CULTURE DE LA BETTERAVE
De la culture donnée à la' betterave dépend souvent sa qualité. Nous commencerons donc par un examen rapide de cette culture.
La betterave cullivée avec intelligence améliore le sol par les labours profonds, les fumures considérables et lameublissement qu'elle exige. Les couches inférieures, qui ont lentement amassé ou élaboré les malièies nécessaires à la végétation des céréales, sont ramenées à la surface. La terre est divisée et rendue perméable à l'air et à la pluie ; enfin les résidus de la fabrication permettent d'entretenir un nombre plus considérable de besliaux, à superficie égale, et de produire des fumiers plus abondants. De là un double avantage pour Tagriculture : augmentation et rendement de la terre en céréales et production de viande plus considérable.
Il est important pour le fabricant d'avoir des betteraves aussi riches en sucre que possible; le cultivateur, au contraire, vise à la quantité; de là deux tendances inverses qui se produisent quand la fabrication et la culture ne sont pas dans la même main comme en Allemagne. La richesse en sucre est d'ordinaire en
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raison inverse de la grosseur des betteraves et en raison directe de leur densité. «
Tous les terrains ne sont pas propres à cette culture, qui exige un sol profond et sain. Les terres marécageuses et tourbeuses produisent des plantes aqueuses et très-pauvres en sucre.
La betterave ne doit revenir dans l'assolement que tous les trois ou quatre ans, pour ne point épuiser le sol et pour conserver des produits sucrés. La nature des fumiers influe également sur la qualité de la récolte. En général, il faut éviter les engrais qui contiennent des quantités notables de sels de potasse et de soude. La betterave absorbe ces sels qui, par leur présence dans les jus, empêchent le sucre de cristalliser et augmentent la quantité naturelle de mélasse.
La betterave se sème de mai à juin, soit au plantoir, soit au semoir. Les lignes doivent être espacées de 30 à 40 centimètres au plus. Comme on a souvent à redouter que les graines ne soient mangées par les insectes au moment de la germination, il est bon de les praliner avec du noir fin.
Quand les betteraves ont acquis un centimètre de diamètre, on doit avoir grand soin de les éclaircir et de les biner. Trois ou quatre binages suffisent d'ordinaire suivant la saison. Seulement il faut, autant que possible, les pratiquer par un temps sec et chaud qui fane de suite les mauvaises herbes et les empêche de reprendre.
Vers l'époque de la maturité on peut arracher quelques feuilles des betteraves pour donner aux bestiaux en petites quantités. Un effeuillage poussé trop loin nuirait au développement des racines.
On reconnaît la maturité à la coloration jaune que prennent les feuilles et surtout aux essais chimiques des racines. Plus l'arrachage est tardif, plus il semble que la betterave soit riche et facile à travailler. 11 faut seulement avoir soin de. tout sortir de terre avant les gelées, qui attaqueraient les plantes et pourraient même empêcher complètement Tarrachage. On enlève le collet des betteraves, soit en place avec une bêche, soit, au contraire, au moment de mettre en tas, ou mieux encore immédiatement avant de les travailler.
Les betteraves qui ne peuvent pas être employées de suite sont mises dans des silos dont la forme varie avec le temps qu* elles doivent y séjourner. Pour les conserver longtemps saines, il faut prendre les précautions suivantes : on pratique, à 50 centimètres
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de profondeur, une tranchée de 1 métré 20 c. de large ; on place dans le milieu de la tranchée une ligne de fagots au-dessus de laquelle on dispose les betteraves en ménageant, de distance en distance, des cheminées yerticales remplies par des fagots^ et on recouvre le tout de terre. Il faut, en un mot, que les silos soient bien aérés pour laisser échapper Thumidité qui sort naturelle» ment des betteraves, mais en même temps que les plantes soient complètement à l'abri de la gelée.
Les seules variétés de betteraves qu'on emploie dans la fabrication du sucre sont les betteraves blanches de Silésie à collet vert ou à collet rose. Mais, pour maintenir la qualité, il est essentiel de renouveler, de temps en temps, les graines au dehors et de choisir avec soin ses porte-graines.
Le procédé le plus simple qu'on puisse employer pour cela consiste dans l'emploi d'un bain de sel convenablement doux qui indique immédiatement la densiié de toutes les betteraves qu'on y plonge.On ne conserve, comme porte-graines, que les plus douces : celles qui tombent au fond du bain. C'est au moyen de soins de ce genre qu'on est arrivé, notamment en Allemagne et dans les cultures de M. Vilmorin, à obtenir des plantes qui contiennent jusqu'à 14 et 15 pour 100 de sucre. «