‹ Dictionnaire de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 129 sur 290 · PARAFFINE · texte numérisé non relu

PARAFFINE

Vers Tannée 1829, Reichenbach découvrit, parmi les produits volatils fournis par la distillation du bois de hêtre, un carbure d'hydrogène solide, ressemblant au blanc de baleine par son aspect, et auquel son indifférence chimique fit donner le nom de paraffine (parum affinis). Depuis cette époque, les sources de paraffine se sont multipliées, et la chimie a su en démontrer la présence dans les huiles et les goudrons provenant de la distillation de la cire , des différentes essences de bois , des houilles bitumeuses, des shistes, de la tourbe, etc. D'un autre côté, cette remarquable substance a été découverte en proportions considérables dans l'huile de pétrole naturelle, et surtout dans le goudron naturel de Rangoon, dont l'empire birman importe en Angleterre de si grandes quantités.

Quelle que soit son origine , la paraffine possède une composition chimique toujours identique; elle renferme 86,33 de carbone et 13,37 d'hydrogène, et se rapproche par conséquent d'une manière remarquable du gaz oléfiant que Ton considère , à juste titre , comme le type des combustibles éclairants. Mais si la composition de la paraffine est toujours la même, elle présente, suivant son origine et son mode de préparation, des différences considérables dans ses propriétés physiques et surtout dans sa fusibilité. Aussi voit-on les chimistes fixer son point de fusion tantôt à 31*,86 comme Laurent, tantôt à 65*, 37 comme M. Bolley, tantôt à des chiffres intermédiaires. Ces différences font considérer la paraffine comme n'étant jamais un produit parfaitement défini, mais' comme renfermant un nombre inconnu d'isomères fusibles à des degrés différents.

La fabrication des bougies de paraffine est pratiquée en Angleterre sur une échelle industrielle, principalement parla compagnie puissante connue sous le nom de Price's patent candie company ; en France, elle a donné lieu à des tentatives intéressantes, parmi lesquelles il faut citer surtout celle de MM. Masse et Tribouillet, vers 1850, et celle que poursuivent MM. Gogniet depuis quelques années.

La paraffine qu'emploie l'industrie est fournie souvent par la

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distillation des schistes bitumineux. En France, en Angleterre, ei^ Allemagne, un traitement convenable permet d'extraire des goudrons peu volatils que laisse la distillation des quantités notables de paraffine. L'huile de pétrole naturelle, dont dés sources à importantes ont été découvertes en Gallicie, en Italie, dans TAmériquedu Nord (Pensylvanie et Ohio), etc., en fournissent égalemen|; ; mais c'est principalement du goudron de Rangoon (ftwmese naphta or Rangoon tar) que l'industrie extrait aujourd'hui la paraffine. Ce goudron, en effet, que Ton trouve dans le terrain houiller de Tempire birman, sur les bords de Tlrrawadi, aune profondeur qui ne dépasse pas 18 mètres, ne renferme pas moins de 10 pour 100 de paraffine.

L'extraction de la paraffine est conduite, en Angleterre, de la manière suivante : on commence par distiller à la vapeur soit le goudron de Rangoon, soit l'huile de schiste contenant la'paraf≠ on élimine de cette façon tous les hydrocarbures aisément volatils. Le résidu de la distillation qui, pour le goudron, ne s'élève pas à moins de 75 pour 100, est fondu, puis traité par 2, 4, 6 ou même 8 pour 100 d'acide sulfurique, qui produit un abondant précipité noir. La matière liquide surnageante est lavée soigneusement à l'eau, puis introduite dans un alambic où elle est distillée au moyen de la vapeur surchauffée. Les produits de la distillation sont fractionnés soigneusement ; jusqu'à 1 50o, ils ne renferment pas de paraffine; à 150*, celle-ci apparaît dans les produits , et la proportion en augmente jusqu'à la température de fusion du plomb (330°) ; à ce moment, la paraffine devient très-abondante, les matières distillées se solidifient par le refroidissement, et deviennent susceptibles d'être pressées comme les pains d'acides gras. Les produits distillant près de 150*, et qui sont encore liquides, sont soumis à des distillations fractionnées successives, de manière à isoler la paraffine et à l'amener au même état que les produits distillés depuis 200 et quelques degrés jusqu'au point de fusion du plomb.

La paraffine brute est fondue et abandonnée à un refroidissement très-lent, qui lui fait prendre l'état cristaliin; on la presse alors lentement, de manière à exprimer la plus grande partie de l'huile qu'elle renferme. On la refond de nouveau, et on la traite par 50 pour 100 d'acide sulfurique à la température de 180°. En deux heures, la parafîine se sépare de l'acide ; on la lave deux fois à Teau bouillante, on la coule en gâteaux, puis on la presse une dernière fois entre des éLreindelles, en chauffant légèrement les

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>laques de la presse. On la refond alors, on lui ajoute 5 pour 100 le stéarine , et on la coule dans les moules à la manière ordilaire.

Cette méthode a été modiûée d'une manière aussi heureuse [u'élégante par MM. Cogniet. Ces habiles industriels ont remar- Tié que si Ton mélange la paraffine impure avec des sulfures de arbone, celui-ci exerce son action dissolvante sur les goudrons joirs qui la souillent , avant d'agir sur la paraffine. Partant de ette observation, ils prennent la paraffine brute et colorée, Tem- Âtent avec ime petite quantité de sulfure de carbone, puis soulettent le tout à une pression modérée; le sulfure de carbone 'écoule et entraine avec lui les matières colorantes (brai et gouron) qui souillent la paraffine, de telle sorte qu'en répétant deux u trois fois cette opération, on obtient la paraffine dans un état .e pureté et de blancheur parfaites. MM. Cogniet emploient L'ailleurs des hydrocarbures légers et volatils, comme le pétroéum, aussi bien que le sulfure de carbone. Il ne reste plus alors [u'à refondre la paraffine et à la couler pour la transformer en K>ugies d'une translucidité remarquable. Cette méthode de puriication parait, à priori, plus simple et plus avantageuse que la première; mais, malgré ces perfectionnements, la bougie de paraffine reste toujours d'un prix élevé et ne peut, comme la 3ougie de cire et celle de spermacéli, figurer que dans les éclairages de luxe.

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