COULEURS DU MERCURE
Cinabre^ vermillon, — Le cinabre est un produit naturel que les arts savent obtenir; il est composé de soufre et de mercure. C'est un sulfure de mercure qui paraît avoir été connu de toute antiquité ; V Encyclopédie japonaise parle de son extraction et de sa préparation artificielle. L'écrivain chinois dit qu'en chauffant le cinabre naturel on obtient du mercm^e, et qu'avec le mercure et le soufre on obtient du cinabre semblable au composé de la nature, mais dont on ne retire plus de mercure par Faction du feu. Il ajoute : La force de la nature est dans ce cas vaincue : la raison de cette anomalie apparente est facile à saisir, le cinabre natif est mélangé de calcaire ; le cinabre artificiel est pur. Le premier se détruit, le second se sublime.
Le sulfure de mercure est préparé par voie sèche ou par voie humide *, dans ce second cas, on l'obtient en poudre d'un vif éclat; il prend alors le nom de vermillon , que l'on donne également d'ailleurs au cinabre pulvérisé.
Vermillon. — Pour préparer le vermillon on peut suivre soit la voie sèche, soit la voie humide. Voici un procédé entre un grand nombre .
On pèse quatre-vingt-cinq parties de mercure et quinze de soufre et on fait un mélange de ces deux substances en les tournant pendant trois à quatre heures dans un tonneau en bois.
6 C0ULEUB8 DU CDIVRE. COU
«oreque la masse e^t homogène, on Tintroduit dans des vases en QjOQte et on la sublime.
On peut, d'après Werhle, ajouter pour la sublimation un cen- Ubme de sulfure d'antimoine et traiter le vermillon obtenu (cilabre pulvérisé) par une dissolution bouillante de polysulfure Icalin, puis, par Teau pour le laver exactement, enfin par Tacide lUorhydrique affaibli. Ce dernier lavage complète Topération.
La préparation par la voie humide diffère en ce que le méinge de soufre et de mercure, au lieu d'être sublimé est mis à igérer avec une dissolution de potasse; après quelques heures l*tlne température de 50 degrés environ, le précipité prend une telle couleur rouge. Les proportions proposées par M. Brunner dut les suivantes : mercure, 300; soufre, 114; potasse, 75; eau, 00. On peut varier ce procédé en chauffant à sec le mélange de :^rcure et de soufre et pulvérisant la masse obtenue que Ton lit digérer comme il a été dit dans la dissolution de potasse.