SAPONIFICATION PAR LA VAPEUR SURCHAUFFÉE
mi
Aux méthodes de saponification par l'eau que nous venons àe || décrire se rattache la méthode de saponification directe par la vapeur surchauffée que pratique aujourd'hui, sur une grande échelle, la compagnie Price, en Angleterre.
Gay-Lussac, et après lui M. Dubrunfaut, avaient tenté d'appliquer industriellement le fait scientifique de l'acidification des corps gras neutres sous l'influence de la distillation; mais malgré leurs efforts, malgré l'emploi de la vapeur d'eau comme véhicule, le succès n'avait pas répondu à leur attente, et toujours ils avaient vu une partie des corps gras se détruire en donnant naifr sance à des produits carbures et à de l'acroléine.
MM. Wilson et Gwyne, plus heureux, ont pu réaliser et pratiquer sur une grande échelle ce procédé, et obtenir, dans des appareils distillatoires semblables à ceux que nous avons décrits page 219, le dédoublement complet des corps gras neutres en acide et en glycérine, sous l'influence d'un courant de vapeur d'eau surchauffée. Grâce au maintien sévère de la température dans des limites exactes, ils ont même pu, de cette façon, nonseulement saponifier les corps gras, mais encore distiller les produits de la réaction, c'est-à-dire les acides et la glycérine elle-même. Les cornues dans lesquelles est conduite Topération mesurent 6,000 litres de capacité; elles sont chauffées directement à une température qui doit être exactement maintenue entre 290" et 31 5o. Un tuyau de fer doux amène, jusqu'au fond de la matière fondue qu'elle renferme, de la vapeur soigneusement surchauffée à la température de 315°. €e courant est maintenu eu barbotage pendant un temps variable de vingt-quatre heures à trente-six heures, suivant la nature des matières mises
225 BOUGIES STÉARIQUES. ÉCL
en travail; sous cette influence, la sapoDification s^accomplit aisé-
xnent, les acides gras et la glycérine mis en liberté sont recueillis à
Vextrémité du serpentin ; les premiers sont soumis de suite aux
procédés de fabrication ; la seconde est purifiée par une deuxième
^stillatîon exécutée dans les mêmes conditions. Ainsi que nous
VavoDS dit, le plus grand soin doit être apporté au maintien de
la température convenable; si elle est inférieure à 310», la dé-
<îomposition est extrêmement lente; si elle s'élève au-dessus, une
^ilie du corps gras se détruit et Tacroléine apparaît.
SAPONIFICATION CALCAIRE MODIFIÉE.
On ne saurait s'empêcher de rapprocher des méthodes précé- 'dentes la modification apportée, il y a quelques années, par M. de ïilly à la saponification calcaire.
Lorsqu'on détermine, par le calcul des équivalents, la quantité de chaux nécessaire pour saponifier 100 parties de suif de bonne qualité, on reconnaît que cette quantité est égale à 9,5 parties environ. Cependant, ainsi que nous l'avons dit plus haut, la saponification calcaire, opérée dans les conditions habituelles (cuves ouvertes), nécessite remploi d'une proportion plus considérable, que les fabricants élèvent en général à 14 ou 15 pour 100, de telle sorte que le savon calcaire qu'ils obtiennent est toujours basique. Mais si, au procédé ordinaire, on substitue l'emploi des vases clos et le chauffage sous pression, cette anomalie disparaît, et Ton arrive à produire le dédoublement de la matière neutre avec une quantité de chaux moins considérable, et même inférieure des deux tiers à celle qu'exige la théorie. C'est ainsi qu'en chauffant, en vases clos, des corps gras neutres avec 8, 6, 4, et même 3 pour 100 de chaux, on produit des savons formés par la combinaison des acides gras avec cet alcali terreux, et renfermant une grande quantité d'acides gras en excès. Les conditions nécessaires pour les obtenir varient d'ailleurs, et rexpérience démontre que plus la quantité de chaux est faible, plus la température et la pression doivent être élevées. Leur nature et leurs propriétés physiques varient également ; au fur et à mesure que la proportion de chaux augmente, ils deviennent d'une solidification plus facile, en même temps qu'ils se rapprochent davantage de la neutralité chimique; et tandis que le savon, renfermant un grand excès d'acide fourni par la saponification à 3 et 4 pour 100 de chaux, reste longtemps hquide, celui que l'on obtient avec 8 pour 100 se solidifie presque instantanément au sortir de l'appareiL .