‹ Dictionnaire de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 70 sur 290 · DORURE ÉLECTRO-CHIMIQUE. DÉP · texte numérisé non relu

DORURE ÉLECTRO-CHIMIQUE. DÉP

acides ou alcalines. Il se délaye complètement dans Tessence de térébenthine ou l'huile légère de houille.

Dorure à l'or vert ou à Vor rouge. — On peut obtenir de Tor vert et de Tor rouge directement gar la pile. Pour For vert, on ajoute au bain d^or ime dissolution de cyanure double de potassium et d'argent, jusqu'à ce qu'on ait obtenu la couleur que Ton désire, puis on opère avec une anode en or allié. Dans ce procédé, comme dans tous ceux qui ont pour but le dépôt d'alliages métalliques, il est très-important de bien proportionner expérimentalement la surface de l'anode à celle de la pièce à dorer.

Pour obtenir l'or rouge, on ajoute au bain d'or ime dissolution de cyanure de potassium et de cuivre. Mais ce dernier résultat s'obtient plus facilement en employant le vert à rougir des anciens doreurs au mercure. C'est un mélange de 25 parties d'acétate de cuivre, de 65 de (irème de tartre et de 10 de sel marin, que l'on applique au pinceau ; on chauffe la pièce sur du charbon de bois jusqu'à ce que les sels prennent une couleur brunâtre, puis on éteint dans l'eau seconde.

Les pièces, en sortant du bain d'or, ont ordinairement une couleur terne qui ne peut être acceptée par le commerce. On a donc encore plusieurs opérations à leur faire subir, le gratte-bossage, la mise en couleur et le brunissage.

Gr aile-bossage, — Le gratte-bossage se fait à la main au moyen d'une brosse en fil de laiton, dont le diamètre varie suivant la délicatesse de l'objet. Il se pratique toujours au sein d'un liquide, le plus souvent une décoction de bois de réglisse, dont le but est de former im léger mucilage qui permette à la gratte-bosse de frotter plus doucement la pièce dorée.

Pour les pièces imies, on remplace le travail de la main par Celui du tour. Sur un arbre faisant 600 révolutions par minute, On monte un mandrin en cuivre, muni d'une brosse en fil de laiton ; un réservoir supérieur amène constamment sur la brosse le liquide mucilagineux, qui s'écoule dans un baquet inférieur. iJn ouvrier peut ainsi faire ce que dix hommes n'accompliraient pas à la main dans le même temps.

Mise en couleur. — La mise en couleur se fait au moyen d'une bouillie appelée or moulu et composée, sur 100 parties, de 30 parties d'alim, 30 de nitrate de potasse, 30 d'ocre rouge, 8 de sulfate de zinc, 1 de sel marin et 1 de sulfate de fer. On l'applique au pinceau, puis on porte les pièces sur un feu de charbon de bois très-clair jusqu'à ce que les sels, fondus et desséchés, prennent

un aspect bruiiàtxe, et on éteint vivement dans une eau seconde faible, contenant 3 pour 100 d'acide chlorhydrigue ; on lave à grande eau et on sèche à la sciure de bois.

Brunissage. — Le brunissage s'effectue au moyen de pierres dures, agates, hématites, enchâssées dans des manches en bois, ou d'outils en acier parfaitement poli.

Dorure mate. — Les procédés des doreurs au mercure que nous donnerons plus loin permettent, entre des mains habiles, de donner le mat à l'or déposé par la pile. Indiquons ici le procédé employé pour obtenir la dorure mate directement, jMir voie électro-chimique.

Partant du principe posé par M. Becquerel : « Telle est la su^ face, telle est la dorure, » si nous pouvons obtenir avant la donne une surface d'un mat parfait, il est évident que nous n'aurons que peu de chose à faire pour conserver cet aspect après la dorure. Le résultat a été obtenu en déposant préalablement une couche mate d'un métal moins cher que Tor, et dont le dépôt peut se régulariser plus facilement.

L'argent et le cuivre atteignent également le but.

L'argenture se fait dans les bains que nous décrirons tout à l'heure ; seulement le bain d'argent ne doit pas contenir plus de 8 grammes par litre, et on doit agir lentement avec un courant très-faible. Le cuivrage se fait dans les bains de sulfate de cuivre indiqués par la galvanoplastie, après une première couche donnée dans le bain de cuivre alcalin. Le temps de l'immersion, l'énergie de la pile sont des conditions qu'un peu de pratique apprend bien vite à connaître.

Les pièces, étant parfaitement matées, sont portées dans im bain d'or plus étendu que celui dont nous avons indiqué la composition et dans lequel on opère à chaud. Il ne doit pas contenir plus de 5 grammes par litre. Il est important d'agiter continuellement les pièces dans le bain et de manœuvrer l'anode de manière à rendre la couleur uniforme. La dorure sur cuivre, moins chère que la dorure sur argent, est ordinairement moins belle de ton et plus sujette à s'oxyder. Aussi préfère-t-on cette dernière.

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