CHAPITRB I.— NOTIONS GÉNÉRALES. POT
on a fait rougir Targile, on comprend que les objets ainsi façonnés deviendront en quelque sorte inaltérables, s'ils sont soumis à des températures convenablement choisies.
Telle est toute la théorie des arts fictiles. On profite de la plasticité de la pâte pour opérer le façonnage; on cuit pour conserver la forme et recouvrir la pâte du vernis, de Témail ou de la couverte; on cuit une seconde fois pour rendre inaltérable la coloration qu'il a plu d'ajouter à la pièce.
Mais hâtons-nous de dire que, dans la pratique, de sérieuses difficultés se présentent. Si la terre n'est pas bien composée, elle fend à la dessiccation, elle gauchit au feu; elle peut même fondre au four.
Si la température de cuisson n'est pas convenablement conduite, les pièces peuvent se détruire, la glaçure couler ou présenter d'autres défauts qui occasionnent des rebuts coûteux.
Enfin si les conditions économiques ne sont pas strictement observées, il nY a plus de bénéfice, et la fabrication devient ruineuse.
La fabrication des poteries est un art difficile; elle exige de grands soins, une observation journalière, des connaissances sérieuses en chimie, physique, pyrotechnie; et, pour les fabriques de porcelaines, elle réclame, en outre, le concours des beaux-arts.
n.— CLASSIFICATION DES PRODUITS CÉRAMIQUES,
Pour l'étudier d'une manière profitable, il faut scinder les différentes fabrications spéciales. Nous croyons devoir commencer par résumer les qualités et propriétés caractéristiques des diverses sortes de poteries. Nous ne tiendrons pas compte ici de la forme.
On distingue les poteries en huit groupes spéciaux, savoir :
lo Poterie matte ou simple, sans glaçure?
2» Poterie commune ou grossière vernissée;
3» Poterie commune émaiUée (faïence commune);
4» Poterie de grès fins ou conununs;
5o Poterie fine blanche (faïence fine);
&> Porcelaine dqre feldspathique;
7* Porcelaine tendre artificielle (française) ;
9® Porcelaine tendre naturelle (anglaise).
Les poteries mattes sont ordinairement à pâte tendre^ plus ou moins colorée, rayable avec une lame d'acier, sans difficulté ;
sans glaçure aucune. On range dans cette sorte tous les ustensiles de terre cuite, la plastique, les tuiles, les carreaux, les produits réfractaires, etc.
La potene commum vernissée grossière ne diffère généralement de la précédente que parce cpi'elle est recouverte d'une couche mince d'un vernis plombeux. Ce vernis est tantôt un composé siliceux tout fait ; tantôt il est produit sur la pièce elle-même et aux dépens de la silice de la pâte, par une simple couche de litharge, de minium ou d'alquifoux. La transformation des composés plombeux en matière vitreuse s'effectue sous l'influence de la chaleur nécessaire pour cuire la pâte.
La poterie commune èmailièe présente également les caractères de la pâte des poteries vernissées; néanmoins elle est calcaire, et l'émail qui la recouvre, opacifié par Toxyde d'étain, non-seulement donne un aspect brillant à la poterie, mais, même encore, il masque la couleur de la pâte plus ou moins colorée.
La paie des poteries de grès cérame est dense , sonore , non rayable et naturellement imperméable. La composition spéciale de cette terre, qui comporte de l'argile plastique, lui permet de résister à de hautes températures et d'y prendre un commencement de vitrification, qui rend la cassure vitreuse et la pâte sonore. Cette poterie se divise en deux sous-genres, suivant que la pâte est travaillée plus ou moins finement.
Les grès communs sont généralement sans glaçure. Quelquefois, ils reçoivent une glaçure terreuse ; d'autres fois, ils sont enduits d'une couche de silicate de soude provenant de la décomposition du sel marin par la siUce de la pâte sous l'influence de la vapeur d'eau.
Les grès fins admettent aussi la même glaçure par le sel marin; mais, plus souvent, ils reçoivent du vernis, de l'émail, des glacures boraciques, terreuses, ou de véritables couvertes, c'est-àdire un verre formé par la roche qu'on nomme pegmalite, mélange naturel de feldspath et de quartz.
Les poteries fines dites faïences fines, terre de pipe, caillou tage, porcelaine opaque, demi-porcelaine, ont une pâte blanche, plus ou moins rayable et opaque; quelquefois, cependant, comme Vironstone, légèrement translucide sur les bords très-minces.
On dislingue trois sous-genres, auxquels . correspondent des qualités bien différentes. La plus médiocre est l'ancienne terre de pipe. Les meilleures sont la porcelaine opaque et Vironstone., On ne peut employer pour composer cette pâte que des matériaux