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MÉDICAMENTS SUCRÉS OU SACGHAROLÉS

Sirops.^-Vn sirop est une dissolution de sucre dans un liquide de nature variable; elle doit être assez concentrée pour pouvoir se conserver sans entrer en fermentation. Le nombre de ceux que l'on emploie en médecine est très-considérablefle sucre peut y être dissous dans Teau commune, dans une eau distillée aromatique, dans un liquide vineux, dans le suc d'un fruit acide, dans une liqueur extractive ou saline.

Le sirop préparé avec l'eau commune porte le nom de sirop simple; il contient environ deux parties de sucre pour une partie d'eau, et marque 31° bouillant àVaréomètre de Baume (D=l,261, Soubeiran). On peut l'obtenir de plusieurs manières , suivant la qualité du sucre employé. Lorsque celui-ci est très-pur, on se contente de le faire dissoudre à froid ou à une douce chaleur; si la dissolution n'est pas parfaitement limpide, on la filtre au papier. Avec du sucre moins beau, il faut clarifier à chaud au moyen du blanc d'œuf. On concasse le sucre, on le place dans une bassine chauffée à feu nu ou à la vapeur avec la quantité d'eau nécessaire, dans laquelle on a délayé quelques blancs d'œuf, et on porte à l'ébullition assez lentement pour que le sucre soit dissous avant que l'albumine commence à se coaguler. Ses flocons, rassemblés par le mouvement de l'ébullition, montentà la surface sous forme d'écume, entraînant avec eux les impuretés qui troublaient la transparence du sirop. On en sépare la plus grande partie au moyen d'une écumoire, le reste est retenu par le filtre de laine ou chausse^ qu'on fait traverser au sirop bouillant. Lorsque le sirop simple est trop coloré, on le traite par le noir animal, à froid ou à chaud.

Le mode de préparation par simple dissolution et filtration au papier est seul applicable aux sirops préparés avec les eaux distillées aromatiques.

Les sirops préparés avec le vin se font toujours par simple dissolution et filtration au papier, lorsque cela est nécessaire, mais en diminuant la proportion de sucre, parce qu'il est moins soluble dans les liqueurs alcooliques. On diminue aussi la proportion de sucre dans les sirops avec les sucs acides, pour une autre raison : c'est qu'il y est partiellement transformé en glucose , qui a une grande tendance à ise déposer sous la forme d'une cristallisation confuse. On y fait dissoudre le sucre à une chaleur modérée, sans -clarification.

Les liqueurs extractives destinées à la préparation des sirops

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peuvent être le suc d'une plante fraîche, le produit d'une macération, d'une digestion, d'une infusion, d'une décoction, ou bien une dissolution d'extrait. Lorsque la liqueur est assez abondante, on y fait simplement dissoudre le sucre à froid ou à chaud, dans la proportion de deux parties pour une partie de liqueur. Pour avoir un sirop transparent, il faut, lorsqu'on opère à froid, n'em» ployer que des liqueurs limpides et du sucre très-blanc, ou bien filtrer au papier. Lorsqu'on opère à chaud, on peut choisir entre plusieurs procédés de clarification , d'après la nature des principes que la dissolution renferme. L'albumine peut être employée comme nous Pavons indiqué pour le sirop simple, ou, si les liqueurs sont très-troubles, per descensum; quand le moment de rébuUition approche, on agite sans cesse pour empêcher Técume de monter jà la surface, et lorsqu'elle a duré quelques minutes on laisse refroidir. L'albumine coagulée se dépose , entraînant le» impuretés avec elles. On décante le sirop clair, et on fait égoutter le dépôt sur une chausse. Lorsque l'emploi de l'albumine, en présence des tannins, par exemple, a des inconvénients, on délaye simplement dans le sirop du papier à filtrer blanc , et on passe à la chausse. Les premières parties coulent troubles, et il faut les rejeter sur le filtre; mais bientôt le papier, garnissant la sur*face de l'étoffe, rend la filtration plus parfaite. Quand les liqueurs ne sont pas très-abondantes , on les mêle à du sirop simple, et on concentre le mélange au degré convenable, ou mieux encore, on chasse du sirop par l'ébullition une quantité d'eau précisément égale à celle que doit y introduire le liquide extractif, et alors seulement on effectue le mélange. Lorsqu'enfin le liquide à ajouter U a f£ll Uii tlaSeZ pelil VuiUUie |)L»Ur iid ydzi ciuiiui c ic siiujj nlm-

pie de manière à nuire à sa conservation, on l'y môle à froid sans concentration. Ce cas se présente lorsqu'on opère avec la dissolution d'un extrait, d'un acide végétal ou d'un sel très-actif, comme ceux que forment les alcaloïdes végétaux.

Mellites. — Ce sont des sirops où le sucre est remplacé par du mieL On n'en prépare qu'un petit nombre. Le mellite simple, ou sirop de miel, s'obtient en faisant chauffer du miel avec le tiers de son poids d'eau jusqu'à l'ébullition. On sépare récume qui se forme , on cuit à 30° et on passe. La préparation des autres mellites se rapproche beaucoup de celle des sirops. Le melhte simple, préparé avec du vinaigre au Ueu d'eau , prend le nom d'oxymel simple. Dans les oxymels composés, on substitue au vinaigre ordinaire des vinaigres médicinaux.

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Pdtes. — Les pâtes, remèdes populaires contre la toux, sont des médicaments de consistance presque solide. Le sucre et la gonmie sont leurs éléments essentiels. On y ajoute du suc de réglisse ou une infusion de cette racine pour obtenir la pâte de réglisse noire ou blanche, une décoction de lichen d'Islande pour obtenir la pâte de lichen. On ne fait pas entrer aujourd'hui les jujubes ou la guimauve dans la composition des pâtes qui portent ces noms. Pour préparer les pâtes de régUsse et de lichen, on fait dissoudre la gomme dans Teau , on. passe pour séparer les impuretés; dans le liquide clair, on fait fondre le sucre, et on éyapore au bain-marie ou à feu nu en agitant sans cesse; sur la fin de Tévaporation, on ajoute la décoction de lichen , Tinfusion de réglisse ou la dissolution de suc de réglisse du commerce, et lorsqu'on a atteint une consistance convenable, on coule la pâte encore chaude sur un marbre huilé, ou recouvert d'amidon en poudre, pour qu'elle ne puisse y adhérer. La pâte de jujubes, qui doit être transparente, s'obtient en faisant une dissolution limpide de gomme et de sucre, Tévaporant sur le feu jusqu'à ce qu'elle soit afi3ez épaisse pour ne plus couler que difficilement , et achevant Tévaporation à l'étuve dans des moules de fer-blanc frottés d'huile ou de mercure. La pâ^e de guimauve, au contraire , doit être blanche et opaque; on la bat continuellement pendant Tévaporation, qui se fait tout entière sur le fourneau.

Les conserves sont quelquefois des mélanges de pulpes végétales et de sucre, faits dans le seul but de permettre en toute saison l'usage de ces matières facilement altérables; mais le plus souvent on les prépare en unissant au sucre une poudre végétale préalablement humectée.

Les tablettes et les pasOUes sont fréquemment confondues sous le nom de ces dernières. Leur mode de préparation et leur composition ne sont ce^pendant pas les mêmes. Les pastilles ne contiennent ordinairement que du sucre et une huile essentielle ; dans les tablettes, on fait toujours entrer quelque poudre médicamenteuse. La forme des premières est presque hémisphérique, celle des secondes est cylindrique et aplatie. Pour préparer les pastilles, on Mt chauJGfer du sucre grossièrement pulvérisé , avec une quantité d'eau insuffisante pour le dissoudre complètement dans un petit poêlon de cuivre à bec de forme spéciale. Lorsque la masse est deini<»fluide, on y scoute Thuile essentielle, et à l'aide d'un fil de fer on la fait tomber goutte à goutte sur une

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plaque de fer-blanc, où elle se solidifie. Les plus usitées sont les pastilles de menthe. On obtient les tablettes en faisant un mélange de sucre finement pulvérisé et des autres poudres , auquel on donne une consistance suffisamment molle en y ajoutant un mucilage ou dissolution épaisse de gomme adragante ; cette pâte est ensuite étendue sous le rouleau en lame mince d*épaisseur uniforme, et enfin découpée en rondelles à Faide d'un emportepièces. Dans quelques laboratoires, on emploie des machines, dans lesquelles la pâte , emportée par le mouvement d'un cylindre, est frappée par plusieurs emporte-pièces â la fois, et transformée, avec beaucoup de perfection et de rapidité, en tablettes qui portent une empreinte sur chaque face , comme des pièces de monnaie. On dessèche les tablettes récemment fabriquées en les exposant d'abord à l'air libre, puis dans une étuve modérément chauffée.

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