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IL— SEL GEMME

Les sources salées, en effet, doivent leur origine à la communication des o:iux pluviales avec des terrains salés, dont l'existence indique toujours celle de couches régulières et souvent très-puissantes de sel gemme qu'ils recouvrent. On préfère donc aujourd'hui atteindre par la voie du forage les couches mêmes de

sel, et, en imitant et perfectionnant ce que fait la nature, obtenir par des moyens artificiels à une petite profondeur au-dessous du sol des eaux presque saturées de sel.

Forage.— Concevons qu'on ait avec un trou de sonde atteint le terrain salifère efplacé dans ce trou un tube qui, ne le remplissant qu'en partie, pénètre jusqu'au fond. Si Ton fait couler dans l'intervalle concentrique l'eau d'un ruisseau voisin, elle devra se saturer en formant des cavités d'une dimension croissante dans la masse du sel gemme qu'elle dissout et remonter dans l'intérieur du tube à ime hauteur moindre sans doute que la surface du sol, puisque, dans ce système de vases communiquants, les hauteurs des deux liquides sont en raison inverse des densités. Mais on exhausse au moyen d'une pompe cette eau presque entièrement saturée, et on la ramène directement dans les chaudières où doit se compléter l'évaporation. Le degré oùTeau contient le plus de sulfate de chaux (15 à 16') étant de beaucoup dépassé, ces eaux ne déposent alors que des quantités de schlot presque insignifiantes.

Il ne faudrait pas confondre ces puits forés, qui ne pénètrent que dans les terrains salifères récents, avec ceux que Ton exploite en Chine. Ceux-ci, que les Chinois creusent à des profondeurs de 500 ou 600 mètres, avec cet outillage si simple et une persévérance que n'effraye pas le travail de plusieurs années, aboutissent à des couches de sel plus profondes, et au miheu des terrains houillers. Il remonte de ces profondeurs, outre des eaux saturées de sel, des gaz combustibles que les Chinois conduisent dans leurs tuyaux de bambou sous de petites chaudières de fonte, où ils servent de combustible pour évaporer les eaux salées qui proviennent des mêmes couches.

Ces gaz combustibles qui se dégagent en si grande abondance ont ime autre origine que le gaz emprisonné dans certaines variétés de sel, à Wieliczkaen Pologne, par exemple, désignées sous le nom de sels décrépitants, parce que l'eau, en les dissolvant, laisse dégager avec une petite explosion les gaz combustibles qui sont contenus dans un état de grande compression. L'existence de ce sel décrépitant coïncide avec la présence de beaucoup de débris organiques qui ne se trouvent pas dans les couches de sel gemme ordinaire, ce qui montre bien que cette qualité particulière de sel est due à des circonstances toutes s[)éciales.

Sel en roche, — Dans leslocalités où l'on jieut atteindre facilement la couche de sel gemme, on l'exploite comme un autre minerai, et les masses de ce sel, coloré le plus souvent en rouge, soit par la

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