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I. CONSERVATION DES BOIS

Le déboisement de vastes étendues de terrain, la lenteur du ^ renouvellement des forêts, les besoins toujours croissants de la consommation depuis rétablissement des chemins de fer, toute» ces causes donnent aux procédés de conservation des bois un» grande importance : aussi, depuis longtemps, l'esprit des savants est-il tendu vers la solution de ce problème. Aujourd'hui, on peut le considérer comme résolu. La conservation des bois, cessant |^ d'être une opération de laboratoire, a pris place au rang des plus belles conquêtes scientifiques de notre siècle.

Si on a pu contester à M. le docteur Boucherie les premières tentatives de conservation des bois, on ne peut lui enlever le mérite d'avoir trouvé des moyens originaux, et d'avoir, par sa courageuse persévérance, contribué plus que personne à créer une industrie qui fournit aujourd'hui des produits présentant les garanties les plus sérieuses de bonne conservation.

Les causes de la décomposition des bois sont multiples. Ea première ligne, il faut ranger l'humidité et l'air, qui déterminent par leurs actions combinées la fermentation des principes azotés des tissus ligneux et qui jouent ici encore, quoique se trou- ' vaut en faibles proportions, le rôle que nouç leur avons reconnu dans la fermentation des matières animales. Ils facilitent le développement de végétations cryptogamiques qui détruisent à la longue toute la fibre ligneuse et aussi celui des termites^ des tareis^ et de beaucoup d'autres sortes d'insectes, de vers, de mollusques qui rongent d'abord Técorce, puis pénètrent jusqu'au centre du bois et en pulvérisent à la longue la masse entière.

Tous les procédés qui ont été essayés pour combattre la fermentation ou détruire les germes animaux pu végétaux ont pour but de faire pénétrer dans le tissu ligneux des agents très-divers : suif, goudron, créosote, sel marin, sulfate de cuivre, de zinc, de fer, chlorure de zinc, de calcium, etc. Les propriétés antiseptiques de la créosote sont parfaitement et depuis longtemps connues, mais elle ne sont pas encore très-bien expliquées ; ce liquide

Dagule à la vérité ralbumine végétale, mais cela ne justifle que •ès-imparfaitement son mode d'action, car l^bumine coagulée ms créosote est putrescible.

Le sulfate de cuivre et quelques autres solutions salines ont un iode d'action un peu plus connu, ils décomposent les principes sotés des tissus organiques et les transforment en produits impu- 'escibles; ils empêchent en outre les insectes d'attaquer les bois.

Les graisses, les suifs, les résines agissent en préservant les ois de rhumidité et de Faction de Tair.

Les moyens employés pour faire pénétrer la substance conseratrice sont aussi très-différents les uns des autres : nous les xaminerons successivement.

Pénétration des bois par immersioîi, — Ce sont les procodés 5s plus anciennement connus : dès 1657, Glauber écrivait ue pour conserver les bois il fallait l^les enduire de goudron végétal o les immerger dans V acide pyroligneuoo. Nous avons sous les yeux 2 recettes relatives à Timmersion : les agents employés sont trèsariés, ce sont des suifs, dès résines, des dissolutions salines, etc. ^resque tous les procédés anciens sont aujourd'hui oubliés. Ceendant, en Angleterre, on fait un grand usage de la créosote our conserveries bois, le procédé suivi est connu depuis long- 3mps ; il consiste, à sécher complètement les pièces de bois dans me étuve au sortir de laquelle elles sont plongées dans des chauières contenant des huiles de goudron de bois, chauffées à 60°; ai créosote pénètre presque jusqu'au centre des pièces qui, ainsi ^réparées, se conservent parfaitement.

Les matières grasses ou résineuses, seules ou mélangées, sont Lussi d'im très-bon usage. Employées à chaud, elles pénètrent issez profondément les bois qui y sont immergés et qui ainsi raités se conservent très-longtemps à l'abri de toute altération, àe sulfate de cuivre est aussi très-souvent employé pour préparer par immersion les pièces de bois d'un faible équarrissage.

Par la succion vitale, — Ce procédé de pénétration, appliqué ndustriellement pour la première fois par M. le docteur Boucherie en 1832, avait été découvert par Haies , expérimenté plus tard par Bonnet en 1754, et par Duhamel en 1764. M. Bouderie met à profit la force vitale des arbres et la circulation le la sève pour entraîner, distribuer dans toutes leurs parties et jusque dans le tissu des feuilles le liquide doué de propriétés conservatrices. Plus tard, ayant constaté que la faculté de circulation de la sève se maintient un certain temps après que l'arbre a été

CON CQNSERTATIOM DEB SUBSTANCES ORGAHIQUBB.

abattii et âépouillé de son feuiUage, M. Boucherie a substitué mode -de prëparati^ plus simple et plus ëconomique. Néanmoiu celui qui nous occupe est encore mis en pratique dans quelques circonstances. Voici commeat il est appliqué:

On pratique horizontalement, sur la tige de l'arbre que l'a veut préparer et à 26 ou 30 centimét. au-dessus du sol, deux Iraili de scie parallèles et opposés, intéressant à peu près un tiers de l'épaisseur du bois; ces incisions sont recouvertes d'une bandeï de plomb ou de toile imperméable solidement liée ou clouée as-

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dessus et au-dessous cette sorte de poche communique Auni^ servoir R dans lequel est verse le liquide conservateur qui pënètrt ainsi daus la poche, puis dans les incisions oU il est aspiré par II force de succioa de l'arbre dont il imprègne bientôt toutes IH parties.

Par pTession mécanique. — En 1831, Bréant imagina un appanil dans lequel il plaçait les bois qu'il soumettait au liquide cons^ vateur : c'était un grand cylindre vertical très-soUdement construit et muni de soupapes. Au moyen d'une pompe hydraulique, cet appareil était rempli et soumis à une pression intérieure de 10 atmosphères qui forçait le liquide à pénétrer dans toutes 1» parties du bois.

Ayant reconnu que l'air et les autres gaz contenus dans le tisBO ligneux s'opposaient à la pénétration, il soutirait cet air eaprodvisant un vide au moyen de la vapeur, hréunl se servait de la créosote pour préparer les bois, mais il employait aussi des huiles, de» matières résineuses et des dissolutions salines : son procédé a élé modifié parBelbelen 1840 ; il est appliqué aujourd'hui indu»-

iriellement sur une très-grande échelle par MM. Légié et Pironnet; jui l'ont beaucoup perfectionné et qui ont remplacé les huilas par des solutions de sulfate de cuivre.

L'appareil de Bréant a été remplacé par un grand cylindre de l mètre 50 centim. de diamètre et de il mètres 50 centim. de lons^ueur; les bois y sont introduits portés sur des chariots. Quand le cylindre est fermé, on y injecte la vapeur qui chasse Tair, chauffe ie bois, et en dilate les tissus ; on fait alors le vide en condensant La vapeur soit par un jet d'eau froide, soit par le moyen d*un conducteur et d'une pompe à air, puis après 12 ou 15 minutes on >iivre un robinet, par lequel pénètre la solution de sulfate de Miivre dont la température a été élevée à 45 degrés, et qu'une 3ompe hydraulique comprime dans Tappareil à une pression de

0 atmosphères maintenue pendant 30 minutes. La solution de •ulfate de cuivre employée est à 2 kilogr. de sulfate pour 100 kilorrarames d'eau.

Tel qu'il est appliqué aujourd'hui, le procédé de Bréant, conidéré pendant longtemps comme impraticable, peut rivaliser avec es meilleurs : il est très-expéditif et surtout il permet de traiter les pièces abattues depuis longtemps, déjà sèches et des bois 'quarris de toutes dimensions. La question économique est plus Ufficile à juger; en effet le matériel d'une semblable industrie est Considérable et extrêmement coûteux, car une grande partie de 'outillage doit être en cuivre; enfin une usine fonctionnant d'a- >rès ces procédés n'est pas aisément mobilisable ; toutes ces con- Udons doivent être prises en très-grande considération, pour un ravail de cette nature.

M. Boucherie a indiqué dans ses brevets un procédé pour faire Pénétrer les liquides, qui se rapproche un peu de celui de Bréant.

1 applique à l'extrémité inférieure d'une pièce de bois équarrie 't posée horizontalement une calotte en plomb ou en toile im- •erméable, communiquant par un tuyau à un réservoir placé uelques mètres au-dessus; en faisant le vide, à l'autre extrémité, u moyen de la vapeur condensée, il force le hquide à traverser î bois dans toute sa longueur.

Ce procédé a été modifié par MM. Renard-Perrin qui faisaient 5 vide en brûlant un peu d'alcool méthylique dans un mortier n fonte soUdement appliqué à la petite extrémité du bois. Les ièces injectées par MM. Renard-Perrin étaient surtout préparées ioxxT rébénisterie : ces inventeurs ont les premiers apphqué bmx >oi8 les procédés de teinture employés pour les étoffes.

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