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EXPLOITATION DES EAUX MÈRES

Cette exploitation, dont les premiers essais remontent déjà à une trentaine d'années, a atteint dans ces derniers temps une importance assez grande pour que les rapports entre les deux produits que fournissent les salines soient prochainement changés.

Dans les premiers temps où M. Balard s'est occupé de ces études, la fabrication du sel qui dans sa partie théorique est une simple application des principes de physique et de chimie, était soumise à Taveugle routine des sauniers. Ils ramassaient avec soin ces eaux mères, convaincus qu'elles devaient leur degré élevé à du sel marin dont elles ne renferment pourtant que des traces, et il n'a pas fallu peu de peine pour les décider à se dessaisir d'une solution qui, très-hygrométrique, rendait plus lente l'évaporation des eaux salées avec lesquelles on les avait mêlées.

Les avantages apportés par l'exploitation des eaux mères furent faibles d'abord; le sel marin restait le principal, les eaux mères l'accessoire; mais les procédés pour les utiliser se perfectionnant, les rôles semblent devoir changer; et il se construit aujourd'hui des usines considérables, en vue d'obtenir surtout des eaux mères.

L'imperfection des communications ne permettant de vendre qu'une partie du sel, l'excédant, qui finirait par exhausser le sol, doit Htre redissous par les eaux faibles et renvoyé à la mer.

Le procédé connu depuis longtemps pour l'exploitation des

eaux mères a toujours pour base l'application du froid; mais ces froids de courte durée , irréguliers et faibles, quand c'est la nature qui les produit dans le midi, ont acquis, grâce à l'emploi de la machine réfrigérante à ammoniaque de M. Carré, une régularité et une intensité telles que les opérations ont pu être notablement simplifiées, et que l'exploitation, devenue tout à fait industrielle, se présente comme bien supérieure à l'ancienne qui ne pouvait utiliser que des moyens en quelque sorte saliniers. Celle-ci a pourtant reçu quelques perfectionnements successifs. Voici comme on la met en pratique , principalement à la saline de Berre (Bouches-du-Rhône) , qui appartient à la Compagnie des Salines du Midi :

Sulfate de soude. — On recueille sur des tables distinctes les sels que déposent les eaux mères pendant qu'elles passent de 32* 5 à 35» B, et qui, contenant environ des poids égaux de sulfate de magnésie hydraté et de sel marin , sont désignés sous le nom de sels mixtes. Ces sels devant être redissous, on pourrait se dispenser d'en opérer le levage , mais comme il importe que leur solution soit aussi exempte que possible de chlorure de magnésium dont le sol poreux se trouve imprégné, on n'a pu encore les dissoudre sur le sol, ce qui aura lieu quand ils auront été déposés sur des tables bétonnées et imperméables. Jusqu'à présent, on lesmetencamelles qu'on redissout sur place, de manière à obtenir une dissolution dont on achève la saturation en l'agitant avec une quantité complémentaire de ces sels. On obtientainsidessolutionsqui marquent 3 1 à 32o B, et qui , ne contenant pas de chlorure de magnésium dont la présence nuirait, comme sel de magnésie à la solution du sulfate de magnésie et comme chlorure à celle du sel marin, permettent à ces deux sels de se trouver en présence en proportions convenables pour que la double décomposition qui doit produire du chlorure de magnésium et du sulfate de soude puisse commencer aux plus légers froids. L'expérience a appris qu il fallait pour cela que les eaux salées renfermassent un équivalent de sulfate de magnésie pour un équivalent et demi de sel marin. L'excès de ce sel, nuisible, en sa qualité de sel de soude , à la solubilité du sulfate de soude, contribuée hâter la formation de ce produit. Une solution ainsi préparée dépose déjà du sulfate de soude à+T ou 8°. A — !« ou — 2*, elle en produit les quatre cinquièmes de ce que pourrait produire une décomposition complète des deux sels; quantité qui égale à peu près le poids du sulfate de magnésie qu elle contenait. Mais il faut pour cela que les eaux n'aient point subi de dilution

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