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DEPOTAGE. — DÉGRAISSAGE DES EMBALLAGES

Lorsque le sucre a été amené à la raffinerie, on dépote les caisses, barriques ou sacs, afin de séparer les couches qui pourraient élre altérées. Dans quelques usines, un concasseur broie les grugeons qui rendraient la fonte trop lente, notamment pour

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les sucres de le Havane. Le dépotage se fait dans un magasin situé aussi près que possible de la chaudière à fondre. Les barriques ou caisses vides sont grattées avec soin, puis placées sous une cloche en tôle et soumises à Taction d*un jet de vapeur qui dissq^t les dernières parcelles de sucre; les sacs et paillassons sont brossés et dégraissés à Teau chaude. Les eaux de dégraissage se réunissent dans un réservoir et retournent à la chaudière à fondre.

Fonte. — La dissolution ou fonte se fait dans ime chaudière à double fond, munie d'un serpentin percé de trous. La vapeur, s'échappant par ces trous, barbote dans le liquide et hâte Topération ; on ajoute assez d'eau pour que le sirop ou clairce marque 30<» à 32<>, à la température de 40*» . Des clairces très-épaisses filtrent trop lentement, ce qui expose aux fermentations. Plus la qualité des sucres est basse, plus il faut baisser le degré du sirop.

Clarification.—Ldi clairce qui provient de la fonte est toujours louche; elle contient des matières terreuses, des débris de plantes, de l'albumine végétale, etc.

Pour éclaircir le sirop, on y ajoute du sang de bœuf et généralement du noir fin : 3 à 5 de noir fin et 1 à 2 litres de sang pour 100 litres de sirop. Le noir et le sang sont mélangés à la clairce dans la chaudière à fondre et envoyés dans la chaudière à clarifier au moyen d'un monte-jus.

Quand les sucres sont acides, comme certains sucres de canne, on ajoute, en même temps que le sang et le noir, un peu de chaux ; si, au contraire, les sucres sont trop alcalins, conmie certains sucres de betterave chargés de chaux, on emploie quelquefois du phosphate d'ammoniaque.

Les chaudières à clarifier sont munies d'un double fond ou simplement d'un serpentin, comme les chaudières à déféquer, mais avec de plus grandes dimensions. On les remplit à un pied du bord et on ouvre le robinet de vapeur; il se forme bientôt à la surface une couche de noir qui s'épaissit, se gonfle et monte jusqu'au bord de la chaudière. On arrête le montage en fermant la vapeur et en jetant un seau d'eau froide, qui fait reprendre au liquide son niveau primitif.

Les caractères d'une bonne clarification sont analogues à ceux d'ime bonne défécation ; la couche de noir doit être bien sèche et détachée des parois de la chaudière ; on laisse reposer 1 5 à 20 minutes et on envoie dans un filtre à poches.

Fi/rraium.— Dans certains filtres, la filtration s'opère du dehors

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au dedans par la disposition suivante : dans une bûche en tôle, on place une claie en osier, soutenue à 3 centimètres du fond par des liteaux ; on place dessus une poche en toile s'appuyant sur les parois de la bâche, dont elle est séparée par des claie^ en osier ; on place sur cette poche 10 centimètres de noir en grain, sur le noir un grillage, puis une seconde poche disposée de même.

Au fond de celte seconde poche est adaptée une rangée de tubulures sur lesquelles s'emmanche la douille d'un sac ; une claie en osier maintient Técartement des parois du sac, dont les bords supérieurs sont soutenus par des liteaux. Le sirop versé dans la bâche pénètre dans les sacs et coule par les douilles sur la couche de noir et la première poche qu'il traverse pour sortir clair par un robinet placé au bas du filtre. Le noir' fin, quia opéré une première décoloration, reste dans la bâche après Tenlèvement des sacs et est retiré à la pelle. Après chaque filtration, on change les sacs et la poche qui doivent être dégraissés avec soin et lavés à grande eau ; la poche inférieure et la couche de gros noir peuvent durer plusieurs jours, suivant la qualité des sucres employés.

Lavage du noir fin. — Le noir fin retient beaucoup de sirop. Pour répuiser, on le délaye dans Teau bouillante et on le jette sur un filtre; le dépôt de noir resté sur le filtre est arrosé de nouveau, puis pressé et vendu conime engrais.

On peut aussi opérer par lavage méthodique, en laissant reposer le noir et en décantant pour employer les eaux les plus faibles à laver des noirs qui n'ont pas encore été épuisés. Cette opération a rinconvénient de dissoudre une quantité notable d'albumine, qui perd la propriété de se coaguler par la chaleur, passe dans les sirops et em^'èche la cristallisation d'une certaine quantité de sucre cristallisable ; de plus, sa présence facilite les fermentations; les eaux de lavage sont employées à la fonte. On a essayé de clarifier dans le vide et de réduire ainsi notablement les quantités de noir et de sang employées. L'appareil dans lequel on opère est analogue aux appareils à cuire et sert en même temps à fondre, mais nous croyons que son action se réduit à peu près à hâter la rapidité de la fonte.

FiUrationau gros noir. — En sortant des filtres à poche, la clairce, limpide et très-chaude, se rend dans des réservoirs qui la répartissent sur les filtres à gros noir, semblables à ceux employés dans les fabriques de sucre. On leur donne seulement une plus grande hauteur, de 8 à 12 mètres. Il faut avoir soin que la température sV maintienne élevée, sans quoi les sirops, par suite de

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leur densité, passeraient mal, graisseraient les flllres et pouraient développer la fermentation. Les filtres nouvellement faits reçoivent la clairce à claircer les pains; on chasse cette clairce par la clairce à cuire, et celle-ci par une clairce plus commune, servant à faire des pains de seconde qualité ou des lumps; de cette façon, on épuise mieux le pouvoir décolorant du noir et on peut avoir une clairce à cuire régulière, condition essentielle pour avoir des produits réguliers. On dégraisse les filtres avec de Teau chaude au-dessous de 25«, on renvoie le sirop à la fonte et on épuise jusqu'à ce que l'eau marque 0*.

Cwiie.— La clairce, au sortir des filtres â gros noir, se réunit dans des réservoirs dans lesquels elle est aspirée par l'appareil à cuire dans le vide. Cet appareil est identique de tous points à celui employé dans les fabriques de sucre de betterave.

La cuite donne lieu aux mêmes observations, suivant l'exigence de la consommation; on cuit léger ou serré, en grain fin ou en gros grain par les procédés que nous avons déjà indiqués.

Réchauffoirs. — La température de l'appareil à cuire ne dépasse pas 67 à 69 degrés pour un vide de 54 à 56 centimètres; cette température étant trop basse pour une bonne cristallisation, on laisse tomber la cuite dans une chaudière en cuivre à double fond, où on élève la température à S0\ On mouve avec soin la masse pendant le réchauffage et on peut, si la cuite parait trop serrée, la ramener au point convenable en ajoutant un peu d'eau ou de clairce.

De la cuite dépend la qualité, le rendement, la blancheur et la facilité de travail des pains. Le sucre, dans les réchauffoirs, doit être d'un jaune plus ou moins foncé, suivant le chargement; une nuance grise ou verdâtre indique une mauvaise clarification, un commencement de fermentation ou la mauvaise reviviflcalion du gros noir. Les pains qu'on obtient alors sont gris et de mauvaise qualité.

On cuit généralement avec de la vapeur à cinq atmosphères; cela présente l'inconvénient de colorer les sirops par le contact de surfaces très-chaudes. En Angleterre, on emploie delà vapeur à très-faible pression, mais cela nécessite des appareils de trèsgrande dimension pour multiplier les surfaces de chauffe et les cuites sont beaucoup plus lentes, ce qui a aussi rinconvénient d'altérer le sucre.

Les réchauffoirssont placés le plus souvent sur le solde la pièce où se fait Vempli.

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