‹ Dictionnaire de chimie industrielleChapitre 156 sur 284 · SEL GEMME. SEL · texte numérisé non relu

SEL GEMME. SEL

présence d'un peu d'oxyde de fer, soit peut-être aussi par la présence d'êtres microscopiques de cette couleur, conservés dans la masse, peuvent, quand le sel est pur, être livrées directement à la consommation . Tels sont les sels que l'on exploite à Cordona, à ciel ouvert , et qui alimentent la plus grande partie de l'Espagne, et celui des mines si célèbres de Wieliczka, en Pologne. Mais, s'il est des sels gemmes qui ne renferment que du sel marin presque pur, il en est d'autres dans lesquels on trouve de petites cavités pleines d'une liqueur où se sont concentrés les produits étrangers au sel, qui se trouvaient mêlés avec lui dans les eaux des mers géologiques qui par leur évaporation ont probablement produit ces masses de sel gemme; c'est, en effet, l'origine qu'on peut déduire du parallélisme des couches sédimentaires et de l'alternance des blancs de sulfate de chaux et de sel marin. Il faut^ dans ce cas, pour rendre ce sel utilisable pour le plus grand nombre des usages économiques, le dissoudre dans l'eau et obtenir par Tévaporation du sel pur en petits cristaux cubiques qu'on appelle sel raffiné.

Sel raffiné. — Cette évaporation a lieu ordinairement dans de grandes chaudières de tôle, dites poêles^ chauffées par trois foyers et auxquelles on donne ordinairement, pour la commodité du travail, une longueur de 9 mètres sur une largeur de 6.Cette largueur permet à l'ébuUition de se produire sur toute la surface, et aux ouvriers de travailler sur les bords avec de longs ringards.Le sel qui se produit d'abord en petits cristaux à la surface se dépose ensuite sur le fond de la chaudière. Quand il est obtenu pour les usages de la table, ce sel est sous la forme de petits cristaux microscopiques, et désigné sous le nom de sel fin-fin. Ce serait là la seule forme sous laquelle on devrait obtenir le sel provenant du sel gemme; car, par cette ébullition active on obtient, avec une surface de tôle et une quantité de combustibles données, la plus grande quantité de sel possible ^ Mais la nécessité d'imiter le sel provenant d'une autre origine , et de l'obtenir en assez gros cristaux qui sont

* Cette quantité ne dépasse guère 5 kil. d'eau évaporée par kilogramme de houiUe, quand on opère en chaudières découvertes et à plus forte raison enchaudières exposées en plein air comme kNorthwich; mais, dans quelques usines du Wurtemberg, on a pu porter cette quantité à 8,5, en opérant avec des chaudières closes, et à 10,5 en utilisant une partie de la chaleur latente de la vapeur pour l'évaporation d'une nouvelle quantité d'eau. Quelques exploitations de sel en France commencent à introduire ces perfectionnements dont les érorateurs de M. Kessler paraissent devoir rendre l'application plus facile.

nécessaires pour certains usages déterminés , les salaisons par exemple, fait qu'on évapore souvent ces eaux dans des chaudières plus grandes , à ime température de 60 à 70^. Ce mode d'opérer exige à la fois plus de temps et plus de combustible, et remploi de poêles plus nombreuses , mais il produit du sel sous la forme de grosses trémies, qui se remplissent plus ou moins ensuite peu à peu dans le cours de Tévaporation. Ce sel, dont im hectolitre pèse des poids variables, 70 à 90 kilogranunes, est en cristaux cubiques qui peuvent atteindre jusqu'à un centimètre de côté.

Quand les eaux ne contiennent que du sel marin, comme cela a lieu pour les mines de Dieuze en France, et pour celles qui fournissent, dans les environs de Liverpool, ces masses de sel qui alimentent TAngleterre et s'exportent en quantités si considérables, on ajoute de la nouvelle eau, et on ne vide que très-rarement la chaudière. Lors, au contraire, que ces eaux contiennent des sulfates et des sels de potasse, comme à Montmorot, à Salins, à Arc dans le département du Jura, on les écoule quand elles marquent 30^ environ au pèse*sel, et on continue leur évaporation dans une autre poêle. Elles fournissent jusqu'à 34^ du sel marin de moins bonne qualité, et des eaux mères dont le refroidissement peut donner du sulfate double de potasse et de magnésie, ou être soumises à d'autres traitements dont il sera question plus loin pour en extraire, sous la forme de muriate, la potasse qu'elles contiennent.

Le sel obtenu est accumulé dans des chambres de bois, qu'on remplit par le haut à 5 ou 6 mètres de hauteur, pourqu'il ségoutte; mais il reste toujours cependant imprégné d'eaux mères qui augmentent très-notablement sa déliquescence naturelle, et il serait préférable de l'amener à Tétat de pureté par un lavage convenable avec une solution de sel pur. Dans beaucoup d'usines, dans celles de Northwich, près de Liverpool, on fait passer les gaz de la combustion dans de longs canaux sur lesquels on fait dessécher le sel. Parfaitement séchés àrétuve,ces sels, d'une pureté presque absolue, n'ont que le degré de déliquescence qui correspond au chlorure de sodium, et peuvent dès lors être consommés avec le moins d'inconvénients possibles dans les plus humides parties de r Amérique où on en fait une si grande importation.

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