SUCRE DE BETTERAVE. SUC
On voit que ce procédé exige une main-d'œuvre considérable ; les jus contiennent une quantité notable de matières étrangères qu'ils entraînent sous Paction d'une pression énergique.
Les débris de cellules, le» matières albumineuses, déterminent facilement des fermentations en séjournant dans les conduits qui mènent les jus à la défécation. Pour éviter ces dangers, il est essentiel que les jus ne séjournent nulle part que le temps strictement nécessaire. 11 faut, de plus, avoir le soin de maintenir la plus grande propreté dans les ustensiles et le local lui-même, au moyen de fréquents lavages.
Si on apercevait quelques traces de fermentation, il ne faudrait pas craindre A^arriter le travail et de procéder à un lavage général avec une eau légèrement cbargée de chaux.
Les inconvénients que nous venons d'énumérer ont fait imaginer d'autres procédés d'extraction. La macération à leau chaude de la betterave divisée en prismes au moyen d'un coupe-racines a été essayée avec quelque succès. On opérait dans des vases clos au moyen d'un lavage méthodique. Ce procédé donnait des jus très-faibles, lorsqu'on voulait épuiser complètement; il avait, do plus, l'inconvénient de rendre soluble, par l'élévation de la tem* pérature, une plus grande quantité de matières organiques.
M. Schutzenbach, inventeur de ce procédé, en a imaginé depuis un autre qui s'est promptement répandu dans toute l'Allemagne. La betterave est découpée par la râpe en fines lanières. On en, met dans cet état 300 kilogr. dans le premier vase d'une batterie de dix récipients, soit horizontaux, soit superposés, qui composent l'appareil. Des faux fonds retiennent la pulpe, qui est mise en mouvement par un double agitateur faisant 25 tours à la minute. On verse de l'eau, et, au bout de quelques minutes, on met en communication avec le second vase qui vient d'être rempli. L'eau passe successivement dans le deuxième, le troisième et le quatrième vases, et se charge, de plus en plus, de matières sucrées. Quand la pulpe du premier vase est épuisée, on envoie l'eau claire sur le second et on vide le premier.
Le passage des jus d'un vase à l'autre se fait par la différence du niveau, ou, si l'appareil est horizontal, au moyen de petites pompes centrifuges. L'opération, en un mot, est un lavage méthodique.
Ce système s'est répandu en Allemagne. Il n'est employé en France que dans une ou deux fabriques ; on lui reproche la qualité trop aqueuse et le poids de sa pulpe ; mais tous les renseigne-
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ments s'accordent à établir qu'il donne un rendement supérieur.
II a été fait des essais de presse continue, mais jusqu'ici ils n'ont donné aucun résultat pratique. Indiquons, néanmoins, la presse circulaire de M. Philippe ûla, qui ïious paraît dans une bonne voie de réussite. Elle consiste dans un tambour fixe et un tambour intérieur mobile excentrique au premier. L'excentricité des deux cylindres fait varier l'intervalle qui les sépare de 8 centimètres à 1 centimètre. Le cylindre intérieur est armé de palettes à ressort qui rentrent à mesure que le conduit se rétrécit devant elles. Elles chassent la pulpe, qui est ainsi obligée de passer par un canal de plus en plus étroit ; le jus qui s^écoule par suite de cette pression sort, par les trous d'une plaque de cuivre percée qui recouvre le tambour intérieur. Si cet appareil ou tout autre analogue réussissait pratiquement, il rendrait un grand service aux fabricants en supprimant un matériel et des frais de main-d'œuvre considérables.
Des presses ou macérations , les jus sont conduits à la défécation , soit par une pente naturelle, soit par un monte-jus.
A ce moment de Topération, les jus sont troubles et retiennent des matières étrangères. La défécation a pour but de les rendre clairs et de les purifier, en coagulant ces matières étrangères au moyen de la chaux, sous Tinfluence de la chaleur.
La chaux sature les acides organiques, se combine avec Talbumine, les matières gommeuses et azotées, décompose les sels de potasse et de soude, élimine une matière grasse, la caséine, et les matières colorantes. Les débris organiques, fragments de cellules et autres, sont entraînés mécaniquement dans les écumes.
Mais, d'un autre côté, elle s'unit du sucre, et le saccbarate de chaux, étant très-soluble, reste dans les mélasses et empêche ainsi une certaine quantité de sucre de cristalliser, tout en donnant aux sirops une consistance visqueuse qui rend la filtralion et la cuite trés-difificile. II faut, par conséquent, éviter l'emploi d'un excès de chaux; mais il faut cependant que la quantité de chaux ne soit pas non plus trop faible., car, dans ce cas, les défécations se font mal et les jus restent louches par la présence des matières qui empêchent la cristallisation.
On ne peut pas déterminer à priori la quantité de chaux nécessaire. Elle varie suivant l'état de la betterave. Au commencement de la filtralion, si la plante n'est pas bien mûre, il faut plus de ehaux ; il en est de même vers la fin de la fabrication, quand les betteraves s'altèrent sous ^'influence de la température et d'un