‹ Dictionnaire de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 110 sur 290 · FABRICATION DES CHANDELLES. . ECL · texte numérisé non relu

FABRICATION DES CHANDELLES. . ECL

la ville de Nantes, pensant que la coloration du suif était due surtout à l'action du feu sur les membranes accumulées au fond de la chaudière^ a conseillé d'ajouter à celle-ci un double fond percé de trous, destiné à retenir les portions non fusibles et à permettre au suif seul de couvrir le fond de l'appareil. Souvent (et dèsJ808, Delunel), on a essayé de fondi^e le suif au bain-marie, à 90 ou 100 degrés; on obtient de cette façon un produit fort beau, mais le rendement devient trop faible, les créions retenant beaucoup de matière grasse. Enfin, en 1823, Appert a proposé de fondre le suif dans un autoclave renfermant un tiers d*eau pour deux tiers de suif, et portant à la température de il 5 degrés environ pendant une heure.

En Amérique, d'après M. Morflt,.on a heureusement résolu ce problème en fondant )e suif soûs pression, au contact non plus de Teau, mais de la vapeur. On emploie poiu» cela un grand cylindre vertical en tôle rivée de 3 mètres de hauteur sur 1 mètre de diamètre environ; sur le fond de ce cylindre s'étale un serpentin de vapeur, tandis qu'à ime faible distance, un faux fond percé de trous supporte toute la matière grasse qu'on y a accumulée. On chauffe pendant quinze heures environ à ime température correspondant à la pression de 3 kil. par cent, carré environ (50 livres par pouce carré); au bout de ce temps, on arrête la vapeur, et l'on retrouve dans le cylindre trois couches distinctes : Feau en dessous, le suif en dessus, et les membranes au milieu, arrêtées sur le faux fond. Au moyen de robinets placés à différentes hauteurs, on recueille le corps gras, puis on enlève les membranes, que Ton presse à la manière ordinaire, mais qui, sous l'influence de la première pression fournie par la vapeur, se sont débarrassées de la plus grande partie de la matière grasse qu'elles renfermaient.

Fonte à l'acide. — Les inconvénients de la fonte aux cretons sont nombreux; à côté de ceux que nous avons déjà signalés, il faut, au premier rang, placer l'odeur infecte que dégage le suif pendant cette opération, et qui constitue pour les habitants voisins des fondoirs une véritable souffrance et même un danger hygiénique. Frappés de tous ces inconvénients, les chimistes se sont préoccupés, depuis le commencement de ce siècle, de rechercher les moyens de les combattre ; mais c'est à d'Arcet qu'appartient l'honneur d'avoir résolu le problème. Le procédé que ce savant a fait connaître vers 1820 est basé sur ce fait, qu'au contact de l'acide sulfurique étendu et chaud, les membranes ani-

ÉGL ÉCLAIRAGE PAR LES CORPS GRAS. t9B

maies se dissolvent, tandis que la graisse, placée dans les mêmes conditions , ne s^altére en aucune façon. Si donc , ainsi que Ta conseillé d'Arcet, on somnet, pendant un temps convenalde, fe suif en branches à l'action de Teau acidulée par l'adde sulfarique,. il est évident que, par suite de la dissolution des membranes, la graisse se séparera pour venir former une couche puze et bien nette au-dessus du liquide.

Tel est, en efTet, le procédé que suivent aujourd'hui les établis* sements les mieux montés. L'opération est conduite de lamanièze suivante : dans une vaste chaudière en cuivre", formée dHm cylindre vertical, terminé i)ar deux calottes sphériques, on piK jette 1 ,000 kil. de suif en branches, que Ton arrose avec 10 kiL d'acide sulfurique, étendu dans une quantité d'eau variable de 200 à 500 litres, suivant la qualité du suif; on ferme hermétique ment, puis, au moyen d'un serpentin de vapeur x>énétrant dans la chaudière, on maintient le tout à la température de rébuUition pendant plusieurs heures. Souvent même, profitant de l'épaisseur de la chaudière et de sa fermeture hermétique, on élève la température à 105 ou 110 degrés. Dans ces circonstances, les membranes se dissolvent, le suif se sépare et vient former une couche à la partie supérieure, tandis qu'à la partie inférieiue dn Mquide aqueux se dépose une très-faible quantité de chairs plus ou moins altérées. On décante le suif fondu au moyen d'un robinet latéral communiquant avec un tube à genouillère, dont l'extrémité est munie d'un flotteur calculé de telle sorte qu'il se main* tienne toujours à la séparation des deux couches liquides; de là» on le conduit, un moyen de tuyaux en cuivre, aux refroidissoiiSr vastes cuves de 2 ou 3 mètres cubes, en bois doublé de plomb; puis enfin, lorsqu'il est prêt à se solidifier, on le verse dans les tinnes. Quant à la boulée , elle est entraînée avec l'eau adde au moyen d'un tuyau de décharge placé à la partie inférieure; la proportion en est faible du reste, et l'acide sulfurique qu'elle retient toujours la rend impropre à l'ahmentation des animaux. Grâce au procédé de fonte à l'acide, on obtient aujourd'hui des suifs toujours blancs et peu odorants ; l'opération est parfaitement salubre, et le rendement s'élève toujours de 84 à 85 pour 100 de la matière première, tandis quela fonte aux cretons n'en fournit guère que 80 pour 100. '

Fonte à Valcali. — Le procédé suivant a été imaginé, il y a quelques années (1850), par M. Evrard, ingénieur civil. Il est basé sur un principe ingénieux et rationnel, et consiste à soumettre le

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