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apprennent, en outre, que si, par un moyen quelconque, Ton augmente la pression, la solubilité augmente dans la proportion de 1 volume pour chaque atmosphère. Si donc Ton parvient à comprimer 4, 5 ou 10 volumes d'acide carbonique dans un volume d'eau, on obtiendra une liqueur qui, portée au contact de l'air, fera aussitôt effervescence , sera mousseuse , et laissera dégager tout son excès d'acide carbonique. Telle est la boisson désignée sous le nom d'eau de Seltz ; quelquefois cependant, les febrjcanls ajoutent à cette eau une certaine quantité de sels, de manière à lui donner les qualités de Teau de Seltz naturelle. Nous avons vu faire, entre autres, cette opération à l'établissement du Gros-Caillou, et les produits, nous devons le dire, gagnent beaucoup à cette addition.
Trois méthodes sont pratiquées journellement pour la fabrication de Teau gazeuse : la première consiste à introduire dans une bouteille pleine d'eau des quantités déterminées de substances capables d*engendrer la quantité voulue d'acide carbonique, et à boucher ensuite hermétiquement et solidement la bouteille ; la seconde consiste à comprimer dans l'eau, au moyen d'appareils spéciaux, Tacide carbonique produit isolément ; la solution ainsi obtenue est mise ensuite soit dans des bouteilles, soit dans des vases, dits siphons^ pour être livrée à la consommation; la troisième, enfin, réside dans l'emploi de petits appareils dits gazogènes^ au moyen desquels on peut préparer sur la table de petites quantités d'eau gazeuse.
Nous ne parlerons que de ces deux derniers systèmes, en insistant naturellement davantage sur le second, seul suivi par la grande industrie ; nous négligerons à dessein le premier qui, introduisant dans l'eau des réactifs quelquefois impurs, peut être 'd'un emploi fâcheux.
La deuxième méthode comprend deux opérations bien distinctes : la préparation de Tacide carbonique et sa dissolution par pression dans Teau. La première est tellement simple que nous n'y insisterons pas longtemps. On la réalise en faisant réagir les acides sulfurique ou chlorhydrique sur le carbonate -de chaux et quelquefois la dolomie. Le carbonate de chaux employé est, suivant les circonstances, de la craie ou du marbre ; dans le premier cas, l'acide sulfurique est préférable ; dans le second, c'est l'acide chlorhydrique ; si Ton opère avec la dolomie, il est plus avantageux d'employer l'acide sulfurique afin d'obtenir comme résidu, -à côté du sulfate de chaux insoluble, une solution de sulfate de
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magnésie qui, concentrée convenablement, fournit de beaux cristaux de ce sel. Le calcaire et Tacide sont placés clans des appa* reils fermés, de forme quelconque ; les plus usités sont des tonneaux en plomb munis d^agitateurs, et le gaz dégagé, après avoir circulé dans des vases semblables où il se lave au contact de Teau, après avoir passé même sur des colonnies de calcaire sec destiné à arrêter les dernières traces diacide, vient se rendre sous un gazomètre ordinaire, où les machines destinées à cet usage viennent le prendre pour le refouler dans Teau.
Ces machines sont de plusieurs formes, offrant toutes entre elles d'assez grandes analogies ; les plus usitées sont celles dites de Genève, celles de Bramah, de MM. Yemaut et Barruel, de H. Savaresse, etc. Sans entrer dans la description des détails que comportent toutes ces machines, nous nous contenterons de faire connaître celle qui nous parait répondre le mieux au but proposé, et qu'on désigne sous le nom d^appareil de Bramah perfectionné.
Elle comprend trois éléments essentiels et distincts : la pompe, le réservoir et la machine à embouteiller. La pompe P, aspirante et foulante, mise en mouvement par le volant et la manivelle ï, absorbe d'abord, d'une part, le gaz qui, arrivant du gazomMie par le tuyau A, et traversant le flacon témoin B, s'écoule ensuite dans le tuyau A'; d'une autre, par le tuyau T, l'eau renfermée dans le vase V et provenant de la fontaine F. Une clef i deux eaux, placée à la partie inférieure de la pompe, permet de faire varier l'arrivée du gaz et de Teau, de manière à augmenter Ton ou l'autre courant suivant les besoins. Au sortir du corps de I)ompe où ils se mélangent, l'eau et le gaz viennent par le tuyau T'* se rendre dans une vaste sphère creuse R pouvant contenir 80 litres environ, et où ils se trouvent refoulés à une pression plus ou moins forte, suivant le temps pendant lequel on fait agir la pompe P. Ce réservoir est muni d'une soupape de sûreté S et d'im niveau d'eau NN, qui s'y relie par les tubes M', de telle sorle qu'à tout moment l'opérateur peut apprécier la quantité d'eau que renferme son appareil et la pression que celle-ci supporte. Cette sphère en fonte mesure 6 centimètres d'épaisseur et est enrobée à l'intérieur d'une couche d'étain de 1 centimètre; tous les tuyaux ne supportant pas pression sont en étain, ceux qui s'y trouvait soumis sont faits de cuivre fortement étamé.
Lorsque ce réservoir R se trouve ainsi rempli d'eau gazeuse, on procède à l'embouteillage ; nous supposerons que celui-ci s'exécute sur des siphons, ce qui est le cas le plus ordinaire. On ren-
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verse le siphon E qui est vide, et l'on en introdoit le bec i daaa
i'ajulage qui, lerminanl le tuyau T", communique avec le réseï^ Toir. Au moyen de Ja pédale H on assujettit l'appareil, puis on soulève par L le levier du siphon, de manière à ouvrir celui-ci. Le gaz qu'il peut contenir encore s'échappe alors ; puis, se servant du robinet à deux eaux I, on laisse l'eau gazeuse s'élever par le tube de verre que renferme le siphon, de manière à en remplir les trois quarts. Cette première phase accomplie , on ouvre jans un autre sens le robinet I, de manière à laisser échapper la plus grande partie du gaz libre qui se trouve dans le siphon, puis on achève le rempliss^e-
La pression à laquelle doit être soumise l'eau dans le réservoir H varie avec le genre de vases que l'on doit charger ; pour les bou- , teilles simplement ficelées, cette pression ne doit point dépasser 6 à 8 atmosphères; pour les demi-siphons, 11 à 12; pour les siphons elle doit atteindre 12 ou 14. La perte qui se produit pendant l'embouteillage ramène cette pression à 5 atmosphères pour
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les bouteilles, à 8 ou 10 pour les siphons. Avec un appaieilde 80 litres semblable à celui que noua venons de décrire, deuïonvriers peuvent suffire au remplissage de 6,000 siphons pu joui. Pour terminer cet aperçu de la fabrication des eaux gazeuses, il ne nous reste plus qu'à dire quelques mois des appareils destinés à produire sur la table même du consommateur une quantité limitée d'eau de Seltz. Ces appareils sont nombreux, aà pour en faire comprendre le mécanisme, il nous suffira de décrire le plus répandu d'entre eux, celui que l'on désigne sous le nom de selUogéne Briet. Il se compose essentiellement de devi vases ovoïdes en verre épais A et B. Le premier B destlnéà recevoir Feau gaieuie mesure à peu près llitre; l'autre A, desOné à produire l'acide carbonique, 250centilitr es environ. Four faire usage de cetip- 1 pareil, on sépare A et B, on renveraeB 1 sur le pied P et on le remplit d'eau; dms A, on place deux paquets : l'un-d'adde I tartrique , l'autre de bicarbonate desoudi; on surmonte A d'un tube en élâin T Bavant de cloison et percé de trous dans k partie H; on visse A sur B, cette parif reposant sur le pied P, puis on renverse tout l'appareil de manière à le replacer dans la position normale. L'eau s'écoule alors lentement par la partie supérieuB du tube T, et tombant sur le mélange M permet aux deux substances de réagir l'une sur l'autre et de dégager leur acide carbonique. Celui-ci, passant alors parles trous de la partie H du tube T, vient se dissoudre dans l'eanet s'y comprimer rapidement par la pression que fournit son propre dégagement. Lorsqu'on veut recueillir l'eau gazeuse ainsi prépirée, on ouvre le robinet R qui ne communique qu'avec la partie B, et qui, par suite, débile de l'eau pure de tout contact aveclo matières qui, placées en A, ont fourni l'actde carbonique nécessaire à sa saturation.
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AUIB GIRARD.