FABRICATION DU SUCRE DE.BETTEBAVE
Lorsque la betterave a été amenée à la fabrique, il est utile de la faire éplucher par des femmes qui enlèvent les collets si le décolletage n'a pas été fait dans les champs, et les parties g&tées, On jette les betteraves dans un laveur mécanique, cylindre à clairevoie en fer ou en bois long de 2 à 3 mètres. Une transmission lui lait faire 12 à 13 tours par minute dans une caisse pleine d'eau. Les betteraves, chassées par des ailes placées à rintérieur, tombent sur un plan incliné à claire-voie qui les conduit à la râpe. (Voy. FÉC, Fécule.)
La râpe est un cylindre de 60 centimètres de diamètre, tournant avec une vitesse de 800 tours à la minute et garnie de lames de flcie placées parallèlement à Taxe. On obtient une pulpe plus ou moins flne, suivant Tècartement des dents des lames et la vitesse des pousseurs mécaniques qui appuient les betteraves contre la ripe. Comme la pulpe est souvent un peu sèche et qu* elle remplit facilement l'intervalle creux qui est entre les lamea, on la rend plus fluide au moyen d'un filQt d*e«U qu'oa I«il çoMUmmwt
suc SUCRE. 406
couler sur la râpe ; cela empêche Tempâtement des lames et facilite Textraction du jus.
Au sortir de la râpe, la pulpe est d'un blanc rose ; mais elle se colore à Tair. On ne sait pas si cette coloration vient de l'oxydation de la matière colorante seule ou si elle indique une altération du sucre lui-môme. Dans le doute, on opère la mise en sac aussi vite que possible, soit à la main, soit à Taide d'un pelleteur mécanique qui remplit les sacs très-également.
Les sacs sont en laine, quelquefois en crin ou en cheveux , comme dans les stéarineries.
Lorsque les sacs sont remplis, on les place sur une presse préparatoire disposée aussi près que possible de la râpe et mue par la vapeur directe, par une pompe hydraulique ou par une simple vis. Entre chaque sac, on place une plaque en tôle ou un treillage en fer.
Après cette première pression, qui donne environ 45pour 1 00 de jus, on place les sacs dans un ordre interse sur le plateau d'une presse hydraulique ; mais, comme ces presses agissent avec une puissance énorme (80,000 kilogr.), il faut opérer très-lentement, sans quoi on déchirerait beaucoup de sacs. Les presses hydrauliques sont mièes en mouvement par des pompes séparées. Quelquefois on les attelle deux à deux sur une même pompe. Mais il vaut mieux, croyonsnouç, refouler, avec une ou deux pompes, Feau dans une colonne creuse en fonte, munie d'un piston chargé de poids considérables. Chaque presse est mise en communication par un simple robinet avep cette colonne qui sert de réservoir de pression.
La pulpe contient encore une certaine quantité de jus, malgré la seconde pression ; quelquefois on en opère une troisième, après avoir trempé les sacs dans Teau pure, ou mieux encore en vidant la pulpe pour la mélanger d'eau et la remettre en sacs.
La pulpe doit être en gâteaux plats bien secs ressemblant à du carton gris ; on la livre en cet état aux cultivateurs.
Il faut avoir soin de laver à grande eau les sacs après chaque opération ; il est même utile de les tremper, de temps en temps, dans une dissolution contenant uue substance antiseptique, afin de détruire les principes de fermentation qui peuvent se développer dans les tissus.
Ces diverses pressions permettent d'extraire jusqu'à 82 pour 100 de jus, pesant en moyenne de 4* à 6» au pèse-jus, suivant la qualité des betteraves employées.