FABRICATION DU GAZ. ECL
lement traverser par le gaz. Cette cuve est à trois étages, portant chacun une couche de 40 à 50 centimètres de sciure préparée. Le
Fig. 338. — Vue perspective d'une cuve d'épuration.
gaz arrive par le fond, s'épure en partie en passant à travers la claie inférieure, et achève son épuration dans les deux couches supérieures. Quand la matière épurante de la couche inférieure se trouve saturée, on intercepte le passage du gaz dans cette cuve, on enlève la claie pour descendre les deux autres d un étage, puis un mélange de matières fraîches vient remplacer la claie supérieure. Ce procédé suivi exactement suffit pour dépouiller le gaz de toute son ammoniaque.
Il y a plusieurs années, M. Cavaillon a proposé, pour Tépuration de l'ammoniaque, un procédé fondé sur la décomposition qui s'opère entre le sulfate de chaux et le carbonate d'ammoniaque. Dans ce but, il proposait d'employer un mélange déplâtras, d'acide sulfurique et d'une matière inerte, la tannée; le prix de la matière première employée est tellement faible que ce procédé l'emporterait en économie sur tous les autres, si son activité leur était comparable ; mais il n'en est rien.
Nous avons pu vérifier, en effet, sur une grande échelle la valeur de ce procédé; voici la moyenne des résultats obtenus :
Durée de l'opération 23 heures .
Quantité de plâtras employée 18 hectolitres.
Ammoniaque existant dans le gaz par mètre cube.. 6gr. 24. Ammoniaque restant dans le gaz après le passage sur
les plâtras 2 gr. 34.
Quantité de gaz employé,.... 11,910 m. cubes.
On voit par ces chiffres que le tiers de l'ammoniaque n'est pas fixé. Nous n^en tendons pas dire que ce procédé soit inapplicable,
nous reconnaissoDS même le contraire, mais à la condition de multiplier les épurateurs et d'humecter souvent la matière quiae trouve rapidement dépouillée par le gaz de Teau ajoutée dans b lien préparation de la cuve. Nous avons même reconnu que, dans |r < une certaine limite, Tactivité des plâtras s'accroit avec la quantité l|ùi d'eau. jiat
Un autre procédé, proposé par M. Penot, et qui parait avanta- 1 L' geux dans une petite usine, consiste dans remploi du sulfate de jini plomb, résidu de la préparation de Tacétate d'alumine. On obtienl \^ avec ce corps une épuration double. En efTet, le carbonate d'am- [jsi moniaque le transforme en sulfate d'ammoniaque et en carbonate lié| de plomb, qui, sous l'influence de l'acide suif hydrique, se déconir I [ pose en acide carbonique et sulfure de plomb. Après un lavage k qui élimine le sel ammoniacal, le sulfure de plomb, grillé à l'air/ 1 \ régénère le sulfate. Les chlorures de calcium et de baryum sont L des substances avec lesquelles il est facile d'arriver à une épu- |i ration complète et qu'on emploie à la manière des sels métalliques. Dans des recherches sur l'épuration de l'ammoniaque, entreprises de concert avec M. Arson, nous sommes arrivé, il y a quatre ou cinq ans, à obtenir une épuration complète sans l'emploi d'aucun agent autre que l'eau. Il suffit, en effet, de placer dans les cuves des lits assez épais de sciure imprégnée d'eau pour fixer le carbonate d'ammoniaque. La manipulation est la même que pour les sels métalliques. Les eaux ammoniacales résultant du lessivage des matières saturées sont ensuite traitées dans l'appareil de M. Mallet. Une pratique de plusieurs années semble avoir sanctionné les résultats économiques de ce nouveau procédé.
Élimination de V acide suif hydrique. — La chaux était la substance commerciale par excellence qui devait fixer le choix du fabricant; c'est encore elle qu'on emploie dans beaucoup d'usines.
Les appareils qui servaient à l'élimination de l'ammoniaque furent ceux qu'on adopta à Torigine pour celle de l'acide sulfhydrique : un lait de chaux épais, placé dans une série de laveurs munis d'agitateurs fonctionnant d'une manière continue, lavait le gaz à son passage à travers des diaphragmes.
Les inconvénients provenant de l'augmentation de pression firent abandonner le mode de lavage par barbotement pour le remplacer par une vis d'Archimède fonctionnant au sein du lait de chaux. Cet appareil jouait ainsi à la fois le rôle d'agitateur et celui d'extracteur. Mais l'emploi de la chaux sous cette forme