V. Flacon larear plein d'eau
Ci". Tuyau de dégagemeni de l'aride carbonique.
chaux que dans le premier procédé, soit environ 25 kilogr. par 1 ,000 litres de jus, on arrête la vapeur à 95' et on filtre sur une toile plucheuse recouverte de 25 centimètres de gros noir. Les jus obtenus ainsi sont peu colorés. On les fait arriver dans des cuves en tôle munie de deux serpentins : un pour la vapeur, l'autre percé de trous pour l'acide carbonique. Dès (jue l'acide* carbonique se dégage, le précipité se forme, les jus se troublent, leur légère viscosité cesse et la mousse blanche qui s'était formée à la surface disparait, ce qui indique la fin de l'opération ; on arrête le gaz et on fait bouillir, pour chasser l'acide carbonique en excès qui retiendrait en dissolution un peu de x^rbonate de chaux. Oq
ilt 9UCRK DK BETTERAVE. SUG
décaftte et on filtre. L'acide carbonique est produit dans un réci* pient en tôle double garni intérieurement jusqu'à la moitié de sa hauteur d'une couche de terre à creuset; sur la grille du fond, on place du charbon de bois allumé, puis du coke, environ le cinquième en poids de la chaux employée. Une petite machine soufflante chasse Pair à travers le coke et entretient la combustion. L'acide carbonique qu'on obtient ainsi se rend dans un vase rempli d eau où il se lave, et de la dans la cuve. Dans une fabrique importante, on produit plus économiquemeat Tacide carbonique avec un four à chaux. Une machine aspirante et soufflante enlève les gaz qui se dégagent d'un four coulant et les refoulent à travers Tépurateur et les cuves.
Depuis quelque temps, on emploie avec succès un troisième procédé, inventé par MM. Possoz et Perler. Gomme dans le procédé précédent, on emploie à la défécation un excès de chaux qui ne nous parait pas très-nécessaire ; on arrête avant Tébullilion et on décante dans des cuves où, après avoir rajouté un peu de chaux, on fait arriver Tacide carbonique. Dès que le jus est saturé, on le porte à rébullilion ; on l'envoie dans des vases où se fait la décantation et on traite une seconde fois les jus clairs par la chaux et l'acide carbonique; on décante et on filtre. Les jus obtenus par ce procédé sont très-purs et très-peu colorés.
Les boues de carbonate de chaux sont, dans les deux procédés, réunies aux écumes de la défécation et traitées de même.
L'acide carbonique ne précipite pas complètement la chaux ; la présence du sucre retient en dissolution un peu de carbonate. Pour se débarrasser complètement de la chaux, M. Wray a proposé l'emploi de la dissolution de noix de galle : on fait une sorte de défécation à froid, on filtre pour enlever le précipité abondant qui s'est formé, on ajoute de la chaux et on chauffe ; à 45* ou 50*>, on verse la noix de galle en brassant fortement. Le jus ne doit plus rougir le papier de tournesol; les jus se traitent ensuite comme dhabitude. On a proposé également l'acide pectique, qui serait facile à préparer dans les fabriques de sucre.
Il y a quelques années, M. Garcia a tenté de neutraUser la chaux par les acides gras : on défèque et on refroidit le jus à 40<> ; en ajoute alors une dissolution de savon de Marseille qui ne doit pas contenir de sel marin, on brasse et on enlève le savon calcaire qui vient à la surface, on donne un bouillon, puis on filtre et on traite les jus comme d'habitude. Ce procédé a donné d'assez bons résultats avec de» jus et des sirops trè&-altérés, qu'il eût
suc
SUCRK.
été difficile de traiter autrement. Dans un travail en grand, on pourrait régénérer les acides gras et diminuer notablement les dépenses. Quelques fabriques, où on travaille par Tancien procédé de défécation, clarifient les sirops avec du sang ou du lait, surtout quand la chaux en excès leur donne une viscosité qui arrête la cuile.
Lorsque les jus sont déféqués, on les fait passer sur des filtres remplis de noir en grain qui a déjà servi à filtrer des jus à 25®.
Les filtres sont de grands cylindres en tôle dun mètre au moins de diamètre et de 2 à 4 mètres de hauteur, munis à leur partie inférieure d'un faux fond en tôle percée, sur lequel on place une toile pour empêcher le noir de passer au travers. A la hauteur du faux fond, une ouverture, appelée trou d'homme et fermée par un obturateur à vis, sert à enlever le noir, lorsque son pouvoir décolorant est épuisé.
Dans certaines fabriques, les filtres sont ouverts par le haut, ce qui nécessite plus de surveillance pour maintenir le jus audessus du noir sans risquer de le faire passer par-dessus les bords du filtre. On emploie les filtres fermés ou à pression pour éviter cet inconvénient.
Autrefois, le noir en grain jouait un rôle très-important dans la fabrication du sucre, non-seulement comme agent décolorant, mais surtout pour débarrasser la chaux du jus en excès, le charbon d'os ayant la propriété d'absorber ou de retenir jusqu'à 8 et 10 pour 100 de carbonate de chaux. Dans cet état, il a perdu tout pouvoir décolorant; cela se reconnaît aisément à une coloration
Fig. 505.— Filtre fermé pour U décoloration
des JU8 sucres.
B. Cylindre rempli de noir griso prouoncéo. On pcut facilement se dé-
fanfî'nd'E ''''**"' *"" ^ barrasser de celte chaux par des lavages à
ï'TX'rlct^birmt^^^^^^^ l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique et
•on milieu. •« moyen d'une p^r la fermentation en tas, qu'on arrose
boite a eiouppt, et par le- * ' ^
quel 8'ccouient w% ju« de- également d'eau acidulée. Le procédé Rous-
D.Trou d'homme pour U seau, et plus eucorc la double carbonata-
oharge du noir. ,. ,.. . . »•*»*■!.
ly. Trou d'homme pour le tiou, évitent ces inconvéuients ot réduisent
lu'îubtaîîdtfomi^'*'*'* à rien, pour ainsi dire, remploi du noir;
41 i ttJCR£ DK BBTTERAVE. SUC
mai» quand on travaille par ces procédés, on ne saurait trop soigner sa reviviûcation.
Des filtres, les jus vont à un réservoir qui les distribue aux différents appareils évaporaleurs. On emploie généralement des appareils à air libre pour cette première évaporation : ce sont des chaudières de 2 mètres de diamètre sur O^iSO de profondeur, chauffées à Taide d'un serpentin qui est muni de spires nombreuses pour multiplier, autant que possible, les surfaces de chauffe et rendre Tévaporation plus rapide.
Pour entraîner rapidement les vapeurs qui m produisent pendant Tévaporation et les empêcher de se répandre dans Tusine, on couvre les chaudièi*es d'une sorte de hotte, aboutissant à une cheminée; une ouverture pratiquée à la hotie permet de surveiller l'opération. De temps en temps, l'ouvrier pèse le sirop, lorsqu'il est concentré à 25«, on arrête la vapeur et on laisse couler dans un monte-jus qu] le remonte dans un réservoir placé au-dessus des grands filtres.
Pendant cette évaporation, le sirop est soumis à une température de 103 à 104 degrés ; il se forme quelques écumes composées de matières albumineuses. Peut-être est-ce une des raisons qui explique la qualité supérieure qu'on croit rencontrer dans les sucres évaporés à air libre, mais cela a l'inconvénient de colorer les sirops et de transformer en sucre incristallisable une certaine quantité de sucre cristallisable, ou, tout au moins, de l'altérer en rendant le travail plus difficile.
Dans quelques usines, on a remplacé révaporation à air libre par révaporation dans le ride, ce qui permet d opérer à une température beaucoup plus basse, de 65o à 70° environ, par suite de la diminution de la pression sur la surface du liquide.
L'appareil employé consiste en une chaudière à double fond ou à serpentins, chauffée par la vapeur directe et recouverte par une calotte sphérique qui la ferme hermétiquement.
Un tuyau, muni d'une soupape qui permet d'interrompre à volonté la communication, met la chaudière en rapport avec un condenseur, vase clos où la condensation s'opère au moyen d'une injection d'eau froide. Une pompe à air et à eau tout à la fois aspire Teau du condenseur et sert à faire le vide. Des regards latéraux, fermés par des disques en cristal^ permettent de surveiller la marche de Popération. Un robinet, muni d'une sorte d'enton* noir, sert à introduire du beurre si le sirop mousse et tend à monter.
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SUCHE.
Un autre robinet, à boisseau très-long el mobile, permet de prendre dans l'appareil quelques gouttes de sirop pour juger le degré d^évaporation. Un manomètre et un thermomètre indiquent
Fig. 50«i. — Appareil à évaporer et cuire dans le vide.