BOU
antérieur au commencement du douzième siècle, n'a su que l'aimant suspendu tourne toujours un de ses cotés, et toujours le même cùte, vers le nord. Celui qui ût le premier cette remaniue en demeura là . et ne comprit ni l'importance ni l'usage de son admirable découverte. Le premier usage que l'on en fit , fut d en imposer aux simples par des apparences de magie , en exécutant divers jeux physiques , étonnants pour ceux qui n'en avaient pas la clef. Enfin des esprits plus sérieux appliquèrent cette découverte aux besoins de la navigation ; et Gityot de Provins, qui se trouva à la cour de l'empereur Frédéric à Mayence, en iisi , nous apprend, dans le roman de la Rose, que les pilotes français faisaient usage d'une aiguille aimantée ou frottée sur une pierre d'aimant , qu'ils nommaient la Mannette, et qui guidait les mariniers dans les temps nébuleux :
JrcHe cstoile ne le muet.
L'n (crt /(lut qui mentir ne puet
l'ar icrlH de la Marlnctte.
Une pierre laide, noirette ,
Où li fer volontiers se Joint, etc.
La boussole est composée d'une aiguille en losange , ordinairement faite avec une lame d'acier trempée et aimantée sur l'aimant le plus vigoureux : cette aiguille est fixée a une rose de carton ou de talc, sur laquelle on a tracé un cercle divisé en trente-deux parties égales; savoir , en quatre par deux diamètres, qui se couçent à angles droits , et qui marquent les quatre points cardinaux de l'horizon , le nord , le sud , l'est , et l'ouest ; chacun de ces quarts de cercle est divi.sé en deux ce qui constitue , avec les précédents, les huit rumbs de vent de la boussole : chaque partie est encore divisée et subdivisée en deux, pour avoir les huit demi-rumbs et les .seize quarts. Chacune de ces aires de vents ou rurabs est indiquée par une des pointes de l'étoile , tracée au centre de la fose. Il y a un autre cercle concentrique à celui de la rose , et qui est fixé à la boite. 11 est divbie en ôso degrés , et sert à mesurer les angles et les écarts de la boussole : le centre de la rose , qui est évide , est recouvert d'un petit cône creux , de cuivre ou de quoique autre matière dure , qui sert de chape , au moyen de laquelle l'aiguille peut être posée sur un pivot bien poinlu et bien poli , et s'y mouvoir avec liberté. On suspend le tout à la manière de la l.irape de Cardan, par le moyen de deux anneaux ou cercles concentriques . chacun mobile , sur deux pivots , aux extrémités des deux diamètres , dont les directions le coupent à angles droits , alin que la boussole puisse toujours conserver la position horizontale , malgré le roulis du vaisseau. Enfin . on renferme dans une boite carrée, couverte dune glace , et on la place près de la roue du gouvernail , dans une plus grande boite car-