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par la pluie. Ou les conserve pour cela jusqu'à Thiver dans des bassins en argile bétonnés, et en couches de 4[mètres d'épaisseur, pour que les eaux de la pluie ne les dégradent que peu; on commence aujourd'hui à les couvrir d*un toit qui i*end la conservation des eaux encore plus complète. Quand Thiver arrive, et il est extrêmement rare que, même dans le Midi, il n'apporte pas la température basse nécessaire, on écoulé les eaux dans des tables en couche de 10 ou 20 centimètres d'épaisseur, selon l'intensité du froid et Tagitation produite par le vent. Le sulfate de soude se dépose pendant la nuit ; on écoule les eaux avant qu'elles aient été réchaufTées par le soleil, et le sulfate hydraté est ramassé sur le sol et mis en camelles, de manière à ce qu'il s*égoutte avant d'être soumis à la dessiccation.
Sels de potasse bruts, — Les eaux à 35* recueillies en été renferment toute la potasse; le sel mixte bien fabriqué n'en contient pas. Ces eaux peuvent être employées de deux manières difTérentes : si la saline petite ne peut devenir le centre d'une exploitation importante, on les évapore sur le sol et on obtient un produit complexe, tenant du sulfate de magnésie, du sulfate double de potasse et de magnésie, du chlorure de potassium et du chlorure double de potassium et de magnésium. Ce produit, qui contient en moyenne 11 à 12 kil. de potasse par 100 kil., peut être employé à la production du sulfate double de potasse et de magnésie, dans la fabrication de l'alun, ou même être utilisé en nature pour la production de ce mordant. En le traitant par un lait de chaux, en desséchant la masse épaissie et la portant au rouge dans un four à réverbère, on obtient un mélange de sulfate de chaux, de magnésie libre et de chlorure soluble. Une lixiviation facile alors à réaliser donne des solutions de chlorures alcalins d'où il est facile d'extraire du chlorure de potassium par la cristallisation, ou qui peuvent aussi fournir aisément du nitrate de potasse par l'addition du nitrate de soude. Mais ce mode de traitement, qui force ainsi à ne pas tirer parti de l'acide sulfurique contenu dans ces sels, présente moins d'avantage que celui qu'on emploie dans les grandes salines, où la quantité d'eaux mères produites permet de construire un établissement spécial.
EatAx à 35°.— Ces eaux à 35o, recueillies en été, sont conservées dans les réservoirs dont il vient d'être question plus haut, à l'abri de la pluie, jusqu'à ce que les froids de l'automne permettent d'obtenir des températures de + 5 à + 6*. Sous leur influence, elles laissent déposer des quantités considérables de sulfate de
magnésie hydraté, sel qui commence d'ailleurs à cristalliser dans les bassins.
Sulfate de magnésie. — Ce sulfate de magnésie ne contient point dépotasse, tant que la température s'est maintenue dans les limites indiquées; mais si cette température s'abaissait au-dessous de ce terme, le sel serait mêlé de chlorure double de potassimn et de magnésium. C'est là un inconvénient qu'il n'est pas toujours facile d'éviter avec des réfrigérations naturelles qu'on ne peut pas toujours arrêter à temps quand on opère en grand. Ce dépôt anormal présente le double inconvénient de disséminer de la potasse dans un produit où elle se trouve en quelque sorte perdue et d'altérer la pureté du sulfalo de magnésie qu'on veut livrer au commerce'. Les quantités de sulfate de magnésie excédantes à celles qu'on livre au commerce fournissent, du reste, de nouvelles quantités d'eau propre à préparer le sulfate de soude. On les dissout pour cela dans l'eau avec des quantités convenables de sel marin, qui, pour servir à cet usage, n'a pas besoin d'être pur et peut être pris parmi ces produits saUs par la terre, qui se trouvent toujours en grande abondance dans les salines, et auxquels ils offrent ainsi un certain écoulement.
Chlorure de potassium* — Privées parle refroidissement à 6* de la plus grande partie du sulfate de magnésie qu'elles contenaient, les eaux mères sont reportées dans les réservoirs d'où elles ont été extraites, et conservées jusqu'à l'été d'après. Quand les chaleurs intenses de la saison permettent Tévaporation de ces eaux qui sont très-hygrométriques, parce qu'elles renferment des quantités notables de chlorure de magnésium, on les écoule sur le sol de quelques tables, et dans l'espace d'un petit nombre de jours elles laissent cristalliser du chlorure double de potassium et de magnésium (CIK, 2ClMg+12HO),mêlé d'un peu de sel marin. On récolte ce sel par un nouveau levage, après avoir écoulé les eaux mères qui le recouvraient. Celles-ci ne renferment plus sensiblement de potasse, et, jusqu'à présent, on les rejette à la mer comme sans usage.
Le chlorure double devient alors l'objet d'une opération industrielle ; traité en chaudière par l'eau chaude et séparé ainsi du sel marin qui ne se dissout pas, il donne une solution qui laisse
i Cette source abondante et économique de sulfate de magnésie s'est aujourd'hui, en effet, substituée presque généralement à toutes les autres >*i devra l^n remplacer tôt ou tard d'une manière absolue.
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déposer par le refroidissement du chlorure de potassium facilement puriflable par une nouvelle cristallisation. Il se produit une eau mère contenant, outre un peu de potasse, un grand excès de chlorure de magnésium ; on la fait entrer dans le roulement général des opérations.
Cette méthode qui, sauf le dédoublement du chlorure, n'utilise que le sol et les variations naturelles de température serait susceptible de deux grands perfectionnements. Il faudrait refroidir en été les eaux marquant 35* par des moyens artificiels, de manière à déposer, au fur et à mesure qu'elles se produisent, et à une température bien déterminée, le sulfate de magnésie, qui serait dès lors exempt de chlorure double, et ne se servir pour les diverses opérations qui ont été décrites que de sols imperméables. Il a déjà été lait quelques observations qui font espérer qu'on pourra diminuer la perméabilité du sol, soit par une forte compression, soit en faisant pénétrer dans ses interstices des solutions propres à y produire des composés insolubles. C'est aujourd'hui cependant, au moyen de bétons, moins altérables par les eaux salées qu'on n'aurait lieu de le craindre, que l'on cherche à combattre cette perméabilité. Quand il est question d'eaux concentrées qui doivent rester longtemps sur le sol, et qu'il faut y remettre souvent, cette perméabilité présente un inconvénient très-sérieux ; jointe d'ailleurs aux autres causes de perte, elle n'a permis jusqu'ici de recueillir que 1 à 2 dixièmes de la dose de potasse que renferment les eaux produites en été.
ExploUation dès eaux mères par le froid artificiel. — ^L'exploitation par le froid artificiel et la voie industrielle pure prend pour matière première l'eau à28o, degré qu'elle atteint sur le sol d'une manière assez rapide, et sans que sa perméabilité ait produit de grandes pertes; elles ne porteraient d'ailleurs, que sur des eaux encore peu concentrées et d'une faible valeur. A partir de ce moment, les eaux conservées dans des bassins bétonnés, conduites sans déperdition par des tuyaux souterrains et exploitées dans des vases métalliques ne subissent plus aucime déperdition. Cette circonstance , jointe à la netteté qu'apporte dans la nature des produits la température basse à laquelle on expose les eaux, constitue im perfectionnement important de l'exploitation des eaux de la mer, et que commence à mettre en pratique sur une grande échelle la Compagnie Merle^ dite des Produits chimiques d'Alais et de la Camargue.
S%UfaU desoude.'-Dès que les eaux ont été amenées sur le sol
à 28*^,61168 sont emmagasinées dans des réservoirs en argile, bétonnés, d'une capacité de 25,000 ou 50,000 mètres cubes, sous une épaisseur de plus de 4 mètres; devant recevoir plus tard une petite dilution, elle peuvent sans inconvénient recevoir de Teaude pluie elles réservoirs dès lors n'ont pas besoin d'être couverts. Ces eaux sont amenées par un conduit souterrain dans la partie de l'usine où se trouve ime puissante machine réfrigérante à ammoniaque; on les fait couler dans le vase où sont placés les tuyaux incessamment remplis d'ammoniaque liquéfiée et où elles vont être refroidies, en même temps qu'un petit filet d'eau douce destinée à prévenir im dépôt de sel marin tiydraté, qui se produirait à — 10«» dans des eaux trop concentrées et se mêlerait avec le sulfate de soude. Des analyses fréquentes de ce produit apprennent que cette condition a été convenablement remplie. La présence d'une trop grande quantité de sel marin annonce que l'addition d'eau douce a été insuffisante; son absence complète engage à rechercher si l'on n'en a pas fait couler trop.
Les eaux mères sont amenées dans le congélateur, après avoir coulé dans des tuyaux autour desquels circulent les eaux déjà frappées et que Ton élimine d'une manière continue à —18°. Par un échange de température facile à comprendre on les fait profiter de ce froid qui eût été perdu en pure perte ; aussi elles déposent un peu de sulfate en route, ce qui exige le nettoyage fréquent de la surface de ces tuyaux. Ces eaux entrent, dans les cas les plus favorables, à — 1 0°, dans le congélateur et s'y refroidissent jusqu'à —18*, température nécessaire pour qu'à ce degré de concentration elles déposent sous la forme de sulfate de soude en petits cristaux les 0,85 du sulfate qu'elles contenaient. Un agitateur, mû d'un mouvement très-lent, détache les parties de sulfate qui pourraient adhérer aux tubes du congélateur, et le sel déposé au fond est ramené par ce mouvement dans une bâche inclinée, qui communique parle fond avec le congélateur, et dans laquelle se meut d'un mouvement continu une chaîne à godets munis de toiles métalliques. Le sulfate en bouillie, ramassé dans leur mouvement, s'égoutte en partie pendant son ascension, tombe et glisse sur un plan incliné jusqu'au wagon qui le conduit à un ateUer où des turbines semblables à celles qu'on emploie pour Tégouttage des sucres le laissent purifié d'eaux mères, et avec 2 ou 3 pour 100 d'eau au plus en sus des 54 pour 100 que lui assigne sa nature de sulfate à 10 équivalents d'eau. Ce sel, d'une pureté presque absolue, devra être préféré pour le bétail au sulfate de