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tiudra dire que les rayons chimiques ne se trouvent pas exclusivement dans Ks rayon» du spectre qui se réfractent le plus.
2'= Il n'est pas nécessaire . et il n'arrive même pas du tout dans les phénomènes les mieux obser\és, que la lumière prodiiise une séparation matérielle de substances chimiquement unies. Les effets de la lumière .sont plutôt tels qu'on peut les reproduire par des causes purement physiques.
5= L'effet le plus prolongé de la lumière parait attaquer seulement la première surface des substances ; et il ne semble pas même pénétrer la couche d'iodure, ordir.iiremcnt si mince, qui se forme à la surlace des plaques d'argent, dans les préparations daguerréotypes. M. Moser procède ensuite à la déuioustralion de ces propositions.
Lcr.-^que, dans la chambre obscure, on expose une plaque d'argent iodée pendant un temps suffisant à l'action de la luuiière, ou obtient, comme on sait , une imags qui se dessine de manière que les parties claires paraissent sombres , tandis que les parties réellement sombres paraissent brillantes, parce que siu- tous les poinls où la lumière n'a point agi l'iode conserve sa couleur primitive , qui est le jaune clair. Ces sortes d'images , qui, sous le rapport de l'art, n'off.ent aucun intérêt, ont été appelées images négatives. La découverte de ,M. Dagucrre con.sisle en ce qu'avant la formation de cette image négative , e' est-adire à une époque où l'on ne distingue encore sur la plaque u'argent iodée aucune trace d'effet, il n'en exisic pas moins un commencement d'action ; de sorte quêtons les points attariiu'spar la Imnièrc ont déjà acquis la faculté de piéripiler le mercure. U'api es les cxpèiiences de .M. Becquerel fils, la lumière peut produire sur l'argent isolé des modifications quecertains ra>ons particuliers rendent seuls appiéciables et visibles. Si la lumière n'agit pas assez, longtemps sur les pi iques d'argent , les vapeurs de mercure ne peuvent se précipiter, et on pourrait croire que l'objet qu'on voulait reproduire n'a encore exercé aucune innuence. Ce serait une erreur; car, eu exposant celle plaque d'abora scus un verre rouge aux rayons du soleil , puis à l'action de la vapeur du mercure, M. Ldmond Becquerel a obtenu des images positives ou négatives . suivant que le temps de l'exposition au .soleil a été plus ou ijioins long. La pliique iodée avait donc réellement .subi une première modilicalinn . que les rayons rouges continuent.
Kn partant de cette idée, <|ue les effets cliimiques de la lumière sont dus à l'action des rayons violets et bleus , M. Becquerel fut conduit à admettre deux sorl&s de rayons : les rayons excitatevrs , liés aux couleurs violette et bleue du spectre , et les rayons continuateurs , concentrés dans les parties rouges et jaunes.
Les expériences de M. Becquerel furent confirmées par celles. de M. Moser, qui a été porte
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à rouclure, i'' que l'iodiirc d'argent ordinaire n'est luudlûé que par les rayons \iolfts et bleus ; ces inodiUcatioas sont d'abord imperceptibles : les vapeurs de mercure les mettent en évidence ; 2° qu'on peut distinguer deux degrés dans l'impression reçue par l'iodure d'argent : cet iodure <'st d'abord raodilié de telle manière que les rayons rouges et oranges exercent leur influence sur lui , aussi bxQ que les rayons bleus et violets; les rayons jaunes ne montrent point encore d'influence ; et si Ton retire la plaque trop tôt de la chambre obscure , les rayons jaunes seront tout à fait inaetifs. Plus tard, au contraire, les rayons jaunes et verts agissent comme les autres ; cette action apparaît à. peu prés au moment où l'iodure d'argent raodilié acquiert la faculté de précipiter les vapeurs de meicuie. A cet instant donc toutes li-s couleurs influent sur l'iodure d'ar^'cnt. Il n'est dés lors plus permis d'attribuer a certains rayons du spectre une influence chimique exclusive.
Pour analyser l'effet propre des rayons jaunes et verts, il n'est pas nécessaire de recourir aux ^ erres colorés, car leur effet commence quand les autres rayons n'agissent plus; on peut opérer avec Ui lumière blanche qui n'est pas décomposée , c'est-à-dire avec la lumière du soleil à son état naturel. Voici a ce sujet quelques expériences frappantes.
Une plaque iodée fut evposéc au soleil jusqu'à ce qu'elle fut devenue noire , ce qui eut lieu en peu dlnstants ; puis ou en déroba inie Hiuitié à rinJluencc du soleil : (juclciues minutes pbis tard, la moitié déeou\erte était déjà de\enue beaucoup plus claire que la partie couverte. Cette décoloration continua pendant quelque temps , et à la lin la i)laque , auparavant noire, reprit son aspect j.uinc verdàtre. Cet effet est certainement produit par les rayons jaunes et verts du soleil.
On laissa noircir au feji une plaque d'argent iodée jusqu'à ce que le noircissement n'auguientàt plus , après quoi on la mit dans une chambre obscure dirigée vers des maisons, lorsqu'on la retira vingt-quatre heures après , elle présentait , comme on devait s'y attendre , une image positive et très-précise, avec les détails ordinaires. I.cs paities claires des objets avaient une couleur gris d'acier , et les parties sombres étaient noires.
La première proposition de M. Moscr paraît <lonc démontrée : il n'y a pas de rayons chimiques à. l'exclusion des autres. Ouaiit ;i la deuxième proposition , savoir, que la lumière ue consiste pas nécessairement dans la séparation de deux substances chimiiiucment unies, elle repose sur des expériences moins probantes.
Pour démontrer la troisième proposition , une plaque d'argent iodée, de couleur jaune , {ut exposée pendant deux mois au jour, et le plus possible aux rayons directs du soleil. On la frotta ensulteavec du coton sec , on l'exposa de ««uveau au soleil, et l'on y projeta l'oiu-
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bre d'un corps rapproché. Peu de temps apn^, tout le reste de la plaque était devenu entièrement sombre ; l'ombre seule était claire. I,a plaque fut frottée et exposée de nouveau au soleil, qui toujouis produisit le même effet. Après chaque frottement on voit qu'il reste toujours également répandu sur la plaque de l'iodure d'argent , sensible à la lumière.
Ce résultat paraîtra remarquable, si l'on se souvient combien est mince la couche primitive d'iodure. M. Dumas ,sans indiquer comment il a opéré pour y parvenir, tixe l'épaisseur de cette coudie à moins d'un miUionJéme de millimètre ; et dans tous les cas cette épaisseur doit être extrémenx'nt petite , car, malgré les nombreuses manipulations qu'exige la production d'une image daguerrienne, M. Moser en a fait naître ju.squ'a trente, l'une après l'autre , sur du cuivre plaqué ordinaire.
On a essayé de comparer les perceptions de l'ail â celles de roreille ; mais on ne peut assimiler les différentes couleurs aux sons plus ou moins graves et aigu.s. Les coi'leurs produisent, pour ainsi dire , une impression complète qui ne permet pas de les con tondre les unes avec les autres, tandis que les différents sons ne produisent rien de semblable. L'acuïté et la gravité d'un .son rappellent tout au plus les diverses intensités d'une même couleur. La diversité des couleurs serait une sorte de timbre.
On peut concevoir à la rigueur que l'oreille apprécie des différences assez petites entre des nombres de vibrations qui s'élèvent à quelques milliers seulement ; mais comment supposer que l'n'il pui.sse percevoir de légères différences entre des nombres composés de centaines de billions? Les perecptionsde cesdeus organes, quoif|ue un peu .semblables dans leurs conditions extérieures, sont en réalité de nature toute différente.
ISe pourrait-on pas formuler une objection plus grave? Les rayons violets, bleus, orangés, rouges, paraissent exercersurl'iodiirejauned'argent une seule et même influence; ils le mettent en état de condenser les vapeurs de mercur o. Toutes les matières .sensibles à la lumière counues jusqu'à présent éprouvent des modiliea tions semblables par l'action des rayons diverseiiient colorés : comment la rétine .seule seraitelle dissemblablement impressionnée, ou comment,si l'on admet une seule et même impression,pouvons-nous distinguer les couleurs les unes des autres? Le gaiac est coloré en bleu par les rayons violets , en bleu vert par les rayons bleus. M. Seebcck a vu le chlorure d'argent coloré différemment dans les différentes couleurs du spectre ; et en général tout observateur qui a longtemps étudié l'action de la lumière sur une matière quelconque, a dû être étonné du grand nombre de nuances qui .se sont présentées à lui selon les circonstances Ces nuances indiquent autant de modilication» que peut subir la matière sous l'innuencc de la lumière , la supposition que les couleurs
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«gisscnt égalpincnt , n'est plus soutcnablc. Il st'ia toujours dlfticilc de faire là-dessus des cxpi'riences, parce qu'un ne sait pas bien opérer avec des rayons simples; mais, dans tous les cas, ou doit être d'accord que les couleurs «lifférentcs produisent des résultats divers. Il est cependant un cas dans lequel toutes les couleurs, y compris le jaune et le vert , agissent de la même manière sur l'iodure d'arj^cnt ■ c'est lorsque leur action s'est longtemps prolongée ; alors elles amènent fiodure â condenser les vapeurs de mercure, et le noircissent, si leur influence continue. La niéiiie chose parait avoir lieu dans l'œil, pour lequel toute diversité de couleur disparait par une action continue, de telle soi'te qu'il ne reste plus qu'une impressioa générale de lumière i comme on peut s'en assurer en fixant sans intejTuplion un objet vivement coloré. Une expérience <le M. brewster est plus décisive encore. Si l'on iiegarde fixement et longtemps, à tra\ei-s un piLsme, le spectre résultant de la llainme d'une bougie , on voit disparaître preiniérement le rouge , le vert et une partie du bleu ; si l'on continue a regarder sans remuer l'œil, on voit disparaître ensuite le jaune, qui se eliangc en bleu ; de maaiére (|u'au lieu d'avoir toutes les couleurs prismatiques, on n'aperçoit plus qu'une image de la namme , allongée et uniformément blanche. Pour faire réussir cette ciFrieusc expérience , il suflit de soulever avec la main la paupière supérieure, pour lempccher de s'abaisser, .\-t-on, après une dmii-ininute de temps , obtenu l'image blanche , et laisse-t-on retomber la paupière , en rouvrant l'œil tout de suite on voit paraître un moment le spectre avec sa couleur, mais il cède rapidement la place à l'image blanelic. Là donc un seul et luéiue effet produit «outes les couleurs du spectre ; c'est exactement ce qui se présente sur la plaque d'argent iodée.
Le temps pendant lequel les plaques d'argent doivent rester dans la chambre obscure correspond à celui dont la rétine a besoin pour arriver a cet état normal oii les couleurs ne se distinguent plus; or, ces deux durées .sont coriimensurables l'une et l'autre." Les couleurs du spectre disparaissent ordinairement après un intervalle de trente à soi vante secondes, et l'on a reproduit complètement en deux minutes de temps l'image d'une flamme de clianlîelle ; .M. Draper a obtenu celle de la flamiiic d'un bec à gaz d'.\rgant en quinze secondes seulement, et toujours sans remploi du elilorure d'iode. .Sans doute que ces temps .seront plus considérables quand l'intensité de la lumière sera faible ; mais alors aucjinc comparaison n'est possible avec la rétine , parce qu on ne peut l'amener à l'état anormal en question , en lui présentant des couleurs peu intenses.
l'oiir ce qui concerne la vision ordinaire et normale, on admet généralement qu'elle ne sot>:i'«- pas non plus instantanément, mais
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après un certain laps de temps. .M. FccUner affirme que l'impression produite sur la rétine n'atteint .son maximum qu'après ua certain intervalle. Il est arrivé à cette conclusion en «bservant qu'un point noir sur un disque blanc , ou un point blanc sur un disque noir, donnent , quand les disques tournent rapidement, le premier, la .sensation d'un cercle noir ; le second , la sensation d'un cercle blanc. Il parait, du reste, que la rétine ressemble encore, sous un autre rapport, aux païUers sensibles, qui .sont d'abord prompteiuent affectés , plus prorapteiuent même que l'ioduie d'argent , mais qui exigent un laps de temps assez, long avant de se montrer sensibles aux efiets ultérieurs indiqués.
Quant aux variations dans riiiiprcssionnabilite de l'cril , le vif éclat d'Une forte lumière l'éblouit d'abord; ce n'est qu'après un temp« plus ou moins long que lu;il peut voir par une lumière aussi éclatante. 11 n'arrive de même qu'après un certain intci-vallc au maximum de .sensibilité qui lui permet de voir avec une lumière très-peu intense, ha continuatioQ de la visiou transfornje la .sensation (les couleurs du spectre en la sensation d'une lumière blanche uniforme ; un simple abaissement de la paupière hâte cette transformation. La pression exercée sur l'œil modifie aussi considérablement sa scns.bilité. La simple pression du doigt produit la sensation de la lumière ; la sensation d'un cercle de feu quand elle est très-forte la seusation des diverses couleurs quand elle est plus ou moins faible. Cette influence de la pression est restée jusqu'ici sans explication .satisfaisante ; on est encore à .se demander pourquoi l'on n'observe rien de semblable pour les sens du goût et de l'odorat. 11 est vrai qu'il se pas.se quelque chose d'analogue pour le sens de l'ouie, quoique les nerfs acoustiques soient beaucoup plus difficiles à atteindie ; mais la sensibilité de lamnnbrane du tympan est d'une nature tout a fait différente de celle de la rétine, et peut s'expliquer autrement.
Quand l œil s'adapte a une certaine intensité de luiuière, la pupille concourt .sans aucun doute à l'effet produit . mais elle n'y concourt que dans un très-faible degré; les variations de son ouverture sont beaucoup trop petites p ur louvoir régler les variations souvent énormes de la lumière extérieure. D'ailleurs la pupille .se dilate ou se contracte alors même que l'intensité de la lumière ne varie pas. Lu mesurant le diamètre de la pupille, Olbers trouva qu'il variait dans le rapport de i a !,">(; dans les circonstances où la lumière, émise par l'objet, avait con.servé la même intensité.
U faut donc expliquer autrement que par les contractions et dilatations successives de la pupille , les variations de .sensibilité delà rétine. Pour arriver à cette explication, .M..Moser a examiné avec le plus grand soin les effets de la lumièic sur les substances .sensibles a son action. Cet examen a conduit à des
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«li'cuincite'i du plus yniml inlfri't. Nous l:ils- -teions parler ici l'aiilpiir liii-niOme.
■c On savait avant moi , dit-il , i' que si l"on Oi rit sur une plaque de verre avec certaines substances, puis qu'on efface les caractères formés, il suflira, pour les faire reparaître, Ue couvrir la plaque de son haleine; 2° (!ii; si, après avoir mis une pièce de monnaie sur une plaque de verre, on souffle dessus, puis qu'on retire la plaque, on ne voit bientôt plus rien , mais qu'une nouvelle insufflation fait reparaître le contour de la pièce. Ces énoncés sont beaucoup trop liu)ités; la substance avec laquelle on écrit sur le verre peut être quelconque; à la plaque de verre On peut substituer une surface polie de métal , de résine , de bois , de carton , de cuir ; la surface liquide du mercure, du verre même dépoli.
n On ne peut guère douter que, dans ces expériences , la surface ne subisse des modifications réelles ; et j'étais disposé à croire que ces modifications avaient pour cause des variations de température ; j'ai été d'abord confirmé dans cette opinion par les expériences suivantes. Je fis cliauffcr une plaque de métal gravé.: je la pla(;ai pemlant une demi-minute a peu près sur une glace très-nette ou sur une plaque d';\rgent, et la retirai: l'insufflation mit en évidence une Image bien plus pai faite ; on dislinguait non-seulement le contour, mais eliaque lettre , chaque trait. Un corps froid imprima de la même manière son image sur une ulaque dont j'avais éle^é la température. Les phénomènes produits restaient d'ailleurs les mêmes, <|uel que fût le corps déposé sur la plaque. Je songeai alors il remplacer l'haleine chargée de vapeurs humides par d'antres vapeurs, de mercure , d'iode , de chlore , de chlorure d'iode, etc. La condensation de ces diverses vapeurs donna naissance, même dans l'obscurité, loin du contact delà lumière, à des Images complètes des objets cliauflés on refroidis.
Il I j découverte de >I. Daguerre , qui consiste principalement dans ce fait, (|ue,par l'action ôe la lumière, l'iodure d'argent est mis dans un état tel qu'il condense Us vapeurs de mercure . n'est donc plus un fait isolé : cV^st une loi générale de la nature , <|u'on peut énoncer comme il suit : Quand une surface polie ou lictte est mise en contact avec un corps dune température différente, certaines parties de cette surlace acquièrent la faeiillé de condenser toutes sortes de vapeurs et de les fixer par adhésion. Cette faculté de condensation subsiste alors même qu'une vapein- s'est combinée avec la plaque, comme l'iode avec l'argent ou le cuivre. .Mnsi, la plaque d'argent (|ui a été mise en contact avec le corps rliaud ou froid, puis exposée aux vapeurs de l'iode, du chlorure ou du bromure l'iode, reproduit l'image de ce corps sous l'action de la lumière ou des vapeurs de mercure.
'■ J'avais donc cru d'abord que la formation des images dans les circonstances que je viens