‹ Dictionnaire de chimie industrielleChapitre 200 sur 284 · V. Volant · texte numérisé non relu

V. Volant

A. Entrée des feuillet de tabac.

D' . Couteau oblique louleTé etabaiisé tuo-

cesslTement par le système F, £.

G. Départ du ubac haché.

armé à Tintérieur de lames hélicoïdales. Le tabac introduit à une extrémité parcourt ce cylindre par le seul fait de la rotation et sort par l'autre boni. Pendant ce trajet, il reçoit une double application de chaleur. D'abord le cylindre est chauffé extérieurement à feu nu; de plus, un courant d'air chauffé par les maçonneries et par des doubles enveloppes en tôle qui couvrent le cylindre, pénètre dans le torréfacteur, communique sa chaleur au tabac et entraine avec lui les vapeurs d*eau dans la cheminée du foyer.

On conçoit que, dans un appareil de ce genre, il faille régler avec le plus grand soin la température, car le tabac est une matière délicate qui prend un goût détestable dès qu'il est exposé à ime température dépassant sensiblement 100®. M. Rolland a donc imaginé un thermo régulateur fondé sur les principes sui-

vants : Les cendriers des foyers sont fermés, et l'air nécessaire à la combustion est distribué par une soupape qui est commandée par le thermo-régulateur. Celui-ci consiste principalement en un tube métallique placé dans un cameau et faisant fonction de thermomètre à air. Les variations du volume de Tair confiné engendrent ime force que M. Rolland fait agir à l'extrémité d'un fléau de balance, Tautre extrémité supportant la soupape, en sorte que si la température augmente au delà du point fixé, la soupape s'abaisse, et la combustion est arrêtée dans le foyer; si, au contraire, la température tombe au-dessous de la limite convenue, la soupape s'élève et les foyers reprennent leur activité.

Le scaferlaty passe du torréfacteur dans le sécheur, grand cylindre en bois assez semblable^à im torréfacteur, mais qui, au lieu de recevoir une application de chaleur, est simplement traversé par un courant d'air projeté par un ventilateur. Refroidi et ressuyé par cette opération, le scaferlaty est mis en masse pour une quinzaine de jours environ, puis il est livré au paquetage, de là à Tembarillage et enfin aux magasins d'expédition.

Le scaferlaty ordinaire est composé d'un grand nombre de variétés de tabacs dont les principales sont ; Kentucky, Maryland, Pas-de-Calais, Alsace, Hongrie, Macédoine, etc.

On fabrique dans les manufactures frontières de Lille et Strasbourg des tabacs à prix réduits dits de cantine^ pour la confection desquels on emploie des feuilles de qualité inférieure. Cette fabrication est nécessitée par la concurrence que la contrebande fait aux produits de la régie.

Cigares. — La fabrication des cigares a pris un développement énorme depuis quelques années. On s'en fera une idée quand on saura que la manufacture de Paris, qui compte aujourd'hui plus de 1 ,500 cigarières, en avait à peine 150 il y a quinze ans.

On fait en France tous les cigares de 5 et 10 cent, vendus par la régie. Depuis quelques années, on fabrique, dans la manufEU^ture spéciale de Bercy, les cigares de 1 5 cent, en feuilles de Havane pur. Les cigares d'un prix plus élevé sont achetés à la Havane, soit directement, soit par l'intermédiaire d'adjudicataires.

Un cigare est composé de trois parties : l'intérieur ou tripe ^ assemblage de morceaux de feuilles disposés longitudinalement, et présentant à peu près la forme du cigare ; la sous-cape^ morceau de tabac plus grand qui enveloppe la tripe; enfin la ro6e, bande de 4 centimètres de large sur 25 de long, qui s'enroule en spirale autour du cigare et en ferme hermétiquement la sui&ce.

afin que Tair aspiré par le fumeur soit obligé de pénétrer dans le cigare par Textrémité allumée. La cigariére reçoit les feuilles d'où elle doit tirer la tripe et la sous- cape, simplement hiimectées; elle les écôte et les réduit en morceaux de grosseur variable. Elle reçoit, d'autre part, des robes toutes préparées. Celles-ci sont taillées dans des feuilles de choix par des ouvrières spéciales. On obtient, par cette division du travail, un double bénéfice: on produit plus avec le même nombre d'ouvrières, et Ton tire un meilleur parti des feuilles destinées à la confection des robes, qui sont toujours d'un prix notablement élevé. Pour confectionner les robes, les ouvrières écôtent les feuilles et les partagent ainsi en moitiés qu'elles étalent les unes au-dessus des autres. Les paquets de demi-feuilles étalées sont soumis à la pi*es8ion pendant vingtquatre heures, ce qui achève de détruire les plis, puis on découpe dans chacime d'elles, au moyen d'un couteau à roulettes, le plus grand nombre possible de robes. Le sens de la coupure n'est pas indifférent, car il faut que la robe, une fois enroulée, présente ses nervures parallèlement à l'axe du cigare .

Les cigares à 5 cent, sont fabriqués avec des mélanges de feuilles de Mexique, Meurthe, Moselle, Gironde et Dordogne.

Dans la confection des cigares à 10 cent., il entre des feuilles de Kentucky, Pas-de-Calais, Lot-etrGaronne, Bas-Rhin, Meurthe, Moselle, Gironde, Dordogne, Algérie et Hongrie.

Actuellement, la culture indigène fournit des feuilles de qualité sufi&sante pour la fabrication des cigares. Malheureusement, elles contiennent en général un taux pom» 100 de nicotine trop élevé. Or, im tabac à fumer ne doit pas contenir au delà de 2 à 2,5 pour 100 de nicotine, pour ne pas éprouver le fumeur le plus aguerri. On est donc obligé de faire subir aux feuilles pour cigares des lavages ayant pour but d'éliminer l'excédant d'alcali. De là, des manipulations qui compliquent la fabrication. On le comprendra aisément, si l'on se reporte à ce que Ton a dit précédemment sur la combustibilité.

On ne doit pas rejeter indistinctement tous les jus provenant des lavages. Le jus de telle espèce riche en potasse et combustible doit être conservé pour être incorporé dans telle autre espèce incombustible, qui aura été épuisée par Teau, et qui acquerra ainsi un degré convenable de combustibilité. Il y a donc lieu, on le voit, de traiter séparément par l'eau diverses espèces de feuilles. Dans d'autres circonstances, on réunit dans un même envier les diverses espèces qui doivent entrer dans la fabrication d'une

Page 1