‹ Dictionnaire de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 39 sur 290 · DES BLANCS, COU · texte numérisé non relu

DES BLANCS, COU

de 1 mètre 80 centimètres. Chacmie d^elles renferme im agitateur à axe vertical garni d'une traverse en bois disposée à 15 ou 20 centimètres du fond de la cuve ; sur cette; traverse sont fixées des palettes mobiles en bronze. Les trois cuves communiquent entre elles par un système de tuyaux, disposés de telle sorte que la partie supérieure du liquide de la première coule à la partie inférieure delà seconde, et ainsi de suite. Une pompe en bronze aspirante et refoulante à double effet prend le liquide à la partie supérieure de la seconde des petites cuves du rez-de-chaussée et le porte au fond de la première des cuves du deuxième étage. Au-dessous de celles-ci, au premier étage, sont établis trois réservoirs ou appareils de lavage. Ces trois réservoirs portent chacun, fixé à son fond, un tuyau vertical de 40 centimètres environ de hauteur, qu'on peut fermer hermétiquement par un obturateur à vis parfaitement rodé ; ce tuyau transmet le liquide à la première des cuves du rez-de-chaussée. Ainsi la pompe qui puise le liquide dans la deuxième de ces cuves le conduit dans le premier appareil du deuxième étage ; il circule dans les deux suivants, tombe dans Tun des réservoirs du premier étage et retourne de là dans Tappareil inférieur, d'où il est repris par la pompe, formant ainsi un système de circulation continue.

Chacune des trois cuves supérieures est garnie d'un entonnoir renversé en cuivre, percé de trous, dont la partie inférieure se trouve à 25 centimètres du fond, à peu près. Ces entonnoirs sont en communication par des tuyaux de même métal avec une machine soufflante qui aspire le gaz d'un fourneau fermé, alimenté de charbon de bois ou de coke, et le disperse dans le liquide; celui-ci arrivant au-dessus des entonnoirs à la même hauteur dans les trois cuves, le gaz se divise également dans toute la masse de liquide.

Toutes les cuves sont doublées en cuivre ; les dissolutions de plomb se faisant promptement jour à travers le tissu du bois.

Les appareils du rez-de-chaussée et du troisième étage sont remplis d'eau additionnée d'une certaine quantité d'acide pyroligneux bien pur et bien incolore; les agitateurs de ces cuves sont mis en mouvement ; on verse alors dans celle du bas une charge d'oxyde de plomb brut (massicot), obtenu par la calcination du plomb aune tenapérature rouge obscur, dans un four à réverbère. Le mouvement opère la dissolution graduelle de Toxyde; la pompe, mise en jeu, enlève le liquide avec ime quantité d'oxyde en excès et porte le tout dans les appareils supérieurs, où il est

cou COULEURS. 84

mis en contact avec Tacide carbonique (ou le mélange gazeux qui le contient] refoulé par la machine soufflante; le sous-acétate se décompose en partie, il se forme de la céruse restant en suspension dans le liquide, en raison du mouvement continuel dont celui-ci est animé ; l'acétate neutre provenant d'une partie de sousacétate décomposée, se trouvant en présence d'oxyde de plomb en excès^ en dissout et repasse ainsi à l'état d*acétate tribasique qui est Recomposé à son tour par l'acide carbonique ; il y a donc ainsi formation continm et incessante de sous-acétate et de cènue dans la masse du liquide des trois cuves supérieures. Pendant le trajet de ce liquide à travers les réservoirs, l'oxyde métallique en excès se trouve complètement dissous et remplacé par de la céruse. Il en résulte que le liquide, jaune dans le premier appareil, apparaît complètement blanc dans le dernier. C'est en cet état qu'il descend dans un des réservoirs du premier étage ; le tropplein coule par le tuyau de décharge dans les cuves inférieures, appelées, pour cette raison, cuves de saturation ; il s'unit à une nouvelle quantité d'oxyde, et est repris par la pompe, qui le rejette dans les appareils de fabrication ; il s'étabht ainsi cette circulation continue dont il a été déjà parlé, et il s'ensuit une production incessante de céruse qui se dépose à mesure dans les réservoirs.

L'opération doit être menée de telle sorte que la dissolution, à la sortie des appareils du deuxième étage, ou de fabrication, contienne toujours du sous-acétate de plomb indécomposé.

Lorsque le produit s'est accumulé à une épaisseur suffisante, on fait couler le liquide dans un des trois réservoirs. Ghacim de ces appareils renferme un agitateur dont les bras, munis de palettes, peuvent s'éloigner et se rapprocher du fond pendant qu'il est en mouvement. La cuve est remplie d'eau, on fait fonctionner l'agitateur, on baisse peu à peu les palettes à mesure que la matière se délaye ; lorsque cette opération est terminée, on relève les ailes de l'agitateur et on laisse en repos ; quand le liquide est clair on décante *, on renouvelle trois fois ce lavage, puis on fait couler la céruse dans un bassin en pierre poreuse, placé au-dessous des réservoirs, et sous lequel circule la vapeur perdue du moteur.

L'oxyde de plomb que l'on emploie est brut^ c'est-à-dire tel qu'on le retire du four à réverbère; il contient, par suite, une certaine proportion de plomb métallique divisé ; on le sépare après l'épuisement de tout l'oxyde, en ouvrant des trappes ménagées au fond de chacune des cuves de saturation.

£5 DES BLAKC8. GOD

Les céruses obtenues par ce moyen jouissent de la propriété remargiiable de se délayer, de devenir fluides par le mouvement ou par la percussion, lorsqu'elles semblent à demi-sèches. On met à profit cette propriété pour rapprocher leurs molécules et leur donner ainsi de la densité. A cet effet, la matière, parvenue à im degré de demi-siccité convenable, est soumise à l'action d'une batterie de pilons verticaux en bois, agissant sur une auge de même matière, inclinée ; la céruse redevient liquide sous le choc et est reçue dans de petits moules portatifs, lesquels sont gaI;^is, à leur fond, d^une trappe à coulisse.

Lorsque Tun de ces petits appareils est plein, il est enlevé, porté au séchoir et vidé au moyen de la trappe. Ce séchoir se compose d'un vaste plancher de cuivre, échauffé en dessous par la vapeur perdue du moteur.

La céruse, complètement sèche, est soumise à Taction d'une machine qui a pour but de la réduire à Tétat de poudre impalpable au moyen d'un ventilateur. L'appareil complet est en tôle et hermétiquement clos^ afin de ne pas laisser le moindre passage à la matière pulvérisée, et il est mis en communication avec un autre ventilateur spécial qui appelle l'air du dedans en dehors, de telle sorte que Touvrier chargé du soin d'alimenter la machine se trouve complètement à Tabri des poussières. C'est le mouvement continu de Tair renfermé dans Tintérieur de cet appareil qui remplit pour ainsi dire Tofiice du tamisage ; en faisant cette opération en vase clos on a fait disparaître Tune des principales causes d'insalubrité de la fabrication.

Procédés divers.— Il est encore un procédé, exploité, dit-on, eu grand en Angleterre, et qui n'est, à vrai dire, qu'une variante de ceux qui précèdent. Ce procédé consiste à humecter l'oxyde de plomb avec de l'acide acétique affaibli et à soumettre la matière à un courant d'acide carbonique. Au bout de quelques jours, la masse entière est convertie en blanc que Ton soumet au broyage comme dans la méthode hollandaise.

On comprend qu'on puisse éluder le rôle de l'acétate de plomb basique, et qu'on se passe de ce sel, du moment que Ton rerçiplit ces deux conditions : production de l'acide carbonique et formation de l'oxyde de plomb, ce dernier en excès. C'est sur cette donnée que M. Versepuy a proposé un moyen de fabrication trèssimple. Dans un cylindre formé d'une matière dure et poreuse, comme, par exemple, la lave, et animé d'un mouvement lent, circulaire, il met du plomb en grenaille humecté d'eau pure , et

cou COULEURS. 86

fait passer à travers le cylindre un courant d'aîr'; le plomb, par l'effet du mouvement, se réduit en poussière , il s'ox^e peu à peu et absorbe l'acide carbonique; comme l'air n'en contient qu'en minime proportion, la transformation est très-lente.

M. de Rostang divise le plomb en le coulant en un mince filet sur un disque de terre mû horizontalement et animé d'un mouvement rapide ; la force centrifuge agissant , le plomb est divisé en grains infiniment ténus qui se prêtent à une oxydation facile ; l'oxyde hydraté se carbonate à Tair.

Ces carbonates n'ont pas reçu jusqu'ici la sanction de la pratique ; on ne saurait dire s'ils couvrent convenablement.

Page 1