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MISE EN GLAÇURE

Après que la pièce a été séchée lentement, surtout pour les objets épais, on la porte au four pour la cuire en biscuit, si la poterie est simple, et pour la préparer à recevoir une glaçure, si la poterie est composée (fig. 495, A, page 311).

Plusieurs méthodes se présentent pour recouvrir rapidement et régulièrement la poterie du vernis, de Témail ou de la couverte au moyen desquels on détruit les inconvénients de la porosité, on masque la couleur grisâtre de la pâte, on ajoute au brillant et à l'éclat de la surface.

Dans tous les cas, la matière fusible est réduite en poudre aussi fine que possible, et on la répand sur les portions à recouvrir soit par saupoudration, soit par arrosement et aspersion, soit par imr mersion^ soit par volatilisation.

Mais il est convenable, pour rendre Topération plus facile, de modifier la nature de la pâte, qui, si elle se trouvait en contact avec l'eau, s'y délayerait promptement, en vertu de la faculté que possède Targile de faire pâte avec elle. On sait que cette propriété disparaît par la calcination. Si donc on porte à la température rouge les pièces sortant du séchoir, on les rend indélayables dans l'eau, en même temps qu'on les rend absorbantes ; elles happent à la langue. Dans cet état, elles sont prêtes à recevoir la glaçure; cependant, lorsqu'on procède par saupoudration, il n'est pas de rigueur de cuire la pièce pour la dégourdir. On nonmie ainsi Topération qui consiste à porter au rouge la poterie composée pour lui donner un premier feu ; elle prend alors le nom de dégourdi. Comme, dans ce cas, la glaçure ou le vernis ne se mettent qu'à Tintérieur des pièces, la poudre se met à sec.

Mais si la poterie doit avoir une certaine valeur, si elle doit être recouverte de glaçure en dedans et en dehors, il faut avoir recours à l'opération du dégourdi. La glaçure est mise alors, après broyage, en suspension dans l'eau, et c'est dans cette eau trouble qu'on plonge la pièce à mettre en glaçure : la pâte poreuse absorbe une certaine quantité d'eau, et elle se trouve recouverte . de toutes parts d'une couche égale de glaçure, si toutes les parties sont restées en contact avec le hquide à peu près le même temps. Le bord des pièces, généralement plus mince, ne prend que peu de glaçure; les points par lesquels la pièce est tenue n'en prennent pas; il faut régulariser la couche de glaçure ; on se sert du pinceau pour en remettre là où il en manque, et d'une lame ou

POT POTERIES, PORCELALNES, FAiliNCES, ETC. 304

d'un canif pour enlever les parties qui sont trop chargées, gratter les égouttures, etc. On met ainsi en glaçure les faïences communes, les poteries vernissées, les terres de pipe et les porcelaines dures, en général toutes les poteries qui cuisent au même feu, pâte et glaçure.

Mais lorsque la pâte cuit à une température plus élevée que la glaçure, et lorsque la pâte cuite a perdu sa porosité, elle n'absorbe plus; il faut avoir recours à Varrosement, La glaçure est mise en

Fig. 490.

A. trempage* mite en glaçure par immertion.— B et C* retoucheases réparant les pièces mises en couverte.

suspension dans Feau, mais alors sous forme de bouillie épaisse, et on la verse sur la pièce à mettre en glaçure. Cette pièce estelle creuse, on l'emplit de glaçure, et par un mouvement approprié, on promène sur tous les points de rintérieur le vernis ou rémail. La pièce doit-elle être mise en vernis en dehors et en dedans, on la plonge tout entière dans le bain que forme le vernis. C'est ainsi qu'on trempe les cailloutages anglais et les porcelaines tendres.

Lorsque le vernis qu'on veut appliquer sur la poterie est volatil, ou composé d'éléments volatils capables de former des verres avec quelques subtances fournies par la pâte elle-même, il sufBl

de projeter, à la fin de la cuisson dans le four, ces éléments volatils pour qu'ils se déposent sur la poterie et lustrent la surface. Le sel marin projeté dans im foyer, en présence de la vapeur d'eau, se décompose, forme de l'acide chlorhydrique et de la soude, qui, rencontrant la silice de la poterie, constitue du verre. C'est ainsi qu'on met en glaçure beaucoup de grès communs. Ils sont dits grès vernissés au sel.

Quand la poterie a plus de valeur vénale que n'en ont les grès communs, on opère différemment. Les produits volatils qui doivent former la glaçure sont placés à l'intérieur des étuis qui renferment les pièces à cuire; ils entrent en vapeur à la fin du feu, et réagissent sur la poterie. On fait usage dans ce cas de minium, d'acide borique, de carbonate de potasse ou de soude, de sel marin, etc.; les poteries sont lustrées par volatilisation. On lustre ainsi d'une manière courante, en Angleterre, les grès fins; on donne à cette méthode le nom de smearing. Ce moyen ne fait en quelque sorte que polir la surface.

On fait usage pour cuire les poteries de différents combustibles, le bois, la tourbe, Tanthracite et les différentes espèces de charbons de terre. On a cherché, mais^ce n'est pas encore un fait • acquis pour l'industrie, à se servir des combustibles gazeux. On comprend de suite les avantages d'im semblable moyen, qui conduirait immédiatement à des cuissons plus égales, à l'altération moins grande des gazettes, à la réduction des frais d'encastage.

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