ESSENCES ARTIFICIELLES. ESS
chlorhydrique sec. On obtient de cette façon un liquide légèrement jaunâtre, doué d'une odeur pénétrante qu'on lave à Teau, puis avec une solution faible de carbonate de soude et qui est formé d'éther cocinique presque pur.
Ces divers produits ne se rencontrent jamais dans le commerce qu'en solution dans l'alcool auquel on les ajoute généralement dans la proportion de 10 pour 100 environ. Du reste, il est facile d'évaluer la richesse d'une de ces liqueurs en essences artificielles ; celles-ci, en effet, sont toutes moins volatiles que Talcool, de telle sorte qu'en les distillant au thermomètre, et ne recueillant que les produits qui passent avant 80 ou 85o, on obtient dans le récipient tout l'alcool, et dans la cornue toute l'essence qu'il renfermait.
ESSENCE DE RHUM, DE FRAISES, d'aNANAS, ETC.
L'élher butyrique joue dans la confection des essences artificielles un rôle considérable; à Tétat pur, il possède franchement l'odeur fine de l'ananas ; et il est facile, par l'emploi additionnel des alcools de vin et de pommes de terre, de modifier cette odeur et de la changer en celle de la fraise, de la framboise, etc.; moins pur et mélangé avec les éthers qui l'accompagnent lorsqu'il est tiré des corps gras naturels, tels que le beurre, il peut être employé avec succès pour aromatiser les rhums de mauvaise qualité.
Deux méthodes sont mises en pratique pour la préparation de ce composé : la première, qui fournit un produit plus pur, utilise l'acide butyrique fourni par la fermentation du sucre ; la seconde s'adresse directement aux composés fournis par la saponification du beurre.
Pour suivre la première méthode, on fait une dissolution de mélasse qu'on amène à 10° au pèse-sirop ; on mélange à cette solution du fromage blanc dans la proportion de 10 pour 100 et de la craie pulvéïisée dans la proportion de 30 pour 100 de mélasse. Lorsque le mélange est parfait, on l'abandonne à une température de 25 à 30° cent. La fermentation s'établit doucement dans Tintérieur de la masse, et lorsqu'au bout de six semaines, tout dégagement de gaz a cessé, elle est terminée. On ajoute alors au mélange un volume d'eau froide égal au sien, puis du carbonate de soude cristallisé dans la proportion de 130 pour 100 du poids du sucre. On filtre alors pour séparer ïe carbonate de chaux formé; on évapore la Uqueur filtrée au sixième de son volume, et on y ajoute jusqu'à saturation complète de l'acide sulfurique étendu.
ES s ESSENCES. 350
L'acide butyrique se sépare et remonte à la surface sous la forme d'un liquide qu'on décante au moyen d'un siphon ; mm comme la liqueur en renferme encore ime certaine quantité, on la distille jusqu'à ce qu'un quart ait passé à la distillation. En ajoutant à la liqueur distillée du chlorure de calcium fondu, on obtient une nouvelle quantité d'acide butyrique que Ton joint à la première. Ces deux quantités réunies sont saturées par du carbonate de soude ; on décompose encore par l'acide sulfurique, on dessèche par le chlorure de calcium, puis on distille. On obtient ainsi de l'acide butyrique presque pur, dont le poids doit être environ le tiers du poids du sucre employé.
Pour préparer avec ce corps Téther butyrique ou essence d'ananas, on mélange parties égales d'alcool absolu et d'acide butyrique auxquelles on ajoute une petite quantité d'acide sulfurique. Les meilleures proportions sont : 500 grammes d'alcool, 500 grammes d'acide butyrique et 1 5 grammes d'acide sulfurique. Le mélange est chauffé pendant quelques iliinutes, et Ton voit l'éther butyrique venir former une couche à la surface du liquide. On ajoute alors un égal volume d'eau, on enlève la couche supérieure et on distille la liqueur restante qui fournit une nouvelle quantité d'éther. Les deux quantités réunies sont agitées avec une solution alcaline faible qui enlève l'acide libre. Il faut être réservé dans les lavages, parce que l'éther est sensiblement soluble dans l'eau.
La seconde méthode est loin de fournir un produit pur; l'éther butyrique que Ton prépare par ce moyen est toujours mélangé d'éthers caprique, caproïque, etc. Pour la pratiquer, on saponifie le beurre frais par une solution de potasse d'une densité égale à 1,12 environ; le savon ainsi obtenu est dissous dans l'alcool concentré; à cette solution, on ajoute un excès d'acide sulfurique concentré, et l'on soumet le tout à la distillation. On obtient ainsi un mélange d'éthers parmi lesquels l'éther butyrique prédomine et que Ton purifie en suivant la marche qui vient d'être indiquée.
L'essence d'ananas commerciale se prépare généralement en dissolvant 1 litre d'éther butyrique dans 8 à 10 litres d'esprit-devin pur; quelquefois aussi, on le dissout dans de l'eau-de-vie ordinaire.