S£L DES EAUX DE LA MER. SËL
lités spéciales, ou a utilisé quelques moyeus paiidculiers pour extraire le sel contenu dans Teau de la mer; ainsi, d^s quelques régions polaires, on a tiré parti du froid pour produire avec Teau de mer de la glace d*eau douce et une eau plus concentrée ; ou bien, comme on Ta fait dans rAvrenchin, on a pu ramasser à la surface le sable qui , mouillé d*eau de mer et desséché, doit être mêlé de sel solide, et obtenir en lavant ces sels avec Teau de mer d'une manière méthodique, des eaux assez concentrées pour que leur évaporation pût se compléter par le feu avec avantage. Mais ces méthodes, qui doivent être rappelées pour mémoire, ne sont plus employées aujourd'hui, et c'est en imitant et en régularisant dans les salines ce qui se passe spontanément quand une flaque d'eau de mer se dessèche que l'on obtient le sel séparé des autres principes de Teau de la mer, au moyen d'une évaporation méthodique dont la direction constitue l'art du saunier.
Les pays tropicaux, qui sembleraient au premier aspect si propres à rétablissement des salines, n'en contiennent cependant que de peu importantes; c'est dans les régions chaudes et tempérées de l'Europe que sont les principaux établissements de ce genre ; les progrès du commerce et la facilité des transports tendent de plus en plus à en répandre les produits dans le monde entier.
On appelle saline ime surface horizontale d'un terrain le moins perméable possible, sur lequel l'eau delà mer peut arriver naturellement, ou qui, peu exhaussé au-dessus de son niveau, peut être facilement recouvert de ses eaux.
Concevons deux surfaces égales d'un semblable terrain , Tune recouvert d'une couche épaisse d'eau de mer, et, à côté de cette flaque d'eau que nous abandonnerons à elle-même, divisons Tautre surface par de petites digues ou compartiments, placés sur des niveaux im peu différents , de manière à ce que les eaux puissent s'écouler spontanément de l'un à l'autre ; puis, quand la mince couche d'eau dont nous l'aurons recouverte sera presque évaporée, faisons communiquer d'une manière méthodique les parties les plus basses avec celles qui les pi'écèdent inunédiatement, jusqu'à ce que, pour maintenir tout couvert d'eau, nous soyons obligés de déverser de l'eau de mer sur les surfeurs les plus élevées. Nous obtiendrons dans les deux cas des résultats bien différents, quoique l'évaporation absolue puisse avoir été la même. Quand la saison pluvieuse y aura mis ime terme, nous trouverons dans la flaque beaucoup d*eau de mer concentrée, travail réalisé sans doute, mais encore incomplet, tandis que sur la surface de la saut -^dict. DB CB1MTB INDUSTRIELLE. 34
Une, nous aurons de l'eau à tous les degrés, et sur une partie de la surface du sel marin recouver t d'eaux mères , c'est-à-dire un travail ' lont une partie a été complétée et a donné deux produits utilisables, le sel et les eaux mères.
Nous avons en France, pays où ce genre d'industrie est le plus perfectionné, des salines sur les bords de FOcéan et sur ceux de la Méditerranée.
SALINES DE l'oCÉAN.
Les salines de l'Océan sont petites, nombreuses, et leur juxtaposition forme une contrée assez étendue , exploitée par une classe d'ouvriers qu'on appelle sauniers et qui se livrent à cette extraction, ou pour leur compte sur leur propre sol, ou sur la saline d'autrui affermée moyennant l'apport d'une partie des produits.
Les surfaces où doit s'opérer l'évaporation des eaux ont été nivelées artificiellement, et les terres transportées aux environs constituent un sol artificiel appelé bosses, que leur exhaussement rend plus propres à la culture. La culture de ces bosses et l'extraction du sel dans la saison, ainsi que son transport, donnent pendant la plus grande partie de Tannée à la famille un travail qui, de jour en jour, devient moins fructueux. Amenée par la marée dans quelques réservoirs, l'eau de la mer coule ensuite de compartiment en compartiment sur les surfaces qui ne reçoivent que de l'eau saturée. L'évaporation de ces eaux donne du sel qui, produit d'abord à la surface de l'eau, se dépose sur le fond, sans y adhérer, sous la forme de cristaux en trémie qui se remplissent et grossissent peu à peu. Au bout de deux ou trois jours, le saunier, avec im râble de bois, ramène les cristaux sur les bords et ramasse ainsi des quantités faibles d'un produit qu'on accumule en petits tas et ensuite en gros tas, que l'on recouvre de tuiles ou de paille pour que le sel puisse s'égoutter et se débarrasser des eaux mères, sans être dissous par l'eau de la pluie. Il est sali par quelques centièmes de terre et porte le nom de sel gris. Il est inutile de rappeler ici la nomenclature des divers éléments de ces marais salants, destinés à disparaître dans peu. L'extension des lignes de chemins de fer augmente chaque jour, en effet, le rayon dans lequel les sels des mines de l'Est et ceux du Midi peuvent étendre leurs débouchés, et Ton peut prévoir dans im avenir prochain le moment où l'exploitation salinière de l'Ouest, morcelée et livrée par cela même à la routine, pour qui l'emploi du pèse-sel est pres-