‹ Dictionnaire de chimie industrielleChapitre 165 sur 284 · SOL SOUFHK ET SULFURE DE CARBONE · texte numérisé non relu

SOL SOUFHK ET SULFURE DE CARBONE

C'est une production qui n'a cessé d'augmenter , malgré la concurrence que lui fait le soufre tiré des pyrites pour la fabrication de l'acide sulfurique. Sur cette quantité, la moitié environ, soit de 80,000 à 90,000 tonnes, est employée au soufrage de la vigne, en France principalement, et ensuite, en moindres proportions, en Italie, en Espagne, en Grèce et dans TAsie Mineure.

Si l'oïdium continue à sévir sur les vignes, il est probable que le soufre employé à combattre ses ravages entrera chaque année pour une plus forte proportion dans la consommation des vignobles. Or, rien jusqu'à présent ne fait prévoir le terme de la maladie de la vigne. Il y a plus : les vignobles de la région méridionale en sont infestés depuis douze années, et elle persiste avec la même intensité ; on peut même affirmer que Toïdium s'y est constamment étendu, et que ses ravages, lorsqu'il n^est pas combattu, causent des pertes encore plus fortes que les premières années.

Le soufrage de la vigne parait donc destiné à faire consommer encore d'immenses quantités de soufre et à exercer une influence toute particulière sur l'extraction de cette matière première.

Jusqu'à présent, on peut considérer la Sicile comme le seul pays qui fournisse des masses de soufre au commerce, quoiqu'il existe ailleurs, comme nous venons de le dire plus haut, de nombreux gisements de ce corps.

La Sicile parait former un vaste gisement, où partout on rencontre le soufre natif, depuis l'Etna jusqu^à Sdacca, sur le versant méridional de l'Ile.

Le nombre des mines actuellement ouvertes est d'environ deiuc cents, et celui des exploitations qu'on pourrait découvrir encore dépasserait certainement ce chiffre. La production annuelle de ces deux cents mines pourrait être facilement quintuplée, en substituant, aux moyens grossiers qui sont encore employés aujoui^d'hui, les perfectionnements en usage dans les contrées où les exploitations minières sont plus avancées.

En Sicile, les mines de soufre sont, en général, à la profondeur de 50 à 100 mètres. On y pénètre par des galeries trôs-inclinées, en forme d'escaliers tortueux, taillés dans le roc ou dans le sol, et c'est par cette voie qu'on extrait le minerai à dos d*enfant$.

L'abatage du minerai se fait à la pointe du pic ou picon, de là le nom de piconeiri qui est donné aux mineurs. Leur nombre, pour toute la Sicile, est estimé à cinq mille environ, et celui des enfants qui charrient le minerai est double^ soit dix mille.

La plupart des minerais de Sicile sont fort riches en soufre; ils en contiennent jusqu'à 80 pour 100; mais leur richesse tombe quelquefois au-dessous de 10 pour 100. On exploite par liquation ce qui atteint cette proportion, mais on rejette ce qui est inférieur.

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