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CONSERVATION DES SUBSTANCES OHflANIQDE».
Par la pression d'une colonne liquide.^ Ce moypn de pénétralioo a été indiqué très-sommaireraent par Perraul et Duhamel en 1750, par CamuB en 1781 et patenté parBéthelen 1839. Trèfl-ingénieosèment modifié par M. Boucherie c'est aujourd'hui celui définitivement adopté pour les traverses de chemins de fer que prépara cet inventeur.
Voici comment on opérait primitivement :
L'arbre abattu A, séparé de ses branches, était placé dansuM position horizontale ou légèrement incliné ; on iaisait pénétrer dans toutes ses parties, par simple pression , au moyen d'un réSCTvoir K plus ou moins élevé, la liqueur destinée à opérer la c»-
Fig. 313.— Pécétralii
servation. Ce liquide déplaçait avec rapidité la sève qui s'écouW par l'extrémité libre M, et il se trouvait substitué à l'agent le plO actif de la décomposition.
Pour l'application de ce procédé, le seul vraiment pratique. M. Boucherie varie le mode d'exécution selon la nature et la quilité des bois, selon la grosseur des arbres et aussi selon les of constances extérieures et les ressources locales :
1° Pour les arbres de grande dimension qui doivent être conservés dans toute leur longueur, M. Boucherie a d'abord es recours aux calottes de plomb appbquées â l'extrémité la plis grosse, et destinées à recevoir le liquide qui s'écoule d'un résa^ voir supérieur. La nécessité '^d'opérer sur de grandes quantiW l'a obligé à chercher un moyen plus prompt et plus facile.
Pour préparer les traverses de chemins de fer, on prend pièce de bois ayant une longueur de b'^,2!} à S", 45, nécessaiB pour deux traverses, Ces billes, posées horizontalement et suppo^
65 CHAPITRE m. — SUBSTANCES NON ALIMENTAIRES. CON
tées par des cales à leurs deux extrémités et dans leur milieu, sont divisées par un trait de scie qui doit intéresser les 9 dixièmes de leur épaisseur ; en décalant alors les extrémités cette fente s'ouvre d'elle-même. Au moyen d'une tarière, on perce à la partie supérieure de Tune des deux moitiés et à 10 centimètres au plus de la section, un trou oblique, qui, de la surface de la pièce vient pénétrer dans l'espace laissé libre par le trait de scie. On garnit les bords de Tincision d'une tresse de chanvre bien graissée, on décale le centre et la pièce tendant par son poids à reprendre sa position horizontale primitive, les bords de la.section se rapprochent et, serrant fortement la tresse de chanvre, forment un joint parfaitement étanche.
Le trou percé parla tarière, étant mis en communication avec im réservoir placé à 7 ou 8 mètres et plus de hauteur, les liquides contenus dans ce réservoir pénètrent dans l'espace laissé vide entre les deux pièces et qui est fermé exactement par la tresse. Ces liquides filtrept au travers de la pièce de bois et ne tardent pas à s'écouler par ses deux extrémités : ils sont recueillis dans une citerne et remontés dans le réservoir.
Quand on veut préparer une pièce de bois trop courte pour former dans sa longueur deux traverses, on garnit la circonférence de sa section d'une tresse de chanvre graissée sur laquelle on applique un fort plateau en bois : au moyen d'une vis, qui du plateau pénétre dans la bille et que Ton serre fortement, le joint formé par cette tresse est rendu hermétique. Un trou de tarière ménagé dans le plateau sert à établir la communication avec les ïéservoirs. Le liquide injecté doit toujours être maintenu à un degré correspondant à 1 kil. de sulfate de cuivre pour 100 d'eau.
Par les exemples précédents, on voit qu'il est facile de modifier le procédé Boucherie, de manière qu'il puisse aisément s'appliquer et satisfaire à tous les besoins.
L'inventeur a constaté que la pénétration s'opère bien, en hiver pendant les trois mois qui suivent l'abatage, en été pendant deux mois. Le temps nécessaire pour que chaque opération soit complète varie selon l'essence et le volume des pièces à préparer : un ou deux jours sulSisent pour des billes courtes de hêtre ou de (îharme ; un sapin de quinze mètres demande un mois, un hêtre ou un charme de quinze à vingt mètres quinze jours seulement. La pénétration marche plus rapidement à mesure que la pression devient plus énergique ; il est facile de la graduer par l'élévation plus ou moins grande des réservoirs.
Après de longues recherches sur le choix de la substance conservatrice, M. le docteur Boucherie a définitivement remplacé le pyrolignite de fer par le sulfate de cuivre dont la solution répond jusqu'ici d'une manière complète aux besoins de la consommation. Quatre à six kilogrammes de sulfate de cuivre sont nécessaires pour la préparation d'un stère de bois.
Les sels déUquescents, employés seuls ou combinés avec le sulfate de cuivre, empêchent les bois de se fendre et de se voiler lorsqu'ils sont exposés au soleil et aux intempéries ; c'est encore un magnifique résultat de la découverte du docteur Boucherie, le chlorure de calcium a produit ce double avantage dans les eipériences officielles exécutées sous les yeux des ingénieurs de TÉtat. On a également constaté que la pénétration des bois par les chlorures déliquescents retardait considérablement, si elle n'empêchait tout à fait leur combustion.
Les détails qui précèdent suffisent pour faire comprendre la nature et l'importance des procédés ^de conservation dont non» venons de parler : des bois blancs, de qualité inférieure^ d'une vc^f à peu près nulle jusquHci, sont appelés désormais à remplacer les mdleures espèces dans la plupart des circonstances où cette matière prfr mière est employée.
Le procédé de M. le docteur Boucherie a sur tous les autres un avantage considérable ; il peut être moins expéditif, plus limité dans ses apphcations, mais le matériel qu'il nécessite est peu coûteux, il est facilement transporté et installé partout en quel* ques heures ; c'est un point essentiel puisqu'il permet de travail^ dans les chantiers où le bois se débite. Quand il s'agit de tra- pr verses de chemin de fer, par exemple, il est beaucoup plus économique et plus sûr de pouvoir opérer sur les lieux mêmes J® production.