‹ Dictionnaire de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 258 sur 290 · fi · texte numérisé non relu

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Huile d'olives

— d'arnandes

— de baleine

— de belladone

— de cachalot

— de cameline

— de chènevis

— de colza

— d'olives

Graisse d'oie. . . . •

— de dindon

— de canard

— de porc

Beurre d'hiver (Vosges).

d'été (Vosges)...

Moelle de bœuf

— de dauphin

— de faine

— de mouton

Suif de bœuf / . . . .

— de mouton

— de navette

— de noisette

— de noix

— d'Œillette

— de prunier domest.

— Raisin

Une fois liquides, les huiles et graisses résistent à la chaleur assez longtemps avant de donner des produits volatils qui ne sont pas des vapeurs proprement dites, c'est-à-dire de nature à reproduire les huiles par condensation, mais hien des gaz el vapeurs résultant d'une décomposition plus ou moins profonde.

L'huile de ricin bout de cette manière à -f-SSô»

L'huile d'olives, l'huile de noix....... à -f-320* (Dumas.)

Tous les corps gras glycériques donnent une substance acre d'une odeur très-forte, excitant le larmoiement el nommée par Brandes acroléine (Berzélius). Tons ceux qui renferment de Facide oléique donnent de Tacide sébacique.

455 GOMPOsmoN des huiles et des graisses. HUJ

Lorsqu^on soumet brusquement les huiles à la chaleur rouge, en les faisant tomber en petit filet dans une cornue portée à ce degré de chaleur, elles donnent une très-grande quantité de gaz dont le pouvoir éclairant est trois fois et demi bu même quatre fois plus grand que celui du gaz de houille. 1 kilogramme d^huile a donné jusqu'à 830 litres de gaz. Il ne contient ni acide solfhydrique, ni sulfure de carbone, ni composés cyaniqiies.

La lumière agit non sur les huiles, mais sur leur matière colorante qui disparait plus ou moins promptement. Le contact de Tair est nécessaire.

L'oxygène exerce une action très-^marquée sur les huiles. D'après de Saussure, les huiles fixes récentes ne présentent pendant longtemps que des effets à peine sensibles. Puis tout à coup ces effets se prononcent et l'absorption de l'oxygène est considérable. Une éprouvette d'oxygène pur contenant une couche d'huile de noix de 6 millimètres d'épaisseur est restée à Tombre pendant huit mois sans que l'absorption d'oxygène dépassât trois fois le volume de l'huile; tout à coup, en dix jours (au mois d'août), elle augmenta de 60 volumes, puis elle se ralentit de manière qu'au bout de trois mois elle fut en tout de 145 volumes, dont 21 avaient produit de Facide carbonique et 124 étaient entrés en combinaison avec l'huile sans former d'eau. L'huile ainsi oxydée se change en une gelée transparente qui ne tache pas le papier.

Cette oxydation est accompagnée de chaleur, et lorsque les huiles sont divisées sur des brins de laine^ de coton, etc., la chaleur peut s'élever au point de carboniser la masse et même de l'enflammer. Le feu prend quelquefois dans les théâtres, dans les filatures, au milieu des torchons des lampistes, dans lès débourrures de laine, etc. On peut facilement et on doit prendre de grandes précautions contre ces accidents. Il faut conserver les débourrures de laine, par exemple, dans des bassins de tôle où on les submerge par l'eau, ou, ce qui est mieux, les mettre en balles serrées à la presse.

On fait ime distinction entre les huiles suivant la nature du produit qu'elles forment par leur oxydation complète à l'air. Les unes, comme l'huile de lin, de noix, de chènevis, etc., produisent cette gelée transparente observée par de Saussure, gelée qui, dans les applications de la peinture, n'est autre chose que le vernis formé par l'huile en séchant à l'air. Les autres, comme l'huile d'olives, d'amandes, de colza, etc., tout en absorbant de l'oxygène, ne donnent jamais un résidu privé des caractères des

matières grasses, c'est-à-dire incapable de tacher le papier. Oa appelle siccatives toutes les huiles qui se comportent comme rhuile de lin, et non siccatives celles qui se comportent comme rhuile d'olives.

On augmente la siccativité en traitant les huiles par les oxydes de plomb, de manganèse, de zinc et quelques autres. On porte rhuile au bouillon, c'est-à-dire à la température où sa décomposition commence ; on laisse un peu refroidir ; on ajoute l'oxyde de plomb et on fait chauffer de nouveau. D'après M. Chevreul, on chauffe Thuile seule de trois à six heures, et avec l'oxyde de plomb cinq à six heures*. D'après M. Dumas, il se dissout 3 à 4 pour 100 d'oxyde. Le plomb est réduit.

M. Leclaire^ peintre en bâtiments, qui a tant contribué à l'adoption du blanc de zinc, prépare l'huile manganésée en la faisant chauffer seule pendant cinq heures et huit heures au moins avec 10 pour 100 d'oxyde de manganèse.

La siccativité des huiles employées en peinture varie, d'après M. Chevreul :

1® Suivant le temps qu'elles sont restées exposées à l'air et à la lumière avant leur emploi. Mélangez 10 parties d'huile de lin, exposée à l'air, avec 90 d'huile pure, et la peinture faite avec ce mélange séchera en sept jours, tandis que l'huile pure en exigerait neuf;

2® Suivant la nature des surfaces sur lesquelles on les appUque. Une peinture faiteà Tliuile de lin pure, sur du plomb décapé, sèche en treize heures ; il faut près de quarante-huit heures pour le zinc, le laiton, le cuivre et surtout le fer, seize jours sur le sapin, vingt-un jours sur le peuplier, trente-trois jours sur le chêne ;

3» Suivant le mélange d'huiles préparées avec divers siccatifs.

Ainsi la siccativité de l'huile de lin pure étant 1

et celle de l'huile manganésée 8.43

n j» Ji^ S l'"56 huile pure I . , . ^ ^ ^

celle dun mélange <^ .. , ., , , ? qui devrait être 2.635

I 0, 44 huile manganésée (

est en réalité 12.112

c'est-à-dire 4.59 fois plus grande.

4° Suivant la nature du corps sohde délayé dans l'huile. Ainsi rhuile de lin, qui sèche en cinq heures sur du plomb décapé,

1 Recherches sur la peinture à l'huile. Annales de chimie et de physique^ XLVIII, p. 209.

k:57 COMPOSITION DES HUILES ET DES GRAISSES. H UT

■*exige pas moins de vingt-ime heures lorsqu'elle est mêlée de :éruse. Cette dernière, qui est un ^icca/t/' puissant dans d'autres circonstances, devient un antisiccatif sur le plomb décapé.

Le chlore agit puissamment sur les huiles. Il forme de Tacide îhlorhydrique qui se dégage et remplace Thydrogène de manière I former des huiles chlorées.

£n le faisant passer seulement pendant quelques minutes dans ane huile végétale, il la décolore, tandis qu'il donne aux huiles inimales une couleur foncée qui peut aller jusqu'au noir (Fauré). L*huile de pieds de bœuf et l'oléine de suif font seules exception.

J'ai reconnu que si, après avoir épuisé l'action du chlore à la température ordinaire , on chauffe Thuile chlorée pour y Eaire passer de nouveau du chlore, et si l'on place les matières au soleil, on peut aller beaucoup plus loin et obtenir des produits 5ui sont solides à la température ordinaire et fusibles à une température plus pu moins élevée. Ces produits me paraissent de nature à être employés avantageusement dans l'industrie, par exemple pour remplacer le bois, la corne, l'ivoire, etc., dans beaucoup de circonstances. On a proposé dans ce but les matières qu'on obtient en traitant les huiles par le chlorure de soufre. Ceux dont je parle me paraissent bien préférables, à cause de l'absence du soufre. Ils ne sont plus inflammables.

MM. Nicklès, Rochleder, Perra ont étudié l'action du chlorure de soufre sur les huiles. On les convertit ainsi même à froid en un composé transparent, solide, dur, inaltérable par l'air et même par les acides ou les alcalis d'une certaine force. D'après M. Perra, 5 pour 100 de chlorure épaississent l'huile de lin sans la durcir, 15 pour 100 la rendent solide, 25 pour 100 lui donnent le maximum de dureté.

Les acides agissent énergiquement dans certaines circontances sur les huiles.

L'action de l'acide sulfurique concentré sur les huiles est toujours accompagnée d'un grand dégagement de chaleur, beaucoup plus grand pour les huiles siccatives que pour les huiles grasses. On obtient ainsi de l'acide sulfoglycérique et des acides sulfogras. Cette réaction est utilisée dans la fabrication des bougies (voy. Éclairage par les corps gras y ÉCL).

D'un autre côté, les matières colorantes des huiles sont modifiées par le même acide; les unes deviennent très-brunes, les autres vertes, etc. L'acide azotique concentré oxyde les huiles, et, d'âpre

H m HUILES ET GRAISSES. 458

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MM. Laurent, Bromeis, Tilley, etc., il les convertit en acides fo^ miqiie, acétique, butyrique, sébacique.

L'acide hypoazotique solidifie beaucoup d'huiles et produit un |ro corps nouveau, Yélaïdine^ d'après M. Boudet. En général, les huiles siccatives restent liquides. L'huile de ricin fait exception et donne de la paZmine.

Les alcalis sont les corps dont l'action sur les huiles présente le plus d'intérêt. En général, tous les oxydes basiques, même non alcalins comme l'oxyde de plomb, produisent le dédoublement des huiles ou des graisses en acides gras et glycérine, phénomène qui caractérise essentiellement la saponification (voy. Savons, 8AV).

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