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ESSENCES
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On ne procède pas autrement dans les laboratoires de distillateurs pour les essences d'un prix élevé, colles de fleur d'oranger, de mélisse, de menthe, d'anis et de roses. Seulement, les appareils sont mieux installés, les moyens de chauffage mieux entendus, et au lieu d'employer TébuUition des plantes dais Tean, quelques fabricants trouvent plus avantageux de faire araver dans la cucurbite un jet de vapeur.
Les essences plus lourdes que l'eau, celles de laurier-cerise, de sassafras, de girofle, de canelle, s'obtiennent parle même procédé. Pendant longtemps, on a suivi l'indication d'Hoffmann, en faisant dissoudre du sel marin dans Teau du récipient; mail cette addition est inutile : le même récipient florentin peut servir à séparer de l'eau les essences plus lourdes. Seulement, les deo liquides prennent dans le vase une route inverse : c'est l'eau qiâ s'écoule par l'ouverture AB, et l'essence gagne le fond. On évite le départ avec l'eau des gouttelettes d'essence en recevant b liquide dans un entonnoir dont la douille plonge dans Teau andessous du niveau AB.
Dans la fabrication des essences ^facilement congelables (d'anis, de fenouil, de badiane, de roses), on laisse s'échauffer l'eau du réfrigérant, sur la fin de la distillation, pour liquéfier les portions d'essence solidifiées contre les parois du serpentin.
En général, les plantes fraîches fournissent une essence d'une odeur plus agréable et en plus grande abondance que les plantes sèches.
Le rendement en essence dépend beaucoup du climat sous lequel la plante s'est développée, et les pays chauds présentent des conditions plus favorables que les régions du Nord. Ainsi, d'après M. Raybaud, 100 kilogr. de fleurs d'oranger de Provence rendent 300 grammes d'essence. La même quantité de fleurs des environs de Paris n'en produit que 54 grammes. \'oici, d'après M. Raybaud parfumeur à Paris, le rendement en essence de 50 kilogr. des plantes suivantes :
Absinthe (grande) 60^''
— (petite) 19
Angélique l'IO
Anis 590
Badiane 560
Cannelle de Chine 375
Laurier-cerise (frais) 160
Macis 60''
Muscades 315
Boses de Paris 2
— de Provence 8
Sabine 480
Sassafras 3î
Tanaisie 150
Le procédé d'extraction des essences par l'expression directe n'est usité que pour obtenir les essences de la partie corticale du
ron, de l'orange et des fruits analogues. Il sera décrit en parit de l'essence de citron en particulier.
Des fleurs à parfum très-suave et très-estimé , le jasmin, la >lette, rhéliotrope, la jonquille, le réséda, le muguet, ne cèdent s d'essence par la distillation avec Teau. Suivant M. Millon, iT matière odorante ne serait pas volatile; elle est soluble dans au, et n'existe dans ces fleurs qu'en quantité impondérable, i conçoit que la distillation ne donne pas de résultat. Du reste, bullition dans l'eau semble anéantir le parfum de ces fleurs.
Millon extrait ces matières odorantes par une lixiviation èthodique des fleurs avec Téther, le chloroforme ou le sulfure
carbone. Ces liquides , sufîisamment chargés du produit aroatique, sont distillés et laissent pour résidus la substance elle- 6me du parfum. Le haut prix de revient de ce procédé en a fait fegliger l'emploi jusqu'à présent.
On suit depuis longtemps dans la parfumerie la méthode de - Millon pour obtenir les mêmes parfums, mais au lieu de dis- ^Ivants volatils , c'est l'huile d'olive ou la graisse de porc qui ni employées. Ces véhicules, chargés du principe odorant, par "usieurs opérations répétées avec de nouvelles fleur?, forment > que les parfumeurs appellent des pommades, lorsque c'est la baisse qui est le dissolvant, et huiles de jasmin, de réséda, etc., rsque le parfum a été extrait par l'huile d'olive. En traitant ces huiles ou ces pommades par l'alcool, celui-ci empare à son tour du principe odorant et laisse le corps gras. 3 sont ces dissolutions alcooliques qu'on livre au commerce sous s noms d'extraits et d'esprits,