‹ Dictionnaire de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 24 sur 290 · PROCÉDÉ DE M. DE LIGNAC · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ DE M. DE LIGNAC

Le 6 décembre 1 847 , M. de Lignac prit un brevet pour un procédé de conservation du lait. Voici comment il opère : il fait dissoudre dans 100 kilogr. de lait frais 10 kilogr. de sucre blanc, après quoi il verse son lait sur de grandes bassines très-longues et très-plates qui reçoivent ainsi une couche de 3 cent, d'épaisseur à peu près.

Ces appareils, construits en cuivre étamé, plongent dans une chaudière de même forme, en fonte, pleine d'eau et chauffée par une circulation de vapeur à 112° correspondant à une atmosphère et demie : ils sont parfaitement combinés, un seul ouvrier suffit pour conduire le travail d'évaporation et le chauffage du générateur. La température à laquelle est soumise le liquide à évaporer ne peut s'élever au-dessus de 90», on la maintient entre 75 et 80. ^.insi l'évaporation se fait dans les meilleures conditions possibles. Il faut avoir soin, surtout à la fin, de remuer constamment pour qu'il ne se forme pas de crème.

Quand le lait est suffisamment évaporé, qu'il a pris la consis-

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taDce du miel, il est introduit dans des boites de fer-blanc qui sont ensuite fermées, soudées, puis passées au bain-marie ou à Fautoclave comme les autre conserves. Ce lait se çrésenle avec une même consistance de miel ; il est jaunâtre et a une odeur forte, comme toutes les conserves concentrées, odeur mixte qui participe de celles du beurre, de la crème et un peu de la mélasse; à la cuisson, cette odeur disparaît. Ce lait, dissous dans trois fois son poids d'eau, donne un produit fort difRcile à distinguer du lait sucré ordinaire ; il bout et monte comme le lait frais et se couvre d'une couche de crème. La boîte ouverte peut se conserver quinze jours facilement, avantage précieux que n'ont pas les conserves Appert.

En résumé, et dans Tespèce, c'est le produit le plus complet qui ait jamais été présenté ; nous ne lui connaissons qu'un défaut, son prix élevé. Cependant on en fait usage pour les malades à bord des bâtiments de l'Etat.

PROCÉDÉ DE M. GRIMEWADB.

Parmi les moyens proposés pour la conservation du lait, il en est un, patenté en AngleteiTe en octobre 1855, et exploité sur une grande échelle par Tinventeur, M. T. Grimew^ade, qui se distingue à la fois par des moyens ingénieux et des produits excellents.

Voici en quoi consiste ce procédé : on prend le lait aussi frais <pie possible, on y ajoute un peu de sucre et de carbonate de soude (les quantités ne sont pas déterminées dans la ispéciflcation du brevet) ; le lait ainsi préparé est soiunis à une rapide évaporation; à cet effet il est versé dans im vase en fer-blanc, suspendu sur deux tourillons et pouvant osciller comme un fléau de balance. La température étant élevée vers 160° Fahrenheit par la circulation d'eau chaude dans le double fond de l'appareil le lait se réduit rapidement et prend la consistance de la mélasse, le mouvement spécial communiqué à l'appareil facilite Tévaporation sans causer la formation de beurre.

Le lait épaissi est alors vivement transvasé dans des vases émaillés ou dans des vaissseaux en marbre ou en porcelaine, mais non métalliques; chauffé à peu près à 160°, il est remué avec des «patules, jusqu'à ce que ce travail devienne difficile ; la consistance est alors égale à celle d'une pâte ferme.

Cette matière est de suite passée entre deux cylindres en granit ou en toute autre substance non métallique, agissant avec ime

grande force, et qui la transforment en de minces rubans ressemblant im peu à la pâte de gaufre ou de pain à chanter ; dans ce travail les dernières traces d'humidité sont enlevées par raction d'un courant d'air sec soufflé sur les cylindres.

Aussitôt que possible, après ce premier broyage, on casse ces bandes grossièrement et on les fait passer sous des meules en granit ou en marbre, menées à différentes vitesses et parlésquelles elles sont réduites en une poudre fine qui est aussitôt desséchée complètement et emballée dans des vases bien fermés.

Pour l'emploi il faut ajouter à la poudre huit fois son poids d'eau. Il y a donc là une réduction de volume énorme et une facilité spéciale pour Tarrimage. Une expérience faite sur une conserve de quatre années a donné un produit qui se comporte exactement comme du lait frais.

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