ET SULFURE DE CARBONE
Le soufre se trouve , en grande abondance dans la nature à l'état natif. Les grandes masses de ce corps que consomment Tindustrie et l'agriculture sont fournies en majeure partie par le soufre natif qu'on extrait du rocher et du sablon dans lesquels il est disséminé. On le relire encore des pyrites de fer et de cuivre, mais en bien moindre quantité : telles sont les deux principales sources desquelles provient le soufre du commerce. Les autres ne sont pas exploitées ou sont insignifiantes.
Les gisements dans lesquels on rencontre le soufre natif sont ordinairement voisins des volcans. Ce sont des sables ou des sols fissurés, à travers lesquels le soufre des volcans encore en activité se sublime et qu'il imprègne en s'y déposant; les solfatares de rUe de la Réimion, de la Guadeloupe, de Pouzzoles sont dans ce cas.
On trouve encore le soufre natif sous forme de rognons disséminés dans les terrains de formation plus ou moins récente. Mais les gisements les plus riches, ceux auxquels appartiennent les mines inépuisables de la Sicile, sont des calcaires ou des gypses injectés de soufre en proportion plus ou moins forte. Dans le département de Vaucluse, aux environs d'Apt, on trouve des gypses dans lesquels le soufre natif varie dans la proportion de 30 à 40 pour 100 de leur poids et au delà; mais ils ne sont point comparables à ceux des solfatares de Sicile, qui fournissent à l'Europe la plus grande partie du soufre qu'elle consomme.
D'après les renseignements recueillis par M. Guibert-Valory, qui exploite une des solfatares les plus considérables de Sicile, cette contrée produit annuellement 200,000 tonnes de soufre*.
> Dans leur rapport sur l'exposition de Londres, en 1862, MM. Combet et Dubocq évaluent à 250,000 tonnes la production de soufre de la Sicile.