‹ Dictionnaire de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 148 sur 290 · CONDITIONS DE LA VÉGÉTATION · texte numérisé non relu

CONDITIONS DE LA VÉGÉTATION

-. Les terres en friche ne produisent, en général, que très-peu de

plantes, dont la plus grande partie sont peu ou point utiles à

., ràomme : Thomme a donc aidé la nature; il a forcé la terre à

fl produire le plus grand nombre possible de plantes utiles et le

moindre de plantes inutiles.

Mais la fécondité du sol, quelque prodigieuse qu'on la suppose, n^est pas inépuisable : les plantes les plus utiles sont en même temps les plus épuisantes. Si les plantes cultivées épuisent le sol, c'est qu'elles en tirent plus de substances nutritives que ne peut y rapporter le procédé naturel de fertilisation : et puisque le procédé naturel est insuffisant, il faut lui venir en aide par un procédé artificiel.

Il faut donc mêler au sol des substances qui puissent lui fournir les sucs dont il a été dépouillé : ces substances sont les engrais. Pour bien comprendre le rôle que ceux-ci jouent en agriculture, il faut rappeler les principes de la végétation des plantes : nous allons en résumer en peu de mots la théorie.

Les plantes cultivées répandent leurs racines dans la terre et étalent dans Tairjleurs rameaux. Elles puisent dans la terre le suc nourricier par les dernières ramifications de leurs racines, surtout par leurs extrémités ou spongioles. « Le suc, sous le nom de séi)e ascendante^ monte par ces racines, puis par la tige à travers le corps ligneux, tant par les canaux directs que lui offrent les vaisseaux que parles fibres et les cellules qu'elle traverse successivement, dissolvant et s'appropriant diverses substances nouvelles. Cette marche, de bas en haut et de dedans en dehors, la mène dans les feuilles et à la surface de Técorce, où elle se met en rapport avec l'air ; puis, complètement organisée par cet acte respiratoire, elle prend une marche rétrograde et descend pour la plus grande partie à travers l'écorce, tant directement que par une svdte de circonvolutions, déposant sur son passage, dans des

solutions de continuité toutes préparées, des amas de matièiesla plupart destinées à la nourriture ou à la formation des tissas; et elle arrive enfin à Textrémité des racines, où Tabsorption a commencé. • (de Jussieu.)

La nature organique ne crée rien : elle ne fait que décomposer et recomposer ; et, par cette chimie que gouvernent les forces vitales, elle prend à Tair et à la terre des substances qu'elle décompose pour en former d'autres qu'elle met en mouvement et M , servir à tous les besoins de la vie. Ainsi, tout ce qu'on trouve dans une plante a préalablement existé soit dans la graine, soit àsm Fair, soit dans le sol. L'air atmosphérique ne fournit aux végétaux que de l'acide carbonique et de l'ammoniaque; c'est dans le sol qu'ils puisent la plus grande partie de leur nourriture.

L'analyse élémentaire des plantes fournit du carbone, de l'hydrogène, de l'oxygène, de l'azote, du phosphore, du soufre, du chlore, du potassium, du sodium, du calcium, du magnésium, de l'aluminium, du silicium, du fer, du manganèse, etc. Ces éléments se trouvent combinés de façon à constituer deux classes différentes de corps, des composés organiques et des composés minéraux. Ceux de la première catégorie sont formés presque exclusivement par le carbone, l'hydrogène, l'oxygène et l'azote. A la seconde catégorie appartiennent des sels solubles ou insolubles, et des oxydes qu'on obtient par l'incinération des plantes ; ce sont des carbonates, des sulfates, des phosphates, des chlorures, delà potasse, de la soude, de la chaux, de la magnésie, de la silice, de l'alumine, des oxydes de fer et de manganèse. Or, si l'accroissement d'une plante s'opère par l'assimilation de substances organiques et inorganiques, il s'ensuit que leur nourriture se compose des unes aussi bien que des autres. Ainsi se trouvent écartés les prétendus stimulants de la végétation, c'est-à-dire les engrai» minéraux qui ne sont pas un assaisonnement des engrais organiques, mais constituent par eux-mêmes une partie de l'aKmentation végétale.

La plante trouve dans le sol le lieu de sa demeure et le magasin de ses vivres. Ce sont la constitution physique et la composition chimique de la partie insoluble du sol qui déterminent les conditions de la demeure ; c'est d'après les substances organiques et les sels solubles qu'on mesure le degré de richesse et de fécondité. De cette définition dans les qualités du sol découle tout naturellement la différence entre les engrais et les amendements ;]bs engrais se mêlent h la terre dans le but de lui fournir des prin-

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