V. Boy an de toile amenant le tabac fer
MM'. Mécanisme communiquant à la noix
» du moulin un mouTement altenatif .
S. Enreloppe de toile detUnéa à retenir le tabac.
principalement en un corps de moulin ayant la forme d'un cône renversé, armé de lames de fer serrées avec des coins en bois , et disposées suivant les génératrices du cône ; et en une noix mobile, s'emboltant dans le corps fixe, également armée de
FABRrCATION DU TABAC.
TAB
lames qui font, avec les premières, un angle de 30», et animée d'un mouvement de rotation alternatif. Le tabac qui a passé par les moulins est reçu dans une vis horizontale qui le transporte dans une auge commune, d*où il est élevé par une noria à Tétage supérieur , pour être distribué par un plan incliné entre quatre tamis. Le tabac tamisé est recueilli, tandis que les débris de feuilles qui n'ont pas traversé le tamis (70 pour 100 environ), tombent dans line seconde vis horizontale qui les transporte au-dessus des moulins. Ceux-ci* sont reliés au canal de la vis par des boyaux de toile, et sont ainsi alimentés d'une manière continue.
De la sorte, im brin de tabac peut circuler longtemps en passant successivement par les moalins, par la vis inférieure, par la noria, par les tamis et par la vis supérieure, jusqu'à ce qu'étant assez fin, il soit distrait de la circulation en traversant les tamis. Il va sans dire que tous ces travaux s'opèrent mécaniquement.
Le tabac tamisé prend le nom de râpé sec. U va s*emmagasiner dans de grandes cases en bois de 30 à 40,000 kilogr.,^. où il attend de nouvelles manipulations. Il s'en faut, en effet, que la fabrication du tabac à priser soit terminée. Le râpé sec est très-aromatique, et possède la couleur du tabac à priser, mais il manque absolument du montant^ c'est-à-dire de l'odeur piquante qui distingue le tabac dont la fabrication est achevée. Le râpé sec doit être mouillé avec 18 pour 100 d'eau salée à 14", de manière que son taux d'humidité absolue ressorte à 35 pour 100. Cette mouUlade s'exécute à l'ajrosoir ; un tamisage répartit également l'humidité. On porte alors le tabac mouillé, qui prend le nom de râpé parfait^ dans des cases en bois d'une contenance d'environ 30,000 kilogr., où il fermente durant trois mois. La température s'élève d'ordinaire jusqu'à 40*, et tend ensuite à descendre. Pour que la fermentation continue, il faut aérer le tabac en lé transvasant dans une deuxième dsase. Au bout de deux à trois mois, nouveau transvasement, suivi fréquemment d'un troisième, en sorte que la fermentation du tabac à priser en cases dure de neuf à douze mois. Plusieurs cases étant arrivées à
Fig. 614. — Coupe du moulin à tabac.
T. Corp* de moiUii armé
de lames de fer.
R. Noix mobile également
armée de lames de fer.
A. Axe de la noix.
D. Départ da tabao pnlTé-
risé.
maturité, on les étale successivement par couches horizontales dans une grande case, nommée salle des mélanges; on les y laisse im mois ou six semaines, puis on attaque le tout par tranches verticales pour mélanger intimement les diverses coucheB. On peut ainsi offrir au consommateur un produit constant, bien que la fermentation dans chaque case en particulier puisse être quelque peu variable. Au sortir de la salle des mélanges, les râpés sont tamisés et mis en tonneaux pour être ensuite expédiés aux entrepôts.
Il entre dans le tabac à priser environ 40 pour 100 de tabacs d'Amérique, Virginie, Kentucky et débris exotiques, et 60 pour 100 de tabacs indigènes, du Lot, Lot-et-Garonne, Nord, Ille-et- Vilaine et débris divers.
Avant de quitter cette fabrication, nous résumerons les faits chimiques qu^on a constatés pendant les deux fermentations du tabac.
Le tabac en feuilles renfernl^, outre les principes minéraux commims à toutes les plantes, et qui atteignent dans le tabac un poids énorme, de la nicotine, de l'ammoniaque, des acides acétique, malique, citrique, oxalique, pectique; des résines jaune et verte; une quantité impondérable d'essence; des matières azotées qui ont déjà subi une décomposition partielle et sont devenues brunes, enfin de la cellulose.
Dans les masses, la fermentation est une véritable combustion, en ce sens que l'air qui les traverse s'y dépouille complètement de son oxygène, ce gaz est remplacé par un volume un peu inférieur d'acide carbonique. Le sel ajouté lors de lamouillade a pour effet de* maintenir la fermentation dans la bonne voie, en Tempéchant de tourner à la pourriture. La nicotine est détruite en grande partie, car les feuilles, qui en contiennent 6 pour 100 avant la mise en masse, n'en renferment plus que 2 pour 100 après Is^ première fermentation. L'acide acétique se développe et passe de 0,5 pour 100 à 1,5. Les acides malique et citrique se détruisent dans la proportion de 0,5. Les acides oxalicpie et «pectique demeurent inaltérés. Il en est de même des résines et du ligneux. La fermentation en masse développa une très-petite quantité d'esprit-de-boîs, et une proportion plus minime encore d'une huile essentielle trèsaromatique, à laquelle le tabac fermenté en masse doit une partie de son odeur. La proportion d'ammoniaque ne change pas, bien qu'il s'en développe certainement, mais il s'en perd par la dispersion dans Pair autant qu'il s'en produit.
Dans les cases^ la fermentation change de caractère, l'accès de Tair étant à peu près- interdit, autant par Tenveloppe que par Tétat pulvérulent de la matière. Aussi n'observe-t-on plus de phénomènes d'oxydation. Le taux de nicotine demeure désormais invariable. L'acide acétique continue néanmoins à se former progressivement de façon à atteindre le taux de 2 54 pour 100 dans les tabacs fabriqués. Il est accompagné de petites proportions d'acides formique et butyrique. Par contre, les acides malique et citrique se détruisent; les autres matières, à l'exception des substances azotées, ne varient pas sensiblement.
Il est remarquable que l'ammoniaque se trouve à peu près dans les mêmes proportions dans le tabac à priser et dans les feuilles qui ont servi à sa préparation, et cependant, l'acidité naturelle des feuiUes^ qui persiste après la fermentation en masse et même après la fermentation en première case, a complètement disparu qiiand la fabrication est terminée, et a fait place à une réaction franchement alcaline. Ainsi, la somme des bases qui peuvent varier (nicotine et ammoniaque) diminue pendant le long travail de la fabrication ; de l'acide acétique se forme, et néanmoins le tabac devient alcalin. C'est qu'il a disparu en même temps une .très-forte proportion d'acides malique et citrique, dont la destruction fait passer la prédominance aux alcalis.
Il y a trois qualités à considérer dans le tabac à priser : la force, le montant et TaromOi La force est en raison directe de la proportion de nicotine, c'est l'action que cet alcali exerce sur Torganisme ; im tabac ne doit pas contenir plus de 2 pour 100 de nicotine, pour pouvoir être prisé à fortes doses sans inconvénients. Le montant est l'odeur piquante du tabac, due à un dégagement incessant de vapeurs ammoniacales et nicotineuses. Le montant est naturellement proportionné à l'alcalinité du tabac. Il disparait complètement quand en mêle le tabac avec un acide tel que Tacide sulfurique ou l'acide oxalique. Ainsi traité, le tabac ne présente plus que l'arôme proprement dit, mélange des odeurs des essences tant naturelles que produites par la fermentation*
Le tabac en poudre, tel qu'il est livré aux entrepôts, renferme 32 pour 100 d'humidité absolue, constatée parla dessiccation dans l'étuve de Gay-Lussac.
Tabac à mâcher. — La fabrication du tabac à mâcher est la moins importante, ses produits sont de trois espèces : les caroUeSy les gros rôles et les rôles mmu- filés. Les carottes sont des cylindres formés avec des feuilles corsées fortement pressées, et qu'on
maintient en cet état en les entourant d'une ficelle. On les abandonne à une fermentation lente à basse température. Les rôles sont de véritables cordes en tabac ; Tatelier des gros rôles est presque rme corderie. Le gros rôle est formé par des feuilles disposées longitudinalement à Tintérieur et enveloppées par une feuille choisie, étalée, qui porte le nom de robe. Les menu-filés sont simplement composés par des demi-feuilles enroulées sur elles-mêmes. Les unes et les autres sont finalement enroulées sur des mandrins pour former des cylindres pesant 1 kil. 100 ou 1 kil. 050 grammes, pressés et séchés.
Tabac de pipe ou scaferlaty. — On distingue plusieurs sortes de scaferlatys : lordinaire, dont la fabrication a pris depuis quelques années une extension considérable, et les étrangers composés uniquement, soit de Maryland, soit de Varinas, Lalakié, Levant, etc. Le mode de fabrication de ces divers scaferlatys est identique. On assouplit d'abord les feuilles en les mouillant à 28 pour 100 d'eau salée à G® B. Après vingt-quatre heures de séjour à la mouUlade, on les porte à Técôtage, où certaines espèces à grosse côte sont dépouillées d'une certaine proportion de celle-ci, qui ne saurait figurer dans un scaferlaty bien préparé. Les feuilles sont ensuite capséeSj c'est-à-dire disposées dans le même sens, les unes sur les autres, dans des mannes. Elles sont livrées dans cet état au hachage.
Les hachoirs sont des appareils mécaniques où Ton remarque deux mouvements essentiels : !<> le mouvement alternatif dans un plan vertical d'un couteau oblique guidé par des glis« sières; 2* un mouvement horizontal très-lent du tabac qui vient se présenter sous le couteau, en sorte que celui-ci abat une tranche chaque fois qu'il descend. A cet effet, le tabac est serré de chaque côté par des plans fixes, et dessus et dessous par des toiles sans fin tendues sur des rouleaux/ Ceux-ci reçoivent de Tarbre de la machine, par une roue à déclic, un mouvement de rotation qui fait marcher les toiles, lesquelles entraînent le tabac. Les feuilles sont disposées en long dans l'intervalle qui sépare les toiles, de manière à se présenter perpendiculairement au couteau. De la sorte, les côtes sont hachées en tranches menues dites cetb de perdrix j et Ton évite complètement la présence des fragments trop volumineux que les consommateurs ont appelés bûches.
Après le hachage, le scaferkUy subit la torréfaction, opérati<Hi qui a deux buts essentiels, celui d'enlever Texcédant d'humidité et celui de friser le tabac. Le torréfacteur de M. Rolland a aujourdliai
TAB
remplacé les fours à feu nu et à vapeur employés précédemment. C'est UQ grand cylindre horizontal tournant sur des galets et
Fig. 515.— Hacûoir à tabac.
P. Poulie commaniqiuiit le mouYement à
l'appareil.