SEL DES EAUX DE LA MEB. SEL
des étangs, de telle sorte que les eaux en sel peuvent y arriver sans machines, dont remploi ne devient nécessaire que lorsque, à la suite d'orages, on veut écouler les eaux de pluie avant qu'elles niaient dissous le sel. Ces machines dans ce cas doivent, on le conçoit, être puissantes.
L^absence de moyens moteurs suihsants avait, dans les anciennes salines, fait préférer le système qui consistait à placer les tables salantes sur les bords mêmes des étangs, parties émergées toujours un peu irrégulières, qu'il fallait alors niveler à main d'homme, ce qm augmentait beaucoup la dépense de construction. L'écoulement des eaux en cas d'orages était facile, mais il fallait alors exhausser l'eau saturée pour la distribuer dans le réseau des tables, séparées les imes des autres par de petites digues de 25 à 30 centimètres de hauteur qui permettent d'en faire le tour.
Cette distribution s'opère au moyen de petits aqueducs, en terre aussi, nommés courroirs, dont le plafond est un peu plus élevé que le sol des tables. Un système de petits canaux creusés dans le sol nommés égouts^ et qui se rend à la machine à épuisement, permet d'écouler les eaux de ces tables et complète ainsi le système de circulation nécessaire pour que la saline puisse fonctionner. On comprend du reste comment ces égouts, si leurs bords sont assez élevés, peuvent, selon que la machine les remplira ou les videra d'eau, servir à la fois pour remplir et pour vider les tables.
Il se produit à la surface de Teau, par où s'opère Tévaporation de petits cristaux cubiques sur les angles desquels viennent s'en implanter de nouveaux, phénomène qui en se continuant peu à peu forme de petites trémies. Le vent en accumule une certaine quantité, dans les points vers lesquels il souftte, pêle-mêle avec des débris des monas qui coloren t fortemen t en rouge ce sel dit sel d* écume , et lui communiquent ime odeur de violette que la putréfaction ne peut modifier, puisque les débris animaux sont condils dans le sel ; cette odeur agréable persiste pendant plusieurs années. Le plus grand nombre de ces trémies, submergées quand elles sont assez lourdes, se déposent sur le sol sans y adhérer, se remplissent ensuite et se grossissent peu à peu par l'attraction qu'elles exercent sur le sel qui va se déposer de Teau saturée. Il se produit, par cet entrelacement de cristaux cubiques, des masses cohérentes, dont on opère le levage à la fin de la campagne; elles ont alors une épaisseur de 4 à 6 centimètres.
Levage.—Ce levage s exécute au moyen de pelles plates, ferrées sur les bords et maniées avec un lonpr manche qui fait un angle
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d'environ 45», avec la surface. L'ouvrier glisse la pelle sons la plaque de sel, la soulève sans entamer le sol, et forme avec ces plaques un tas conique , au centre des carrés dans lesquels la surface de la table a été partagée. Ces tas sont appelés gerbes. Après quelques jours d*égouttage, on accumule le sel en énormes masses de plusieurs milliers de mètres cubes à qui Ton donne ordinairement la forme de prismes triangulaires tronqués à leurs deux bouts et posés^sur le sol par la face restée rectangulaire ; on appelle camelles ces masses de sel disposées en forme de toits.
Dans la plupart des salines, ce transport se fait dans des paniers et par des hommes; dans quelques localités, voisines des centres de population, les femmes prennent part à ce travail. Une journée courte de ce transport, fatigant il est vrai, peut donner à l'ouvrier un salaire de 5 à 6 fr. Mais la rareté des bras a fait depuis longtemps songer aux moyens mécaniques. On y a employé de petits chemins de fer portatifs doot on parvient à disposer avec avantage, même pour porter le sel jusqu'au haut de la camelle. Dans les grandes salines de la Camargue, celle de Giraud qui a été récemment construite, en vue d'exploiter les eaux mères, les séries de tables salantes au lieu d'être séparées par de simples égouts, le sont par de véritables canaux; ils sont remplis d'eau au moment du levage, et communiquent avec le grand canal sur le bord duquel existe, dans toutes les salines, ime surface exhaussée au-dessus du sol du salin, à l'abri de toute inondation, qu'on appelle feuille et où doit se faire la camelle. Cette disposition permet de faire une partie du levage du sel par une espèce de navigation intérieure. Il est transporté dans des paniers par des hommes, qui remplissent ainsi des caisses en bois, de 2 mètres cubes de volume, à fond mobile, placées sur un chaland que Ton conduit de ces canaux intérieurs au pied de la camelle. Une grue à vapeur qui se meut sur un petitchemin defer, de manière à être toujours à quelques mètres en avant de la camelle, prend les caisses dans le chaland, les exhausse jusqu'à ce que, arrivées à la hauteur de l'arête, un décliquetage qui ouvre le fond leur permette de se vider naturellement.
La partie du sol de sel des tables sur laquelle reposait la gerbe est détachée à son tour, formée en petites gerbes qu'on appelle agneaux^ et transportée à la masse. On recouvre parfois celle-ci avec des roseaux ou avec des tuiles; mais quand, au moyen des machines, on a pu leur donner ime grande hauteur et un volume considérable, la surface proportionnellement plus petite ne pou-