‹ Dictionnaire de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 83 sur 290 · IV.— GALVANISATION DU FER · texte numérisé non relu

IV.— GALVANISATION DU FER

Le zincage du fer fut pratiqué pour la première fois par Mallouin en 1742. Mais le prix élevé du zinc ne permit pas de donner à cet essai Timportance industrielle que la galvanisation doit aux travaux de M. Sorel. Le zinc préserve le fer bien mieux que ne le fait Tétain, car dans le couple voltaïque formé par ces deux métaux, c'est le zinc qui est positif par rapport au fer ; en s'oxydant, il se recouvre d^une couche d'oxyde qui fait vernis et empêche l'altération des couches sous-jacentes.

Dans ce procédé , comme dans tous les autres, il faut avoir recours préalablement à un bon décapage.

Le bain de décapage indiqué par M. Sorel, et qui réussit toujours parfaitement, est composé d'eau seconde et d'acide sulfurique à 10°, mélange dans lequel on a fait macérer des tourteaux de colza.

Au sortir de ce bain, où le fer peut rester plusieurs heures sans inconvénient, on le plonge dans un bain de zinc fondu. Le métal est contenu dans de grands creusets, en tôle de fer, de 2 centimètres d'épaisseur, ayant la forme de deux cylindres à diamètres inégaux réunis par im canal plus étroit, constituant une sorte de baignoire étranglée en son milieu, et contenant 1,800 kilogrammes de zinc. La forme de ces grands creusets a été déterminée par la nécessité où Ton peut se trouver de faire dans le même bain des pièces larges ou longues et d'éviter l'emploi d'une trop grande quantité de métal. Le dessus des creusets est au niveau du sol; il est chauffé au coke dans im fourneau en briques, dont les cameaux sont disposés de manière à recevoir le zinc fondu dans des réservoirs spéciaux en cas de rupture du creuset. Au-dessus du zinc fondu , on met une couche de sel ammoniac qui le préserve de l'oxydation et achève le décapage du fer qu'on y plonge.

En sortant du bain, les pièces zinguées sont plongées immédiatement dans ime solution étendue de sel ammoniac, qui fait tomber le zinc non adhérent, et détruit la couche brillante du

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métal , en produisant une espèce d*oxydatîon préservatrice trèssolide.

Lorsque Ton veut zinguer des clous, ou autres petits objets, od les place dans un panier de fil de fer, on les plonge dans le Im de zinc, toujours recouvert de sel ammoniac, et on les secoue ensuite dans Teau pour détacher l'excès de zinc.

L'emploi des fils de fer galvanisés pour la télégraphie et h culture des jardins a donné naissance à une industrie spéciale; on suit ordinairement la disposition que nous allons indiquer, f^ Au sortir du décapage, les bottes de fils de fer sont enroulées sur une bobine conique dont l'axe est vertical. Le bain de rinc fondu est contenu dans un demi-cylindre en tôle de 30 cent, de diamètre et de 1^,20 de largeur. Le fil, maintenu par des guides, entre d'abord dans un bain de sel ammoniac, placé à l'une des extrémités du demi-cylindre et séparé du zinc par une tôle épaisse ; puis passe dans le zinc, qui est recouvert d'oxyde de zinc et de graisse, destinés à préserver Tévaporation du métal; au sortir du bain, à l'autre extrémité, le fil passe dans une filière mobile qui enlève l'excès de zinc et régularise l'application du métal; il est enroulé ensuite sur des bobines en tôle, montées sur un axe horizontal; une des joues de la [bobine est mobile pour permettre d'enlever facilement la botte lorsqu'elle est terminée; tout le système marche mécaniquement.

Durant le cours de ces opérations, le fer zingué augmente de 5 à 6 pour 100 de son poids à peu près.

Dans le bain qui sert à la préparation du fer galvanisé, il se forme un alliage de zinc et de fer qui se précipite au fond des chaudières, y adhère fortement et laisse le zinc surnageant à peu près pur; cet alliage, très-cassant, se pulvérise facilement; il contient 10 pour 100 de fer. On a mis sa production à profit en mélangeant la poudre qui en résultait avec des huiles et de l'essence, et on a donné naissance à un produit connu sous le nom de peinture galvanique.

Le zinc surnageant finit cependant par contenir une certaine quantité de fer, 4 pour 100 de son poids. Dans cet état, impropre à la galvanisation, il doit être mis décote, et constitue le principal déchet de l'opération. Pour en tirer parti, on l'expédie en Amérique; il sert pour la fabrication du laiton; en France, on n'a pas encore su l'utiliser.

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