CHAPITRE II. — SULFURE DE CARBONE
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préparer dans le laboratoire de petites quantités de ce corps. Il consiste, ainsi que l'apprennent les Notions de chimie (Voy. Introduction, p. 137), à diriger sur une masse de charbons poreux et incandescents un courant de vapeur de soufre. Les appareils adoptés pour pratiquer cette réaction ne sont eux-mêmes que des imitations plus ou moins parfaites des tubes ou des cornues tubulées, usités dans le laboratoire.
C'est à M. Perroncel qu'est due, ep France, la construction du
l'ig. 500.— Appareil de M. Perroncel pour la labrioaliou du sulfure de carbone.
premier appareil destiné à la fabrication, sur une grande échelle, du sulfure de carbone. Cet appareil consistait en un cylindre de fonte Â, solidement assis dans un fourneau prismatique en brique, et mesurant environ 2 mètres de hauteur sur 0",30 de diamètre. La partie supérieure de ce cylindre était fermée par un couvercle mobile, s'ajustant au moyen de brides et portant deux tubulures F, F^; dans la première F pénétrait un loug tube de porcelaine, ou mieux de fonte, descendant jusqu'à quelques centimètres du fond du cylindre; ces deux tubulures pouvaient d'ailleurs être aisément fermées par des bouchons de terre ou de métal. Un peu au-dessous du couvercle, le cylindre portait un tube H légèrement relevé, venu à la fonte, et d'une longueur telle qu'il dépassât de quelques centimètres la paroi du fourneau ; un tuyau courbé en poterie, ou mieux en verre I, luté avec soin, établissait la communication entre le cylindre et la tourie J. Celle-ci était munie à la partie inférieure d'un robinet de vidange K, et portait sur sa deuxième tubulure un long tube de verre PP destiné à conduire
sou SOUFRE ET SULFURE DE CARBONE, 398
les vapeurs dans un serpentin ordinaire. Le charbon était chargé par F' dans le cylindre, puis celui-ci une fois porté au rouge, le soufre projeté peu à peu dans le tube F. Sous l'influence de la chaleur qu'il rencontrait à la partie inférieure de l'appareil, le soufre ne tardait pas à fondre, puis à se vaporiser; s*élevant alors à travers le charbon rouge, il s y combinait aisément et les vapeurs de sulfure de carbone venaient bientôt se condenser tant dans la tourie J^ où s'arrêtait également le soufre entraîné, que dans le serpentin Q.
L'appareil primitif de M. Perroncel a été modifié d'une manière heureuse^ par M. Deiss d'une part, et d';une autre par MM. Gérard et Aubert; ces deux modifications sont aujourd'hui mises en œuvre avec succès.
Aux cornues de fonte, M. Deiss a substiti^é des cornues en terre analogues aux cornues à gaz et revêtues intérieurement d'un vernis inattaquable psfr les vapeurs de soufre. Pour rendre la fabrication plus régulière et plus considérable à la fois, M. Deiss dispose quatre de ces cornues verticales dans un même massif et les chauffe au moyen d'an foyer unique. Chacune de ces cornues porte sur son fond un manchon de terre concentrique de 15 cent, de hauteur environ et qui en diminue le diamètre. Ce manchon est destiné à former rebord et à porter une grille en terre réfractaire percée de trous, sur laquelle on accumule la charge de charbon de bois concassé, ou mieux de braise, dont le soufre en vapeurs doit opérer la combustion. La partie supérieure de la cornue, destinée à la charge des matières, est presque identique à la partie correspondante des cornues en fonte de M. Perroncel. On y trouve trois tubulures : l'une, plus large que les deux autres, sert à l'introduction du charbon, introduction que Ton renouvelle trois fois en vingt-quatre heures ; la seconde porte un long tube droit en terre réfractaire qui, descendant jusqu'à la grille placée à la partie inférieure, la traverse et pénètre jusqu'à l'entrée de l'espèce de chambre qui forme l'intervalle compris entre cette grille et le fond de la cornue; la troisième, enfin, conduit les vapeurs de sulfure de carbone à Tappareil condensateur.
Pour opérer avec cet appareil, la cornue étant remplie de charbon de bois et chauffée au rouge vif, on fait glisser dans l'intérieur du tube de charge une cartouche de papier de même diamètre et renfermant 4 à 5 kil. de soufre ; arrivée à la partie inférieure, cette cartouche, dont le papier se carbonise, laisse échapper le soufre qui fond dans cette sorte de chambre intérieure, dont nous