TRAVAIL DES CUIRS FORTS. TAN
nètre dans la chambre par des ouvertures pratiquées à la partie supérieure. L'eau condensée s'écoule par des orifices inférieurs.
Enfin, on peut encore obtenir la fermentation nécessaire pour faire lâcher le poil au moyen du jus de tan aigri. Pour opérer le débourrage de celte manière, on a un train de cuves composé de sept à dix environ de 1",10 de profondeur et 1,70 de diamètre. Chaque cuve reçoit sept ou huit cuirs au plus. Le train est conduit méthodiquement, c'est-à-dire que la première cuve contient le jus le plus faible, la deuxième un jus d'une force plus élevée et ainsi de suite, la dernière ayant le jus le plus fort.
Les peaux sont placées d'abord dans le jus aigre le plus faible, de manière qu'elles trempent parfaitement. Chaque jour, on lève les peaux deux fois et on les fait égoutter sur le bord de la cuve. Au bout d'une heure environ, on les rabat dans la même cuve, et ce n'est que lorsqu'on les a levées le lendemain, qu'on les passe dans la cuve suivante où le jus est d'un degré plus fort. On renouvelle ces changements de cuve jusqu'à ce que le poil commence à tomber. En été, 8 jours suffisent ; en hiver, il en faut 10 à 12; la température influant sur le gonflement des peaux et par conséquent sur le moment où l'épiderme est assez ouvert pour laisser arracher le poil.
Ouand les peaux sont amenées au point où le poil peut être arraché, on procède à l'ébourrage, qui se fait au moyen d'un couteau rond ou d'une quceurce sur le chevalet de rivière. On doit ébourrer sur une couche^ c'est-à-dire qu'on doit placer sur le chevalet des peaux pliées en double, de manière à former un fond élastique, sur lequel on place la peau qu on doit ébourrer.
La quœurce a l'avantage sur le couteau de ne pas altérer la fleur ^ dans le cas où l'ouvrier conduirait mal son outil. On doit avoir bien soin qu'il ne reste aucune ordure entre le couteau et le cuir, sans quoi la fleur serait altérée. Cependant, lorsque l'ébourrage est difficile et que le poil ne quitte pas^ on saupoudre la peau de cendre ou de sable très-fin, ce qui facilite l'opération.
Les peaux ébourrées sont mises tremper dans une eau claire, puis on les travaille au chevalet de rivière, c'est-à-dire qu'avec un couteau circulaire on enlève la chair et les impuretés qui se trouvent encore adhérentes à la peau, puis avec une faux, on abat les bords, les extrémités des pattes, les oreilles,* en im mot les parties inutiles. On met alors les peaux dans l'eau claire et au bout de quelques heures de trempe, elles passent dans \e passement mort ou jus de tan usé. La peau prend un peu de gonflement, et.
le lendemain, on la décrasse de fleur avec le couteau rond; s'il reste quelques poils qui ne soient pas tombés lors de Tébourrage, on les enlève en les rasant au moyen d un petit tranchant à main.
Les peaux étant travaillées de rivière, on les porte dans les passements ou jus aigris, afin d'opérer leur gonflement par la fermentation acide. Le jus aigre se fait avec de la tannée sortant des fosses dans lesquelles on a couché les cuirs d'une opération précédente, sur laquelle on verse de Teau, puis on laisse l'acidité se produire. On commence par la cuve qui contient le jus le plus faible. On a ainsi six à huit cuves qui vont en augmentant de force, puis on a une cuve dite neuve , qui contient du jus aigre neuf et dans lequel M. Salleron ajoutait environ 2 kilogr. d'acide sulfurique à 66*. Le jus doit être agité avec soin, afin de faire on mélange bien intime avec Tacide.
Le premier jour que les cuirs ont passé dans la cuve neuve, on les lève deux fois avec une heure d'égouttage ; le deuxième jour, on ne les lève qu'une fois. On agite le liquide avec soin, avant de rabattre les cuirs dans le jus ; le troisième jour, les cuirs passent dans une nouvelle cuve neuve, remplie également de jus neuf acidulé comme précédemment; c'est le gonflement neuf. Le soir, on lève, on laisse égoutter une heure et on rabat : on répète cette opération deux jours encore, puis on laisse les cuirs quatre à six jours en repos; ils sont alors passés et prêts à tanner.
Le tannage proprement dit commence dans ime fosse dite de refaisage. Dans cette fosse, on place les cuirs avec du jus de tan non aigri cette fois, et des écorçons ou morceaux d'écorce de chêne. Le jus de tannée marque environ 20^ au pèse-tannin. On les laisse séjourner environ un mois dans cette fosse, puis on les lève pour les coucher en fosses.
A Paris, les fosses sont généralement en bois de chêne et de forme ronde; dans quelques pays, on en trouve en maçonnerie et de forme carrée. On préfère aujourd'hui les fosses rondes en bois, comme moins sujettes aux fentes et donnant de meilleurs résultats pratiques.
On commence par mettre au fond de la fosse environ 15à20 centimètres de tannée ou tan ayant déjà servi, puis on étend une couche de tan humecté d'environ 3 à 4 centimètres. On place sur cette couche un cuir étendu et par-dessus une couche de tan qui le recouvre complètement, en ayant soin de garnir de tan les plis et dupHcatures que Ton est obUgé de faire. On étend un nouveau