CHAPITRE 11. — SULFURE DE CARBONE
SOU
avons déjà parlé, et dont les vapeurs s'élèvent bientôt à travers la masse de charbon incandescente, qu*elles brûlent et transforment en sulfure de carbone. L'emploi de la grille en terre, imaginée par M. Deiss^ présente plusieurs avantages et, entre autres, celui d'éviter tout contact entre le soufre fondu et les cendres de charbon, contact gui serait nécessairement suivi de la formation d'une quantité correspondante de sulfures alcalins. L'appareil est du reste maintenu en activité par des additions successives de soufre, faites à intervalles réguliers, et qui portent la consommation de ^chaque cylindre à 185 kil. environ par vingt-quatre heures.
Au sortir du cylindre producteur, les vapeurs de sulfure de carbone sont conduites dans un condenseur particulier. Celui-ci, dont M. Deiss n'a pas cru pouvoir autoriser la publication détaillée, consiste en une série de cloches ouvertes par le bas et plongeant dans des caisses de plomb pleines d'eau. Le sulfure de carbone, qui, dans le cours de la fabrication et par suite de sa densité, se rassemble à la partie inférieure, peut, lorsque la quantité accumulée paraît suffisante, être enlevé au moyen d'un siphon et conduit dans des bassins remplis d'eau, placés aussi loin que possible des foyers où la production a lieu, de manière à mettre la matière fabriquée à Tabri des chances d'incendie.
L'appareil de MM. Gérard et Aubert, composé d'une cornue
Fig. 501. — Appareil de MM. Gérard et Aubert pour la fabrication du sulfure de carbone.
sou
SOUFRE ET SULFUKE DE CAHBONE.
unique et destiné à une fabrication moins considérable, diffère aussi d'une manière notable de l'appareil primitif de M. Perroncel; en effet, dans la cornue de MM. Gérard et Aubert, le charbon seul est introduit par la partie supérieure, et la charge du soufre a lieu par le bas. L'appareil, considéré dans son ensemble, se compose d'une cornue verticale en fonte, à section elliptique, et reposant sur un pilier en maçonnerie à une petite distance d'im foyer que Ton chauffe à la houille. Cette cornue est soigneusement dressée dans un massif en brique F, dont ses parois sont suffisamment éloignées pour permettre à la flamme de l'entourer de tous côtés. . Vers la partie inférieure, elle porte deux ajutages latéraux: Tun 0, fermé par une plaque à vis, est destiné à eplever le résidu des opérations terminées ; laulre 0', légèrement redressé et fermé par une plaque mobile à charnière, sert au chargement du soufre. A la partie supérieure, la cornue porte également deux tubulures : Tune verticale, se dressant au sommet du fourneau, sert à charger le charbon ; Vautre latérale porte un tuyau de fonte destiné au départ des vapeurs de sulfure de carbone. Sur sa route, ce tuyau rencontre une sorte de pot en fonte R, mobile et maintenu par des brides, dans lequel se condense une quantité considérable de
soufre entraîné pendant la distillation. Les vapuurs de sulfure de carbone, au sorlir de ce pot, arrivent enfin par le tuyau T' dans un condensateur particulier, imaginé par MM. Gérard et Aubert.
Ce condensateur est formé d'abord d'une sorte de caisse lenticulaire en zinc, dans laquelle les vapeurs arrivent par le tuyau A. Sur cette caisse se dressent des tuyaux T, T..., qui débouchent dans une deuxième lentille à peu près semblable à la première, mais ouverte par en haut et recouverte par une sorte de chapeau formant fermeture hydraulique; le tout est placé dans une boite métal-
iMg 502. - Condensateur Je ^'1^'^ ^^^'^"^ ^^^^^^^^^^ ^'^^^ "^^^""'^^^ ^'
MM. Gérard et Aubert pour la peut être renouvelée à la manière fabrication du .ulfure de car- ordinaire. Le sulfure de carbone se
condense en traversant ces surfaces