T.— DEFINITION DES PRODUITS CERAMIQUES
Le nom de poterie dérive du nom latin poiwra, qui n'est ni un nom de matière, ni un nom de forme, mais un nom dosage. Dans notre langue, le mot poterie comporte une signification beaucoup plus bornée que le mot céramique^ qui représente actuellement l'un des arts les plus intéressants. Mais dans le langage habituel, le mot poterie a la même signification générale, et on entend sous cette même dénomination les matières en terre, quelle que soit leur forme et quelle que soit leur destination. Nous nous occuperons ici de la fabrication de tous ces objets, sans trop nous attacher aux divisions naturelles qu'on pourrait établir, en considérant les usages auxquels on les réserve.
Lorsqu^on examine attentivement toutes les poteries, quelle que soit leur nature, quelles que soient leurs qualités, on est frappé des caractères de généralité que ces produits présentent, et qui permettent de les classer en deux grands groupes : les poteries simples et les poteries composées ; on nomme les premières, poteries mattes, et les secondes, poteries à glaçure.
Les poteries simples sont homogènes dans toute leur masse ; elles présentent sur leur surface, comme à leur intérieur, les mêmes éléments plastiques ou non plastiques, terreux ou vitreux, associés de la même manière.
Les poteries composées sont les poteries simples auxquelles on a donné de Téclat et du brillant par Tapposition d'une glaçure plus ou moins fusible, qu'on désigne, suivant sa composition, sous les noms de vernis, d'émail ou de couverte.
La fabrication des poteries exige Tintervention du feu. Une température plus ou moins élevée devient nécessaire pour donner à la pâte une dureté, une solidité, une imperméabilité suffisantes ; on peut prendre une idée du développement de ces pro-
priétés en comparant une assiette de porcelaine à Tétat cru, à Tétat de dégourdi et à Tétat de porcelaine cuite au grand feu.
La glaçure exige aussi l'emploi d'une température élevée pour acquérir les propriétés que Ton désire. C'est un verre appliqué sous forme de poudre, par couche mince, sur la surface de la poterie; il faut, pour lui faire prendre Taspect vitreux, la maintenir au moins plusieurs heures au rouge sombre, même pour les vernis les plus tendres. Le but de la glaçure est multiple ; tantôt elle rend imperméable la pâte sur laquelle elle est appliquée ; tantôt, si la glaçure est opaque à la façon de Témail, elle masque la couleur de la pâte ; tantôt enfin, elle ajoute du brillant et de la dureté aux poteries blanches par elles-mêmes et déjà suflftsamment résistantes. Elle rend enfin possibles certains genres de décoration.
Les poteries, même les plus grossières, en effet, sont généralement ornées; si quelquefois Tomement résulte de la forme ellemême, il se trouve souvent dans l'application de certaines couleurs ajoutées ou dans la pâte, ou dans la glaçure, ou sur la pâte sous glaçure ou sur la glaçure. Dans tous les cas, il faut, par ime vitrification complète, développer et fixer la matière colorée. De là encore, intervention du feu.
La théorie de la fabricaion des poteries est très-simple ; résultant des principes qui précèdent, elle repose sur la nature éminenunent plastique des argiles, et sur la propriété que possèdent les terres en générsd de perdre cette plasticité quand on les soumet à un feu suffisamment intense ; elles deviennent alors dures, résistantes, imperméables même, suivant la nature et les proportions des éléments qui les composent ou s'y trouvent intimement unis.
Il est assez difficile de définir ce que Ton entend par plasticité. Mais on peut, par comparaison, s'en faire une idée très-exacte : c'est la propriété qu'ont les argiles de faire pâte avec l'eau; on la trouve très-développée dans certaines ai^es grasses, moins développée dans d'autres argiles maigres, connue dans les kaolins ou terre à porcelaine; elle se constate dans les argiles en présence d'une quantité d'eau limitée ; on la retrouve dans le verre en fusion pâteuse, dans la pâte de farine, dans la cire assouplie par la térébenthine.
Cette propriété précieuse permet au potier de façonner sa pâte sous des formes très-variées, par des procédés simples et rapides, et comme toute propriété de se délayer dans Teau disparait quand