‹ Dictionnaire de chimie industrielleChapitre 208 sur 284 · TRAVAIL DES CUIRS. TAN · texte numérisé non relu

TRAVAIL DES CUIRS. TAN

par un foulage à Teau tiède; puis cette eau est remplacée par une infusion de tan faible. On jette ensuite les peaux dans les passements, et on les soumet, tous les deux jours, au foulon. On n'obtient, par ce procédé, qu'un cuir mou et n'ayant pas assez de consistance oi de durée.

A peu près à la même époque, M. Ogereau indiqua un procédé qu'il avait essayé en grand. Il consistait dans l'emploi d'une filtration continue, afin de renouveler les contacts du liquide avec la peau.

Lorsque les cuirs sont couchés en fosse avec du tan, la quantité de tannin libre va sans cesse en diminuant, MM. Bérenger et Sterlingue eurent l'idée d'enlever le jus des fosses et de le remplacer par du jus plus fort, de manière à augmenter la proportion de tannin non combiné et à arriver ainsi à tanner des cuirs forts en quatre ou six mois. Ce procédé a été breveté en 1842.

Le procédé à la danoise ou au cippage consiste à former des sacs avec deux peaux cousues ensemble, et à remplir le sac ainsi formé de jus de tan; le tannage a lieu par la flltration au travers de la peau. Cette méthode a été employée en Angleterre où elle a donné naissance à divers procédés. M. Gibbon Spilsbury cloue les peaux sur des châssis. M. Rotch, de Londres, forme des sacs qu'il suspend remplis de jus de tan dans une pièce chauffée à 660 centigrades. M. Valéry Hannoye emploie la pression pour augmenter la flltration. M. Cox soutient les sacs formés de peaux par d'autres sacs en canevas, afin d'éviter leur déformation; mais tous ces procédés se ressemblent en principe et sont loin de donner des résultats satisfaisants.

M. No^iter a cherché à soustraire les peaux placées au fond de la fosse, à la pression qu'exercent sur elles celles qui leur sont superposées. 11 s'est servi pour cela de châssis en bois, mais il ne semble pas qu'il y ait de l'avantage dans leur emploi.

M. Squire a cherché à remplacer le travail des cuves par im tonneau â claire-voie, mobile autour de son axe et divisé en compartiments. Ce tonneau étant immergé jusqu'à Taxe, les peaux placées dans les compartiments plongés sont soumises à l'action du jus, puis, par un mouvement de rotation, elles sortent du liquide et sont remplacées par les peaux qui étaient à l'air.

Nous ne parlerons que pour mémoire du procédé de M. Snyder, qui perforait les peaux au moyen d'un instrument garni de pointes fines.

Nous avons déjà vu qu'on avait essayé d'autres agents que la

ÏAN ÏAMNEHIE. • 4t)6

chaux pour le débourrage. M. Turnbull a proposé, à cet effet, remploi du sucre, puis du sel en dissolution. Quelques tanneurs emploient encore aujourd'hui de la mélasse, soit pour le débourrage, soit pour se débarrasser de la chaux après le débourrage aux plains.

On a également proposé de tanner les peaux au moyen de la suie et du goudron concurremment avec Técorce de chêne. M. Darcet avait indiqué la réaction des sels de sesquioxyde de fer sur la gélatine, mais tous ces essais n'ont pu amener un procédé pratique.

Enfin, les peuplades sauvages préparent leurs peaux au moyen de la cervelle, du lait, et de l'urine des animaux eux-mêmes.

L'idée du tonneau tournant de M. Squire a été reprise par M. Knoderer, de Strasbourg, qui l'a modifiée et en a fait Tobjet d'un procédé breveté en 1856. Son tonneau est complètement fermé et on y jette les cuirs et le tan, puis on fait tourner; on arrive à tanner assez promptement. Divers perfectiomiements sont venus compléter le brevet primitif.

MM. Sibille et Duvemois ont aussi pris un brevet la même année pour une fosse qu'ils qualifient de fosse de potier avec flottage à pression libre et à lessivage. Ces fosses sont garnies de faux fonds retenus avec des cordes ; on peut à volonté enlever le jus de la fosse et le renouveler. On augmente la quantité de ma'tière tannante en lessivant avec le jus même de la fosse un mélange de sumac et d'alun, puis on détache les cordes, et le faux fond venant se poser sur le fond de la fosse, celle-ci devient ime fosse ordinaire.

Quoi qu'il en soit de tous ces procédés, nous devons dire, en nous appuyant sur la décision du jury de l'exposition de 1855, et nous pourrions en dire autant pour celle de 1862, aucun d'eux n'a donné de résultats entièrement satisfaisants.

Page 1