résultats :

I.a tékorétine est incolore: elle cristallise en gros prismes , fond à v,", bout environ à la même leiiiperature que le mercure , et distille sans altération. Sa densité, a it°,2j, est de 1.008; mais comme elle se dilate plus que l'eau , elle \ lent surnager ce liquide quand on l'y chauffe. Elle est insoluble dans l'eau, fort soluble dans l'élher , peu soluble dans l'alcool froid , plus soluble a la température de l'ébiillition. On peut la distiller sur du pota.ssium sans l'altérer: elle ne renferme donc pas d'oxygène.

On pourrait envisager cette substance comme une combinoison d'hydrogène avec l'essence de térébenthine , et représenter sa composition parC'» ll>i -I- II. Mais cette formule présente peu de probabilité , car on sait qu'en fai- .sant passer du chlore dans l'essence de térébenthine, il se produit une certaine quantité d'acide chlorhydriquc aux dépens de l'hydrogène de l'essence; acide qui donne alors, avec une autre portion d'essence, du camphre artificiel, la tékorétine ne donne pas, dans les mêmes circonstances , du camphre artificiel ; elle est donc probablement une combinaison directe des éléments qu'on y a trouvés.

Lechloie, en agissant sur la tékorétine, forme différents produits chlorés, en donnant en même temps de l'aciilc chlorhydrique. Il se produit un mélange de matières où chaque atome d'hydrogène enlevé est remplacé par .son équivalent de chlore. Ce mélange étant peu fusible , il est très-difficile de le .saturer de chlore d'une rnanièrp compiètc.

TiiLÉCRAi-nE. ( \i' T£).04, A" ( distaocc?!. et Yfdtjto, j'écris ). Les anciens Peises para'ussenl a\oireu les premiers l'idée de transmettre des nouvelles impoiianles par des signaux établis de distance en distance. Oes flambeaux ou des colonnes de feu étaient depuis longtemps employés . par differ( nts peuples de l'Asie, pour signaler l'approche de lenncmi. C'est ainsi que les JJabatéens , peuple de l'A-, rabie Pétrée , firent en un instant connaître à leur tribu la inaiclie d'un des lieutenant.s d'Antigone. { Uiodore de Sicile, livre XIX, chap. D7 '!. Au XVl'- siècle, J. B. l'orlii éiniV

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l;i pcnsrc tVim véritable sysifinc Icli'^TnpMi)iie. le ciléhrc plivsicicii ilc Nîiplfs aniionra i|iu', pour tiansmelire tien nouvelles â de graniles liislanees dans tiés-piMi de temps, il serait bon de se servir de certains signes placés sur des leurs élevées ou sur des montagnes , ft que ces signes, ingéuieusiinent combinés rntre eux, pourrarcnt tcuir lieu de toutes les lettres de l'alpliahet. " Os signes, ajoute Voria { Ma(iiii niUiiralis, lib. \VI , de Ziferis.p. 2J8, édit. Keapol., us»), pourraient êlre au nombre de quatre : le premier, montré une fois , représenterait la lettre A , deux lois B, trois fois C, cl ainsi de suit»; jusqu'à sept fois; le deuxième signe, montré une fois, correspondrait à la liuitiéme lettre de l'alphabet. II, deux fois I, etc., et ainsi des autres signes. » Ce système si ingénieux ne fut exécuté, avec diverses modifications, que vers la lin du XVIIF siècle; c'est en France qu'il reçut sa pi'cmière application . sous le nom de lelforap/iir. Tout le momie fut frappé île ce spectacle nouveau : des dépêches étaient transmises de Paris aux points les plus éloignés de la l'rancc avec une vitesse bien supèlieure à celle du son. C'était une brillante conquête sur le temps et l'espace.

.MaLs le télégraphe ne peut fonctionner que le jour, et dans de certaines eondilious atmosphériques qni n'altèrent pas la transparence •le l'air. Irappes de cet inconvénient, plusieurs physiciens songèrent à prendre le lluide électrique pour base de la télégraphie.

Uejà , en 1774, le Sage établit à Genève un télégraphe électrique, composé de vingt-(|ualrc Ids métalliques . séparés les uns des autres et plongés dans une matière isolante. Chaque lil lorrespondait â itn électromètrç particulier, formé d'une petite balle de sureau suspendue a un lil. Ln mettant une machine électri |iie iMi coniniuaication avec tel ou tel de ces Ijls, la base de l'électromètre qui y correspondait était vepou.ssée , et le mouvement désignait la lettre de l'alphabet ou le signal conventionnel •fuclconque que l'on voulait transmettre.

Dans la relation du voyage qu'Arthur Vonng fit en France pendant l'année 1787, ou trouve la description d'une expérience de télégrajihie électrique faite par M. l.omond, qui employait, pour représenter différents signes, les iicgrés de divergence de l'élcctromèlrc. Voici ■ omment s'exprime A. Young : « M. l.omond .1 fait une découverte remarquable dans l'électricilé. Vous écrivez deux ou trois mots sur «lu papier; il les prend avec lui dans une chambre , et tourne une machine dans un étui cylindrique, au haut duquel est un électroniètie, avec une jolie petite balle de rooelle de Vluine : un fil d'archal est joint à un pareil i->liudre et élcctriscur dans un appaiiement éloigné ; et sa femme , en remarquant les iiiouvcments de la balle qui y correspond , éci it les mots qi<'ils indiquent , d'où il parait qu'il a Jormé un nlphabit .lu mouvement. Comme la longuclU' du lil danh;i| 11e fait aiieuiic 'liîfc-

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rcncc sur l'effet, on pourrait entretenir :i"e correspondance de fort loin : par exemple, avec une ville assiégée , ou pruir des objets beaucoup plus dignes d'attention, ou mille fois plus innocents. »

Reiscr, en .Allemagne, proposa, en 17!)) , d'éclairer à distance , au moven d'une décharge électrique, les diverses lettres de l'alphabet , que l'on aurait découpées d'avance sur des carreaux de verre recouverts de bandes d'éfain, l'étincelle électrique devait se transiiietlie par autant de fils renfermés dans des tubes de verre qu'il y avait dç lettres.

Un lit, dans la fJrizctte de Mwlrlil du 2.! novembre I79G : « Le prince de la P.iix, ayant appris que M. D. Y. Salva avait lu à l'Académio dis sciences un mémoire sur l'application de l'électricité à la télégraphie , et présenté en même temps un télégraphe éiectrique de son invention , a voulu l'examiner, et , charmé de la promptitude et de la facilité avec lesquelles il fonctionnait, il l'a fait voir au roi et à la cour ; lui-même l'a fait fonctionner. A la suite de cette expérience , l'infant don .\ntonio a voulu faire un autre télégraphe plus complet, et s'est occupé de calculer quelle force d'électricité il faudrait pour se servir du télégraphe a di\ erses distances, soit sur terre, spit sur mer. »

Dans tous ces essais, on employa comme agent l'élrctrieité statique . développée par le frutteiiient , et dégagée par les machines électri(|ues ordinaires : or, remploi d'un agent si inconstai'it , si inégal et si difticile à mesurer, est réellement chimérique , au moins sur une grande échelle.

I.a découverte du fluide électrique à courant continu ( pile de flotta ) ouvrit une ère nouvelle.

.Sœmmeiring proposa en isii , dans une des séances de rAcadéiiiie de Munich, im plan complet de télégraphe, fondé sur l'emploi, comme moyen indicateur, de la décomposition lie l'eau par la pile. Voici la description abrégée de son appareil :

Sur le fond d'un vase de verre reposant sur un pied , il fixa trente-cinq pointes d'or , que l'on désigna en partie par les vingt-cinq lettres de l'alphabet allemand , en partie par les dix chiffres de 0 à 9. Chacune de ces trentecinq pointes se prolongeait suivant un conducteur en cuivre, terminé par un petit cylindre de laiton ; au milieu du petit cylindre se trouvait une rainure destinée a recevoir un petit crochet, auquel pouvaient se fixer les fils qui devaient unir la poî#te correspondante avec le pôle positif ou négatif de la pile, les trentecinq cylindres étaient fixés , comme les pointes d'or du vase , sur an support particulier; de telle sorte que les deux extrémités de chacun des deux conducteurs correspondaient à la uiérae lettre ou au même chiffre. Si , maintr:i.int , ou mettait l'appareil convcn::hlement di-^pjsé dans le circuit d'une pile électrique, ou xojait aussitôt des bulles de g.i/. aiip.:raitie

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ain clciu poinips qui correspondent aux deiiT pLMilsc>linilicsaiiX(iiirlss(mt lixOs les TiLs con- 'liieleurs de l.i pil'.-. Toiil étant disposé comme i';mleiir l'indique, il se formait de rhyrirogène 1 l'une i!cs pointes et de l'o\.vgéne à l'autre, il est évident que l'on pouvait ainsi désigner a distance toute loi Ire <|n'on voulait. 11 est à remarquer ipie l'on indiqinit à l;i fois deux lellres : -Sœurnierrin-,' admettait que l'iiydroij'èue le plus abondant des deux j?a/. désignait la première , et l'oxygène la seconde. (UianJ on devait transmettre .simultanément deux fois la nièiiie lettre , on avait recours au zéro. Ainsi ncîDij se transmettrait nc-nO ui. Pour m :iquor la lin d'un m(!l. on recourait au cliiffre I, que l'on aurait pu reuipl.iecr.par une croix.

lin 181'j, CMJste I découvrit (|i:e l'aiguille ii'unr boussole placée au-i!essus on audes.sous d'un circuit vollaîque ayant l.i même direction, c'est-à-dire, circulant du sud au nord, se déviait de sa position normale , et tendait à se mettre en croivavec le courant. Il constata en outre le phénomène suivant : Au-dessus de l'aiguille, le courant dévie le pôle austral à l'oeeident . quand il vient Ini-uième du sud au nord ; et il le dévie a l'orient , quand il vient au contraire du nord au sud. Quand le courant passe au-des.sous de l'aiguille, les effets sont précisément inverses , c'est-à-dire que le pôle austral est pousse à l'orient quand le courant va du sud au nord , et poussé à l'ocnldcnt quand il vient du nord au sud.

l'eu de temps après, Scliweigger trouva le moyen de rendre la découverte d'OKrsted beaucoup plus sensible à l'aide d'un instrument connu sous le nom de ynulliplicatetir. le téUgr.iplie de Sœmmening pouvait par la se siraplilier beaucoup. Fcehncr entrevit presque aussitôt cette possibilité, qui n'écliappa pas non plus à .Ampère.

Voici commeiit ce dernier s'en explique dans un mémoire présenté à l'Académie royale des .sciences le 2 octobre ir20 ( Junales île p/njsiipie el de vhiinie , t. XV, p. 72 j : " On pourrait , au moven d'autant de lils conducteurs et li'aiguilles aimantées <|u'il y a de lettres, et 1 11 pl.iç.int cliiiiie lettre sur une aigui.le diff rente , établir, à l'aide d'une pile placée loin (le ees aiguilles, <t qu'on ferait communiiiuer alternativement par ses deux extrémités à celles d(- eliaque conducteur, former une sorte di- télégraphe propre à écrire tous les détails !liro!i pourrait transmettre, à travers quebiues ol)>taeles que ce soit , à la personne cliargée (l'observer les lettre-, placées sur les aiguilles, lu établissant sur la pile un clavier dont les liMu-lies porteraient les mêmes lettres, et éia- I liraient la comniiniieation par leur abaissement , ce moyen de correspondance pourrait avoir lieu avec assez, de facilité, et n'exigerait (|;ie le leiiii>s néces-sairc pour toucher d'un r lié et lire de l'autre chaque lettre. » C'était ( \id( iiiineiit ri('('e de Stcnuiierring modiliée , ainsi (|ue M. -Xiago le lit observer lors de la lecture du luénioire.

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T.c télégraphes de M. Steinlieil, construit en 1857, est une application des découvertes siu-ccssiveset fondamentales d'IMirsted, de Faraday, et du multiplicateur de .Schweigger. Il en est de même des essais tentés par MM. Morse, Amyot, Masson,Bréguet,ctc. Knlin. le lajuiu I8.-.7 , M. WheaLstone prit la première patente du .système électro-télégraphique de son invention. Il le perfectionna en isio. Une note insérée dans les comptes-rendus de l'Académie de Bruxelles f t. Vil, deuxième partie , p. iôi et I5Ï I est ainsi conçue :

" Les nouveaux appareils, beaucoup plus .simples que ceux que M. VVheatstone avait imaginés d'abord, transmettent les signaux avec la rapidité de la pensée , puisque , dans l'espace d'une seconde , ils pourraient faire six à sept fois le tour du globe. D'une autre part, leur volume est si peu considérable , que l'a])pareiUjui donne les signaux, celui qui les reçoit, (t la pile galvanique qui fournit la force motrice , peuvent être renfermés sans peine dans une caisse de moins d'un denii-iiiètre cube : leur prix ne .s'élève p.as au delà de 2î livres sterling. Deux cadrans circulaires , placés aux deux stations extrêmes , et mis en rapport au moyen de deux fils conducteurs isol.'S , portent les diverses lettres de l'alphabet. \-.n amenant .successivement les lettres devant un indicateur, au moyen du cadran d'où partent les .signaux , on fait que ces mêmes lettres .se reproduisent instantanément devant un indicateur .semblable, sur le cadran où les signaux sont reçus. Trente lettres nu moins peuvent être transmises par minute, de manière que l'on fait iminédiateincnt la lecture des mots.

« Lorsque les signaux vont être transmis, on a soin, pour appeler dans la .station opposée l'attention des personnes qui doivent faire les lectures, de faire sonner un timbre ou alarme. M. VVheatstone a trouvé un moyen très-ingénieux pour faire sonner à volonté, même la cloche la plus forte. Si le lil condiicteiu- vient à se rompre , il fait reconnaître par un appareil très-simple l'endroit où la niptine a eu lieu, lors même que le fil se trouverait caché sous le .sol. L'ne longue expérience lui a fourni toutes les ressources nécessaires pour p lier aux inconvénients qui peuvent résulter de rétablissement de ces télégraphes, qui du reste fonctionnent déjà en .Angleterre depiii.s plusieurs années , sur des étendues plus ou moins longues de chemin de fer.

" i)n sera .sans doute charmé d'apprendre que l'auteur a trouvé le moyen de transmettre les signaux entre l'Angleterre et la Belgique, malgré l'obstacle de la mer.

(( .sous le point de vue scientifique, les résultats ciii'on peut recueillir des télégraphes électri(|ues de .M. VVheatsIone sont iinuienses. Ainsi, pour les localités par où passera la ligne tié^'raphique , la détermination des longilu - (les , l'une des opérations les plus délicates de l'aslionomie prati(|iie, u'oftrir.i plus la moin-

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dif difliciiltê. D'une autre pprt , d'après une * disposilion particulière, une pendule peut donner l'heure à toute une maison, à toute nnc ville, njème à tout un pays. Les pendules auxiliaires qui marquent les heures, les minutes et les secondes aux mêmes instants que la pendule régulatrice, ne se composent que d'un seul cadran : aussi M. Wheatstone les nomme squelettes de pendiilct , et il estime leur prix à une ou deux livres sterling. L'auteur compte aussi employer ses procèdes pour mesurer, avec une précision qu'il croit pouvoir porter à un centième de seconde, la vitesse des projectiles. 11 serait difficile de limiter les applications auxquelles se prêteront les ingénieux appareils de M. WlieaLstone. »

Le télégraphe de M. \Vheatstonc, alors môme qu'il était encore dans l'enfance, rendait des services èminents , et fonctionnait d'une manière pleinement .satisfaisante. 11 fut employé sous sa prcmièie forme <!c télégraphe à aiguilles, et pendant un temps plus ou moins long, sur les chemins de fer de Great- AVestern à Blaekwall, de Manchester à Leeds, d'Edimbourg à Glascow , de Norv» ich a Yarraouth , de Dublin à Ringstown. Nous citerons, comme second exemple, l'application du télégraphe perfectionné au plan incliné d'.\ix-la- Chapelle. Le service de cette portion de chemin de fer ne demandait qu'un petit nombre de signaux; on pouvait se dispenser sans aucun inconvénient d'employer l'alphabet entier du télégraphe complet , et limiter l'iipparell à six signaux élémentaires. On a donc écrit sur le cadran ces six caractères : M, S, (,', '/", /l, + initiales des mots qui expi-iment en allemand machine, carde, train, télégraphe , etc.

Le cadran avait huit pouces de diamètre , et les caractères étaient assez saillants pour qu'on put les lire facilement à une grande distance : l'aiguille , qui devait être très-légère et conserver toujours .sa forme première, était de mica noirci, Lacroix était destinée a indiquer l'état de repos de l'instrument ; il ne restait donc que cinq caractères utiles, lesquels, combinés deux à deux , donnaient vingt-cinq signaux, nombre amplement suflisant pour le service du plan incliné. On avait établi en règle invariable que chaque signal serait composé de deux lettfcs suivies de la croix. Dès Jors, si le télégraphe venant â agir d'une manière irréguUère, la position finale de l'aiguille ou index marquait, non la croix, mais un autre caractère, ce seul fait indiquait que les signaux précédenis étaient fautifs, S'il arrivait donc , par un accident quelconque, que le signal reçu ne s'accordât pas avec le signal transmis , il ne pouvai,t en résulter aucune méprise , aucun malentendu , parte que chaque dépèclie porte avec elle même son contrôle, on la manife.statlon de l'erTeur commise. L'instrument était muni d'un mécanisme très-simple , a l'aidi' ducpiel on pouvait amener l'aiguille iiiimédialeiiient devant une lettre quelconque sans lui faire parcourir tout le eir-

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cuit. Comme II peut arriver qu'il faille transmettre un signal permanent ou qui ptTsiste jusqu'à ce qu'une personne vienne le regarder, on peut employer pour cet objet la simultanéité des cinq caraclèrcs élémentaires. L'appareil , à chaque station , se composait d'un télégraphe, d'im réveil ou alarme, et d'un commutateur destiné à changer la direction des courants. On pouvait disposer le circuit de manière à altjindre divers buts, siins qu'il fallut pour cela d'autres modifications qu'un changement dans la disposition des 01s extrêmes et leur liaison avec le commutateur. Dans une certaine disposition , les télégraphes fonctionnaient tous simultanément dès que l'un dcscomnuitatcurs était en action. On pouvait ainsi tout arranger dt manière que l'instrument d'une station ne fonctionnât qu'autant qu'il était en communication directe avec l'appareil d'une autre station. Cette dernière dis|)osilion est en général préférable, parce que, par ce moyen, on se débarras.se d'une résistance inutile. Ce télégraphe , alors même qu'on eut employé toutes les lettres de l'alphabet , n'aurait exigé qu'un lil.

Dés le commencement de I842, M. Whitestone avait établi à Berlin deux de ses télégraphes. La ligne de communication était un simple fil métallique, supporté en plein air par des poteaux de bois; des plaques de métal, adichéesaux extrémités du Ul, complétaient Le circuit. Le succès de ces ap[)areils lut complet.

Dans cette môme année , le célèbre professeur établit une correspondance électrique entre Riug's-College et Slut- rower, sur la rive oppo.sée de la rivière. Le lil conducteur s'étendait le long des parapets de Somerset-House , du pont de Waterloo , et de la au sommet de la Tour, où l'un des télégraphes était placé. De la le fil descendait, et .se terminait par une plaque de zinc plongée dans la vase de la rivière ; une plaque semblable, attachée à l'extrémité du Ul de l'autre coté de la rivière, plongeait aussi dans l'eau , de telle sorte que le circuit était ainsi complété par la largeur entière de la Tamise. C'était une modification importante in apparence; et cependant la correspondance fut aussi ponctuellement , aussi fidéleiiiciit transmise, que si le courant était revenu par le gros fil de cuivre.

llappelons à ce sujet quelques faits curieux.

Au mois de janvier 1814 , un assassinat fut commis à Salt-llill ; et l'assassin,.s'ètant rendu immédiatement à Slough, y prit une place pour Londres, dans le convoi du chemin de fer qui passait à 7 heures 4ï minutes du soir. La police , avertie du crime , était déjà à la poursuite du coupable. Elle arriva à Slough presque au moment où le convoi devait arriver à Londres. Mais le télégraphe électrique fonctionnait. Aussitôt on envoya à Paddington la dépêche suivante : <• Du meurtre vient d'être commis a Sali llill. L'individu soupçonné d'être l'auteur de ce crime a été \ u prenant un billet

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(If ^oitllrc de proiiiit'iv classe. » Trois minutes après , la réponse suivante arrivait à Slough ; " Le convoi vient d'arriver un individu répondant sous tons les rapports au signalement donné par le téléi^raplie est sorti du compartiment désl;.'né. Il est arrêté. »

11 y a peu de temps, un convoi du chemin de fer avait apporté à Norwich la nouvelle de la chute du pont suspendu de Yarmouth. Qu'on juge de l'inquiétude et de l'effroi des habitants ; ils avaient presque tous leurs enfants en pension à Yarmouth. Us coururent en foule à la station du chemin de fer, demandant à grands rris des nouvelles de leurs enfants : ce Tous les enfants sont sauvés, » dit le télégraphe électrique.

Ce n'est que tout récemment qu'on a fait en France des expériences avec les télégraphes électriques. Beaucoup de physiciens habiles .se sont occupés de cette question importante, qui n'a pas encore été complètement résolue.

TÉLÉnYTHRiXE. L'érythriue | amére 1 semi-fluide étant exposée pendant plusieurs mois à l'air se change graduellement en une masse de cristaux granulaires très-déliés , et d'une couleur jaune brunâtre. Ces cristaux sont trés-solubles dans l'eau, et peu solublcs dans l'alcool ; ils sont insolubles dans l'éther, neutres au papier réactif, et forment avec les oxydes métalliques des combinaisons presque blanches. Us constituent la teUnjtlirine , dont la composition est représentée par la formule : C44 H" 0'9 ( Kane 1.

TÉLESCOPE. (UeXïXoi; , fin ( di.stance ? } , et cïxoTrâw, je discerne ). On donne ce nom à un instrument d'optique destiné à l'observation des astres ou dis objets très-éloignés. La pièce essentielle de cet instrument est un grand miroir concave métallique qui est tourné vers l'objet , et qui en donne une image réelle et renversée. Galilée , Kepler , Descartes , Gregory, Uuyghens, Newton et ller.schel, ont porté le télescope au point de perfection où il est aujourd'hui.

TELi.l'RE. Synonyme : Si/lvan. Le tellure est un corps simple, d'un blanc bleuâtre, friable, et à cassure lamelleuse. Sa densité est «,23. Il fond environ vers aoo°. Chauffé un peu audessous de son point de fusion , au contact de l'air il brûle avec une flamme bleue, en répandant des vapeurs douées d'une odeurde raifort très-piquante. Cette odeur tient à la présence du sélénium , avec lequel le tellure, comme le soufre, se trouve ordinairement combiné. Chauffé davantage, il se volatilise . et peut se condenser ensuite sous forme cristalline. On le distille facilement à l'aide d'un courant d'hydrogène. On connaît deux combinaisons de l'oxygène avec le tellure : l'acide tcllureux et l'acide telluriqne. Le tellure se dissout, comme le soufre , dans l'acide sulfurique concentré. I.a dissolution est d'un rouge purpurin ; en y ajoutant de l'eau, on en précipite le tellure. Il se combine en deux proportions avec le clUore, et donne naissance i un pcrchlonire

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blanc cristallin . et à un prolochlorurc noir, répandant , par l'action de la chaleur, des vapeurs violettes. Il donne, avec les métaux, des tellurures analogues aux sulfures et aux séléniures.

La formule du tellure est Te = 80i,7C>o.

Le tellure est peu répandu dans la nature. Isomorphe avec le soufre et le sélénium, il accompagne ces corps dans leurs combinaisons avec le fer , le cuivre , le piomb ( en Transylvanie ) et le bismuth (à .Schemmitz en Hongrie ). On le rencontre également dans quelques mines d'or et d'argent.

Comme le soufre , on prépare le tellure par voie de sublimation. On en facilite la distillation à l'aide d'un courant d'hydrogène. Il fiut opérer à l'abri du contact de l'air. Jii le tellure est mêlé de soufre, ce dernier se volatilise longtemps avant le tellure , de manière que la st'paratiiin en est facile.

Le tellure a été découvert par Millier de I\eichenstein , en 1782.

L'analogie entre le soufre et le tellure se maintient aussi dans les composés organiques. Eu effet dans ces combinaisons , le tellure peut , à la manière du soufre, remplacer l'oxygène.

On obtient aisément le telluriire d'èthyl* en distillant une solution aqueuse de sulfate d'oxvded'tthyle etdebaryte, avccdu tellurure de sodium, l'our empêcher autant que posr sib!e que ce dernier ne s'oxyde à l'air, on le porte a l'état brut tel qu'il a été préparé par la calciuation du tellure ou du tellurure de bismuth avec un mélange de carbonate de soude et de charbon ) dans l'appareil distillatoire , qui contient déjà le seld'éthyle, et qu'on a préalablement chauffé. Letellurure d'éthyle passe alors avec les vapeurs d'eau ; au coraluenccment , la masse se boursoufle beaucoup.

Le tellurure d'éthyle est un liquide rouge jaunâtre foncé , à peu près de la couleur du brume , seulement plus clair ; il est plus pesiint que l'eau, et ne s'y dissout qu'en quantité fort peu sensible. Il possède une odeur très-forte, nau.séabonde et persistante, qui participe à la fois de celle du sulfure d'éthyle et de l'hydrogèue tellure; il parait également être fort vénéneux. Sou point d'tbullition est au-dessous de -f- 100°. H s'inflamme facilement, et brûle avec une llaunue blanche , lumineuse et bb'uclair sur lei bords, eu répandant des vapeurs d'acide tellureux , blanches et épaisses.

On peut très-bien le conserver sous l'eau. A l'air , il se couvre d'une pellicule d'abord jaunâtre , puis blanche . et se transforme enlin entièrimcnt en une ina.sse blinche, ternuse.

K la lumière solaire directe, il répand iuiméiUateiuent des nuages, en s'oxyclant plus rapideuiiut : cependant , même dans l'oxygène pur, l'action n'est pas assez, énergique pour qu'il y ait inflauunation spontanée. L'acide uitrique l'altaque avec violence, en dégageant du biuxydc d'azote. Si l'on ajoute de l'acide

408 TKL TKÎSÎ

«l'ilDilivilriqnr M l;i (lissciliilion, il s'm scpriiT On prt'p.'iro l'ioidc lcllmiiv(lri<|iio entraides ^'niilli'li-llcs (ikM;,'iiuMisos, iiu'oliiirs et pc- l.'ml un Irlliuiiic { di' Icr , de potassium ) par s;mli-s, dont ta iiatiiio n'a pas riicui-c clc c\a* im .icidr loiT.

inincc-. I.'acidc lclliirliydijf|iie se compose, comme

D'après la forinnle de IVllicr , le tcllnrnrc les acides siillliydrii|iie cl sclciiliydriiiiie . d'un

(l'ctljvle déviait coiiliMiir lai,,,:. p. e. de tellure, cqniv aient de soiilVe et d un ci|uix aient l'i \o-

l.'analvse en a donne Gi!,-.i. lai effet. o,:i«»^'r. lûmes ) d'Iivdro^'cne. .Sa formule est : le !I

de tellnrurc d'etliyle, dissons dans l'aeide ni- ( TcIM); Te étant l'équivalent du ti Hure =

lrii|ne.et, après une addition d'aciile clilor- «01,71;.

Iiydri<|ne, coinplelcment décomposés par Tici.i.iînitjtF, (Acide), l.'acide tellnri(pie

une chaleur prolon^'ce . ont donne par la re- est solide. Il parait présenter deux moilitica-

ductioii, au moyen de l'.icide sulfureux, o,r.iij fjons isoniericpics , comme l'acide tellureux.

^r. de tellure sèche dans le \ide. C'est donc un Dans l'une de ces modilications. il est sous

monotellurure d'etliyle= Ci II'" O, (jul, eu fdi-me de beaux prismes hexaèdjcs, tcrmi-

cenlièmes, se C(nnposcde: nés par une pyramide (piadrit.iterc. Ces cris-

carhiMie, îii;,il t.uix conlienn<nt de l'eau. (|u'ils perdent

iiydro^'èno, ;;,:.:. seulement au delà de 100°: et alors l'acide

fclluie. «a..;:. présente une autre modilication isomériipie .

iiiii.iio <laus la(|uelle il a l'aspect d'une poudie j.auno

l.c bilelluriire contiendrait m p. c. de tel- orant;ee, insoluble dans l'eau. .Soumis à une

llire. ( Wochlcr. Itertie sckittijit!iic, année température élevée, connue l'acide suirurique,

DUO. ) il se décompose eu oxy^fène et en acide tellii-

Ti;i.l.liHF.«:x (Acide). Svnonvnie : On/du reux. Avec les b.ises, il forme des lellurates

lie Iclliin: l.'acide tellureux est soliih', bla'nc. V» . étant cb.-uilfes, se décomposent en oxy-

L'n peu au-d<-ssoiis de la chah-ur roiit,'e, il fond ^'èue et eu acide tellureux.

et bieulèt se Md.itilise. il parait presenler du oblient l'acide lelluricpie en traitant le

deux luodilicaliims is(iuuTi(|ues : Tune neu tellure convenabliMiU'ill par l'acide nitri(|ue.

sulublc dans l'eau, cl a propriétés acides près- l.'acide lellurii|iie contient I è<inivalent

que iinlles; raiilre. assez soliilde dans l'eau, et «l'oxy-ènc de plus (pie l'acide tellureux. .Sa

cliassiul l'.ieiile (Mib',inii|ue di-s carbon.ales al- firmuleesl : fe O'.tout à fait analogue à celle

câlins, p. 1111- fcuuier des telluiiles cristalli- de l'aeide sulfuricpie SI» \

ii.ibles. 'rdliiralrs. Ces sels sont peu eonnu.s, et iso-

Ccux-ci. mis en coiilaet avec l'aci.le sulfii- morphesavee li-s sull.iles. Hs.se ilecomposcMit,

reux. donnent un précipite blaue de leliiire. pir la chaleur, en oxygène et en acide tellu-

luo [i.aiiiesd'.icide tellureux se ciuiiposeut de: reux.

iin,>iii de lelhire, 1 i;iii'i':fi \Ti lîF.. I. a température est incsii-

i:j,7i;7'i <!"o\\;;éne. ree au 'iioycn d'un instrument appelé Thkr-

.Sa foniiiile est : le <)- , ^uialogue ;t Celle de iMoMi-iKK. ( f'oiii'-- ■runiMOMkrnE ). On

r.ieide sulfureux. nouinie tcmiuTotnrc mni/euiie d'un jour

lai bnilanl le tellure au contact de l'air, on la moyenne des deux leiupératures marimum

cdphent l'acide tellureux , coiiiuic un obtient, et »)/»///H/i» de la joiiruee. \:.\ tcmitcrutliri:

a\ee le soulre. l'aeiile sulfureux. iiini/etDic d'un uiois est la somme des tenipe-

'/'tilurdfs. <'x<. sels siint |>eu stables, liés- rat mes moyennes de tous les jours du mois,

peu eimiius, et prob.iblement isomorphes a\ec divisée par le noiubiv de ces Jours. I.a temijc-

les siilliles. reliure uini/ciiiic. (!<■ l'iinucc. est la somme des

I i.i.i I itiiviiiiioi'l' ( Acidi' ). Synonymes : tem|)er,iliircs moyennes des douze mois, di\i-

Jriili' hiidn>h-lliiri(iuc ; //'iilraiiriie (rlliire. séc par 12.

l.'acide tillurln('ii(|iie est un ^a/. iiicoliue, l.'ubservation tend à démnnliTr rpie Inus les

rappelant rôdeur du ;.'a/ acide sulfhydricpie , climals sont stables, et que les vicissitudes de

avec leiiuel il a beancnup d',inaloj;ie. Sa dissd- leiiipéralure ne sont (pie des oscillations plus

liithui aipieuse est d'un rou^'e pale. 1! est (mi moins clemlues. Dans les climats on les

inllamiiMble, cl brûle ,i\ec nue naiiime liien.i- (d)servalions de plusieurs années successives

tre 11 r.iii;;it failileuienl la leiiiliire de toiiriK'- donnent des moyennes très-différentes, il

sol. Sis pi iiprieles acides simt peu pronoucecs. faut un grand nombre d'années pour obtenir

Sa dissniuliiin ai|ui.use t exposée à I air, laisse une température moyenne (pii approche de l.i

déposer du lellnre. Iji biiilant,il donne de vciile. S'il arrive, par exemple, que la plus

l'aciile tellureux et de l'eau. II est décninpose grande différence entre les moyennes de vingt

par le chlore, lorsque l'acide tellurhydri(|iie années consécutives s'élève jusqu'à ï", on

est eu excès par rapport an chlore, il se fornie pourra supposer, avec quelque prohabilité,

un perchloriirc de 'illiire blanc, (|iii se preci- ipic ."cnt années d'observations donneront iuut

pile, l.c soufre le décompose à l'aide de la cli.i- moyenne qui sera encore en erreur de -^ de

leur, on le translorinaut en persulfure noir, degré ou de ;^ de degré. Au contraire, si la plus

Il précipite plusieurs sels mélairupies . en don- grande différence entre ces moyennes ne s'c-

nant naissance à des tellururcs géniralemep.t lève qu'à i", on pourra supposer que cent an-

nous. mes dobserxations donneront une nioyen'nc

TEM

dont l'crrciir ne dépassera pas -—^ de dogr<'. ( l'oiiillot). fui/vz les beaux travaux de M. de llimiboldt sur les liiiiu-s isutlicrincs ( Mcmoi- ?-i:t (le (u SocMc d' .Iviiiuil , tome III |.

I.a tcrniiératurc déeroit à mesure que l'on .s"élc\e dans l'atmosphère. C'est poimiuoi on voit, inOiiie dans la /one torridc , des ncijies éternelles sur des montagnes très élovies. M. do lluniboldt a fait sons ré(iualcur nue séiie d'observations intére.ssantes , dont voici les piincipaux résultats :

Hauteur. Température moyenne.

0 mètres '27. j

!iOi;0 ia,i

r.ooo li,î

iiooo II,.:.

Dans les région.'? cqualoriale.s, la movcuue d'élévation est de aoo mètres potu' cliai|ue degré d'abaissement du Ibermomètrc; dans nos climats, elle est d'euvirun 170 à iso mètres.

I.a température dans les couclies terrestres a soulevé bien des diseussions et fait n.iitre de nombreuses liv iiotbèses. \1. .Sai^'ev a publié sur ce suj{t u\w. uoliee iuléressaule ; llcnic, S(ie)ilijiiiiic , ■jnnvc mu ) , dont nous allons faire connaître les points les plus saillants.

« l.esj;éomètres (|ui a l'exeuiplede 1-ouriier, ont résolu le problème de la propagation de la chaleur centrale du globe, ont admis . pomplus de siiuplicilé. (|i!e la massv du globe était lioinogéne et .soli.liliéc, au moins dans les couches supeifieielles. lài conséciucuce, ils n'ont tenu compte ni de l'.àr ni de l'eau qui en b.Éignent la surface, et ([ui pénètrent plus ou moins au-dessous.

Il Cependant, il est aisé île voir que la loi suivant la(|uellc la teiupèrature eiuilra avec la profondeur est toute difh-renle, suivant que 1.1 surface du corps solide sera on non recou- ^erle<^nn fluide li(|ui<le ou ga/cux, surtout si ce fluide pénètre dans les pores de la matière solide.

n l'our calculer la propagation de la chaleur .i travers des couches perméables aiixOtiidesen question, il faut pj-euMi-e en considération les déplaceuieuts que ces fluides subissent toutes les fois (|ue leur densité vient a diminuer loisquc la prufoudeur .lugmenle. .'^i . dans ce cas, l'effet île propag.iliou dans li'S parties solides est très inférieur à l'effet produit par les agitalions de. fluide, c'est ce fluide qui réglera la lui de propagation de la chaleur, et non la couche solide du globe ; ou, du moins, la conduelibllité et la cap.icité calorifi(|UC de cette couche y aura peu de part.

« Or, il .arrive ([ne la communication de la chaleur se fait avec une lenteur exiréme'à travers les masses terreuses et pierreuses; tandis ipi'elle s'opènr avec une grande vitesse à l'aide des mouvements verticaux d'un fluide chauffé par le bas.

« Ainsi, étant donnée une conclic poreuse Imbibée d'eau, laccroissemenf de tempéra-

TEM

tnre serti à peu près celui qui convient à l'équilibre d'une masse fluide, poiu- laquelle la dilatation ne pi-ul diiiasserli compression, .si Il ccdonne liquide u'elait nullement obstruée, tout en ayant un diamètre suflisant, l'aceroissemcut de température pourrait être exactement calculé dans l; cas bien entendu oii le» parois foiiruisicnt une quantité surabondante de chaleur. Kt telle est la source de l'erreur commise dans les observations faites au fond des puits arté.siens.

« Mais ce n'est pas seulement l'eau qui pénétre dans les couclies du globe : l'air, par sa pression, et en l'absence de toute capillarité, s'est (iropagé fort avant dans la terre, lài creusant le sol . on n'a j.imais rencontré de cavités qui, venant a étl'e ouvertes , aient produit des explosions provenant d'une diminution ou d'un accroissement de pression origin;iire. In général . les couches .sédinienteuses du globe sont impiéguées d'air; ce fluide circule dans les Assures des roches plus compactes et ciisl;illiues ; ses mouvements sont lents , il est V l'ai, et d'aut;iut plus lents que les passages sont plus etroils : mais enlin la pression atuujsphérique s'y fait sentir, et les variations baromélriques observées ;i la surface sont nécessairement accompagnées de variation.s au-dessous de celle surface; d'où résulte, soit la sortie, soit l'introduetion d'une certaine quantité d'air, et en géuéial un déplacement plus ou moins considérable de ce fluide intérieur.

'< Plusieurs variations barométriques ont été allribiiécs à l'air souterrain. .Si celui-ci se dé- ))lace peu dans un jour, .ses déplaceinents seront marqués, plus nombreux , dans le cours d'une année , d'un siècle , d'une période géologique. " .Si donc la propagation de la ch.ileur centrale, dans les couches solides du globe, était plus rai)ide(|uc ne le permet l'équilibre de l'atmosplièic, tellement que. la chaleur croissant très-vite avec la prorondcur. la compression de l'air ne put détruire la dilatation, il y aurait ascension de l'air chaud , exhalaison de cet air, inlioduction d'iui air plus froid , qui. à sou toiu', .serait expulsé, et ainsi de suite , jusqu'à ce ipi'il y eut compensation entre l'effet de conduc'ibilité des couches solides pour 1.1 chaleur centrale, et l'effet de déperdition p.ir les .agitations de l'air.

" .Si ce hiv.ige du globe par l'atmosplière est réel , raccroissemeut de chaleur dans les cou chcs terrestres s'.-ra délernuné principalement par l'air, et pourra être fort difiérent de l'accroissement de chaleur dans les couches plus centrales, où ce flui.lc ne pénètre |)oiut.

K Or, il ne snflit pas (|ue le phénon:èno en question soit possible; il faut de plus qu'il se trouve réalisé, non pas d'une façon approximative et grossière, à la manière des géolugnes théoriciens, mais par un calcul posilil. i:u d'autres ternies, connaissant la dil.itation de l'air et ailmettant la loi de IMariotte , il faut qu'on puisse en déduire l'accroissement de

TEM

«lialciir flans les couches siipcrficicllcs du ^;l()b('; et c'est ce que nous allons essuyer de liiiie.

" U'aprcs l'Annuaire du Bureau des longitudes, le mercure pèse iossb fois plus que l'air, a o de température et 0,7'". de pression. Les expériences de Proust ont donné loioo fois. Kn prenant 10,400 fois, on ne s'écartera pas lieaucoup de la vérité. De la , il résulte que la colonne atmosphérique, à 0 degré et o^7« de pression, aurait pour longueur le produit de 0,71! par lOioo, ou environ 7900 mètres, si cette colonne avait partout la même pression et la même température.

<i .Soient a le coefficient de la dilatation des ga/. , t la température de l'air à la surfice du globe, X le nombre de mètres qu'aurait une colonne d'air susceptible , par sa pressiou . de contrebalancer la dilatation pour un degré. I.'unité de volume d'air, qui passerait de t à / + 1 , éprouverait une dilatation exprimée par

I 4- at.

" D'un autre coté , ce même volume , cliargé d'.ibord ])ar la colonne 7!>oo i i + nt ), puis IKU- la colonne 7000 ( 1 + at 1 -J- x, subirait une compression etpriuiée par 7'Joo { I -i- at ) -\- X

7900 ( i +at ) « si l'on égale ces deux effets, de dilatation et de compression, il viendra, toutes réductions faites,

« D'après M. Gay-l.ussac, on aurait :

a = o,oo37o , d'où T = 29, G mètres ; et . d'après les nouvelles expériences de l\ndberg

a =: o.noûGS , d'où a; ^ 28,8 mètres.

« Ola veut dire que, si l'on faisait dans la terr(î un trou de 28,8 mètres ou de 89,c mètres, et que ce trou fût assez large pour que la pression de l'airpùts'y faire .sentir, l'accroissciueut (le température y serait précisément d'un degré, quand bien même 1'aceroi.sseuicnt de température dans le sol environnant serait lilus lapide. F.n termes plus précis, la teuipératiue ii;oyennc du fond de ce trou serait d'un degré plus élevée que la température i;!uyeuue à la partie supérieure.

'< Cherchons donc un trou de 2a à 29 mètres : l'Observatoire royal de Paris nous offre uue cive (|ui semble faite tout exprès; et depuis r.u demi-siècle on descend et remonte les uiairlies (|ui conduisent à cette profondeur de 2s uièlrcs , pour s'assurer que l'iiccroissement de température est bien d'un degré centésimal; tellement que depuis cinquante années lin mesure ainsi la dilatation de l'air, croyant mesurer la chaleur du globe.

" Mais dans les couches terrestres, où les mouvements de l'air sont plus gênés, l'accrois- £eu;rni de tempéralurc est de ii; a 27 mètres,

TKR

c'est à-dire de 2 à ;^ mètres plus rapide. Ainsi l'accroissement réel est compris entre l'arcroisseuieut qui a lieu dans l'air libre , et l'accroissement qui aurait lieu dans les couclien solides en l'absence de l'air, c'est-à-dire dans les couches où l'air ne pénétrerait point. De là, il résulte que la chaleur, à ces grandes profondeurs inaccessibles à l'air, s'accroit plus rapidement que dans les couches superficielles, où la loi dépend ou semble dépendre des conditions de l'équilibre des gaz.

« Il résulte encore de là que le coefficient de la dilatation de l'air peut être très-bien déterminé par des observations de température faites dans des puits à sec, comme les puils des mines ; et réciproquement , que l'accroissement de clialeur dans ces puits peut être trouvé par des expériences de cabinet sur la dilatation des gaz.

" Knlin , et ceci est une conséquence assec, importante à noter, par suite de l'accroissement de la chaleur du globe, l'air ne peut rester immobile au sein des couches où il pénètre; il s'y écliauffe au delà du point où son équilibre moyen est possible ; il en .sort par exhalai.son, et y rentre par absorption; ce qui produit un flux et rellux perpétuel , ou un mélange entre l'atmosphère libre et l'atmosidièresouterraiui'. Inutile d'ajouter que la for- UHile trouvée ci-dessus, savoir :

X = 7900 a , est indépendante de la température et de l.i pression delair; en sorte que l'accroissement de la chaleur dans le sol est le même à toute latitude et a toute hauteur au-dessus du niveau de la mer. »

TEMPS. D'après Ivant , le temps constitue avec l'espace les deux formes delà recrplirite , c'est-à-dire de la faculté de recevoir di's seusitions. Le temps est en quelque .sorte le moule d'où sortent toutes les notions de surivisivité , tandis que l'espace est le moule d'où sortent toutes les not-ions de simultanéité, de conliguité, d'étendue. Le temps et l'espace ne sont donc pas des choses qui existent réellement en dehors de nous; ce .sont , pour ainsi dire, les coefficients nécessaires de l'intelligence de l'homme.

TiinciUM. M. Mosander a récemment annonce la découverte de deux nouveaux métaux , le terbiuin et Vcrljuim dans l'ytlria. I.c même chimiste avait déjà trouvé dans l;i cérite, outre le cérium. le lantliane et le iliiltime.

TÉRÉBÈXE. Ce corps, ainsi que les composés qu'il forme avec quelques acides, avec le chlore et le brfime , ont été découverts par IM. Deville. le térébène se forme comme produit accidentel lorsque l'on fait agir certains acides, et notamment l'acide sulfuriquc. sur l'osscnce de térébenthine. Sa form.ilion est accompagnée de celle du colophène , hydrogène carboné particulier.

Dans la prépar.ition du camphre artificiel , le térébène est combiné avec l'acide chlorhydrlque, et constitue a l'élal de chlnrlivdr.ites

les résidus liquidos de cette prcpnralion.

I.c térébénc, qui n'est autre cliose que le rt'sultat d'une altération uiolt^culaiie de l'essenee (!c lérObcntliine, présente la niùiue composition que ccile-Li. Son odeur est' assez agréable , quand il n'est point souillé par la présence du soufre. KUe ne rappelle en rien celle de l'essence de térébentliine , et ressemble plutôt à celle du llivin. Son point d'ébullition est le même que celui de l'essence de térébenthine ; sa densité à l'état liquide est , à 8°, égale à o,86i, cVsl-à-dire égale à celle de l'essence de térébentliine, Il en est de même de la densité de sa vapeur.

A froid , l'acide sulfuriqne colore le térébÈne légèrement en rouge, sans ratta<iuer davantage; l'acide nitrique est ég.ilement sans action sur lui. Il n'en est plus de même lorsqu'on vient a cliaufler le mélange.

Le térébéne n'a point de rotation; on sait que l'essence de térébentliine a une rotation assez forte à gauche.

Il y a deus chlorhydrates de térébéne; celui qu'on obtient en traitant directement le térébéne par l'acide chlurliydri(|ue, et celui qui se forme comme produit accidentel de la préparation du camphre arlificiel.

MoHOclilor/ii/ilrate de tcrchciie. H est trèsfluide, d'une densité ég;:le à o,!io2 ii 20=", et d'une odeur qui rappelle beaucoup celle du lérébènc ; mais il a quelque cliose de cam- ]ihré qui appartient au»; résidus du camphre aitinciel. Sa formule est : Ci" Q^', llCl;son pouvoir rotatoire est nul.

Bichlofhyilrale de térébéne. Ce corps , dont la composition se représente par (■,4° )|3i, IP (;l=, est le résidu li(|uiile de la préparation du camphre artificiel. 11 est presque impossible de le purilicr entièrement de ce dernier produit; de sorte qu'on lui trouve toujours une certaine rotation ;i gauche, beaucoup moindre cependant que celle du camphre solide et de l'essenve de térébenthine. ilM. Soubeiran et Capilalue admettent que le camphre liquide présente a lui seul cette rotation ; selon M. l)e\ille, au contraire , elle doit être attribuée à la présence d'une certaine quantité de camphre solide.

i\I nnobromhydrute. I iquidc ineoIoFe , d'une densité de l,02i à 21°, d'une odeur un iieii camphrée. Son pouvoir rotatoire est nul. Il s'altère au bout d'un certain temps à l'air, en se colorant.

On le prépare directement avec l'acide broinhydriquc et le térébéne. Sa composition se représente par (;4o H^', Br H.

lUbromhydrute. Il s'obtient lorsqu'on fait passer de l'acide brouihydrique dans l'essence de térébenthine; on le .sépare par filtrat ion des cristaux de broiiihydrate decamphéne. Cependant , de même que pour le camphre , cette séparation est fort incomplète.

l.e bibromliydratc de térébéne se conserve parfaitement à l'air, et parait résister a cet agent tout aussi bien (pic le camphre liquide.

TER 411

Sa formule est représentée par Ci' IP-, II' 13r'.

l.e inoiio-indlnjdrate Ci° IM', III . s'obtient directement avec le térébéne et l'acide iodliydrique ; le bi- iodhydrate (M" IP^ IP P, ne peut être obtenu qu'en mélange avec l'iodhydrate de camphène, en fai.sant passer <lu gaz iodhydriqiie dans l'essence de térébenthine.

l.e roono-iodhydratc de térébéne s'altère rapidement à l'air, en se cokiiant en rouge foncé; Il rotation de ce corps est nulle.

Chloroterebénc. Kn traitant le térébéne par le chlore , ;i la suite d'une action très-vive d'abord, mais qui ne se termine que très lentement et facilement sous l inlluence d'un courant prolongé de ga/. , on obtient un corps visqueux , incolore lorsqu'il est dépouillé de chlore, doué d'une odeur particulière, tenace, qui rappelle celle du camphre,

l.a densité du produit est = l,500 à i;;° ; sa composition est repré.sentée par la formule ; C4o l|î4 Cis, c cst-à-dire, une molécule de térébéne , dans laquelle 8 at. de chlore se sont substitués il a at. d hydrogène. Sa rotation est nulle.

Si l'on chauffe à des températures croi.ssantcs et ménagées le chlorotérébéne, on le voit noircir, dégager beaucoup d'acide chlorhydriquc, et laisser distiller une grande quantité d'une liqueur chlorée particulière, à laquelle M. Deville donne le nom du monochlorotérC' bine. Il reste dans la cornue du charbon parfaitement pur.

Mniwcblorotérébéne.C-^ corps, dont la composition est égale â C4° 11.^° C14, .se produit en vertu de la réaction suivante :

3 ( C4= IIH C18 ) = C<° + 2 ( CJ' H^s C14 )

-f IBCI 11.

H n'est pas volatil sans décomposition. Tar la distilhition , il donne de l'acide chlorhydriquo . du charbon et du bichlorliydrate de térébéne :

4 ( C4= ir-S C14 ) = ce + 3 ( C40 1132, Ci'

MM + 10 Cl 11.

liromntcrébéne l.e brome agit sur le té' rébène de la même manière que le chlore, en donnant naissance à de l'acide bromhydriquo et à un liquide très-visqueux, fortement coloré en rouge, et que le charbon animal décompo.se en partie. Ce liquide est le bromolérébène ; .sa densité est l,97a à 20°; sa compositioa se repré.sente par C4° IP4 Fii-s. l'ar l'action du feu , il se décompose de la même manière que le corps chloré correspondant.

Après avoir exposé l'histuire des corps dont nous venons de parler, M. Ueville continue ainsi : » Dans cette étude que je viens de faire des propriétés du térébéne, j'ai toujours regardé ce corps comme identique avec la base du camphre artificiel liquide. On pourrait supposer qu'il n'en est pas ainsi, puisque je n'ai pu donner aucune preuve directe de celle identité. Pourtant , si l'on fait attention a cette absence constante de toute combiiiaîsou eii^ilaliinc dans la série des corps qui se rat-

TER

tachent au tèrcbènc.a l'analogie dos circonstances dans lesquelles celui-ci et la base du laiiiphre artilicicl se pioduiscnt , et enfin à l'idenlilé parfaite qni existe entrées propriétés physiques de ces deux corps et de leurs combinaisons, on n"hésitera pas, je crois , à admettre mon h>pollièse. rilc s'est présentée à moi tout d'abord , et, dans les cas on j"ai pu !a vérifier, elle n'a jamais été contredite. Iians le cas où l'on serait porté à croire que ces Idées ne sont pas exactes , on devra voir d:ins le térébéne une huile essentielle, arlihcicUc, possédant une capacité de saturalion ilouble de celle de l'essence de térébenlhiiic, et quadruple de celle de l'essence de cilron. la production, parles agents chimiques, d'un eor()s de celle nature serait un fut qui n'aulait ])as encore son analogie dans la chimie iiig.inique. » ( Cumptcs rendus de l'Académie dis seienres. année I810 ).

TÉnr.niLÉXE. I.c camphre liquide, distille avec de la chaux, donne une huile isoiiiérique avec l'cisencc de térébentliine et a\ec

I • lérébène : elle ofiVc la plus grande analogie avec ce dernier. .M.M. Soubeiran cl Capitaine lui ont donné b- nom de lerebiléne. Son pouvoir rotaloire est nul ; il ne donne pas de camphre solide avec le ga'. acide clilorhydrique.

TFRKBn;\Tiii\E. Beaucoup de conifères ( l'inus rylrestris , P. a'Ues, P. picen , etc.) exsudent une résine jaunâtre qui durcit à l'air et qui a reçu divers noms, suivant son état de puieté ou de préparation. Ij résine brute, telle qu'elle s'écoule des arbres, s'appelle f/alipnt ou barras. Le liquide qui passe à la distillation est l'essence ou huile de tirebcntki- 11P { /'oi/ez F.sst>CEs"i, et le résidu fixe la colop/uuie ( brai sec , arcuiisnn }. La poix de /tiiirriorine ou poix jaimc est du galipot purilié par la fusion et la filtration a travers une couche de pal le; lapoix noire est la partie qui reste sur le filtre. Knlin, ou donne ic nom de ficjidrnn , de pnix grasse, de brai tiras, à des mélanges de térébenthine et de sidjstanccs charbonneuses, obtenus par la distillation des boii ré.sineux.

■lÉnïBKiylE ( Acide ). Produit cristallin obtenu par M. Bronu'is en traitant l'essence de térébenthine par l'acide nitrique houillant. H ne fond que fort difficilement : il fume un peu quand on le cliaufie, ne se sublime pas, et se décompose en se boursouflant légèrement.

II se distingue parlictdièreinent de la plupart des acides organiques, en ce qu'il ne précipite pas l'acétate de plomb basique ; de même , son sel ammoniacal neutre ne précipite ni le chlorure de calcium , ni l'acétate de ploiub , ni le nitrate d'argent.

On obtient facilement le sel d'argent de cet acide, en décomposant son sel ammoniacal par un léger excès de nitrate d'argent, évaporant et laissant refroidir doucement la solution neutre. Il .se présente in hcuippes soveiiscs très-belles. 11 est plussolublc dans l'eau eîi..ude que dans l'eau froide , et supporte une chaleur

ti:r

a.ssez forte sans s'altérer. Lorsqu'on le chauffe doucement, il ne fond ni ne .se boursoutle, mais il laisse l'argent métallique sous la môme forme que le silqu'on a employé. Formule de l'acide térébiquc anliydre t-s l|9 07.

TERRE. Le corps planétaire que nous habitons est un sphéroï;le, dont la figure a été cxactcm.-nt détermini'e. Une portion de ce sphéroî'le a servi pour établir l'unité de mesure qui porte le nom de mètre.

Du luomcnt où l'homme eut reconnu l.a spliéricité du globe qu'il habite, sa curiosité dut le porter a en niesmer les dimensions : il est donc vrai.semblablc que ses prendéres tentativessurcet objet remontent à des temps bien antérieurs à ceux dont l'histoire nous a conservé le souvenir, et qu'elles ont été perdues dans li's révolutions physiques et morales (|ue la terre a éprouvées, les rapports que plusieurs mesures delà plus haute antiquité ont entre elles et avec la longueur de la circonférence terrestre viennent à l'appui de cette conjecture, et .seinbli-nt indiquer', non-senicnient que dans des temps fort anciens cette mesure ;; été exactement connue, mais qu'elle a servi de base à un .système complet de n;csures, dont on retrouve des vestiges en I gypte et dans r.\sie. Quoi qu'il en soit , la première mesure précise de la terre dont nous ayons une connaissance certaine est celle que Picard exécuta en France vers la fin d.i dernier siècle, et qui depuis a été plusieurs fois vérifiée. Cette opération est facile à concevoir, lin .s'avançant vers le nord , on voit le pille s'élever de plus en plus; la hauteur méridienne des étoiles situées au nord auguiento , et celle des étoiles situées au midi diminue ; quchiues-une.i même deviennent invisibles. Iji notion de la coiu-biuc de la terre est due, sans doute, à 1 observation de ces phénomènes, qui ne devaient pas manquer de fixer l'attention des hommes dans les premiers dges des sociétés, où l'on ne distinguait les saisons et leurs retours que par le lever et le coucher des principales étoiles, comparés à ceux du soleil. I.'élé\ation ou la dépression des étoiles fait connaître l'angle que les verticales élevées aux extrémités de lare parcouru sur la terre font au point de leurs concours; car cet angle est cviilemment égal à la différence des hauteurs iiuridicnnes d'une même étoile, moins l'angle sous lequel on verrait du centre de l'étoile l'espace parcouru ; et l'on s'est assuré que ce dernier angle est insensible. 11 ne .s'agit plus ensuite que ilc mesurer cet espace ; il serait long et pénible d'appliquer nos mesures sur une aussi grande étendue : il est beaucoup plus .simple d'en lier par une suite de triangles les evtrémités à celles d'ime base de cinq ou six mille toises; et, vu la précision avec laquelle on peut déterminer les angles de ers triangles, «m a très-exactemi'nt sa lonsueur. Ou a trouvé de celte manière qu'en France l'arc du niériilicn terrestre, correspuadani à la centième partie de l'a.ii/lc

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droit , et coupé dans Sun iirlicii p.ir ic parallèle moyen ciilie lo pùlc et Iniualcur, est de

De toutes les figures rentrantes, la figure spliérique est la plus sinipU', puisqu'elle ne dépend que d'un seul élément, la grandeur de son rayon. Le penchant naturel à l'esprit luiuiain, de supposer aux objets la forme qu'il conçoit le plus aisément , le porta donc â donner une forme sphérique à la terre. Mais la simplicité delà nature ne doit pas toujours se mesurer sur celle de nos eoneeptions. Infiniuient variée dans ses effets, la nature n'est simple <iue dans ses causes ; et son économie consiste à produire un grand nombre de phénomènes au moyen d'un petit nombre de luis générales. La figure de la terre est un résultat de ces lois , qui , modifléas par mille circonstances , peuvent récarter seusibleraent de la sphère, et la rendre fort compliquée. De petites variations, observées dans la grandeur des degrés eu France , indiquaient ces écarts ; mais les erreurs inévitables des observations laissaient des doutes sur cet intéressant phénomène; et rAcadéniie des sciences, dans le sein de laquelle celte grande question fut vivement agitée, jugea avec raison que la différence de degrés terrestres , si elle était réelle, .se manifesterait principalement dans la comparaison des degrés mesurés à l'équateur et vers les pùles. KUe envoya des académiciens à l'équateur même; et ils y trouvèrent le degré décimal du ruéridicn, égal à jio97 'oiscs, -, pii,s petit de 216, c que le degré correspondant au parallèle moyen. D'autres académiciens se transportèrent au Nordà73=, 7 environ de latitude; et le degré décimal du méridien y fut ob- .scTvé de 3I6G4 lois's. 3 c'est-à-dire plus grand de S8i;,a qu'àréquatcur. Ainsi, l'accroissement des degrés des méridiens, de ré(|uateur aux pùles, fut incontestablement prou\ é par ces mesures ; et il fut reconnu que la terre n'est pas cvacteuient sphérique.

Les voyages des académiciens français ayant dirigé vers cet objet l'attention des observateurs , de nouveaux degrés de méridiens furent mesurés eu Italie, en Allemagne, en Afrique et en Pensylvanie; toutes ces mesures concoururent à donner à la terre une figure aplatie aux pôles.

L'ellipse étant , après le cercle , la plus simple des courbes rentrantes , on regarda la terre comme un solide formé par la révolution d'une ellipse autour de son polit axe. Son aplatissement dans le sens des pùles est nécessairement indiqué par l'aceroissement observé îles degrés des méridiens des pùles à l'équateur. Les rayons de ces degrés étant sur le prolongement des lignes verticales, ou dans la direction de la pesanteur, ils sont , par la loi de l'équilibre des fluides, perpendiculaires à la surface des mers dont la terre est en grande parlie recouverte. Us n'aboutissent pas, comme d.ins la spiien' . au centre de rellipsoidc; ils u ont ni la même direction ni la nièu:c graa-

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tieur que les rayons menés de ce centre à la sui face, et <|ui la coupent obliquement partout ailleurs «lu'a l'équateur et aux pùles. Ui rencontre de deux verticales voisines, situées sous le même méridien, est le centre du petit arc terrestre qu'elles comprennent entre elles : si cet arc était une droite, ces verticales seraient parallèles , ou ne se rencontreraient qu'a une distance infinie ; mais , à mesure qu'on le courbe, elles se rencontrent, à une distance d'autant moindre que sa courbure devient plus grande. Ainsi , l'extrémité du petit ave étant le point où l'ellipse approclie le plus de se confondre avec une ligne droite , le rayon du degré du pôle, et par conséquent ce degré lui-même . est le plus considérable de tous. C'est le contraire a l'eitrémilé du grand axe de l'ellipse, a l'équateur, où la courbure étant la plus grande , le degré , dans le sens du méridien , est le plus petit, lin allant du second au premier de ces extrêmes, les degrés vont en augmentant ; et si l'ellipso est plus aplatie, leur accroissement est à liés-peu près proportionnel au carré du sinus de la latitude.

Ces résultats sont autant de vérités incontestables , généralement admises par les géoraè;rcs. On peut inèuie démontrer, qu'en supposant à la terre une figure de révolution sur laf|uelle les degrés des méridiens vont en augmentant de ré(iualeur aux pùles, l'axe qui la traverse dans le sens des pùles est moindre que le diamètre de l'équateur. La démonslraticui en (st fort simple.

Les points de concours de toutes les perpendiculaires a une courbe forment sa développée. Ueprêscntjz-vous donc le rayon osculateur du mérUien au pùle boréal, et la suite de tous les rayons osculateurs depuis ce pùle jusi|u'â l'équateur, rayons qui, par la supposition, vont en diminuant sans cesse; la dé\elo;>pée sera évidemment tangente à l'axe du pùle ; ensuite elle s'ée;irtera de cet axe . en tournant vers lui sa convexité et en s'élevant vers le pùle, jusqu'à ce qu'enfin le rayon osculateur prenne une direction perpendiculaire à la première ; alors il sera sur le diamètre même de 1 équateur. Considérons comme le centre de li terre l'intersection de ce diamètre et de l'jve du pùle : il est évident (lue la sjmrac des deux tangentes à la développée du méridien, menées de ce centre, la première s:iivant l'axe du pùle, et la seconde suivant le (liauièlrc de l'c.iuatcur, sera plus grande (|ue l'arc de li développée qu'elles coiiiprcDneut entre elles ; or, le rayon mené du ci-nlre de 1.1 terre au pùle boréal est égal au rayon osculalcur du méridien à ce pùle, moins la première tangente ; le demi-diamètre de l'équateur est égal au rayon oseulafcur du mer idiei; à l'équateur, plus la seconde tangente : l'excès du denii-diamêtrc de l'équateur sur le r-iyou terrestre du pùle est donc égal à la somme de ces tangentes, moins l'excès du rayon oscillateur du pùle sur celui de l'équateur ; ce deiiiier excès est l'are même de la développco,

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arc (]iu est moindre que la somme des tangentes c\trémcs ; donc l'excès du demi-dia mètre de l'équateur sur le rayon mené du centre de la terre au pôle boréal est positif. On prouvera de même que l'excès du demi-diamètre de l'équateur sur le rayon mené du centre de la terre au pôle austral est positif; l'ave entier des pôles est donc moindre que le diamètre de l'équateur ; ou , ce qui revient au même , 2a terre est aplatie dans le sens de ses pôles.

V.n considérant cliaqiie partie du méridien connue un arc très-petit de sa circonférence csculatrice, il est facile de voir que le rayon mené du centre de la terre à l'extrémité de l'arc, la plus voisine du pôle, est plus petit que le rayon mené du même centre a l'autre extrémité ; d'où il suit que les rayons terrestres vont en croissant des pôles à l'équateur, si, comme toutes les observations l'iniliqucnt, les degrés du méridien augmentent de l'équateur aux pôles : et il est évident que ces démonstrations ont encore lieu, dans le cas où les deux hémisphères, boréal et austral , ne seraient pas égaux et semblables.

I.a différence des rayons osculafeurs au pôle et à l'é(|uatcur est égale à la différence des rayons terrestres correspondants , plus à l'excès du double de la développée sur la somme des deux tangentes extrêmes, excès qui est évidemment positif. Ainsi , les degrés ries méridiens croissent de l'équateur aux pôles dans un plus grand rapport que celui de la diminution des rayons terrestres.

La mesure de deux degrés dans le snns du méridien suffit pour déterminer les deux axes de l'ellipse g'^nératrice de la terre , et par conséquent sa figure , en la supposant elliptique. Si cette hypothèse est celle de la nature, on doit trouver le même rapport entre ces axes, en comparant deux à deux les degrés mesurés. Mais leur comparaison donne à cet égard des différences qu'il est difficile d'attribuer aux .seules erreurs des observations, et qui semblent indiquer à la terre une figiux plus composée qu'on ne l'avait cru d'abord : ce qui ne paraîtra point extraordinaire, si l'on fait attention aux irrégularités de sa surface, et à l'inégale densité de ses différentes couches et des eaux de la mer.

Un phénoiuènc très-remarquable dont nous devons la connaissance aux voyages astrunouiiqiies, esl la variation de la pesanteur à la surface de la terre. O'tte force singulière anime dans le mèuie lieu tous les corps proportionnellement à leurs masses, et tend à leur imprimer dans le même temps des vitesses égales. Il est-impossible au moyen d'une balance de reconnaître ces variations, puisqu'elles affectent également le corps que l'on pèse , et le poids auquel on le compare. Mais les observations des pendules sont propres à les faire découvrir ; car il est clair que les oscillations doivent être plus lentes dans les lieux où la pesanteur est liiirindre.

Richcr , envoyé en ic-2 à Cayenne par l'.Vca-

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demie des sciences pour y faire des observations astronomiques, trouva que son horloge, réglée à Paris sur le temps moyen , retardait d'une quantité sensible à l'équateur ; il fut obligé d'en raccourcir le pendule de plus d'une ligne pour corriger ce retard. Cette observation donna la première idée de la diminution de la pesanteur à l'équateur ; diuùnution qu'iï était cependant facile de prévoir d'après le mouvement déjà reconnu de la rotation de la terre. Mais l'esprit humain , si actif dans la formation des .systèmes, a presque toujours attendu que l'observation et l'expérience aient fait connaître d'importantes vérités qu'un raisonnement fort simple eût pu faire découvrir ; c'est ainsi que la découverte des télescopes a suivi de près de trois siècles ci lie des verres lenticulaires, et n'.i été due qu'au hasard ; c'est encore ainsi que l'aberration des étoiles, résultat fort simple du mouvement progressif de la lumière , a échappé aux savants célèbres du commencement de ce siècle, et n'a été reconnue que par l'observation, cinquante ans après la rlécouverte de ce mouvement.

TEI'.nE DE PIPE. / oi/ez AiiGir.E.

1 EltlIE A PORCEI.AIXE. f^'oijez KAOLIN.

lEiiiiE siLicELSE. t'Oyez SlUC.QUE

( Acide ).

TEiiBEAf et TERRE i.AnouKAni.E. On donne ce nom aux débris organiques provenant de la décomposition des vegétaui, et qui constituent la fertilité du sol. I.e terreau ou terre végétale jouit de la faculté de faire germer les graines , en absorbant les éléments constitutifs de l'air Quant aux principes du terreau, voyez Ulm,>e, L'lvuqie ( Acide ), Humus, GÉ.NE, (JÉiQiK ( Acide ).

.Sous l'inllurnce de certains agents , les pii r/es et les roches les plus dures perdent peu à peu leur cohésion ; ce sont les résidus , les débris de cette altéra ion , qui constituent la terre luboiiriib.'e.

La désagrégation des roches s'effectue par l'effet de c.uise.i mécaniques ou chimiques. Partout où les montagn;s sont couvertes de neige, toute lanui e ou pendant quchpies mois seulement , on remaii|iie que le roc se délite et se brise en pt'iils fraginenls qui s'arrondissent pu' le nio;iven;e;it des glaciers, ou se réduisent en ])oiissière. l'eau des ruisseaux et des torrents qui sourdent de ces glaciers est troublée par ces parcelles rocailleuses, qu'elle dépose dans les vallées et dans les plaines comme une terre fertile.

o Toutes les foi; que je rencontrais de la terre, du salle . des cailloux roulés en couches de quelques milliers de pieds d'épaisseur, j'étais tenté de m'éerier qu'il est impossible que des causes mécaniques, coiimic nos torrents et nos rivières , réduisent en poussière des masses si énormes; mais en considérant, d'un autre côté , le fracas de ces eaux dans leur chute ; en songeant que des espèces animales entières ont disparu de l.i terre , et qu'elles avaient vécu pendant un temps où les mêmes

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causes d'ancJantisseiiicnt travailUiicnt liOyd nuit et jour, je ne pouvais compiondre i|ue li's iiionfagnes résistassent encore à leurs efiorts. .> ( Darwin.)

A CCS causes mécaniques s'ajoutent les actions eliimiques exercées sur les parties constilu.intes «les roches par foxygéne et l'acide carboni(iue de l'air, ainsi que par l'eau.

Ces actions chimiques sont les véritables causes de la désagrégation des roches; leur effet n'est point limité par le temps , il a lieu dans chaque seconde, alors même qu'il serait assez, faible pour ne po:nt être perceptible pendant le temps que dure la vie d'ua hoiiiuie.

11 se passe des années avant qu'ua fragment de granit, exposé aux intempéries des saisons, lirrde son éclat; mais, a\ec le temps, ce fragment se divise, et les actions chiiuiques liui^s:■nt par le réduire en débris de plus en plus petits.

L'action de l'eau est toujours accompagnée de CflUede l'oxygène et de l'acide carbonique; on saurait à peine considérer isolément l'influence de ces différents agents.

Une foule de roches , telles <|ue le basalte et le schiste argileux , renferment , en combinaison chimique, du protoxyde de fer, qui possède la propriété de fixer de l'oxygène, pour ■se transformer en peroxyde. On remarque cet effet dans la terre de nos champs , si riche en oxyde de fer. Depuis la surface jusqu'à une certaine profondeur, cette terre est roiij.-e ou d'un brun rougeàtre ; elle contient alOi,, du peroxyde ; mais les parties sous-jacentes vurtt noires ou d'un brun noir, et rcnferineii/ du protoxyde. Lorsque le soc de la charrue creuse profondéuieut , ces dernières sont ran,..rié('s à la surface, et alors il arrive que le sol, d'abord fertile, perd sa bonne qualité pour un certain noi'ibre d'années. Cet état de stérilité dure jusqu'il ce que la surface .soit n' levenue rouge, c'est-à-dire jusqu'à ce que tout le protoxyde soit transformé eu peroxyde.

rtr, de même qu'un protosel de fer cristallise, en absorbant de l'uxygène, perd sa cobéreuee et toudje en poussière , ainsi .se comp irlent la plupart des roches, dont les parties constitutives peuvent se co;nbiner avec l'oxygène-. L'état d'agrégation des combinaisons primitives se détruit alors à la suite de ces Il )uvelles combinaisons. Lorsque la roche est inq)régnée de sulfures ; par exemple, de pyriti-'s , e for, qui se rencontrent si fréquemment <l:ins le granit , ces sulfures se convertissent p 'U à peu en sulfates.

I.e feldspath, le basalte, le schiste argileux, les porpli>res, beaucoup de calcaires, et en giucral la plupart des roches , sont des mé- 1 inges de silicates , des combinaisons très-variées de la silice avec l'alumine , la chaux, la potasse, la soude, le fer, et le protoxyde de m uiganèse.

Pour avoir une i(i«; nette de l'influence de l'eau et de l'.icide carbonique sur les roches, il

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est neecs-saire de se rappeler les propriétés de la silice , et ses couibinaLsons avec les bases alcalines.

Le quartz ou cristal de roche représente la silice au plus haut degré de pureté ; dans cet état , elle n'est pas soluble dans l'eau , ni a chaud ni à froid ; elle est sans saveur, et s;ms action sur les teintures végétales. Cequicaraetérisc surtout la silice , c'est qu'elle pos- ,sède la propriété de se combiner a\cc les ;ilcalis et avec les oxydes uiétalliques , de manière à former des produits saUns qui portent le nom de silicates. Le verre à vitres et a glaces est un mélange deslUcates à base d'alcalis {de pota.sse, de soude et de chaux); et les expériences les plus communes démontrent <iue, dans presque toutes les espèces de verre, l'akali est entièrement neutralisé par la .silice. la |)ropriété de se combiner avec les oxydes niétalliiiues , et de neutraliser complélement les alcalis, n'est particulière qu'aux acides ; et c'est pour cela au.ssl que la s?;ice a reçu le nom d'acide .silicique. Mais la silice est un des acides les plus faibles. Nous venons de dire qu'elle n'offre pas la saveur acide qui caractérise les autres corps de cette espèce , et qu'il lui manque totalement, à l'état cristallisé, la propriété de se dissoudre dans l'eau. Toutefois la silice, réiluite en poudre fine, se dissout par une ébullition prolongée dans des lessives alcalines. Les combinaisons de la silice avec la potasse et la soude s'obtiennent aisément par la \oie .sèche, en faisant fondredu sableavec un carbonate alcalin ; il se produit ainsi du vetre, dont les caractères varient suivant le principe soluble qui y est contenu, Kn employant so;x mte-dix parties de silice pour trente parties de potasse ou de soude , on obtient un verre qui se di.ssout dans l'eau bouillante, et qui, étendu sur du bois ou du fer, se des.séche en uu vernis vitreux , ce qui à valu à celte combinaison le nom de verre soluble. Par l'emploi d'une plus faible proportion d'alcali , et conséquemment d'une plus forte dose de silice, le produit devient de plus en plus insoluble dans l'eau. Les silicates .solubles dans l'eau sont <lécomposés par tous les acides. Si la dissolution du s l cate renferme en silice plus de ~ du poids de l'eau, il .se produit, par l'addition d'un acide , un précipité diaphane qui possède toute l'apparence d'une giclée. Ce précipité est une combinaison de silice et d'eau, ou un hydrate de silice. Si la dissolution renferme moins de silice , elle reste limidde quand on y verse un acide. La conservation de cet état de limpidité prouve que la silice, à l'état où les acides la .séparent de ses combinaisons aleaUncs, possède un certain degré de solubilité dans l'eau pure. Kn effet, lorsqu'on lessive avec de l'eau le précipité de silice gélatineuse, on le voit peu à peu diminuer de volume; en évaporant ensuite les eaux de lavage , ou peut y démontrer la présence de la silice. I)apiès cela , la silice possède un double car.irlerc eliimique : séiiarcc d'un silicate par uo

ninypn finclconqno , rlle olfre de tout aiitrrs ) r •.'l'it'lcs qu'à l'ùlnt de silex, de iinnit/ (iii de nist.ii (le rorlie. M, ;ui mnniciit ui'i l,i silice se s ■piire d'une base, la dissolution renfcriiie assez. d'<au pour la maintenir en dissolution. Il ne se piéeipite lien ; dans certaines circonstances, la silice est donc pins soliible dans l'eau que le plâtre. Biais elle perd celte solubilité en se de.sséeliant tout simplement. Concentrée jusqu'à nn certain point, .sa dissolution dans les acides .se prend , par le refroidissement, en une gelée eoliérente et parfaitement limpide : on peut renverser le vase qui la renferme, sans qu'il en coule une !,'outte. Lorsqu'on dcs.séclie davantage cette gelée, la silice abandonne l'eau qui la maintenait à l'état gélatineux ; d'ailleurs l'aflinité est si faible entre l'eau et la silice, que la combinaison se détruit déjà à la température de l'air. Une fois privée de son eau d'hydratation, la silice n'est plus soluble dans l'eau, sans cependant ressembler entièrement à li silice cristallisée, au sable ou au quart/.; car elle conserve la propriété de se dissoudre à la température ordinaire dans les alc.ilis caustiques et dans les alcalis carbon.ités.

Il est peu de substances terreuses qui puissent se comparer à la silice sous le rapport de ces propriétés remarquables.

I.a plupart des silicates uafmcls insolubles dans l'eau froi te, et contenant des bases alcalines, se décomposent p.ir un contact prolongé avec l'eau chaude , surlout si celle ci renl'crmé nn acide. A une époque où l'on ne connaissait pas encore cette propriété des silicates , on avait été conduit à admettre que l'eau pouvait .se transformer en terre. C'est que toute eau distillée dans des vases en veric laisse, après l'évaporation , une certaine quantité de substance terreuse, l.avoisier prouva qu'une partie du verre ou de la porcelaine se dissout dans l'eau qu'on y fait bouillir, et (|ue l.i perte du vase est é;;ale au poids du résidu terreux laissé par l'eau évaporée. Ce phénomène ne s'observe point .si l'on distille l'eau dans un vase en métal.

On remarque cette action de l'eau sur les silicates par l'aspect terne que prend peu à lieu le verre qui est exposé a Pinjure des .sai- Ktms , par exemple, le verre d<'s cloches de nosjardins. Cette altération est surlout f.ivorl.sée par la présence de l'acide carboni(|ue, par exemple , dans les étables où l'air en est très-chargé , par l'effet delà respiration des bestiaux et de la putréfaction des matières animales.

I.a silice est le plus faible de tous les acides; les silicates solubles sont déjà cowjplétement décomposés par l'acide carbonii|ue. Une dissolution de verre soluble se prend en gelée lorsqu'on l;i salure par de l'aciiie carbonique; il huit néeessairenu'Ut admettre que cette déeonqiosition s'iricctue aussi d:ins des li(|uides fort étendus, où l'on r.e reni.iri|ue aucune sep;ualiou de silice , et nu ec coips

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reste en dissolution dans l'eau. T.a deeomposilion des silicates par l'eau et les acides est d'autant plus aisée et plus prompte, i|ue ce» se'is renferment plus d'alcali.

I.a nature nous offre de nombreux exemples d'une décomposition continue (pii s'opèie dans les silic;ites des roches, sous l'inlluence de l'eau et de l'acide carboni |uc de l'.iir.

Il est aujourd'hui hors de doute (|uc les grandes couches de kaolin, ou terre à porcelaine, se sont formées par l'action décomposante de l'eau sur des silicates de soude et de jiotasse, sur certains feldspaths ou roches feldspathiques. Ou peut considérer lcfelds|)ath connue la combinaison d'un silicate d'alumine avec un silicate à base d'alcali ; ce dernier, solubledar.s l'eau, est enlevé peu à peu, et lais.se le koalin , qui résiste si bien au feu.

M. Uorehbamuier a démontré que le feldspath se décompo.se par l'eau à uo», et .sous une pression correspondante à cette température : l'eau acquiert une forte réaction alcaline, et .se charge de silice. Les Ucisers de l'Islande sont des sources d'eau bouillante qui s'élèvent de très-grandes profondeurs, et se trouvent conséi|ueiiinient exposées à une forte pression. I\I. l'orchhammer a pai'eillenient prouvé par l'analyse que ces eaux renferment les principes solubles des feldspaths de .soude et des silicates a ba.sc de magnésie, préilominant (l:nis les roches trappéenues ; il s'opère sans doute, au fimd de res sources, une transformai ion des felilspaths cristallins en argile, d'une manière continue et sur une très-grande échelle.

A la température ordinaire, l'eau, lorsqu'elle renferme de l'acide carbonique, comme celle de .source ou de pluie, agit tout à fiit comme à une température élevée et sous une forte pression.

I.c feldspath, à peine attaquable à froid par l'acide clilorhydrique, dans le court espace de vingt-qu.itrc! heures ne rési.ste pas a l'action dissolvante de l'eau saturée d'acide c;ul)oniiiue. Les roches les plus répandues sont des mélanges de silicates qui se dissolvent dans l'acide clilorhydrique à la température ordinaire, (-1(101 conséquemmeut s'attaquent encore mieux que le leld.spath par l'eau, et surtout par l'eau chargée d'acide carboni(|ue.

Aucune roche contenant des silicates à ba>'e d'.ilcali ne résiste, à la longue, à l'action dissolvante de l'eau chargée d'acide carbonique. Les alcalis, la chaux, la magnésie , .s'y dissolvent, soit seuls, soit en combinaison av(^c la silice ; tandis qu'il reste de l'alumine mêlée ou couibinéc avec de la silice.

Les calcaires, riches en argile , renferment comparativement la plus forte proportion d'alcali; la marne, les pierres à ciment, appartiennent a celte classe de minéraux. Us se distinguent des autres calcaires par la propriété remari|uable (|u'ils possèdent de durcir comme de la pierre, lorsque, après a\oir èlj

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cuits A tin feu inoilcré, ils arrivent en contact avec l'eau. Dans la cuisson de la marne et de beaucoup de pierres à ciineut naliirelles, les p:irties constituantes de l'argile et de la chaux réaf-'issent cliimiqufnu'ut : il se produit une combinaison de silicate de potasse et de silicate de etiau^ , sembldile à l'apopti.» llit:' anhydre, combinaison qui, au contact de ICau, en li\e une certaine quantité, comme le lait le plâtre cuit, et cristallise avec elle.

Les considérations précédentes expliquent rurigiiie de la terre labourable de la manière la plus nette. Celle terre est évidemment le n-sultat des actions mécaniques et chimiques exercées siu- des roelies riches en alcalis et e:i terres alcalines, et qui oat peu à peu perda par là leur coiiésion.

I/inllucncc de Tair, de l'acide carbonique et de l'humidité sur les parties censlituautes des roches, s'observe très-bien dans certaines contrées de l'Amérique méridionale, iuhabitOe.'j depuis des siècles , et où de rielies mines d'ar^'cnt ont été découvertes par tics paires ou des chasseurs. Sons ces intluences atniospliériques, les roches arjrenfiféres se désa- {.■ré^'cut peu à peu; li's pluies et lis vents en entraînent les parties solublcs , tandis que I2 inélal piécieux résiste seul à cette destruction, et demeure iVla surface. Les veines d'argent métallique font alors saillie sur les rochers, et s'élèvent en pointes ou en aiétes. ( l.iebi^. )

TKBRES. Synonyme : Oxvtics terteiix. On donne ce nom à certaines ba.ses pulvérulentes, ayant l'aspect delà terre calcaire ou argileuse. La chaux , la strontiane , la baryle, la magnésie , sont des terres alcalines; l'aluinine, la glucyne , la zircone, sont des terres dont le.s propriétés basiques .sont bien moins prononcées. La silice ou terre siliceuse jouit même des propriétés d'un acide ( acide silieique ".

Les terres sont d'un us.ige indispensable dans la fabrication de la fjjence,de la poterie, de la porcelaine , des brii|ues, etc. Les terres propres au moulage doi\ent pos.séder ctTtaines propriétés qui ont été particulièrement étudiées par .M. Ferry lils ( Itenic scientiflqve , année I810 ).

Les mélanges terreux dont les fondeurs cninposcut leurs moules euntienneut essentiellement un sable qnart/.eux, et une argile qui p;Mit être blanche ou colorée, soit par des matières charbonneuses , soit par des o\ydcs de fer. Ils peuvent admettre ajissi une firt •K'tite portion, de chaux carbonatée ; mais ci'Ite matière n'y est rien moins qui- nécessaire. Le moulage ne .serait pas moins bon qu.uid même les terres dont il si-rait formé ne contiendraient p.as un aloine de chaux. Les sulfates et les sulfures doivent être exclus avec soin ; on évitera donc les argiles pyriteuses

Le carbonate de chaux , si l'on en admettait une quantité nolable dans le mélange, aurait l'iiu-onvéuient de laisseï- drgasjei' deux de si-s tu iucipes constituants, l'aeide carbouiqur et l'eau, c'rtt à-dire, à peu près la luuitie de son

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poids, et de fournir ainsi un volume énorme de fluides élastiques .quand même les moules auraient été .sèches avec le plus grand .soin , et à une température plus élevée que celle des étuves ordinaires, lue terre propre au moulage des petiles pièces peut n'être pas propre à en mouler de grandes. Lorsque les dimensions ou la forme des pièces fondues .sont telles que le rcfroiili.sseraent puis.sc être prompt, la terre du moule, quelle qu'elle soit, n'a pas le temps de fondre, ni d'éprouver aucune décomposition ehiniique; mais si la masse métallique contenue dans le raoule est très-consiilérable; si, de plus, elle est surchargée d'une masselote . le lefroidi.ssement est très-lent, et les afiinités chimiques ont tout le temps nécessaire à leur action. Les vitrificalionsct les décompositions possibles ont donc lieu ; et si le dégagement des fluides élastiques est rapide et abondant, on est menacé d'une explosion dangereuse. Les propriétés physiques et mécaniques de ces sortes ilc terres ont lant d'intincnce sur le succèi du moulage, qu'elles méritent une étude approfondie.

D'aboru' elles doivent contenir la silice et l'aluuùne dans l'état de mélange, et non à l'état de combinaison complète et achevée. Communément, l'alumine y est unie à une très-grande quantité de silice; mais comuie celte cumbiivjison ne lui. fait perdre ni sa finesse ni sa ductilité, clic ne produit aucun mauvais effet. Quant à la couleur, si elle est proiluilc par des matières bitumineuses, elle peut être plus utile que nuisible.

L'argile quia servi à quelques fontes perd de son liant, et devient de plus en plus Mable et sans consistauce. La meilleure terre ne doit donc être employée qu'un petit nombre de fois; mais celle qu'on cesse d'employer .seule peut entrer dans un nouveau mélange, avec une petite quantité de terre crue. Dans ce cas, elle tient lieu de .sable siliceux . et elle en possède en effet les propriétés essentielles, (les propriétés sont de preinlre peu de retraite par le dessèchement , et de présenter un grain assez lin et surtout unifi-rme.

Les terres iiiairirca . c'est-à-dire celles qui ne contiennent que peu d'argil,- , sont celles qui possèdent au plus haut degré toutes ces bonnes qualités ; mais il faut aussi que les raoules aient une certaine solilité , qu'ils résistent au tr.avail du mouleur, aux ef.ets de la dessiccation , et au choc du métal liipiélié qu'on verse quelquefois de Irês-liaut ; or c'est l'argile .seule qui leur donne cette consistance nécessaire.

A tous égards, un mélange naturel vaut mieux qu'une préparation artificielle. Si on en est réduit à se contenter de celle-ci, on devra ne pas épargner les manipulations propres à former un mélange bien uniforu)e. Le sable et l'argile seront d'abord travaillés séparément, et amenés au (bgré de finesse dont on a besoin ; on procède ensuite au mélange. Pour bien rén.ssir, il faut opeier sur des maliens sèches ; presque jamais les terres humides iic

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