FALSIFICATION DES HUILES. HUI
d'oeillette la rendent 4 fois plus conductrice ; la stéarine de mouton isole presque complètement. Cette méthode exige un appareil compliqué, et le Diagomètre de Rousseau, construit dans ce but, n'offre pas une précision suffisante.
6* Uaction du chlore donne un bon moyen de reconnaître une huile animale, même après son mélange avec une huile végétale. On fait passer le gaz dans Thuile, et, au bout de huit à dix minutes, il se développe une couleur noire, -par exemple dans de l'huile d'olives qui ne renferme que 1/100* d'huile de baleine. Il ne faut pas oublier que Thuile de pieds de bœuf, Toléine de suif, font exception.
?• M. Gailletet a essayé l'action du brome ; mais son procédé présente des complications multipUées. En outre, le brome doit être employé en dissolution dans Talcool, et il constitue alors un réactif de composition et de propriété extrêmement variables.
8» L*action des alcalis, la saponification, a été essayée seulement pour distinguer les huiles des plantes crucifères. D'après M. Mailho, si l'on fait bouillir 20 grammes d'huile de colza avec 2 grammes de potasse caustique concentrée, bien exempte de sulfure, on trouve après la saponification une lessive sulfurée donnant un précipité noir avec les sels de plomb. J'avoue que, malgré sa vraisemblance, cette méthode ne m'a pas réussi.
On tirerait sans doute quelques indications utiles des résultats d'une simple saponification , c'est-à-dii'e de la mesure des richesses alcalimétriques d'une solution alcaline, avant et après la saponification. Qu'on prenne 100 grammes d'huile, qu'on les saponifie par une solution de 100 grammes de soude caustique d*un titre bien connu, qu'on ajoute après la saponification 100 centimètres cubes d'ime solution saturée de sel marin, le «avon se sépare nettement et donne une lensive claire. I>; litre dt; c<;tle lessive, facile à obtenir, donnerait sans doiile (U* bons résultiits; le temps m'a manqué pour essayer cell^; tuMtad**.
M. Galvert a essayé d'employer Ut mnuUs cjMJsUque pour analyser les huiles, au moyeu tUtn ijpuUnnpi «kîveloppéi*M et de la consistance prise par Uth huilet^ ; nm» rt* \iytn'MO. ne préMinte aucune exactitude.
L'ammoniaque aWi t*iiMiyot* pi^r M, KmuK'. 1 partie d'ammoniaque et 10 d'huile feoi/i lu^'Ut^a tUUfé un inUa, nviïUwu furUmient et abandonnéei» ; on jii^'^ h nuin^a tin mi l<iii{(<s d'^pW^ la consistance, au bout (Vun ^rj-iain U$mpté, MM, fyHiUi*U'iin et Uloudeau
ont reconnu que ce moyen donne des résultats « assez peu tranchés pour que Ton eût raison de ne pas s'en rapporter à eux. • . 9** Les acides exercent sur les huiles des actions diverses : on a tenté bien des efforts pour en obtenir des indications exactes.
Le premier dont nous devons nous occuper est Tacide hypoazotique. En préparant d'une manière bien déterminée Tazotate de mercure, Poutet reconnut que cette préparation qui contient de Tacide hypoazotique, mêlée par 8 grammes avec 96 grammes d'huile, secouée fortement de dix en dix minutes pendant deux heures et demie et abandonnée au repos, solidifie Thuile au bout d'un temps variable suivant Tespèce. L'huile d'olives se solidifie en trois heures l'hiver, en sept heures Tété ; 5 centièmes d'huile de graines ne permettent plus à sa surface de rester lisse et blanche : elle devient semblable à celle des choux-fleurs. 10 centièmes lui donnent une consistance de miel. Une plus grande proportion laisse une partie fluide surnageante. Il est bon d'opérer dans une cave, c'est-à-dire à température constante, et de laisser passer vingt-quatre heures avant de se prononcer. Telles sont I les indications admises. Mais il faut dire que ce réactif ne donne Jamais deux résultats identiques dans les mêmes circonstances, et qu'une décision rendue sur cette base ne saurait être juste.
10° Il faut malheureusement dire la mêipe chose de la solution proposée par M. Boudet. C'est im mélange de 3 parties d'acide azotique à 35°, 1 partie d'acide hypoazotique.
On verse dans un flacon 100 grammes d'huile, on y mêle 4 grammes de cette liqueur. On agite fortement pendant une ou deux minutes et on note l'heure avec soin. On porte le flacon dans une cave, et on observe l'instant de la solidification.
L'huile d'olives pure se solidifie en général en 40 ou 45 minutes.
— avec jj^ huile de pavot présente un retard de 40 —
— avec^-Jô — — 90 -
— avec 1^^ — — beaucoup pius.
M. Boudet lui-même s'est exprimé avec réserve; MM. Soubeiran et Blondeau ont reconnu que les mélanges se comportent comme l'huile pure.
De mon côté, j'ai reconnu des faits absolument identiques. En outre, le réactif est impossible à conserver. Quand l'acide hypoazotique est bien fait, le mélange bout vers 20o; au bout de quelques jours, il n'est plus du tout le même. On ne saurait accorder confiance à de semblables résultats.
^1 FAlSmCATIOX DBS HUILES. HUI
1 lo On a essayé l'acide azotique. M. Calrert a cro pouvoir tirer des indications précises des colorât ious produites par un acide de la densité 1,18 on 1,22. Mais cette méthode n'ofHre aucune certitude.
12* On a essayé Tacide azotique mêlé d acide sulfurique. Les résultats sont tout aussi incertains.
13* L'acide sulfurique a donné des résultats qui méritent plus d'attention.
Plusieurs chimistes ont essayé de faire usage des colorations qu^il produit.
M. Heidenreich a, le premier, en 1841, proposé do verser 8 à 10 gouttes d'huile sur une lame de verre incolore au-dessus d'un papier blanc, et de faire tomber au milieu de rhuilouno goutte diacide sulfurique concentré.
Voici les résultats :
Huile d'olives, couleur jaune devenant peu à peu vordàtro.
— d'arachide, — jaune-gris sale
— de cameline, — jaune devenant orang<5o.
— d'œillette, — jaune-gris sur les bords
— de croton, — jaune avec des stries brunci*.
— de sésame, — rougo vif.
— de lin, — rougc-brun qui pavso bientôt au brun-noîr.
— de baleine, — rouge-brun foncé.
— de colza, — bleu-vordAtro,
— de chènevis, — énieraude bien prononcée,
— de faine, — gris, puis verdàtre «veu strieiiJAun^ii.
— de navette, — gris sale.
Ces renseignements sont malheurouaoment trtN8-vftrlab!t^H, I^oh plus faibles traces d'acide azotique clmng(3nt luHoouI(3urH, et il on est de même de la moindre addition d'un corps ôtruuKtu' tUxm rhuile.
M. Lefèvre, M. Marchand, M. Calvert, M. IlnlirouH, ont t^H»ay«> de varier un peu les conditions tracées par M. Jlc^itlenrt^lcU Ltmri» travaux n'ont fait que bien établir Timmensti diJIlcultô d'unu appréciation exacte.
14o M. Penot a recommandé Tacide sulfurique saturé do bi' chromate de potasse, ce qui est en réalité de Tacido chroiuiquu. Les caractères ne sont pas moins fugitifs, bien s'en faut.
15* La seule manière d'obtenir avec l'acide sulfuriqutî dos résultats précis est celle que j'ai proposée en 1852. ("ette môthodo est vraiment la seule, on me permettra de le dire, dont ou puisse tirer des indications valables ; je la décrirai brièvement*
HUI HUILES £T GRAldSBS. 463
Lorsqu'on mêle 50 grammes d'huile d'olives avec 18 grammes \z 5 centigrammes (10 centimètres cubes) d'acide concentré at moyen d'un thermomètre employé comme agitateur, on obserre, en deux mimUis, une élévation de température de i2? avec le même acide, et, à la même température extérieure, cette élévation est parfaitement constante.
SO"* d*haUe de pin soumis à la même épreuve donnent 43*
— de suif — ~ — 41 à 43,5
— de ricin — — — 47
— de cheval — — — 51,5 ' — d*amandes amères — — 53
— d*amandes douces — — 53,5
— de navette — — — 57
— de colza — — — 58
— de faine — — — 65
— d'arachide — — — 67
— de sésame — — — 68
— de chènevis — — — 96
— de noix — — — 101
— de foie de raie — — 102
— de foie de morue — — 103
— de lin — — — 133
Voilà donc un phénomène bien défini, très-fiidle à observer, ne demandant que quelques minutes et offirant, suivant Tespèce des huiles, des différences bien autrement tranchées que toutes celles dont il a été question précédemment.
Ce phénomène reste constant après le mélange des huiles. Par exemple, 2 volumes d'huile d'olives et i volume d'œillelle doivent donner dans cette supposition :
«▼ou d*olives =3X4i" 84*
lToLd*<mUette:=lX86*4 9BH
3 vol. mélange 170»4
Ivol
et ce nombre est celui qu'on trouve par rej^érience, comme Font démontré des essais ti^-nombreux pource mèUnge et pour beaucoup d^autres.
La marche à suivie est des plus simples et éminemment industrielie* Oq pè^ oO grammes d'huile dans un verre à expériences de 1^0 à 150 centimètres cubes \voir fig. 368). On met le thennomèire T dans Thuile ; on agite ime nùnnte et on note la température. Alors on apporte à 1 ou 2 œntimèties sn-dessos de Thoile une pipeite contenant 10 cent, cubes d'acide snlfoiiqQe concratK pris dans le flacon S, sans aifoncer la pipette plusqaa maitîé de
FALSIFICATION SES HUILBB.