‹ Dictionnaire de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 228 sur 290 · III.— FÉCULE DE POMMES DE TERRE · texte numérisé non relu

III.— FÉCULE DE POMMES DE TERRE

Jusqu'à la fin du siècle .dernier, les céréales ont été exclusivecnent employées à la production de la matière amylacée. La pre- Ktdère tentative faite pour trouver au blé un succédané remonte â 1716, époque à laquelle on proposa (de Vaudreuil) de substituer A ramidon la matière extraite de Varum; quelques années plus "lard, de Ghise (1739), puis Duhamel du Monceau, appelaient Tattention sur la fécule de pommes de terre ; mais c'est seulement vers les premières années de ce siècle (1810, Chauveau) que l'extraction de la fécule des pommes de terre est devenue une industrie sérieuse; depuis cette époque, grandissant au fur et à mesure des besoins des arts, elle a pris une telle importance qu'on doit la considérer comme la plus considérable après celle de l'extraction du sucre parmi les industries agricoles. Elle a pu même, dans ces deVnières années, rendre à la grande culture un ! service signalé, en permettant d'utiliser pour la fabrication d'un r produit recherché les pommes de terre qui, atteintes par une î maladie spéciale dont chacun connaît les effets désastreux, étaient : devenues impropres à l'alimentation publique. • • La structure et la composition de la pomme de terre sont beauj coup moins compliquées que celles des graines de céréales et de ! légumineuses, aussi l'extraction de la fécule est-elle beaucoup plus simple que celle de Tamidon. La pomme de terre, en effet, peut être considérée comme essentiellement formée, outre la pellicule qui l'enveloppe, d'eau et de fécule disséminées dans dés cellules nombreuses; l'eau s'y élève en moyenne à 75 pour 100, la fécule à 20 pour 100, la pellicule à 1,5 pour 100, de telle sorte qu'il reste à peine 4 à 5 pour 100 pour les matières étrangères, sucre, albumine végétale, pectine, sels, etc.

Cependant toutes les variétés de pommes de terre sont loin de renfermer la même quantité de fécule, comme le montre le taileau suivant, où le rendement est calculé en centièmes de fécule sèche (G"H^°0*°) :

Patraque jaune 23,00 p. cent.

Shaw d'Ecosse 22,00 »

Tardive d'Irlande 12,04 »

Petite américaine s 17,80 »

PÉG FÉCULES, AMIDON, DBXTEIMB, ETC. 4t4

àê Lanarksbire 14,08 p. cent.

Pomme d* lem de Forfasb ire 90,71 »

Ségonzac 20,08 »

Sibérie 14,00 >

Noire d'Irlande « v-«* 16,05 >

Viteloties U,09 »

Quelle que soit la richesse de la pomme de terr^ ou fécule, Textraction de ce produit est toujours conduite de la même mamèie. Elle a lieu pendant les mois d'automne et d'hiver, car l(»mi arrive le printemps, la végétation des tubercules commence, «t ceux-ci produisent des tiges qui, se développant aux dépens de II fécule qu'ils renferment, en diminuent et en annihilent bientflt la richesse. Pour prolonger autant que possible la durée de fc campagne, les pommes de terre sont coif^ervées dans des BJJyplacés à proximité de l'usine, puis portées aux appareils eztiâp* teurs au fur et à mesure des besoins.

On peut diviser l'extraction de la fécule de pommes de terre «^ neuf opérations successives et distinctes: le lavage, le râpage,Jf tamisage, le dessablage, l'épuration par les tamis fins, l'égoot* tage, le séchage et enfin le blutage.

Lavage des pommes de terre, — Cette opération a pour but de débarrasser les tubercules de la terre et des pierres dont ils peuvent être imprégnés ; on la pratique en les faisant passer dans un laveur cylindrique horizontal ; celui-ci se compose d'abord d'une tréimetl.:^^ dans laquelle les pommes de terre sont jetées à la pelle, puisd'ui^.r; cylindre à claire-voie A formé de lames en bois montées sur châssis en fer, et faisant 24 tours environ par minute. Ce cfiy^ lindre A, dans lequel les pommes de terre tombent d'elles-mémA^] au sortir de la trémie T, plonge à moitié dans l'eau que renfeiiBÉfcs j l'auge M; il est muni intérieurement d'une sorte de vis hélicoïdaMrR, désignée sous le nom de colimaçon qui, marchant en sens coa^fu' traire du cylindre, promène les pommes de terre, les fait frotW contre la claire-voie du cylindre, et les unes contre les autres, dl manière à les débarrasser de la terre adhérente à leur surfeofl; en même temps', cette vis les conduit à l'autre extrémité (lucj" lindre, où elles tombent dans Tépierreur P ; celui-ci se compo* d'une caisse au fond de lacjuelle une sorte de fourche formée fc griûes recourbées très-espacées va ramasser les tubercules, poo^ les rejeter sur le plan incliné L conduisant à la râpe, tandis qoe les pierres plus petites retombent entre les interstices quiséparen' les griffes.

t POMME* DB TKRBE.

Rdpaga. — £c rdpe ou cylindre dévoralew est, arec les tamis, X*iiutrDmeDt essentiel des féculeries ; c'est elle qni, déchirant les

Fîg. 360. — Lt.vAge et rAptge dei pommes de t de la fécule.

rj cellules de la pomme de terre, les transforme en une pulpe molle, ^ où les grains de fécule se trouvent mis à nu, et susceptibles, par & soite, d'être isolés de la pellicule au moyen des lamis. Elle se :' compose d'un cylindre ou roue, anné parallèlement à l'axe de 3 petites lames de scie saillantes de 2 millimètres environ, et matni tenues par des tasseaux en fer. Cette râpe est enfermée dans une botte R, cylindrique comme elle à la partie postérieure, mais muuieàla face antérieure d'une porte solide en fonte que l'on peut ouvrir de manière à interrompre subitement l'opération, lorsqu'une pierre, ayant échappé au laVeur et à l'épierreur vient s'engager dans la râpe. Une poulie transmet à cette râpe un mouvement rapide, qui ne doit pas être moindre de 800 à 900 tours par minute; la pulpe déchirée, le gâchis tombe à la partie inférieure dans un caniveau d'où un jet d'eau S la chasse pour la pousser dans le réservoir commun R où la pompe C va la chercher pour la porter aux tamis.

Tamisage.— Cette opération , qui a pour but de séparer la fécule de la pellicule qui l'enveloppait et à laquelle on donne le nom

FBC FÉCULE8, AMIDON, DEXTRINE, ETC. 416

de son, s'exécutait autrefois dans des tamis à main, mais il n'en est plus de mémB aujourd'liui ; elle est conduite dans des tards mécaniques dans lesquels la pulpe subit un mouvement de trau lation et vient présenter constamment de nouvelles portions dt matière à la surface des toiles métalliques.

Un grand nomb c de d s os lions de am s ont é è su eas'nment propos eru c o nsTai*

chimie renrerment la descriptiond'ungrandnombredesystêmes, mais ceux-ci ont été à peu près tous successivement abandonnés, et les féculeries bien dirigées emploient aujourd'hui, d'une mïnière presque exclusive, les tamis cylindriques que nous allons décrire. Geux-ci sont formés de toiles métalliques en cuivre T, T. soigneusement assemblées sur des bâtis cylindriques pn fer, à pen près semblables à des blutoirs lournanf dans des auges en fonif L, L', et disposés de telle sorte qu'un espace de quelques ceWàr mètres reste libre entre la toile métallique et le fond de l'auge. L> pulpe arrivedansl'iulêrieurd'un premier tamisT, là elle se trouve soumise : 1" au mouvement de rotation du cylindre; 2° à l'aciion d'un filet d'eau qui tient déboucher dans son intérieur ; 3° à l'action mécanique de brosses fines frottant contre les parois inlérieures de la toile et tournant eu sens contraire du cylindre. Sous cette triple influence, la séparation s'opère; l'eau chargée de fécule s'écoule à travers le tamis, tandis que la pulpe à peu près épuiséf vient par un caniveau C se rendre dans un réservoir communH

417 FECULE DB POMMES DE TERRE. FÉC

OÙ elle est reprise plus tard, et repassée dans les tamis pour y abandonner les dernières traces de fécule qu'elle renferme. Quant à l'eau féculente qui s'échappe du premier tamis, elle passe dans un deuxième appareil absolument semblable T', disposé à la suite, mais portant une toile métallique plus fine où elle se purifie, en laissant la plus grande partie du son qu'elle avait entraîné en I>assant à travers les mailles plus larges du premier tamis. Quelquefois un troisième et même un quatrième tamis sont disposés à la suite des deux premiers. Les toiles métalliques qui les forment varient du n® 25 au n» 90 et même au n® 125, suivant la qualité des produits que Ton veut obtenir.

Au sortir des tamis, la fécule, débarrassée de la plus grande partie du son, subit une première épuration en roulant sur les plans inclinés ; ces plans, faits de bois blanc, larges de 1 mètre environ, munis de rebords de 0",25 à 0",30 et inclinés de 1"" par mètre, font au liquide laiteux fourni par le tamisage une sorte de lit, où la fécule plus lourde se dépose peu à peu, tandis que les matières plus légères, le son, etc. , entraînées par le courant, vont 86 déverser à l'extrémité. Les plans inclinés présentent, suivant les convenances des usines, les dispositions les plus variables; tantôt ils se développent simplement sur une longueur de 50 ou 60 mètres environ ; tantôt, comme Tindique notre figure, ils sont formés de deux plans F,?', superposés, inclinés en sens contraire, et disposés de telle sorte que le liquide se déverse par une vanne régulatrice du premier dans le second; tantôt enfin, ils comprennent trois ou quatre tables beaucoup plus courtes, mesurant chacune 6 à 8 mètres seulement, établies les unes au-dessus des autres, mais munies à leurs extrémités de vannes régulatrices, ou de vis permettant de remonter cette extrémité, et d'augmenter, par la diminution de la pente, l'accumulation de la fécule.

Dessablage. — Lorsqu'une quantité suffisante de fécule se trouve accumulée sur les plans inclinés, on Tenlève à la pelle, puis on la jette dans descuviers qui, remplis jusqu'au tiers de leur hauteur, peuvent en contenir 400 kilogr. environ. On achève de remplir avec de l'eau, puis on agite vivement avec une large pelle, jusqu'à ce que toute la fécule se trouve mise en suspension, on abandonne ensuite au repos; les matières se superposent par ordre de densité, et le dépôt de fécule qui se forme présente plusieurs couches différentes ; à la partie inférieure un produit blanc, à la parlie supérieure un produit coloré par de petites parcelles de son; après quatre heures de repos, on siphonne Teau

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