IIL COULEURS DE PETIT TEINT AU BOIS
1 . Campêche. — Ce bois, employé à Pétat de poudre, sert principalement pour avoir le noir dans le penre deuil.
Le genre deuil rongeant se fait en foulardant les pièces dans un mordant composé d'acétate de fer et d'alumine; on sèche à la hotteflue ou chambre chaude et on laisse oxyder pendant un jour. On ronge en blanc avec jus de citron et sulfate acide de potasse, et après trois jourR d'oxydation, on dégomme en bouse et craie, à grande vitesse ; on nettoie et on teint.
La teinture se fait en ajoutant un peu de gélatine et une petite quantité de quercitron et de sumac, afin de conserver le blanc. La proportion du campêche varie avec la force des mordants. On entre dans le bain à 20o et on monte en une heure et demie an bouillon , qu'on soutient pendant un quart d'heure. On nettoie ensuite et on sèche.
Quand on veut avoir en même temps noir, blanc et violet, on foularde dans un mordant plus riche en alumine et ne contenant que peu de fer; on ronge le blanc comme ci-dessus; pour obtenir le violet, on ajoute un peu de sel d'étain à un rongeant Cuible au jus de citron. On dégomme et on teint comme ci-dessus. Il y a li substitution d'un peu d'oxyde d'étain sur le tissu au fer et a l'alumine qui se dissolvent.
Pour l'article mi-âtuil^ on foularde dans un très-léger mordaot
de fer, additionné quelquefois d'un peu d'acétate d'alumine; on rafraîchit les pièces pour qu'elles soient un peu humides; on iniprime un mordant puce et un rongeant blanc faible, on laisse oxyder pendant quelques jours, on dégomme et on teint comme ci*dessus. On a gris, noir et blanc.
2. Lima.— Ce bois, comme tous les autres bois rouges, est employé à l'état de poudre. Il donne la teinte groseille avec le mordant d'alumine.
Lorsqu'on veut avoir amarante ou groseille sur fond noir ou puce préalablement teint , on foularde en acétate d'alumine, on laisse oxyder pendant quelques jours, on dégomme en son et craie, on nettoie et on entre en teinture à 20". Quelquefois, selon la nuance que Von veut produire , on se sert d*un mélange de Lima, de Japon et de Sainte-Marthe. On élève la température du bain à 65« en une heure et demie; on lève à la nuance voulue, on nettoie et on apprête.
L'article DaMia ou Violette de Parme rongé blanc se fait en fou* lardant en acétate d'alumine , oxydant une journée pour ronger blanc le lendemain et dégommant après deux autres jours d'oxydation. La teinture se fait dans un mélange de lima et de campêche, selon la nuance que Ton veut obtenir; on entre à 20o et ou monte en une heure et demie à 65o. On nettoie et on sèche.
Lorsqu'on veut du puce ou du grenat avec rongeant blanc, on foularde des mordants de puce de différents degrés avec plus ou moins d'alumine et de fer, selon la nuance que Ton désire; on laisse oxyder une nuit; le lendemain on ronge comme pour le noir; ou laisse oxyder encore deux jours, on dégomme, on nettoie et on teint dans un mélange de lima, de quercitron et de sumac, dont les proportions relatives varient selon les nuances à obtenir. On ajoute toujours un peu de gélatine au bain de teinture, qu'on pousse en deux heures de 20o à 70 ou 80» ; on le maintient un quart d'heure à cette dernière température, puis on lève et on nettoie. Quelquefois, pour dégager le blanc, on donne un passage en eau chaude ou en son, suivi d'un nettoyage, et on sèche rapidement.
Parfois, on teint dans un mélange de bois les mêmes genres qu'on fait en garancine. Dans ce cas, il faut qu'il n'y ait point de violet dcms les dessins. Lee marnes aior4ant8 servent, et on pesnd les mêmes préGautioifts pour Toxydation, le dégommage at la teinture, en ajoutant de la gélatine au ^n. Les nuaBiOfis qu'on cètieat par œ moyen sont faeiles à distiiiguer 4e celles faitas avec
la garancine pure; elles ont un ton particulier que le simple coup d'œil fait reconnaître.
Les teintures aux bois ont fort peu de solidité. Quelques jours d'exposition à Tair font tomber ces nuances; un passage au saYon
faible les dégrade complètement.